lundi, janvier 12 2015

Edito - L'économiste Jean-Louis Caccomo menacé d'internement psychiatrique

0.A0011caccomo_jean_louis.jpgJe reproduis ci-dessous la lettre que l’économiste Jean-Louis Caccomo a été contraint d’envoyer au Ministre et à la Cour européenne des droits de l’homme. Merci de la relayer le plus largement possible en soutien à cet éminent professeur de l'Université de Perpignan, et en soutien des libertés fondamentales.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

"J’ai l’honneur de vous écrire pour vous alerter que mon université a déclenché vendredi une procédure d’internement psychiatrique à mon encontre sans aucun motif.

Je dois vous dire que j’ai déjà été victime d’un internement psychiatrique qui m’a coûté deux ans de ma vie à la demande du président de l’université en invoquant le motif de précaution.

En effet, un étudiant chinois a commis un assassinat sur mon campus et il a été jugé irresponsable car schizophrène. A l’époque, le président Sarkozy est venu assister aux obsèques. A la suite de ce tragique événement, j’ai été interné sous contrainte pendant deux ans, puis transféré à Montpellier pour y subir les électrochocs.

J’ai réintégré mon poste en juin 2014 et je suis depuis suivi par Montpellier qui m’a jugé apte à la reprise du travail. Pourtant la direction de l’IAE a déclenché à mon encontre une procédure d’hospitalisation vendredi qu’il m’a fallu 4 heures pour stopper.

Je voulais donc vous alerter sur les méthodes en vigueur dans mon université alors que j’ai contribué depuis 15 ans au rayonnement de l’Université de Perpignan (parfois au péril de ma vie comme en Thaïlande, Syrie ou Algérie) à travers mes nombreux articles académiques et mes livres mondialement reconnus.

Il est clair que je n’en resterai pas là d’autant qu’ils me disent qu’ils ont le droit de me faire interner à tout moment sur simple signalement de mon université, bafouant mes droits fondamentaux les plus élémentaires.

Je vous serai très reconnaissant de me répondre car je ne peux vivre dans cette angoisse permanente d’être interné.

Bien cordialement",

Jean-Louis Caccomo

PS

Le dernier livre de Jean-Louis Caccomo :

Le modèle français dans l'impasse, 252 pages, Tatamis.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, décembre 26 2014

Edito - Center Parc Roybon : des commentaires irréels

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A partir de quel niveau, la démocratie française comprendra-t-elle qu'à force de cautionner et amplifier des mauvaises méthodes, elle pénalise à l'excès le débat public.

Dans le dossier de Center Parc de Roybon, en Isère, la situation est simple.

Pour que le juge des référés prenne une décision de suspension, il faut reconnaître l'urgence et l'existence de doutes sérieux sur la procédure en cours.

C'est une procédure saine puisqu'elle vise à éviter un "passage en force" dans l'attente d'une décision sur le fond.

C'est une procédure d'autant plus saine qu'elle exige "un doute sérieux" sur la légalité de la décision contestée. Il ne s'agit donc pas d'un doute simple mais bien au-delà.

Contrairement à de nombreux commentaires, ce dispositif est salutaire. Ce d'autant plus que sur le fond des délais naturels sont nécessaires pour l'examen au fond comme pour le respect des échanges entre les parties dans le cadre du contradictoire.

A partir du moment où le doute sérieux est constaté, c'est que la procédure suivie encourt un doute sur sa légalité, ce qui n'est pas une "accusation légère".

Sur ces bases, le commentaire naturel aurait dû consister unanimement à regretter que Pierre et Vacances n'ait pas respecté un texte important et se féliciter que la décision du Juge soit une avancée qui garantisse une procédure de décision irréprochable.

Qu'un particulier ou une Commune de petite dimension puissent être excusés pour la méconnaissance d'un élément de procédure, c'est compréhensible. Mais un groupe comme Pierre et Vacances, pour un projet de plus de 300 millions d'euros, c'est d'une extrême gravité car ce ne sont pas les conseillers ou experts qui font défaut.

A l'opposé que constatons-nous ?

1) des parties au conflit transforment une procédure judiciaire en décompte d'une partie de football : "finalement on a gagné parce que 3 recours ont été rejetés pour seulement 1 d'accepté". C'est irréel. C'est irréel au point d'être faux puisque le recours en question c'est le "but de la mort" pour reprendre une terminologie de football.

2) des personnes considèrent que "l'emploi devrait primer sur tout". Où est la loi sur ce "principe fondamental" ? Nulle part. Et après l'emploi, ce devrait être au tour de quel thème de disposer du passeport pour tout emporter sur son passage ?

3) d'autres mettent en cause le faciès des zadistes ou leurs méthodes. Sur les méthodes, il y a le même État de droit que celui qui s'oppose à Pierre et Vacances. Si problème il y a, la Justice est là aussi pour faire respecter l’État de droit s'il n'est pas respecté. Pour ce qui concerne le faciès des intéressés, mais dans quelle République tombe la France si la qualité d'une requête devait être appréciée en fonction du profil du requérant ?

Cette méthode d'amalgames, de refus de respecter des principes, d'installer un rapport permanent de violences verbales ... est un échec collectif d'une extrême gravité. Il n'est pas possible de continuer sur une telle pente.

C'est dommage qu'autant d'élus de la République acceptent d'alimenter de telles méthodes. L'opinion est beaucoup plus sage dans son nombre. Et dans le temps, elle est reconnaissante à celles et à ceux qui défendent d'abord le Droit parce qu'elle sait que c'est le meilleur équilibre d'un bon fonctionnement collectif.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE