vendredi, janvier 30 2015

Edito - David Cameron et le déclassement des politiciens français

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Rien ne nous semble plus important que l'article que publie Le Nouvel Obsertvateur (L'Obs) sur la situation en Libye.

Ce qu'on sait : il n'y a plus d’État en Libye, le pays est livré à l'anarchie sanglante de plusieurs centaines de milices.

Ce qu'on commence à comprendre : l’État Islamique a bien l'intention d'empocher la mise. Pourquoi ? Parce que la Libye présente les mêmes caractéristiques que la Syrie/l'Irak. Celles qui ont fait le succès de Daech : un État désintégré + les plus grandes réserves de pétrole de la région permettant un financement miraculeux.

Ce qui devrait nous empêcher de dormir : les succès de Daech. Il contrôle déjà Derna (ville côtière de 100.000 habitants près de la frontière égyptienne), ce qui fait de cette ville le "seul endroit au monde où l'EI administre un territoire, en dehors de la zone irako-syrienne".

Un sujet de fond totalement occulté en France "l'efficacité gouvernementale" se résume à mener la lutte contre un enfant de 8 ans et organiser les diverses cérémonies de mémoire de façon récurrente.

Le seul leader en Europe qui a l'analyse et la mobilisation nécessaires c'est David Cameron. La comparaison entre ses actions et l'inaction française met en relief un déclassement des politiciens français qui est irréel.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 7 2014

Edito - Daech : Quelle coalition ? Pour faire quoi ?

SYRIA-CRISIS/IRAQ

Georges W. Bush doit bien rigoler. Son slogan pourri « La guerre contre le terrorisme », qui a causé fiasco sur fiasco, détruisant les États du Moyen Orient, et préparant ainsi le terrain pour le renouveau des groupes armés… ce slogan reste toujours aussi étincelant, et plait toujours autant ! Ressorti du placard pour Daech, et toujours aussi nul : l’échec de cette coalition est assuré, et espérons juste que le remède ne soit pas pire que le mal.

Cette coalition tombera car elle n’a pas d’unité, pas de stratégie, et pas d’objectifs communs.

C’est une opération US, acceptée du bout des lèvres par le nouveau gouvernement irakien. L’attaque de Bagdad n’était pas encore faite, et loin de là, mais l’avancée de Daech était une menace pour l’intégrité de l’État irakien. Donc l’intervention US, faite à la demande d’un État allié, n’est pas illégale, en droit. Tout le problème est que, sur le plan opératoire, seuls les US sont en mesure d’agir. Les autres pays sont en posture marginale, si ce n’est décorative. L’union sacrée contre les grands méchants… Cette coalition n’a d’unité que de façade, et la manière empirique dont elle a été constituée montre qu’il n’existe aucune identité de vue entre ses membres. La tragique décapitation de l’otage a été surexploitée médiatiquement et émotionnellement, et ne pas faire partie de la coalition était se trouver indexé. Un peu de calme : Daech, c’est entre 10 à 15 000 combattants, et on a surréagi comme si c’était la reconstitution des troupes du troisième Reich. Il faut souligner la lucidité d’un pays tel l’Algérie qui a refusé de joindre cette affaire.

Les US, qui mènent le jeu, n’ont aucune stratégie, et les discours variables d’Obama le montrent aisément. Quel est le but ? Éradiquer le terrorisme ? Avec des bombardements aériens ? Des bombardements sur les infrastructures économiques, ce qui va aggraver la situation des populations… Pas de troupes au sol disent les US… mais on va former des troupes arabes… et on débloque des centaines de milliers de dollars. Et ça marche dans l’opinion, alors tout le monde a sous les yeux l’échec patent de la formation des armées afghane et irakienne par les US. De plus, comment imaginer – quand on connait dans la région le sentiment de rejet US après des années d’exaction et d’impunité – que des soldats arabes formés par les US puissent avoir le moindre rôle de libérateur ? C’est dire que l’on est parti dans une opération longue, et qui n’a pas de logique militaire : impossible de reconquérir ce territoire et retrouver les faveurs de la population par des campagnes de bombardements. L’exécution de l’otage français montre que tout groupe armé peut se labelliser Daech, et quelle sera la stratégie générale de réplique ?

Et puis quels sont les objectifs communs ? L’Arabie Saoudite et les pays du Golfe qui ont tant fait pour financer les groupes armés sunnites pour casser l’axe entre la Syrie et l’Iran seraient maintenant devenus accros à l’éradication de ces groupes, au risque de laisser le champ au bloc chiite ? Et la Turquie serait enthousiaste de combattre à côté des US, qui sont les soutiens affichés des Kurdes, et voient dans le futur Kurdistan un point fort dans la région ? Et que faire sur le territoire de la Syrie ? Déjà, les divergences s’affichent au grand jour, car l’attaque de Daech constitue un avantage objectif avec le régime de Damas…

Les fissures, les errances, les divisions et les échecs de cette improbable coalition sont programmées, et vu la faiblesse du volet politique – que dire et que faire pour les populations ? – le risque est grand que ce soient autant de victoires à venir pour Daech

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE