lundi, janvier 26 2015

Edito - Tous les partis européens de gouvernement ligués contre Syriza

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Syriza a remporté hier une magnifique victoire aux élections législatives grecques. A minuit passé, on parle de 36 % des suffrages devant Nouvelle Démocratie (29 %), et peut-être la majorité absolue, à 151 sièges. Enfin, à deux sièges prêt. Tous mes amis grecs font la fête, et moi aussi. Une bonne bringue, ça fait du bien, et demain tout démarre.

Le programme de Syriza, c’est d’abord un plan d’urgence, et nous allons voir cela dans les semaines qui viennent :

- le salaire minimum porté de 580 à 751 euros ;

- le seuil d'imposition remonté à 12 000 euros annuels,

- le 13e mois de retraite rétabli pour les retraites inférieures à 700 euros,

- l'électricité offerte et des coupons d'approvisionnement à 300 000 ménages au moins,

- les habitations principales protégées des saisies,

- l'accès gratuit aux soins,

- la taxe sur le fuel domestique supprimée,

- le nombre de bénéficiaires de l'assurance chômage accru.

Syriza a ensuite des propositions pour systématiser ce plan anti-austérité, et pour un coût total de 12 milliards d'euros… compensé en réduisant le remboursement de la dette (175 % du PIB), en luttant contre la fraude fiscale, la contrebande, et en réaffectant des fonds européens. Réjouissant.

Le problème est qu’en trésorerie, la Grèce est à sec, et qu’il va falloir passer le gué… A priori, ça va être dur-dur, mais ce n’est pas impossible car personne ne veut l’épreuve de force. La Grèce reste une économie modeste au niveau européen (je veux dire que ce n’est pas l’Espagne, elle aussi mal en point), et Bruxelles – Euh, pardon, la Bundesbank – ne veut pas jouer la crise. Si ça se gâte la Grèce laissera entendre qu’elle quitte la zone euro, ce qui n’est pas son projet d’origine, et Bruxelles – Euh, pardon, la Bundesbank – est prête à faire beaucoup pour que ça ne casse pas.

Finalement, le gros péril,… c’est que le plan risque de marcher,… et ce sont alors les partis de gouvernement européens vont alors prendre le relais de Bruxelles – Euh, pardon, de la Bundesbankpour dézinguer la Grèce, car la réussite de Syriza serait leur naufrage politique. Que resterait-il au parti « socialiste », genre Hollande-Macron-Valls, si Alexis Tsipras réussit ? Mais que resterait-il aussi à nos deux autres flans de la politique, l’UMP et le FN ?

Allez, on va suivre ça de près, en incluant tous les coups tordus, mais sans complotisme, cela va de soi… Il n’y a dans ce bas monde que des âmes pures.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 3 2015

Edito - Casser l'actuel système bancaire : la Silicon Valley va le faire

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Aujourd'hui les changements passent par l'économie et non par la politique. La démocratisation de la musique, c'est Itunes et pas une loi. Celle des informations planétaires c'est Facebook, Twitter, Instagram et pas une loi. Demain celle du film c'est Netflix et pas une loi. La lutte contre les grands monopoles d'informations, c'est Google.

... : la liste est longue des réformes de fond portées par le marché et non plus par les institutions publiques.

Demain, il en sera de même pour le système bancaire. Square, Wealthfront ... vont faire exploser l'actuel système bancaire.

Le discours du Bourget avec François Hollande c'est la flûte des politiques qui promettent l'opposé de ce qu'ils font une fois aux affaires. Jacques Chirac avait confié l'économie à un "ex-petit garagiste" (René Monory) dont on pouvait penser qu'avant de devenir un professionnel de la politique il lui resterait quelques souvenirs de son ancienne profession. François Hollande la confie à un banquier. Comment le peuple peut-il comprendre ce symbole après le Bourget ?

C'est comme Piketty dont on découvre désormais qu'il est l'ex-compagnon de Filippetti, ex Ministre de la Culture qui est l'actuelle compagne de Montebourg et qui avait porté plainte contre son ex-compagnon pour violences ...

Tout ce système de consanguinité court à sa perte. Les vraies révolutions seront portées par les marchés ou par les derniers révolutionnaires comme en Grèce ou en Espagne où il semble rester des leaders qui ont encore le sens du refus. Quant à la France, la résistance aux systèmes c'est au Musée comme dans tant d'autres domaines.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 29 2014

Edito - Avec Podemos et Syriza, l’Europe va-t-elle suivre l’Amérique Latine ?

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Aujourd’hui, les parlementaires grecs votent pour le 3ème tour de la présidentielle. Si le candidat du pouvoir ne recueille pas 180 voix, des élections législatives anticipées seront organisées, offrant une nouvelle opportunité à Syriza. Avec Podemos en Espagne, la gauche radicale a le vent en poupe en Europe.

Les dérapages du Monde

La couverture de la montée de la gauche radicale est extrêmement révélatrice du fond idéologique de ceux qui en parlent. Pour le journal Le Monde « les mouvements d’extrême-gauche séduisent aussi des électeurs épuisés par une rigueur imposée ‘d’en haut’ depuis Bruxelles, et nostalgiques d’un État-providence généreux ». On ne peut sans doute pas faire plus déformé et donc révélateur dans le traitement de l’information. Le journal Le Monde alterne entre « gauche radicale » et extrême gauche, ce qui n’a pas le même sens. Puis, il parle de séduire, sous-entendant qu’il n’y a aucune démarche rationnelle dans le soutien à Syriza et Podemos, qui ne feraient que séduire et ne pourraient bien sûr pas convaincre les citoyens.

Passons également sur cette « nostalgie d’un État-providence généreux » si révélatrice d’une capitulation de cette gauche eurolibérale vis-à-vis des conquêtes que ces ancêtres ont défendues il y a des décennies. On y décèle également ce refus borné du débat qui consiste à dire que notre système de protection aurait forcément vécu, qu’il serait trop généreux et que in fine, il serait normal de le démanteler et que tous ceux qui le refusent seraient des nostalgiques archaïques. Ceci rejoint les déclarations de Jean-Claude Juncker et la visite de Pierre Moscovici à Athènes. Mais ces leçons suffisantes et superficielles pourraient finalement pousser les peuples européens plus encore dans les bras des alternatifs.

Une légitime révolte démocratique

Au final, la tournure des débats européens confirment ce sentiment que j’ai depuis quelques temps, à savoir que l’Europe finira par suivre l’Amérique Latine, Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle semble se tourner vers des Lula et non des Chavez, car on ne décèle chez Syriza et Podemos qu’un véritable progressisme et en aucun cas les dérives autoritaristes de certains dirigeants de ce monde, rendant bien ridicule le qualificatif d’extrême-gauche utilisé par le journla Le Monde. Comme si refuser l’austérité (comme les « prix Nobel d’économie » Krugman et Stiglitz), vouloir réduire les inégalités ou remettre en cause l’Union européenne étaient extrémistes ! Bien sûr, le journal Le Monde pointe le fait que Syriza veut renégocier la dette de la Grèce.

Mais il ne faut pas oublier que l’Union européenne a déjà accepté deux fortes restructurations, que les niveaux actuels sont comparables à ceux qui avaient déclenché les premiers réaménagements. A moins que l’on pense que cela était des solutions extrémistes… Bref, ce que nous voyons sous nos yeux, avec Syriza et Podemos, c’est une réaction démocratique normale et bienvenue de citoyens qui pourraient bien renvoyer les deux grands partis qui ont été incapables de gérer leur pays (au point de laisser un quart de la population au chômage) et de donner les clés de leur destin collectif à de nouveaux venus qui, eux, se sont montrés capables d’exprimer leur révolte mais aussi de proposer une véritable alternative.

Merci aux Grecs et aux Espagnols de montrer qu’il y a une voie de sortie de cette impasse dans laquelle les dirigeants européens ont placé leurs pays. La solution, c’est le renvoi de ces partis décatis qui ne pensent plus, si ce n’est à leur ego et leur carrière, sans pour autant tomber dans l’extrémisme.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Et si la Grèce ne sortait toujours pas de l’impasse ?

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Hier a lieu le second tour de l’élection présidentielle grecque, qui devrait donner lieu à un troisième le 29 décembre, étant donné que le gouvernement peine à réunir une majorité qualifiée. 5 ans après le début de la crise, une pleine sortie ne semble malheureusement pas encore à l’ordre du jour.

Vers une impasse présidentielle ?

Il y a une semaine, le gouvernement n’a réuni que 160 voix sur 300 pour Stavros Dimas, un pillier du parti de centre-droit au pouvoir, ancien commissaire européen, et non les 200 nécessaires pour être élu. Déjà, il est proprement effarant que le Premier Ministre propose comme président du pays un ancien membre de cette troïka qui torture le pays depuis près de cinq ans. Le second tour ne devrait pas permettre de trancher car la majorité requise est également de 200 voix, le seuil baissant à 180 pour le troisième tour, qui doit être tenu le 29 décembre. Des bruits circulent sur de possibles tentatives d’achat des voix manquantes, auprès des membres d’un petit parti de droite hostile aux potions amères de la troïka.

Néanmoins, il ne faut pas exclure la possibilité que le gouvernement grapille les 20 voix qui lui manquent d’ici une semaine car l’opposition aux mémorandums est très morcelée et le Premier Ministre joue l’intox en annonçant qu’un échec « pourrait s’avérer fatal à l’évolution européenne du pays » et qu’une élection de son poulain « ne serait pas interprétée comme un plébiscite du gouvernement, mais comme le choix de défendre la Constitution et de respecter l’institution présidentielle ». Comme en 2012, Nouvelle Démocratie joue la carte de « moi ou le chaos », carte efficace dans un petit pays en crise où l’Europe représente une forme de garantie face au voisin Turc, avec qui le pays a été en guerre à Chypre.

Partie de poker sur l’Égée

Comme on pouvait malheureusement le prévoir dès 2010, s’ils sont révoltés par les politiques qui sont menées depuis maintenant près de 5 ans, les Grecs ne semblent pas vouloir couper le cordon avec l’Union européenne. C’est sans pour cette raison qu’Alexis Tsipras se dit « déterminée à maintenir la Grèce dans la zone euro ». On peut considérer cela assez paradoxal car ce faisant, il se prive d’une marge de manœuvre nécessaire pour relancer son pays (par la dévaluation et la monétisation de sa dette restante), mais, par conviction ou par calcul, le chef de Syriza ne l’aborde pas, même s’il promet hausse du salaire minimum et des dépenses publiques et annulation de deux tiers de la dette publique.

Romaric Godin, de La Tribune, a écrit, comme souvent, un très bon papier sur ce que fera Syriza s’ils arrivent au pouvoir, loin des caricatures souvent véhiculées. Il note justement qu’en cas de victoire de Tsipras, les dirigeants de l’Union européenne pourraient bien être contraints de céder et accepter une troisième restructuration de la dette d’Athènes plutôt que de se lancer dans un conflit qui pourrait inspirer d’autres pays d’Europe du Sud, comme l’Italie ou l’Espagne, où les opposants à la monnaie unique ont le vent en poupe. Mais la situation de la Grèce démontre aussi encore une fois que jamais la crise de l’euro ne finira car il s’agit d’une construction qui est bancale et artificielle. Elle ne prendra fin qu’à son démontage.

Et pendant ce temps, pour gagner du temps et protéger ce veau d’or moderne, on martyrise les peuples. Ce faisant, on constate que ce sont ceux qui appliquent les potions amères de la troïka qui sont déraisonnables. Il est dommage, même si cela était prévisible, que la voie de la raison tarde à s’imposer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, novembre 11 2014

Edito - Catalogne : quand voter devient la fête ...

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Quand plus de 2 200 000 personnes votent un dimanche pour revendiquer leur indépendance territoriale, soit 40 % du corps électoral et que 80 % d'entre elles votent dans la même direction, comment est-il possible de ne pas donner suite à ce message ?

C'est l'enjeu d'avant-hier en Catalogne.

Ce 9 novembre 2014 restera à tout jamais un grand moment de démocratie.

1) L'opinion veut de l'espoir. Le réel est insupportable. Tout va mal et rien n'est jamais réglé. Il est donc naturel de chercher à changer le cadre.

2) Ce nouveau cadre est perçu comme pouvant mettre la crise en crise. Les citoyens veulent de la proximité donc des instances où ils savent pouvoir peser.

3) C'est le temps de la parole à donner aux citoyens. Les élites sont discréditées. Les citoyens veulent reprendre le pouvoir et l'exercer directement le plus souvent possible. Sous cet angle, c'est le message le plus positif qui soit. Parce que voter devrait toujours être une fête, le meilleur hommage à ceux qui ont combattu pour cette avancée démocratique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 2 2014

Editi - La tragi-comédie européenne dérisoire et révélatrice sur les budgets

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Ces dernières semaines, les capitales européennes n’ont pas cessé de débattre de leur budget et de celui des pays voisins. Les nouvelles règles européennes (six pack, two pack et le TSCG) ont révolutionné la façon de préparer cet élément fondamental de notre vie commune qu’est le budget d’une nation.

Règles et relativité

Comme au début des années 2000, quand Berlin et Paris avaient délibérément ignoré les règles du Pacte de Stabilité, les règles européennes semblent être faites pour ne pas être respectées. Cela a déjà été le cas pour la plupart des pays qui ont eu recours à « l’aide » européenne pendant la crise des dettes souveraines. L’Espagne était sensée atteindre 6 % du PIB de déficit en 2012, 4,5 % en 2013 et 3 % en 2014. Elle sera à 5,7 % cette année. Idem pour la Grèce ou le Portugal. Mais depuis 2013, la contagion touche désormais les pays qui ne sont pas passés sous les fourches caudines de la redoutable troïka. Les objectifs ne cessent d’être repoussés à Paris, à Rome, à Vienne et ailleurs.

La France est un des cas les plus frappants puisque Pierre Moscovici avait annoncé un déficit à 3 % du PIB en 2013 à son arrivée à Bercy. Un an plus tard, il a reconnu qu’il faudrait attendre 2015, et un an plus tard, Michel Sapin a encore repoussé l’objectif de deux ans. De manière effarante et ironique, c’est Pierre Moscovici, l’architecte de l’échec financier de la France, qui est devenu le très improbable Commissaire Européen à l’économie. Quel meilleur signe de l’irresponsabilité et de l’inconséquence de l’UE ? Tout ceci pose un gros dilemme à l’UE : que faire face au non-respect par Paris de ses objectifs ? Cette semaine, Michel Sapin a lâché 3,6 milliards pour éviter toute sanction.

Un système fou

Le système actuel a démontré son échec, exactement comme les opposants à l’austérité, dont j’ai fait partie dès le début, l’avaient anticipé. Fin 2009, j’écrivais, sur la Grèce, que « la déflation compétitive (…) serait extrêmement brutale et aurait sans doute des conséquences sociales violentes » et en mai 2010 que le plan « ne fait que repousser les problèmes à plus tard en les aggravant ». C’est le paradoxe de cette situation où les politiques de réduction des déficits demandées par l’Europe provoquent une déprime économique qui empêche directement l’atteinte des objectifs définis par ces mêmes politiques ! C’est sans doute pour cela que les écarts finissent par être admis car ils sont généralisés.

Ce faisant, tout le monde est perdant. L’UE, parce que presque personne ne respecte ses objectifs, la faisant apparaître comme l’avocate d’une austérité sans cœur, inefficace et impossible à respecter. Mais cela lui permet aussi de gagner de nouveaux pouvoirs, même si elle rechigne parfois à les utiliser. Les pays parce qu’ils apparaissent comme des mauvais élèves et qu’ils ont cédé une partie de leur autorité. Et les peuples européens souffrent depuis 2008, ne parvenant pas à sortir d’une crise dont l’origine leur est étrangère mais qui y restent de manière bien spécifique.

Tout ceci a pour seul mérite de montrer que l’Europe politique n’a pas de sens étant donnée l’hétérogénéité des situations. Elle ne fait que créer une complexité dysfonctionnelle et déresponsabilité pour les dirigeants nationaux et européens, qui en viennent à torturer leur propre population.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 21 2014

Edito - Ebola : Cuba montre l’exemple

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Avec Ebola, c’est le foutoir habituel des problèmes de santé publique : un jour c’est gravissime, et le lendemain, les progrès sont spectaculaires ; un malade en Espagne c’est une crise de régime, mais quelques centaines de mort en Sierra Leone, au Liberia ou en Guinée, c’est du secondaire. Tous les jours, l’OMS et l’ONU alertent, alors que les gouvernements se veulent rassurants.

L’OMS a certainement une partie bien difficile à jouer, pour collecter des infos pas évidentes, agir en tenant compte de la susceptibilité des États, éviter la panique… Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé, avait posé le problème de la manière la plus simple : « Face à la maladie, ce dont nous avons le plus besoin, c’est de personnel médical. Le plus important pour éviter la transmission de l’Ebola est de disposer des personnes adéquates, des spécialistes adéquats, entrainés correctement ».

Un pays, qui n’est pas le plus riche de la planète, Cuba, a magnifiquement répondu. Seul à avoir répondu en tant qu’État, sans se défausser sur les ONG, et à un tel niveau… en dépêchant 165 médecins, tous en place depuis début octobre. Onze millions d’habitants et 165 médecins, on voit ce que ça donnerait si on généraliserait l’effort. Margaret Chan a salué cette décision: « Cuba est un exemple. Il s’agit du contingent le plus important de médecins, d’infirmiers et de spécialistes du contrôle de maladies infectieuses et épidémiologiques ».

La présence médicale internationale en Afrique de l’Ouest était de 170 professionnels. Cuba fait autant que toutes les nations du monde réunies… Fidel Castro a trouvé un micro pour expliquer : « C’est un principe sacré de la Révolution. C’est ce que nous appelons l’internationalisme, parce que nous considérons que tous les peuples sont frères et avant la Patrie se trouve l’humanité ».

Chapeau-bas à ce grand pays de solidarité, étranglé par le blocus US, et mes amitiés à nos syndicats de médecins libéraux qui préparent une grève… pendant les fêtes de Noël. Un autre monde…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 8 2014

Edito - La paradoxale avancée de l’agenda néolibéral

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Depuis quelques mois, alors que l’agenda austéritaire et néolibéral a plongé le continent européen dans une récession prolongée, on pourrait penser que les idées alternatives ont un boulevard. Las, il semble que pour soigner le mal, plus de ce même mal s’impose pour le moment comme la solution !

Le retour des austéritaires

C’est un immense paradoxe. Entre la révolution copernicienne du FMI fin 2012, qui a remis en cause ses recommandations en partant du constat que les politiques austéritaires avaient un effet dépressif bien plus important que prévu, les rendant contre-productives, et le marasme dans lequel les économies européennes se sont enfermées en cherchant à réduire les déficits, l’agenda défendu par Paul Krugman devrait s’imposer. Mais non, même s’il faut reconnaître que l’Union Européenne accepte pour le moment que les objectifs de réduction des déficits ne soient pas atteints aussi vite que prévu, en Grèce, en Espagne ou en France, la tonalité actuelle du débat semble marquer un effarant retour en arrière. Il faut dire que la dramatisation ridicule du passage du cap des 2000 milliards de dette n’aide pas.

Même si le gouvernement a repoussé en deux temps l’objectif d’un déficit à 3 % du PIB, de 2013 à 2015, puis 2017, la direction de la politique budgétaire reste désespérément à l’austérité, même si elle n’est pas aussi brutale qu’à une époque ou ailleurs. Jacques Sapir décrypte de manière remarquable le paradoxe de cette époque, où l’échec des politiques d’austérité, qui, en cassant la croissance, ont même du mal à réduire les déficits en pénalisant les rentrées fiscales, donne du grain à moudre aux austéritaires qui appellent à plus d’austérité, comme on peut le voir à l’UMP, dont tous les candidats demandent une baisse d’au moins 100 milliards de la dépense publique, qui, selon les calculs du FMI, provoquerait une chute de 4,5 à 8% du PIB. Il est effarant d’oublier Keynes et les leçons du passé récent.

Toujours plus de laisser-faire

Mais la cause des austéritaires n’est pas dénuée d’arrières-pensées, comme on a pu le constater dans le traitement délirant du passage du cap de 2000 milliards de dettes. Beaucoup d’austéritaires sont en fait des opposants à l’État, des partisans du laisser-faire et du laisser-passer, qui voient dans la crise actuelle une opportunité pour faire reculer le défenseur de l’intérêt général pour faire avancer leur agenda de recul de l’État généralisé. C’est ainsi que Le Monde, comme Le Figaro, ont profité de l’occasion pour développer les idées de vente du patrimoine de l’État ou même de libéralisation des monopoles publics. On en trouvait les prémisses dans le débat sur le ras-le-bol fiscal ou la compétitivité.

Bien sûr, ce discours est largement tenu par la droite aujourd’hui, mais il faut noter que la gauche dite de gouvernement adhère largement à cet agenda. Pierre Moscovici avait légitimé le ras-le-bol fiscal. François Hollande semble vouloir jouer son quinquennat sur l’amélioration de la compétitivité, virage déjà entamé avec le rapport Gallois. Et le Parti Socialiste, qui, de 1997 à 2002, avait plus privatisé que la droite, semble se préparer à une nouvelle vente du patrimoine de l’Etat, alors même que le bilan de la privatisation des autoroutes est absolument désastreux, puisqu’elles n’aboutissent qu’à créer des rentes pour des groupes privés qui réalisent des bénéfices indécents sur le dos des usagers.

Comme le souligne l’économiste Dani Rodrik dans La Tribune, tout le paradoxe de la situation est finalement, que l’écteur moyen, en continuant à voter pour des partis qui mettent en place cet agenda, soutiennent de facto la cause des plus riches. Mais cela ne durera pas, comme le montre l’émergence de Podemos.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, septembre 12 2014

Edito - La France effectue des pas importants sur la route de la mise sous redressement international

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L'actuel décrochage du débat politique français face aux vrais sujets est gravissime. 5 marqueurs viennent de passer le même message aux marchés internationaux :

1) La signature de la France ne vaut rien. Des Mistral non livrés aux efforts budgétaires jamais appliqués : la parole de la France ne vaut plus confiance.

2) Les dirigeants politiques perdent leur autorité morale : lorsque des efforts budgétaires sont à mener, la classe politique doit être forte, exemplaire, dotée d'autorité morale. Là, le pouvoir est faible, répulsif, impuissant.

3) Les mesures à mettre en œuvre sont perçues comme très impopulaires et supposant une assise démocratique large : la France est à l'opposé : manichéenne avec la droite qui n'apportera pas de soutien.

4) Pour les placements, il faut des alternatives par quota régionaux : c'est désormais le cas dans la zone euro : Portugal, Espagne... qui ont changé de cap.

5) La nomination de Pierre Moscovici est le plus redoutable piège : il va devoir et vouloir assumer ses nouvelles fonctions sans donner prise au sentiment de "complicité" avec la France. Sa marge de manœuvre est nulle.

Des pas importants sont manifestement franchis sur la route de la mise sous redressement international annonçant classiquement 4 à 5 ans de "purge" redoutable.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 30 2014

Edito - Le dangereux retour des austéritaires, au PS !

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Paradoxe assez incroyable qui démontre à quel point la décomposition de la pensée économique, alors que les preuves des méfaits des politiques austéritaires ne cessent de s’accumuler et sont aujourd’hui admises par des intellectuels de tous les bords, le PS y cède de plus en plus, comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes et le rapport de Jean Pisani-Ferry.

Quand un socialiste propose de faire du Sarkozy !

Le PS est vraiment dans une phase de décomposition intellectuelle avancée pour produire une intelligentsia qui embraye le pas à la pensée économique de la droite la plus bête, pour paraphraser Paul Krugman au sujet de la défense de la politique de l’offre de François Hollande. Didier Migaud, député « socialiste » nommé par Nicolas Sarkozy à la tête de la Cour des Comptes, a publié un rapport qui questionne la capacité du pays à tenir ses objectifs de réduction du déficit budgétaire et propose de réanimer la politique initiée par Nicolas Sarkozy, visant à supprimer 10 000 postes de fonctionnaires par an, mais en incluant les collectivités locales et la Sécurité Sociale au lieu de la limiter à l’État. Il avait déjà critiqué la promesse du président de créer 60 000 postes dans l’éducation, malgré un véritable besoin.

Jean Pisani-Ferry, ancien conseiller économique des ministres de l’économie de Lionel Jospin de 1997 à 2002, pousse encore plus loin la logique austéritaire. Il dénonce le poids des dépenses publiques « 12 points supérieur à l’Allemagne », en feignant d’ignorer qu’il compare des choux et des carottes et que la réalité est beaucoup plus équilibrée, notre service public étant beaucoup plus étendu que vos voisins. Il propose de diminuer les dépenses publiques de 54,8 à 48,8% d’ici à 2025, soit un effort de 0,6 point de PIB tous les ans. On suppose qu’il ne prend pas en compte le fait que la baisse des dépenses réduit le PIB, d’un coefficient de 0,9 à 1,7 selon la dernière étude du FMI. Une telle baisse réduirait le PIB de 5 à 10% sur 10 ans, ce qui contredit complètement l’objectif de réduction du poids de la dette, qui serait augmenté d’autant, comme cela se passe dans une partie des pays de la zone euro.

L’austérité est contre productive

Il y a quand même quelque chose de piquant à voir des socialistes proposer de démanteler l’État et baisser les dépenses publiques alors même que le très libéral et anti-Etat The Economist vient de publier un long article démontrant les ravages des politiques d’austérité. Il est tout de même effarant que des hiérarques socialistes ferment les yeux sur les ravages des politiques suivies dans le reste de l’UE, la Grèce où des études suggèrent que pas moi de 30% de la richesse nationale aurait été perdue depuis 2007, avec son cortège de chômage et d’effondrement du pouvoir d’achat (28% en Irlande et 18% en Espagne). The Economist soutient que la crise aura également un effet sur le long terme en réduisant les dépenses d’investissement des entreprises, ce qui sera un handicap pour le futur.

Paul Krugman, qui a démonté les politiques austéritaires dans son dernier livre, livre un jugement sévère sur l’UE. Pour lui « les problèmes inhérents à l’euro ont été aggravés par de mauvaises décisions. Les leaders européens ont insisté, et ont continué à insister, malgré les preuves éclatantes, sur le fait que la crise n’était qu’une affaire d’irresponsabilité fiscale, et ont donc imposé une austérité sauvage qui ne fait qu’empirer une situation déjà terrible » et conclut « il est terrifiant de voir un si grand nombre d’européens rejeter les valeurs démocratiques, mais au moins, une partie du problème vient des responsables qui semblent plus intéressés par la stabilisation des prix et la probité fiscale que par la démocratie ». Il est tout de même incroyable de voir le Parti dit Socialiste ignorer la voix de ce « prix Nobel d’économie ».

Merci néanmoins à Didier Migaud et Jean Pisani-Ferry de démontrer que les sommités économiques issues du Parti Socialiste ont à ce point arrêter de penser sur les questions économiques. Car outre le fait d’ignorer Paul Krugman, ils ignorent même les derniers travaux du FMI, pourtant guère suspects de laxisme.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, juin 29 2014

Edito - A quand la fin du vrai GayetGate ?

THE LEGEND OF ZORRO

La France est un pays entièrement bloqué. Il y a finalement un seul domaine où François Hollande innove : il est le 1er Président de la Vème République officiellement durablement célibataire. Nicolas Sarkozy l'avait été passagèrement. Avec François Hollande, le pays qui a été historiquement la référence du style féminin, n'a plus de représentante au sein du "couple présidentiel".

Il n'y a pas d'autre démocratie moderne qui fonctionne ainsi.

Michelle Obama rayonne.

L'épouse du nouveau Roi d'Espagne s'annonce un atout de première efficacité. Sophie Trudeau est sportive et mutine participant pleinement au désir de changement.

En France, François Hollande est seul. C'est un pouvoir triste de le voir ainsi.

C'est surtout un pouvoir opaque puisque le GayetGate est resté sans fin avec pour seule issue, celle de ne pas savoir.

Dans l'examen du patrimoine des Ministres, la question de la traçabilité dans la durée n'est jamais posée. Là il en est de même : pas de traçabilité dans la durée. L'opinion doit prendre une vérité passagère en un bloc et pas de question.

Le vrai GayetGate est là parce que, pour le reste, Julie Gayet à l'Elysée si elle pouvait introduire du charme, de la fantaisie et de la joie de vivre, qui pourrait s'en plaindre ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juin 27 2014

Edito - Fonction publique : les chiffres qui font peur...

0.A00fonnction-publique-fonctionnaires-administration.pngCher Contribuable,

« La France est un pays fertile : on y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts ». Clémenceau a tout résumé il y a plus d’un siècle avec une clarté stupéfiante…

La République s’est fait un devoir de planter des fonctionnaires partout, à tous les niveaux, dans tous les endroits, sans plus savoir pourquoi !

Résultat

La France = 7 millions de fonctionnaires

En 2014, un employé sur quatre est en réalité payé par l’État.

Ainsi, la fonction publique au sens strict compte près de 4,8 millions de fonctionnaires ! Il y en a 2,4 pour la fonction publique d’État, 1,5 pour la fonction publique territoriale et plus de 900.000 pour la fonction publique hospitalière.

Mais ce n’est pas tout. 2 millions sont assimilés fonctionnaires et profitent du statut ! On en compte plus de 900.000 dans les entreprises et établissements publics, 144.000 dans l’enseignement privé sous contrat, 220.000 dans les chambres consulaires, 400.000 dans les associations subventionnées, 330.000 dans les emplois aidés…

Ces chiffres donnent le vertige et sont catastrophiques, surtout si on les compare avec des pays voisins ou similaires. La France compte 11 fonctionnaires pour 100 habitants, les États-Unis 8, l’Allemagne 6, l’Italie et l’Espagne 4 et pourtant, le service au public est assuré.

C’est évident : la France a trop de fonctionnaires, d’autant plus que plusieurs millions de ces employés sont déclarés « fonctionnaires » alors qu’ils ne travaillent pas directement pour l’État. Le statut des fonctionnaires est à revoir d’urgence pour alléger les dépenses publiques et le poids des impôts qui pèsent sur nous.

Car ce sont les contribuables qui paient les fonctionnaires, pas l’État. Ne vous laissez pas bercer par les paroles lénifiantes du gouvernement lorsqu’il dit que c’est l’argent public qui rémunère les fonctionnaires, car l’argent public sort directement de votre poche.

« L’argent public n’existe pas, il n’y a que l’argent des contribuables », clamait Margaret Thatcher. Cela veut dire que les 7 millions de fonctionnaires sont rémunérés avec votre argent : voilà la vérité !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juin 11 2014

Edito - Juan Carlos 1er cède sa place à son fils Felipe

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Le 2 juin 2014 restera dans les anales de l’Espagne, c’est le jour de l’abdication du roi d’Espagne Juan Carlos 1er.

L’Espagne, restera-t-elle une monarchie ?

Des mouvements anti-monarchie et indépendantistes commencent à naître dans les grandes villes espagnoles.

La monarchie a un coût, que les derniers scandales qui ont touché de prés ou de loin le monarque semblent rendre de plus en plus insupportable aux espagnols toujours touché de plein fouet par la crise économique.

Toutefois, il serait injuste d’oublier le rôle important, pour ne pas dire primordial de Juan Carlos 1er dans la mise en place de la démocratie en Espagne.

le Futur Felipe VI deviendra-t-il un bon roi d’Espagne ?

Il en a l’étoffe et les capacités, mais l’Espagne peut-elle encore supporter les charges de la monarchie ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 9 2014

Edito - J'adorerais que Dior fasse enfin manger ses mannequins

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La maison Dior vient de lancer le troisième opus de sa campagne « Secret garden ». Outre le fait d’abuser de l’anglais, ce qui est dommage pour une telle maison, elle persiste aussi à utiliser des mannequins maladivement maigres, dans un ballet de sauterelles affamées.

Le côté obscur de Versailles

Je regrette que les Nuls ou les Inconnus ne soient plus là pour faire des parodies de publicités car ce nouveau spot Dior est une bonne matière première pour un détournement. Derrière le glamour des vêtements, du maquillage et des lumières, ils auraient peut-être choisi de nous montrer le physique au naturel des trois mannequins, qui doit être beaucoup moins attrayant sachant qu’elles doivent peser entre 50 et 55 kilos pour 1,80 mètre (il m’a uniquement été possible de retrouver les mensurations de Daria Strokous, 54 kilos pour 1,80 mètre, quand un blog évoque de manière effarante le corps de liane d’une compatriote de Fei Fei Sun, qui pèse 50 kilos pour 1,80 mètre).

Les Nuls et les Inconnus auraient pu faire une petite séquence façon caméra au poing en les montrant se nourrir uniquement de crudités, discutant entre elles et trouvant qu’elles avaient pris des fesses ou des jambes et qu’il fallait qu’elles fassent attention, avant d’en montrer une se faisant vomir dans des toilettes avant d’aller à un casting où un couturier les aurait trouvé magnifiques, malgré des corps décharnés et squelettiques avec des membres fins comme des baguettes. Pour appuyer leur message, ils auraient pu terminer en montrant Monica Bellucci, Penelope Cruz ou Scarlett Johansson et poser la simple question : les hommes ne les préfèrent-ils pas largement aux mannequins ?

Dégénérescence d’une société

Cette persistance à utiliser des mannequins maladivement maigres est révoltante. C’est un sujet dont je parle presque depuis les débuts du blog. Car si sur la pellicule, certains peuvent passer outre leur maigreur, il faut rappeler que les mannequins disposent de stylistes, de beaux vêtements, d’une armée de coiffeurs et de maquilleurs, parfois pour camoufler leurs os trop saillants, ainsi que d’un éclairage qui les sublime. Et la fée numérique permet toujours de retoucher les visuels, fixes ou non, si malgré tous ces artifices, elles restent toujours trop marquées par leur maigreur, ou d’autres fois, malheureusement, l’accentuer encore en dessinant plus encore une taille, des jambes ou des bras.

Car qui peut croire qu’il est sain de peser 50 kilos pour 1,80 mètre ? Ce standard maladif est une horreur pour les mannequins, dont certaines s’affament au point de perdre la vie (ce qui avait poussé l’Espagne à réglementer l’IMC de la profession et la taille des mannequins des vitrines des magasins de prêt à porter). Mais il est aussi dangereux pour le reste de la population, en fixant un idéal de beauté qui n’en est pas un et dont il est difficile de croire qu’il n’a pas une responsabilité dans les comportements anorexiques, la souffrance et la maltraitance physique que s’infligent certains personnes qui se fixent un idéal dérivé de ces publicités. Voilà le produit du laisser-faire appliqué à la mode.

Il y a 20 ans, les mannequins étaient déjà minces, mais certaines avaient des formes. Aujourd’hui, elles sont trop souvent maladivement maigres. Si la profession ne se discipline pas, il faudra qu’un jour nos dirigeants n’hésitent pas à s’emparer de ce sujet, cher à Valérie Boyer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 29 2014

Edito - Santander et le débat sur la "ville moderne"

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Hier soir, sur France 2, ouverture d'un débat de fond : qu'est qu'une ville moderne ? En quoi consiste la "modernité" et en quoi ce contenu peut-il impacter positivement la vie des habitants ?

Les technologies ont beaucoup évolué. Elle seraient une avancée dans la quasi-totalité des domaines mais pas dans la vie publique ? Étonnant paradoxe.

Il y aurait donc la vie économique qui répond aux exigences de compétitivité et la vie locale qui serait le refuge vers le passé ?

En quoi le refus de la modernité peut-il être le passeport du mieux vivre ?

Hier soir, sur France 2, le reportage sur Santander (ville portuaire espagnole d'envion 184 000 habitants qui dispose de plages magnifiques) a montré les avancées des technologies.

Pour découvrir le reportage, cliquer sur le lien suivant : Santander, la ville moderne

En France, de façon très paradoxale, il y a une génération qui vit professionnellement dans les nouvelles technologies mais qui les repousse dès qu'il n'y a plus d'engagement professionnel.

Ce sera le tournant de Béziers dans les 6 prochaines années : en quoi la crème de la crème de l'extrême droite BCBG entraîne "le mieux vivre" et par quel contenu concret ?

Béziers a la sociologie de son score de mars 2014. 70 % des commerçants ne sont plus inscrits sur les listes électorales de Béziers où ils gagnent pourtant leur vie.

Les seniors aisés ont quitté Béziers pour aller dans les villages environnants où ils constituent les bataillons électoraux de Lacas, de Combes et autres élus locaux bien à droite.

Les couples aisés amoureux d'espace votent pour le péri-urbain.

Béziers a ainsi progressivement concentré une sociologie très particulière ces dernières années : CSP pauvres et miséreuses, sur-représentation des personnages âgées à bas revenus, jeunes subissant le pire que la société a à offrir ...

Les Couderc et Aboud ont vilipendé l'héritage de Pierre Brousse alors même qu'ils devraient lui faire une statut : l'urbanisme des "années Brousse" avait généré un "nouveau Béziers". Il n'a sociologiquement plus aucun rapport avec les années Balmigère ni même avec les poussées surprises éphémères de Fontès et Barrau.

En 19 ans (1995 - 2014), l'urbanisme a changé la sociologie de la Ville.

Cette ville qui s'est longtemps voulue, pour partie à tort d'ailleurs en raison d'un orgueil local surdimensionné, l' "ancienne capitale mondiale du vin" est désormais au pied du mur : la modernité c'est quoi ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - La visibilité sur la date réelle de la fin du mandat Hollande est maintenant engagée

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La course n'est pas entre François Hollande et les électeurs mais entre François Hollande et les créanciers de la France. La nomination de Manuel Valls était d'abord un message aux créanciers de la France après plusieurs alertes des organismes compétents. François Hollande leur passait un message clair : le temps des économies et des réformes structurelles est engagé.

Avec les européennes, avec la gauche divisée, avec un PS réduit à un score dérisoire pour une formation de gouvernement, le doute est revenu. Et si les annonces étaient sans lendemain ? Les organismes prêteurs ont désormais de quoi diversifier leurs placements sur la zone euro avec le "retour en grâce" du Portugal et de l'Espagne.

Augmentation du risque sur la France et possibilité de placer ailleurs = probable augmentation des taux sur la dette de la France.

Avec un point d'augmentation des taux, la dette de la France explose. Tout le niveau de vie du secteur public français devient insoutenable face aux intérêts.

Ce schéma est désormais non seulement possible mais probable.

Moody's vient de lancer une alerte forte le 26 mai : note Moody's

Dans ce contexte, François Hollande n'est plus audible.

La visibilité sur la date réelle de la fin du mandat de François Hollande est désormais sérieusement engagée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 20 2014

Edito - Mettre fin au cauchemar de l'Euro ! Pour stopper la désindustrialisation et le chômage...

O.A1.jpgJacques Sapir réagit au documentaire de France 2 présentant le «roman de l'euro». L'économiste nous livre une autre version de l'histoire, celle d'un «cauchemar» dont il est urgent de sortir !

Jacques Sapir dirige le groupe de recherche Irses à la FMSH, et coorganise avec l'Institut de prévision de l'économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. Vous pouvez lire ses chroniques sur son blog RussEurope

Le « roman de l'Euro », quel beau titre pour une soirée de propagande sur France 2 ! On nous a présenté donc comme un « roman » ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar.

Le «roman de l'Euro», quel beau titre pour une soirée de propagande sur France 2! On nous a présenté donc comme un «roman» ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar. Notons que les réalisateurs n'avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si l'on doit saluer le courage d'un Philippe Villin, toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l'ignorance du nombre important d'économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd'hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l'efficacité de l'Euro. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d'économistes européens ou américains. De «débat», il n'y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, de la télévision publique mais aussi de la France en général.

L'Euro existe depuis 1999 pour ce qui concerne l'Euro bancaire et depuis 2002 pour la monnaie courante, ce que l'on appelle l'Euro fiduciaire. Jusqu'en 2008, soit jusqu'à la crise des subprimes, il a provoqué un fort ralentissement de la croissance sur les pays qui l'ont utilisé. On peut comparer les taux de croissance annuel entre pays de la zone euro et le reste des pays développés.

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L'écart est, par an, de 0,5 % à 0,7 % avec la moyenne des pays de l'OCDE, qui incluse en fait les pays de la zone Euro. Cette situation s'est en réalité aggravée avec la crise, et l'on voit que dans la période 2007-2011, le taux de croissance annuel de la zone Euro est bien plus faible que celui des États-Unis, ou de la Suisse et de la Norvège. L'effet de freinage sur la croissance dû à l'existence de l'Euro est indéniable. Encore faut-il savoir que la zone Euro est elle-même très hétérogène. L'impact de la crise de l'Euro sur les divers pays mérite que l'on s'y attarde.

Un seul pays a vu son PIB s'accroître de manière conséquente par rapport à 2008, c'est l'Allemagne. La France stagne (avec un gain total pour l'ensemble de la période, soit 5 ans de 0,72 %). Par contre la chute est importante pour les autres pays. Elle est impressionnante dans le cas de la Grèce (-23,3 %) mais elles est très significative pour l'Espagne, l'Italie et le Portugal, et loin d'être négligeable pour un pays comme les Pays-Bas. Si l'on retirait l'Allemagne de la zone Euro, on verrait que le bilan global est encore plus négatif.

Mais, ces chiffres sont loin de nous dire l'ampleur réel du problème induit par l'Euro. La chute des investissements est encore plus spectaculaire, et cette fois elle est générale.

De 2008 à 2013, l'investissement, autrement dit la source même du progrès économique et social pour toute économie, s'est contracté dans tous les pays considérés. Cette contraction est très faible en Allemagne, significative en France et en Belgique, importante en Italie, aux Pays-Bas et au Portugal, et catastrophique en Espagne et en Grèce. Ces derniers pays sont ramenés au niveau d'investissement qui était le leur au milieu des années 1980. Il ne faut donc pas nourrir d'illusions quant à l'effet des politiques d'austérité. Ces dernières ont permis à certains de ces pays de retrouver une balance commerciale en équilibre, mais ce fut au prix d'une contraction drastique des importations. Compte tenu de l'effondrement des investissements dans ces pays, on doit s'attendre à des chutes importantes de la productivité qui vont faire réapparaître à bref délai un problème de balance commerciale.

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Source: Base de donnée du FMI.

On voit, par contre, que l'Allemagne a un excédent important, et qui paraît même déraisonnable. L'Allemagne se fait tracter par le reste du monde, zone Euro incluse. Cette situation, elle la doit à l'Euro. Si l'Allemagne avait conservé le Deutschemark, ce dernier se serait réévalué au fur et à mesure des excédents commerciaux. Son taux de change serait probablement compris entre 1,50 et 1,55 dollars (ou USD) pour 1 DM. Mais, l'Allemagne bénéficie de l'Euro, et l'impact dépressif sur le taux de change qu'exercent les situations des autres pays. C'est pourquoi le taux de change de l'Euro, poussé à la hausse par les excédents allemands, mais à la baisse par les déficits des autres pays (dont la France) voit son taux de change évoluer entre 1,35 et 1,40 USD. Ce taux est excellent pour l'industrie allemande, mais bien trop fort pour les autres pays, qui doivent pour s'ajuster sacrifier leurs importations et leurs investissements. Un taux de 1,10 USD correspondrait à ce qui serait nécessaire pour la France, et pour l'Italie et l'Espagne, des taux compris entre 1,05 USD et 0,95 USD assurerait une bonne compétitivité sans avoir à sacrifier le long terme, par la compression des investissements. On mesure immédiatement qu'il ne peut y avoir de taux de change unique correspondant aux différentes économies. L'écart des taux de change d'équilibre pour les différents pays, et sans inclure la Grèce, va de 0,95 à 1,55 USD. L'ampleur de cet écart signe l'impossibilité de faire fonctionner la monnaie unique sans provoquer une catastrophe en Europe, et au-delà dans l'économie mondiale. Car, l'impact des politiques d'austérité qui n'ont été mises en œuvre que pour «sauver» l'Euro dépasse de loin les frontières de l'Europe . En fait, la zone Euro exerce une effet dépressif sur l'ensemble de l'économie mondiale.

L'impact social de l'Euro est aussi catastrophique, en particulier, mais pas uniquement, dans le domaine du chômage.

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Source: Base de donnée du FMI

La prise de conscience de la catastrophe induite par l'Euro sur l'économie européenne commence à être perçue, que ce soit par les gouvernements ou par les agents privés. De fait, aujourd'hui, le marché des dettes tant publiques que privées, tend à se fractionner, et l'on est revenu à la situation de 2000. Il faut ici rappeler que le marché des dettes était le seul sur lequel on avait pu noter une réelle convergence. Cette dernière est désormais effacée.

Il ne faut donc pas s'étonner si des voix s'élèvent pour demander une baisse du taux de change de l'Euro face au Dollar, et en particulier en France. Mais, si l'économie française qui est l'une des moins intégrées dans la zone Euro pourrait en tirer quelques profits, cela ne résoudrait nullement le problème de l'Italie ou de l'Espagne. Or, qui peut croire que la croissance reviendrait en France si ces deux pays sont en dépression ?

Mais, les calculs réalisés au Ministère des Finances, et dont Arnaud Montebourg s'est fait l'écho au début de cette année avec une déclaration importante au journal les Échos, dans une interview sur le site internet , ont l'immense intérêt de montrer de manière incontestable que nous aurions grand intérêt à sortir de l'Euro. Les taux de croissance qui sont indiqués par la DGTP (Direction Générale du Trésor et de la Prévision), soit 1,2 % de croissance la première année et 0,6 % la seconde en cas de dépréciation de 10 % de l'Euro correspondent d'ailleurs aux valeurs «hautes» du modèle qui a été publié en septembre dernier. Nous tablions, pour une dépréciation de 20 % de la monnaie française (et non de l'Euro seulement) sur un gain direct de 2,5 % à 2,8 %, et un gain indirect total de 4,5 % à 6 % par an se répétant pour les 3 premières années .

La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l'Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu'elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l'Euro n'a que trop duré.

La solution dite de «dépréciation» de l'Euro se heurte à plusieurs obstacles. D'une part, on ne «déprécie» pas si simplement la monnaie correspondant à une zone économique qui est en excédent commercial (du fait de l'Allemagne). On peut certes faire l'équivalent d'une «quantitative easing» à l'européenne, c'est-à-dire obliger la Banque Centrale Européenne à racheter des montants importants de dettes publiques pour injecter de la monnaie et, par un processus de marché, comme il y aurait plus d'offre d'euros que de demande, provoquer une baisse du cours par rapport au Dollar et au Yen. Mais, un tel programme rencontrera l'opposition absolue de l'Allemagne. En effet, l'article 88 de la loi fondamentale allemande interdit à la Banque Centrale de prêter à l'État, et la cour de Karlsruhe a statué que les pratiques de la BCE ne doivent pas violer la constitution allemande. D'ailleurs, le problème se pose dès aujourd'hui à propos du programme Outright Monetary Operation envisagé par Mario Draghi, le président de la BCE, dont la légalité au regard de la loi allemande et du statut de la BCE est mise en cause par 6 juges sur 8. Enfin, il faudrait que la BCE adopte de manière claire une politique de ciblage du taux de change (et du taux de change réel par surcroît), ce qu'elle s'est toujours refusée à faire. On peut le déplorer, mais il faut le constater, il n'y a pas de majorité qui permette de faire changer de politique la BCE. Sauf à expulser l'Allemagne de la Zone Euro, rien ne sera possible dans la Zone Euro.

On le mesure alors. La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l'Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu'elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l'Euro n'a que trop duré.

Source : FigaroVox/Tribune

jeudi, mai 8 2014

Edito - Sondage Européennes : Marine Le Pen en tête, pas d'effet Valls pour le PS

FRANCE-POLITICS-PARTIES-FN

Le Parisien : Sondage après sondage, la tendance se confirme : après avoir réussi une percée aux dernières municipales en raflant une douzaine de mairies, le Front national pourrait à nouveau créer la sensation aux élections européennes du 25 mai. C'est en tous cas ce qui ressort de notre sondage Harris-Interactive pour LCP AN et « le Parisien »- « Aujourd’hui en France ». Des trois principales listes, celle soutenue par Marine Le Pen arriverait en tête avec 22 % des suffrages, suivie de près par l’UMP à 21 %, et le PS distancé à 17 %.

A un moment où la défiance n’a jamais été aussi forte dans l’opinion concernant tout ce qui touche de près ou de loin aux institutions de Bruxelles, les thèmes développés par la patronne du FN semblent faire mouche. A commencer par la sortie de l’euro, proposition jugée délirante par de nombreux experts mais ardemment défendue dans tous les meetings FN. « Il sera décidé par référendum », précise le conseiller spécial du parti lepéniste chargé des questions économiques, qui plaide pour le retour d’un « nouveau franc » et un changement radical de mandat de la Banque centrale européenne (BCE).

Les mouvements populistes ont le vent en poupe

Mais la France n’est pas une île. En Hongrie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Finlande : partout, les mouvements populistes hostiles à la politique européenne telle qu’elle est actuellement menée ont le vent en poupe. Les plans d’austérité ont déclenché des manifestations en série, même si, dans certains pays, comme l’Italie ou l’Espagne, la situation s’améliore au fil des mois. « Il y a encore quelques années, l’Europe était considérée comme un espace protecteur, ce n’est plus le cas actuellement, la colère ne cesse de croître », reconnaît un diplomate français à Bruxelles.

Au PS, on se dirige vers une nouvelle défaite cuisante après la débâcle des municipales. La crainte d’une déroute est telle qu’au siège de Solférino les 17 % que lui attribue notre sondage paraissent presque miraculeux à certains cadres du parti qui s’attendent à ne pas dépasser la barre des 15 % le 25 mai (contre 16,4 % en 2009). Les socialistes ne profitent pas (encore ??) de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon. Et malgré les promesses répétées de changement, François Hollande reste le président le plus impopulaire de la Ve République.

Selon l’enquête de l’Institut Harris-Interactive, c’est la gauche dans son ensemble qui est en net recul : 9 % pour les écologistes, 8 % pour Mélenchon et le Front de gauche, 2?% seulement pour Lutte ouvrière et le NPA d’Olivier Besancenot. Il reste trois semaines aux ténors de la majorité pour tenter de mobiliser leur électorat.

Sondage réalisé par Internet du 2 au 5 mai 2014 auprès de 1 600 personnes. Méthode des quotas.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 7 2014

Edito - La bêtise des marchés n’a pas de limites

00000000AA20140419_LDC753.png __ Jusqu’où s’arrêtera la bêtise des marchés ?__ Après des siècles de crises, on peut sans doute dire qu’elle est sans fin, comme le montrent dernièrement la baisse des taux sur les dettes souveraines dans la zone euro, la nouvelle bulle Internet et les folies du marché immobilier dans quelques pays.

Du jugement des dettes souveraines

Le succès récent de la vente de bons du trésor grec illustre le nouveau changement d’humeur des marchés. Début 2009, tous les États de la zone euro pouvaient emprunter à peu près au même taux, une absurdité quand on examinait un tant soit peu les différences colossales entre Berlin, Madrid, Paris ou Athènes. La crise qui a suivi a démontré la faillite des marchés à produire des taux justes puisqu’ils ont nourri un excès de dettes (privé, plus encore que public) dans de nombreux pays (Espagne et Irlande notamment), qui ont mené à la crise de la zone euro. Bref, la main invisible était celle d’un dealer vendant sa marchandise à si bas coûts que cela a provoqué quelques overdoses...

Les marchés étant excessifs à la hausse comme à la baisse, début 2012, la dette à 10 ans d’Athènes s’échangeait avec un taux annuel théorique supérieur à 40 %, la dette portugaise dépassant les 15 % ! Là encore, on peut imaginer qu’un tel taux était absurde et était le pendant inverse des excès passés. De tels niveaux étaient assez ridicules par rapport à ceux des pays émergents. En deux ans, la situation s’est complètement renversée puisque la Grèce peut emprunter à 5 % à 5 ans et que la dette à 10 ans de l’Italie et l’Espagne dépasse à peine le cap des 3 % (contre près de 7 % au pire de la crise de la zone euro). Difficile de ne pas croire que, là encore, la baisse des taux est excessive.

Où l’État entre en jeu

Les évolutions erratiques et extrêmes du jugement des marchés sur la dette publique de la zone euro démontrent de facto que ce jugement est irrationnel et exubérant, sans doute trop bon par temps calme et trop dur quand le vent souffle. Tout le problème est que cela est vrai pour tous les marchés. Le début d’année a été marqué par une forte baisse des valeurs technologiques, notamment aux États-Unis, du fait de l’écart colossal entre la valeur des entreprises et ce qu’elles dégageaient réellement. De nombreux marchés immobiliers montrent aussi de gros signes de dysfonctionnement, que ce soit en Grande-Bretagne ou au Danemark, sachant que la bulle explose déjà aux Pays-Bas.

Bien sûr, les néolibéraux pointeront (pas totalement à tort), la responsabilité de l’État au sens large dans ces épisodes. L’incapacité des européens à mettre en place un plan solide ayant provoqué un fort stress des marchés et les annonces de 2012 ayant permis de ramener le calme. Ils pointeront également le rôle des politiques monétaires, qui contribuent à augmenter la demande pour tous les types d’actifs. Mais, cela revient à ne voir qu’un aspect de ces crises. Car de tous les temps, les marchés ont été exubérants, parfois à rebours des politiques publiques, ce qui montre qu’il y a une nature intrinsèquement excessive et instable dans les marchés, bien théorisée par les « esprits animaux » de Keynes.

Mais du coup, cela signifie qu’il est fondamentalement absurde de mener des politiques basées sur le jugement des marchés, puisque ce dernier se révèle si souvent mal avisé. Il faut absolument s’en détacher pour pouvoir mener des politiques qui vont dans le sens de l’intérêt général.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 6 2014

Edito - PMA et adoption par la conjointe homo : Un blocage contre nature, qui ne tiendra pas

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Pour comprendre, il faut partir de l’enfant, qui arrive au monde sans ne rien avoir demandé à personne, et qui est notre avenir. La loi doit contribuer à faire son bonheur, sur le plan personnel, social, politique. En droit, on appelle ça « l’intérêt de l’enfant », et c'est naturel.

L’intérêt de l’enfant

Au cours du merveilleux XIX° siècle, quand la beauté du droit français vivait le fol amour avec la révolution industrielle, la recherche du bonheur de l’enfant consistait à lui donner la chance de pouvoir travailler à la mine, en s’inscrivant ainsi dans l’histoire du progrès. Depuis, nos vaillants principes se sont hélas émoussés sous les coups de butoir du cosmopolitisme lié à l’internationalisation du droit, et nous en sommes réduits à apporter à l’enfant le meilleur des cocons d’amour. Tout se perd…

00000000000A33285.jpgLe droit à une famille

La plus précieuse des bases est la cellule familiale, le lieu intime où va se forger la personnalité de l’enfant. Est-ce un droit pour l’enfant, quand les relations familiales existent ? On trouve trois schémas… et un quatrième un peu coquin.

1/ Papa et maman passent un moment agréable et un petit bébé nait neuf mois plus tard.

2/ On retrouve le moment agréable, mais ensuite on utilise des procédés juridiques pour donner à l’enfant une nouvelle filiation, et c’est l’adoption.

3/ On utilise des procédures médicales pour concevoir l’enfant, puis des procédures juridiques pour lui donner une famille avec deux parents, qui vont l’aimer, l’éduquer et lui donner l’envie de conquérir le monde.

En droit français, il existe des procédures de procréation médicalement assistée pour les couples hétérosexuels, le moment qualifié un peu plus haut d’agréable étant remplacé par des techniques simples.

Pour des procédures plus complexes, ou pour les couples de lesbiennes, il faut passer la frontière et sortir le chéquier. Bruxelles et Barcelone sont bien placées sur le marché, et c’est parfait car ce sont des villes magnifiques (que nous ferions d’ailleurs bien d’annexer, il va falloir que j’en parle à mon ami Poutine).

Pour le bébé né après le stage technique à Bruxelles ou Barcelone, l’adoption par le conjoint était possible pour un couple hétéro.

Cette question a été au cœur de la loi sur le mariage homo : dès lorsqu’il existe un seul texte de loi définissant le mariage, le régime juridique qui en découle doit être unique. On peut ajouter que c’était aussi l’occasion de sortir de cette hypocrisie qui consiste à défendre en France de beaux principes, en invitant les Français à trouver un palliatif à Bruxelles ou Barcelone.

0000000tumblr_n484syRPtV1ts0s4jo1_500.jpgLa loi PMA-GPA, qui avait été promise, est partie aux oubliettes, mais Bambi et les nains parlementaires expliquaient que l’adoption post-PMA dans les couples de lesbiennes sera possible car la loi repose sur le principe d’égalité. Fais-moi rire…

Problème 1. Selon la loi française (Code de la santé publique, art. L. 2141-2), la PMA « a pour objet de remédier à l'infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué » et concerne « l'homme et la femme formant le couple ». Donc, la loi PMA est réservée aux couples hétérosexuels infertiles.

Problème 2. Le parquet, qui intervient dans les procédures d’adoption, a souvent fait valoir une lecture stricte, indiquant qu’il s’opposait à ces adoptions post PMA pratiquée à l’étranger, déniant toute valeur à une « filiation frauduleusement établie ».

En pratique, c’est le bazar. La loi est appliquée de manière duale. Tantôt, c’est la prime à l’intérêt de l’enfant et à l’amour de cette famille ; tantôt, c’est la lecture stricte de la loi.

Le couple marié demandant l’adoption reçoit alors un courrier du parquet expliquant que passer par Bruxelles et Barcelone, c’était pour contourner la loi, donc frauder, et donc valou. Dur, dur ! Dans le silence de l’intimité des familles, il est impossible d’estimer l’importance de ces refus. Mais il est certain que nombre de couple renoncent, hésitant à s’embarquer dans des années de galère juridique.

0000E138_SEJ14_Ligatus_138x115px_bordure.jpg4/ Reste le bon gros mensonge : « A Bruxelles ou Barcelone, c’était pour un moment agréable avec un beau légionnaire, mais le mec a disparu du circuit, et mon adorable épouse est d’accord pour adopter cet enfant ». Si le mensonge est bien organisé, ça passe comme une lettre à la poste, et après il faut expliquer à l’enfant que c’était une ruse pour permettre l’adoption. Efficace, mais pas fameux.

Qu’a dit le TGI de Versailles ?

Il a dit l’inverse de ce quelques autres tribunaux – Marseille, Aix-en-Provence, Toulouse – avaient jugé. Attention : nous sommes au début du processus, et ces décisions ne font pas la jurisprudence. Il faudra attendre un arrêt de la Cour de cassation.

L’affaire était bien partie avec un couple vivant ensemble depuis quinze ans, marié suite à la loi du 17 mai 2013, et avec un petit garçon âgé de quatre ans, né d’une PMA avec donneur anonyme, pratiquée légalement à Bruxelles. Mais ça n’a pas suffi.

Selon les extraits publiés, le tribunal a jugé que « le procédé qui consiste à bénéficier d'une assistance médicale à la procréation interdite en France, puis à demander l'adoption de l'enfant, conçu conformément à la loi étrangère mais en violation de la loi française, constitue une fraude et interdit donc l'adoption de l'enfant illégalement conçu ». Le tribunal ajoute qu’autoriser les adoptions au sein des couples de femmes reviendrait à « établir une distinction avec les couples homosexuels hommes, pour lesquels le recours à la gestation pour autrui est pénalement répréhensible ».

Commet analyser ce jugement ?

Le TGI de Versailles serait-il donc une association de vieux réacs ? Oh oh, on se calme… Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas le problème. Un juge applique la loi par rapport à des situations de fait. Si la loi est claire, la marge d’interprétation est faible. Donc, la loi qui dirait « La PMA est ouverte au couple homosexuel qui présente un projet parental », serait appliquée par les plus réacs des juges.

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Sauf que la loi ne le dit pas, et si le TGI de Versailles aurait peut-être pu faire dire davantage à l’intérêt de l’enfant, son jugement s’inscrit dans une logique très solide :

- le Législateur n’a pas voté le texte idoine, et maintenant il dit qu’il est opposé;

- le Conseil constitutionnel, par une décision du 17 mai 2013, a jugé que la PMA n'était pas ouverte aux couples de femmes en France ;

- la Cour de cassation, dans une formule émergente, juge avec constance que le juge peut « consacrer pas une fraude à la loi ».

Et du côté de la PME Taubira et compagnie, sous-traitante du ministère de l’Intérieur qu’est devenu le ministère de la justice, que dit-on ? C’est grandiose : « Je vous rappelle que le ministère de la justice ne donne aucune instruction dans les dossiers individuels. Il faut donc attendre la décision de la cour d’appel ».

La même PME Taubira et compagnie qui est signataire d’une circulaire demandant aux Parquets de ne pas s’opposer aux retranscriptions d’état civil pour les enfants nés de GPA à l’étranger, circulaire ignorée par la Cour de cassation… et pourtant pas retirée

Alors, l’intérêt de l’enfant ?

Voici deux enfants côte à côte à l’école, de quatre ans, avec à la maison un couple marié, selon la même loi, et tous deux sont nés du même processus de PMA, avec donneur anonyme : l’un à Lille, l’autre à Bruxelles. Le premier a été adopté hier par le conjoint de la mère ; pour le second, l’adoption a été refusée hier : fraude à la loi.

Franchement, vous pensez qu’un système aussi contraire à l’intérêt de l'enfant pourra tenir longtemps ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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