vendredi, janvier 30 2015

Edito - David Cameron et le déclassement des politiciens français

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Rien ne nous semble plus important que l'article que publie Le Nouvel Obsertvateur (L'Obs) sur la situation en Libye.

Ce qu'on sait : il n'y a plus d’État en Libye, le pays est livré à l'anarchie sanglante de plusieurs centaines de milices.

Ce qu'on commence à comprendre : l’État Islamique a bien l'intention d'empocher la mise. Pourquoi ? Parce que la Libye présente les mêmes caractéristiques que la Syrie/l'Irak. Celles qui ont fait le succès de Daech : un État désintégré + les plus grandes réserves de pétrole de la région permettant un financement miraculeux.

Ce qui devrait nous empêcher de dormir : les succès de Daech. Il contrôle déjà Derna (ville côtière de 100.000 habitants près de la frontière égyptienne), ce qui fait de cette ville le "seul endroit au monde où l'EI administre un territoire, en dehors de la zone irako-syrienne".

Un sujet de fond totalement occulté en France "l'efficacité gouvernementale" se résume à mener la lutte contre un enfant de 8 ans et organiser les diverses cérémonies de mémoire de façon récurrente.

Le seul leader en Europe qui a l'analyse et la mobilisation nécessaires c'est David Cameron. La comparaison entre ses actions et l'inaction française met en relief un déclassement des politiciens français qui est irréel.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juillet 26 2014

Edito - "Des migrants par millions", disent les services secrets !

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Il Tempo : Ils sont des millions. Ils fuient la guerre, des dictatures, des persécutions religieuses, la faim. Et ils ont toute la même destination: l’Italie. Pour beaucoup c’est seulement une terre de passage, pour d’autres la destination finale de leur voyage désespéré. Ils viennent de la Tunisie, du Maroc, de l'Égypte, de la Syrie, de la Corne de l’Afrique, du Subsahara, de l’Érythrée, de la Somalie, du Nigeria, du Soudan, du Congo, de l’Inde, du Sri Lanka, des Philippines.

Pour ce qui concerne l’Afrique, 90 % atteignent les côtes libyennes pour se diriger vers la Péninsule italienne. Un exode biblique qui enrichit les marchant d’hommes en favorisant le trafic de drogue et l’infiltration de terroristes islamistes potentiels. Cet exode fait exploser les structures d’accueil, appauvrit les caisses de l’État et cela compromet l’efficacité des contrôles sanitaires, en donnant maintenant vie au spectre de la diffusion de maladies infectieuses comme l’ebola meurtrier, le tbc, la méningite, le choléra...

La « forteresse Europe » est attaquée. Et le pied-de-biche pour accéder à l’UE passe par les côtes italiennes. Conflits à fond religieux ou inter-tribales, dictatures impitoyables, famines et progrom intérieurs poussent une masse énorme de gens à chercher leur salut dans l’émigration, un phénomène qui ces derniers mois a pris une dimension alarmante. Et, en effet, les services secrets sont alarmés. Beaucoup. Dans leurs rapports, soulignent que les progrom récents sont attribuables aux deux facteurs principaux: « les combats entre milices en Libye et la guerre civile en Syrie ».

Dans le cas premier, après la chute de Kadhafi, l’État central est en train d’effriter sous la pression des luttes entre tribus et des séparatistes « excessifs en Cyrénaïque et dans le Fezzan. » Le pays est divisé et les organisations criminelles en profite pour développer leurs trafics illégaux, en comptant aussi sur la corruption de de ceux qui contrôlent les frontières. Dans ce tableau, beaucoup de milices irrégulières, « les Katibe » exploitent le phénomène pour s’autofinancer. De leur point de vue, l’opération Mare Nostrum représente une opportunité : ils savent qu’ils vont devoir affronter un parcours plus bref qu’avant, en pouvant compter sur l’intervention de la Marine italienne pour secourir les naufragés éventuels ou chalands à la dérive.

En Syrie trois facteurs sont à l’origine des fuites massives : la guerre civile qui semble ne pas avoir de fin et qui emmène beaucoup de réfugiés déjà sortis du Pays quitte à « perdre chaque espoir d’un retour rapide en Patrie » et donc à tenter d’atteindre l'Europe du Nord, toujours à travers l’Italie ; l’attaque des communautés « chrétiennes » de la part des musulmans intégristes, Al Qaïda ; l’indigence croissante de la population.

La Libye est le point de départ maintenant de 90 % des migrants provenant du « continent noir ». Une sorte de « hub migratoire privilégié ». Et c’est là que se concentre le nombre le plus grand de gens dans l’attente de s’engager pour la Sicile ou, chose rare, pour la Calabre. Par contre beaucoup de Syriens mais aussi des Palestiniens passent par la Turquie avec des vols de ligne. La « nouvelle filière turque » trouve son origine aussi dans les politiques antiterroristes et anti-criminelles du gouvernement du Caire qui considère les syriens voisins réfugiés comme des proches des « Frères Musulmans déchus ».

Aussi le Sahel est devenu un couloir important pour les trafiquants d’hommes, grâce à la porosité des frontières et à l’instabilité politico-économique. Mais les préoccupations des services secrets ne concernent pas seulement la Libye et la Syrie. Dans l’avenir immédiat, ils prévoient que les flux migratoires auront aussi pour origine la République Centrafricaine dévastée par les combats entre rebelles et des religieux persécutés, qui ont déjà fait un million de réfugiés. Au Nigeria les milices de Boko Haram ont presque provoqué l’an dernier un demi million de « déplacés » pendant que 60.000 Nigériens se sont échappés au Cameroun, au Tchad et au Niger (…).

La prévision des services secrets est que à cause de l’impuissance des hommes politique « d’être certains et fiables » à pouvoir maintenir valides les pactes établis entre notre Pays et la Libye, le phénomène va prendre des formes plus structurées. Ce n’est pas tout, le trafic de clandestins et la nécessité de contrôler le territoire à cette fin favorisent le trafic de drogue, d’armes et la contrebande.

Enfin on ne peut pas être tranquille. Aussi parce qu’il y a le risque d’épidémies. Le nombre exceptionnel de migrants arrivé rend ardu les « contrôles sanitaires à bord de nos navires et dans les points d’abordage Siciliens ». Et, quoique pour le moment il y n’ait pas de « signaux » de pathologies dangereuses, on relève la diffusion entre les populations africaines du virus Ebola, présent en Guinée, au Libéria et a au Sierra Leone. Du choléra, au Soudan, de la tuberculose et de la poliomyélite, dans la Corne de l’Afrique et dans la zone Subsaharienne. De la méningite, dans l’enclave ibérique de Melilla et du Mers, un syndrome respiratoire très différent du Sars, en Algérie et en Arabie Saoudite.

Ils arriveront non seulement nombreux mais ils seront bientôt très enragés. En effet, nos structures d’accueil sont saturées maintenant et cela aggrave « les conditions de privation des migrants », ce qui engendre des protestations, « aussi violentes », comme des épisodes d’« automutilation » et de fuites en masse.

Cet exode pourrait compromettre l’intégration des étrangers en développant l’agrandissement des ghettos « ethniques », et en exposant les migrants à prostitution et travail noir ou à l’enrôlement dans le milieu organisé, intéressée à « intercepter les demandes de quelques entrepreneurs » méridionaux pour le travail dans les champs.

Finalement l’invasion peut rendre difficile les procédés d’identification des nouveaux venus en permettant de faire entrer dans nos frontières nationales des « criminels ou des terroristes djihadistes. » Nos gouvernants sont avertis."

Source

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - La Libye est-elle encore un Etat ?

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Le 11 septembre 2012, le consulat des États-Unis à de Benghazi avait l’objet d’une violente attaque, entraînant la mort de l’ambassadeur, Christopher Stevens, et de trois autres agents. L’affaire a eu un très grand retentissement aux US.

Que la guerre était belle…

Hier, Washington a fait savoir que samedi 14 juin, un commando des forces spéciales a « capturé » celui qui est désigné comme l’organisateur de l’attaque, Ahmed Abou Khattala, un activiste, qui a plusieurs reprises avait contesté son implication. Il était recherché par la justice libyenne, qui avait décerné un mandat d’arrêt. Précisons que le gouvernement libyen a été informé quand tout était fini.

Ce sont donc les États-Unis qui l’ont « capturé », puis l’ont exfiltré, pour le séquestrer dans un navire de guerre, en direction des US. Hier, le Prix Nobel de la Paix a rendu la nouvelle publique : « Avec cette opération, les États-Unis ont une nouvelle fois démontré qu’ils feraient tout leur possible pour que justice soit rendue lorsque l’on s’en prend à des Américains ».

Selon Eric Holder, le ministre de la justice Ahmed Abou Khatalla sera jugé pour trois chefs d’accusation dont celui de « meurtre au cours d’une attaque contre un bâtiment fédéral ».

D'accord. Sauf que la Libye est un État, souverain, et qu’elle est donc seule en droit d’exercer les fonctions régaliennes que sont la police et la justice, et si les États-Unis veulent juger quelqu’un, ils font une demande d’extradition, comme tout le monde. Imaginez les services russes qui récupèrent un type à Kiev, avec Vladimir Poutine annonçant qu’on l’a exfiltré et qu’on va le juger à Moscou…

Dans l’après-midi, le gouvernement libyen s’est réveillé, pour publier ce communiqué mollasson : « Le gouvernement condamne cette atteinte regrettable à la souveraineté de la Libye. Il souligne le droit de la Libye à juger Abou Khattala sur ses terres et conformément à ses lois et demande au gouvernement américain de le remettre à la Libye pour le traduire devant la justice libyenne ». Plus pitoyable encore, le ministre libyen de la Justice, Saleh al Marghani : « Nous attendions des États-Unis qu’ils nous aident mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils sèment la pagaille sur la scène politique ». Voici la Libye, à nouveau abaissée par les États-Unis, alors qu’elle est en campagne électorale pour la présidence du pays. Quel pays…

Alors, essayons de raisonner

1/ Sans l’accord et le pilotage des autorités libyennes, le commando US n’a aucun droit en Libye. C’est une bande de gangsters armés, forme aggravée de l’association de malfaiteurs, qui a commis une arrestation illégale et une séquestration avec violence, et dont les membres étaient en outre sans titre de séjour valable. Imparable. Aussi, le ministre libyen de la Justice doit ordonner l’ouverture d’une enquête, et lancer les mandats d’arrêt. Vu l’état du pouvoir, il ne se passera rien.

2/ La deuxième solution est qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte aux US pour arrestation illégale et séquestration. Ce serait possible si les États-Unis étaient soumis à une juridiction internationale de garantie des droits, mais ce n’est pas le cas. Les États-Unis refusent tout contrôle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ou du Comité des Droits de l’homme de l’ONU. Donc, il ne se passera rien.

3/ La troisième solution serait qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte devant la CPI, car le Conseil de Sécurité, par la résolution 1970 du 26 février 2011, a saisi le Procureur de la Cour pénale internationale « de la situation qui règne en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 ». Le dossier est toujours ouvert, et la compétence de la CPI est acquise pour tous les faits commis sur le territoire depuis le 15 février 2011. Oui, sauf que l’article 6 de la résolution précise qu’elle n’a pas d’effet contre les ressortissants d’un État autre que la Libye. L’exemple même du double standard. Donc, il ne se passera rien.

Un bilan ?

La Libye, qui avait un tel rôle en Afrique, n’a plus de structure étatique ; l’Egypte est par terre, la Syrie ensanglantée, l’Irak explosé et l’Afghanistan au bord du précipice. Du bon boulot, et les valeurs de la démocratie en progrès… Bientôt, tout ceci se retournera contre nous, car c’est trop d’injustice. Nulle société ne peut le supporter.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE