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dimanche, novembre 23 2014

Edito - Ça sera Juppé

FRANCE-POLITICS/

Alain Juppé ? Franchement, je ne vois pas comment on pourra faire autrement… Gauche/Droite… Ce n’est pas la musique du moment. On parle quand même de présider la République, et en trouver un enfin qui entre dans le costume, c’est pas si mal.

A moins d’un épisode genre Sofitel-Manhattan bis, nous avons tous les ingrédients pour 2017, et la clé est l’économie. La France tient, et bien mieux qu’on ne le dit souvent, mais en masse, l’économie ne bougera pas, ou peu. Emploi, dette, croissance… Ça se jouera à quelques points de pourcentage, mais nous aurons dans deux ans le même décor.

Le décor politique, donc, sera aussi le même.

A Gauche, les frondeurs en culotte courte vont se calmer s’ils veulent garder leur investiture. Pour le Congrès de 2015, le repris de justice Jean-Christophe Cambadélis veut que rien ne bouge, pour que, en grand arbitre, il sauve sa place.

Les écolos vont faire gentil-gentil, sinon adieu aux délicieuses circonscriptions réservées,… qui garantissent la croûte du parti. Miss Cécile Duflot joue un jeu totalement réglé de semi-révoltée, pour ramener au second tour des voix qui sinon seraient à jamais perdues pour le PS. Jeu de dupes.

Les institutions protègent François Hollande, et sous la V° République, aucune personnalité issue du parti présidentiel ne peut se présenter contre le président.

Nicolas Sarkozy aussi sera dans le jeu. Il va gagner la présidence de l’UMP, sûrement pas avec les 80 % qu’il espérait, mais il ne lâchera pas. Et un président de l’UMP, qui récupère le fichier, les finances, les investitures, et l’organisation de primaires, ça ne se dessoude pas comme ça.

Alors un remake François Hollande-Nicolas Sarkozy ? Eh bien, non, et c’est là que tout change, car dans cet immobilisme économique et politique, Marine Le Pen sera au deuxième tour.

La question n’est plus « qui est le moins pire ? », mais « qui est le mieux placé pour écraser Marine Le Pen » ? Le reste, c’est de la finasserie.

Nicolas Sarkozy ? Ingérable ! Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen sont sur les mêmes propositions, les mêmes mots, les mêmes haines. Nicolas Sarkozy sera plus extrême que Marine Le Pen s’il croit que c’est là son salut. Ce mec est capable de tout, avec son ego mal placé.

François Hollande ? Les permanents du PS vont oublier leurs aigreurs d’estomac, et se mobiliser pour tenter de sauver leur job, mais François Hollande est trop faible. Les institutions le protègent, mais à l’épreuve du feu, impossible de lui faire confiance. Il a trop trahi la Gauche.

Martine Aubry ? La boudeuse osera-t-elle reprendre le PS pour marginaliser François Hollande ? Sincèrement, j’y ai cru, mais je n’y crois plus. Ses combines secrètes à deux balles, avec Laurent Fabius pour lui renvoyer la balle… c’est niveau EHPAD. Quand je vois qu’elle n’arrive même pas à gérer le parachutage de Jean-François Lamy à Lille

Alain Juppé, c’est d’abord du pragmatisme : il est le mieux placé pour contrer Marine Le Pen au second tour : la Gauche et la Droite voteront Alain Juppé, qui a toujours rejeté le discours arriéré du FN.

Et après quelle politique fera Alain Juppé ? Il fera une politique de Droite, ça ne fait pas de doute, mais quand même moins à Droite que El-Blancos ou Emmanuel Macron.

En fait, Alain Juppé, on compte sur toi pour deux choses : tu réunis une équipe de pros, car ras-le-bol des gouvernements casting de Nicolas Sarkozy et François Hollande, et tu restaures une politique étrangère digne d’un pays indépendant.

Pour le reste, je voterai pour toi, et le lendemain, je serai dans l’opposition, en toute amitié.

Dans l’immédiat, il y a de récifs, et en un, la primaire, alors que Nicolas Sarkozy est prêt à tout pour blinder cette élection interne, puis à faire perdre son camp, si ce n’est pas lui qui l’emporte, pour rester un recours. Alors… Voter aux primaires de la Droite pour zigouiller Marine Le Pen,… Quel métier…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 20 2014

Edito - Pourquoi Juppé sera élu ?

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Partons du principe – car il semble difficile d’ imaginer le contraire – qu’il y aura un candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle de 2017, et que son adversaire , qu’il soit du PS ou du FN , n’aura aucune chance de le battre ( sans faire injure à tous les autres, qu’ils soient de la « gauche de la gauche », écologistes ou centristes).

Nicolas Sarkozy va certainement être élu, le mois prochain , à la présidence de l’ UMP – sans avoir battu pour autant Alain Juppé , qui a eu l’ habileté de ne pas se présenter à une élection jouée d’avance (là encore, sans faire injure à MM. François Fillon, Bruno Le Maire , Xavier Bertrand ou Hervé Mariton) , les sarkofanatiques étant très majoritaires parmi les militants de ce parti.

Une fois élu, le nouveau président de l’UMP va travailler à remettre en ordre de marche et à refaire l’ unité de ce parti, que François Fillon et Jean-François Copé se sont soigneusement employés, pendant plus de deux ans, à mettre en pièces : nul doute qu’il y parviendra, mais la question est de savoir au bénéfice de qui – car près de deux longues années le sépareront de la désignation du candidat de l’UMP aux présidentielles, et, cette fois, par les sympathisants, et non par les militants ; et le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy est évidemment Alain Juppé ; or, que se passera-t-il, entre décembre 2014 et la fin de 2016 ?

Nicolas Sarkozy, devenu président de l’UMP, sera condamné à tenir le devant de la scène en permanence ; or, tout indique, en quelques semaines, depuis qu’ il a fait officiellement son « retour », qu’il a perdu la main : il semble ne plus être capable que de reprendre sa tactique, qui lui avait réussi en 2007, consistant à accumuler les promesses tous azimuts mais contradictoires entre elles, et dont le seul fil directeur est le contre-pied systématique des décisions du pouvoir actuel ; il donne ainsi, à son détriment, une image du « robot qui refait toujours le même numéro » ; là où il surprenait par sa nouveauté en 2007, il décontenance ses supporteurs en 2014 par cette impression de « déjà vu », de retour à un passé vieux de 10 ans, le passé d’avant la crise : à un monde disparu.

En quelques jours, il a multiplié les prises de position qui doivent laisser perplexe son électorat, et dont Gérard Courtois, dans un article du quotidien Le Monde daté du 18 novembre intitulé « Nicolas Sarkozy à la godille », dresse une liste non exhaustive, toutes ces improvisations imprévisibles au jour le jour donnant de lui une impression de fragilité et d'incohérence.

De ce fait, Alain Juppé n’aura presque pas besoin de s’exprimer : Nicolas Sarkozy suffit à renforcer, par contraste, son image de solidité et de cohérence : il sera l’« homme sérieux » opposé au bateleur d’estrades. Or, en période de crise et de désarroi (ce qui n’était pas le cas en 2007), les Français préféreront un président rassurant à un président anxiogène : grâce à Nicolas Sarkozy, même l’ âge d'Alain Juppé, qui semblait constituer son principal handicap, deviendra pour lui un gage d’expérience, donc un atout .

Mais, surtout, il ne faut pas oublier que, de plus en plus, celui que les sympathisants ou les militants choisissent aux primaires comme candidat à la présidentielle est celui que les sondages donnent comme ayant le plus de chances de l 'emporter : ce fut le cas pour l'illustre inconnue qu’était Ségolène Royal en 2006, ce fut la raison de la popularité de DSK (dont on ignorait tout du programme) avant ses exploits au Sofitel ; or, Alain Juppé « ratisse plus large » que Nicolas Sarkozy - la majorité des électeurs du FN, dont le ralliement avait été la principale raison de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et qui croient désormais en leurs chances de victoire, étant, cette fois-ci, irrécupérables par qui que ce soit ; et ceci apparaîtra forcément dans les sondages.

Entre un Alain Juppé rassurant qui s’est habilement positionné au centre droit (où il récupérera beaucoup d’électeurs non seulement centristes, mais aussi des déçus de François Hollande) et un Nicolas Sarkozy anxiogène courant derrière l’électorat de Marine Le Pen qui ne l' abandonnera pas, la cause semble entendue.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 8 2014

Edito - Politique : la France après 2017

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Un sondage de l’IFOP qui vaut ce que valent tous les sondages, c’est - à - dire qui montre ce que seraient les résultats de la présidentielle si elle avait lieu dimanche prochain, sans campagne électorale préalable et hors de la conjoncture de mai 2017 sur laquelle nous ne savons rien, apporte tout de même quelques informations intéressantes :

Si le dernier espoir de François Hollande, pour gagner en 2017, était de se retrouver face à Martine Le Pen au deuxième tour, ça semble râpé : si l'élection avait lieu dimanche prochain, c'est lui qui serait largement battu par elle...Par contre, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy l’emporteraient largement contre la candidate du FN ;

Confirmation, au premier tour, d’un Jean-Luc Mélenchon à 10 % et d’une Cécile Duflot « out ».

Au-delà de ce sondage et de 2017, on peut raisonnablement prévoir l’avenir plus lointain :

1/La France va se "normaliser" :

La campagne de 2012 aura été la dernière pendant laquelle le PS aura encore tenu un discours marxisant, si loin de sa vision réelle comme de celle des Français (voir un exemple spectaculaire en cliquant Plus de sept Français sur dix approuvent le contrôle des chômeurs"),

Comme dans tous les autres pays d’Europe de l’ Ouest, on ne verra y alterner au pouvoir que deux partis tous deux économiquement plus ou moins libéraux, et assumant leur libéralisme : s’il doit il y avoir un jour un président issu du PS, ce ne pourra être que Manuel Valls, ou quelqu’un tenant le même discours que lui (si Manuel Valls est aujourd’hui impopulaire, ce n’est pas à cause de son discours socio-libéral, mais parce qu’il est le Premier ministre d’un Président à qui plus rien ne réussit).

2 /La seule inconnue est celle des alliances des libéraux de droite avec un parti eurosceptique et un parti xénophobe (qui peut être le même ou pas).

3/Mais je ne vois aucun avenir :

Ni au candidat de « la gauche anticapitaliste », de la « vraie gauche », de « la gauche de la gauche », de « la gauche anti-PS », etc. , scotché à 10 %, comme Die Linke en Allemagne, définitivement marginalisé et, comme dans tous les autres pays européens, sans espoir de participer au pouvoir,

Ni aux écologistes : l’écologie est une science, et ses données, nouvelles il y a quelques années, seront, à l’avenir, plus ou moins intégrées dans les programmes de tous les partis politiques, et rien ne justifiera plus l’existence d’un parti qui en ferait encore sa spécificité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, août 28 2014

Edito - Jusqu'où l'actuelle "démocratie minute" va-t-elle faire descendre les Français ?

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La presse internationale s'en donne à cœur joie sur la France et son immaturité politique à désespérer. Tout vole toujours en éclat et la chute va de plus en plus bas. Qu'a pu faire la démocratie française pour être tournée en ridicule à ce point ?

Le véritable tournant date des années 80 et depuis c'est une permanente et continuelle chute aux enfers. François Mitterrand a instrumentalisé les institutions de la Vème République, désacralisé la fonction présidentielle dans des conditions indignes d'une démocratie moderne avec des affaires officielles qui auraient dû entraîner des procédures judiciaires majeures pendant son mandat ... La politique ne se remet pas de cette époque. Elle s'en remet encore moins que toute une partie de la classe politique française a le culot de faire de François Mitterrand son "mentor".

Les vrais tournants ont été identifiés tôt. Le livre de Frédéric Bon (1985 / que le meilleur perde) annonçait les tendances. Tout y est et avec humour.

Mais actuellement tous les records sont battus. Les circonstances sont extrêmes (crise financière, guerres, chômage, chocs des identités ...) et la classe politique vit ses enjeux d'ambitions personnelles.

Des personnes qui ont été incapables d'éduquer leurs propres enfants défrayant la chronique des faits divers veulent gérer la vie des ... autres.

Des politiciens qui n'ont jamais connu l'entreprise donnent des leçons d'économie.

Des politiciens qui n'ont parfois jamais quitté les rives des plages de la France gèrent des dossiers internationaux.

... : cela ne se voit nulle part ailleurs à ce point.

Comment dans le même temps peut-on imaginer que la France, dans les circonstances actuelles, puisse se priver ainsi de talents qui ont l'expérience, l'analyse, la formation ?

Louis Gallois, ... : voilà un excellent exemple de l'économie française expérimentée comme d'autres talents peuvent s'exprimer dans d'autres domaines.

Pourquoi donc pour être ministre faudrait-il être incompétent dans son domaine de ... "compétences" ?

Pascal Lamy peut parler de commerce international.

Mais ils vont aller chercher Jean-Vincent Placé, voire même Robert Hue ...

Dans le contexte actuel, quel jeune talent peut espérer se mêler à cette cacophonie lamentable ?

Il y aura bien un moment où les français vont commencer à s'interroger : qu'ont-ils fait pour mériter cela, pendant combien de temps encore et comment cette aventure finira-t-elle ?

La France terminera-t-elle sous redressement international comme ce fut de facto le cas pour l'emprunt international à la fin de la IV ème République dont l'accord Monnet - Dillon de janvier 1958 ?

La France est sur la route de la mise en place d'un cadre fixé par une autorité internationale face à l'impuissance française. C'est un enjeu de calendrier.

Actuellement, l'enjeu n'est pas le sort personnel d'Arnaud Montebourg qui est en cause. C'est le sort des Français et il s'agit bien davantage qu'une nuance.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, août 2 2014

Edito - Brève de comptoir

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Jean-Vincent Placé, président du groupe écolo au Sénat et négociateur aguerri, révèle en effet dans le Nouvel Observateur comment il procède pour impressionner ses interlocuteurs: "Depuis douze ans, je fais comme les Sioux. J’allume des fagots et je fais croire que nous sommes des centaines, cachés par la fumée. Généralement, cela suffit pour que s’ouvre la négociation"… Mais il est obligé de reconnaître que la ruse a certaines limites :''"Nous sommes obligés de rester bien planqués car si on devait se découvrir, les socialistes verraient vite que nous ne sommes que trois""

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juin 17 2014

Edito - Environnement : la France sous somnifère

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Rarement à ce point, le débat public français est détaché des enjeux internationaux. L'Irak s'enflamme. La France l'ignore et le Président suit le match contre ... le Honduras. Les projets sont lancés, retirés, révisés ...

S'il est une cause où la majorité sortante plurielle pourrait intervenir, c'est la cause du réchauffement climatique. Aujourd'hui et demain, une grande conférence internationale se déroule sur le thème des océans. La France est totalement absente de ce débat.

Les écologistes sont une composante de la gauche, une composante plus radicale. Ils ne sont pas une composante environnementale de la gauche. Cette évolution est une responsabilité historique de leur part.

Comme c'est une responsabilité de la part de tous ceux qui sont complices de ce positionnement avec un label qui ne correspond en rien au contenu.

La France n'a actuellement aucune politique en matière d'environnement.

Elle prend du retard sur la quasi-totalité des enjeux majeurs dont la protection de la ressource en eau. Là encore, parce que le prisme politique domine. Le dossier est abordé sous l'enjeu du statut juridique du gestionnaire et non pas de la qualité des services opérés. Aucune autre démocratie n'est victime d'un tel obscurantisme à ce jour.

La France est désormais en sommeil. Elle décroche progressivement au point d'être ordinairement absente de grandes conférences internationales. Une situation historiquement irréelle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE