mercredi, décembre 31 2014

Edito - Un jeune homme de 29 ans sans abri meurt de froid à Douai (Nord)

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Dernièrement, un homme sans abri – un jeune homme de 29 ans – a été retrouvé moribond, saisi par le froid, ce samedi 27 vers 11 heures, à Douai (Nord), dans le parking intérieur d’un établissement scolaire. Quand les services de secours sont arrivés, sa température avoisinait les 25 °C. Il a été conduit au centre hospitalier de Dechy, mais en vain : il a succombé vers 15 heures, des suites de cette hypothermie.

Le ministère de l’Intérieur s’est immédiatement rendu sur place, pour témoigner de la solidarité du pays face à « une mort si injuste, fruit d’une insupportable violence sociale ». Dont acte. Les contacts ont été pris avec la famille pour lui apporter soutien et réconfort. Cette intervention est la moindre des choses. Le Premier ministre a demandé à ce que les plans d’urgence soient placés au plus haut niveau, demandant au pays « face à cette radicalisation rapide du froid, de regarder en face les défis qui le minent, et au premier rang desquels les inégalités sociales et la grande pauvreté ». On le serait à moins. Soulignant que « avec cette mort si injuste c’est l’article 1 de la Déclaration de 1789 – Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits – qui est en berne », il a ajouté solennellement : « Nous sommes tous des sans-abris ». C'est beau et con à la la fois mais tout simplement écœurant... On comprend en effet l’émotion d’un gouvernement qui a placé toute son action sous le spectre de « l’égalité »François Hollande en était tout retourné… Le président de la République a appelé le pays à garder son calme, et il a convoqué une réunion interministérielle d’urgence car « il est inacceptable qu’un de nos compatriotes puisse mourir au cœur de nos cités, dans un lieu public, et de manière aussi atroce : la misère, la solitude, le froid. Le changement, c’est maintenant ».

Vraiment, je commence à en avoir marre, à être exaspéré… On connait la litanie : plus de sous pour les sans-abris, les collectivités sont au taquet, l’État ne peut pas faire plus… Pour situer le débat, une autre information nous vient ce jour : l’abandon de l’écotaxe va conduire l’État à verser en indemnisation à la société Ecomouv’ la somme de 839 millions d’euros.

Nous sommes bien gouvernés… J’ai juste envie de vomir.

Et vous ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 10 2014

Edito - Ecomouv : symbole de l'irresponsabilité politique

149974_Grenoble_©Service Photo-Ville de Grenoble

Hier, La société Ecomouv a engagé la procédure de cessation de ses activités. Un symbole de plus de l'irresponsabilité politique. La politique française vit désormais aux coups de com. Mais derrière les coups de com, il y a parfois des fautes, des erreurs, des approximations graves.

Des fautes, quand la France dans le dossier des Mistral remet en cause sa signature et s'en vante. C'est lamentable.

Des erreurs, quand des accords ont été donnés sans en peser toutes les conséquences pratiques. C'est le cas d'Ecomouv.

Des approximations graves quand l'annonce n'est pas suivie d'effets. L'exemple qui restera dans les annales est le dossier Decaux à Grenoble. Je vous invite à relire mon billet du 24 novembre dernier. Mais revenons à nos moutons ! N'ayons pas peur de le dire une fois pour toute ! On prend vraiment les gens pour des cons... Le temps d'un week-end, la presse s'emballe : plus de pub dans la ville de Grenoble. Mais la date donnée du "plus de pub" est fausse. La date initiale a déjà été décalée et de plusieurs mois. La publicité qui ne s'affichera peut-être plus (?) sur les panneaux Decaux s'affichera sur les bulles du téléphérique de la Ville ! Et la publicité qui ne s'affichera pas sur les panneaux Decaux s'affichera toujours sur les abris bus Decaux gérés par le Syndicat Mixte des Transports en Commun de la région Grenobloise (SMTC).

Ce "tout sauf" fait que la règle annoncée est vite vidée de contenu réel.

Et tout cela dans l'irresponsabilité politique totale. Ce qui compte, c'est l'annonce, l'écume.

Tant que la vie politique française va fonctionner ainsi, le redressement n'est pas pour demain.

La participation civique non plus parce que la confusion entre citoyens et gogos est trop flagrante.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 17 2014

Edito - Ecomouv’ : Le « gouvernement » en dessous de tout !

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L’affaire de l’écotaxe et de Ecomouv’… Grandiose. Je n’aborderai pas ici les avantages et inconvénients de cette taxe, ni le fait que le gouvernement se soit aligné sur les revendications des mecs qui sont passés en correctionnelle pour avoir détruit les portiques à 500 000 € l’unité. En tant que citoyen responsable, je suis particulièrement attaché au respect de la loi et des décisions de justice, mais bon… Non, je veux ici parler que de la méthode de notre « gouvernement ».

La semaine dernière, notre amie Ségolène Royal a annoncé qu’elle enterrait l’écotaxe. Ce faisant elle prive d’État d’une ressource annuelle de 400 millions d’euros, destinée à alimenter la caisse de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF). Dans le même temps, elle condamne au dépôt de bilan la société Ecomouv’, entreprise franco-italienne de 130 salariés, qui était chargée de recouvrer cette taxe, et zigouille maints emplois dérivés.

L’État avait signé un contrat de « partenariat public-privé » qui faisait supporter à l’entreprise privée les investissements que l’État, endetté, ne peut plus assumer. Ecomouv’ est détenu à 70 % par l’italien Autostrade, le gérant du réseau autoroutier transalpin, 11 % par Thales, 10 % par la SNCF, 6 % par SFR et 3 % par Steria.

Chez Ecomouv’, c’était une mer d’huile, le contrat s’appliquant. « Le Canard enchaîné », rapporte des commandes de matériel par le ministère encore quelques jours avant l’annonce de la dénonciation du contrat. Pas la moindre réunion de concertation avec les dirigeants. Dominique Gros, le maire PS de Metz, où Ecomouv’ a son siège, avait été rassuré par Manuel Valls il y a un mois : « J’ai obtenu début septembre des assurances au plus haut niveau du gouvernement sur le maintien du dispositif », avec un écrit à l’appui.

Plus sérieux encore : dans un bilan effectué fin juin, l’État avait reconnu que la société avait respecté son contrat et que le système était prêt à fonctionner depuis le 1er mars. C’était la fin de la phase préparatoire. Ecomouv’ n’avait pas de recettes à encaisser, le processus étant gelé, mais en revanche, l’État devait verser le loyer prévu par le contrat, soit mensuel de 16 millions d’euros par mois. Par un avenant, la date d’effet avait été fixée au 1er janvier 2015, date de la mise en place de la taxe nouvelle formule.

Et là, boumbadaboum : l’État ne veut plus. D’où, la question très simple. En admettant que le gouvernement actuel ne veuille plus de cette taxe, comment peut-il juridiquement remettre en cause la signature de l’État sur un contrat ? Que signifie la continuité de l’État ?

Le fait est d’autant plus préoccupant, que ce genre de contrat est blindé, et on imagine bien qu’un groupe privé ne s’engage à assurer lui-même les investissements de l’État sans quelques clauses qui assurent l’avenir de la société. On parle d’une addition pouvant dépasser un milliard d’euros, et c’est le chiffre expliqué par le ministre Stéphane Le Foll il y a quelques mois, chiffres confirmés par un rapport parlementaire.

Là, ça se gâte, et ça sent le cramoisi.

Sur BFM-TV, lorsqu’on demande à Ségolène Royal si l’État est prêt à dédommager la société, elle a pour réponse : « On verra, on va expertiser les choses ». Hum, hum… « On va… » signifie que ça n’a pas été fait préalablement ? Pressée de questions hier, elle a lâché qu’elle allait consulter l’avocate Corinne Lepage pour voir si on peut demander l’annulation du contrat. Brrr.., mais brrrr XXL, car cela veut dire que le « gouvernement » :

- ne dispose plus de services juridiques compétents, et qu’il faut s’en remettre à un cabinet privé ;

- va faire procéder à une analyse critique du contrat après l’avoir dénoncé… et donc en prenant le risque insensé d’avoir dénoncé un contrat valable.

C’est l’hallu ! Quel chef d’entreprise imaginerait de dénoncer un contrat et de le faire analyser par son avocat après coup, quitte à se retrouver responsable de la rupture d’un contrat valable ?

Ouvrez un dossier Ecomouv’, et préparez mouchoirs et chéquiers…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE