mercredi, février 4 2015

Edito - Comme aux pires heures de la IVème République ...

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La descente aux enfers de la politique française semble ne pouvoir rencontrer aucun plancher. Il y a trois semaines, 4 millions de personnes manifestaient. Quoi de concret 3 semaines plus tard ? Rien.

Un pays voisin (Grèce) ouvre un sujet sérieux sur la dette. La France aborde-t-elle le fond du dossier ? Non. Aux États-Unis qui ont un taux de croissance 17 fois supérieur à celui de la France, la question de fond est ouverte. En France : non.

Des pays connaissent un taux de croissance près de 20 fois supérieur à celui de la France : un débat sérieux est-il organisé sur les raisons de ce décalage ? Non.

Le Front National creuse l'écart en tête des partis politiques quand au même moment l'abstention progresse à des niveaux records. Conséquence concrète ? Rien.

Sur le plan national, la formation politique (UMP) qui se veut "donner l'exemple" de l'organisation face "au désordre PS" devient l'exemple d'une pagaille sans nom avant sa réunion de bureau : tout le monde aura donné sa version avant la réunion.

Sur le plan local, en pleine vague de rejet des partis politiques, des élus de la CABEME et de la ville de Béziers se battent comme des chiffonniers laissant le patron d'Orchestra s'implantait à Arras sans la moindre proposition de rechange à cours terme si ce n'est d'attendre l'argent de la Région ! 700 emplois sur 5 ans pour Arras et dans le même temps 0 emploi pour une durée indéterminée pour Béziers !

La France est tombée aux pires heures de la IVème République avec une inefficacité généralisée et sans oublier les sordides scandales comme l'actuel procès DSK. Rien ne manque au tableau.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, février 2 2015

Edito - Quatrième circonscription du Doubs : La République perd, mais françois Hollande a le sourire

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Tout le monde perd lors de ce premier tour de la quatrième circonscription du Doubs… mais François Hollande peut avoir le sourire.

En résumé. On a viré le plus nul des ministres de l’économie pour en faire un commissaire européen à l’économie (L’Europe, mieux que Pôle-Emploi… le mec n’ose même pas dire le montant de sa paie…), le chômage explose, la croissance est nulle, et l’endettement reste au top, mais avec de la bonne et grasse tambouille politicienne, François Hollande voit se dessiner son rêve : un deuxième tour contre Le Pen, qui le ferait élire comme sauveur de la République.

Le premier enseignement de l’élection du Doubs est net : l’écroulement de la participation, avec seulement 39,5 % de votants. Les endoctrineurs radicaux qui succèdent dans les médias pour nous attendrir sur la fervente unité du peuple peuvent aller se faire voir chez Plumeau. Les élections, 60 % des Français s’en tapent, même en période larmoyante. Tu piges, Charlie ?

Deuxième enseignement, le FN est en tête comme lors de toutes les premiers tours depuis la brillante élection du président casqué. La candidate Sophie Montel passe en deux ans de 23,8 % à 32,6 %... pendant que le candidat PS passe de (Pierre Moscovici) 40,8 % à (Barbier) 32,6 %, alors que l’UMP est stable, de 23,6% à 26,5%.

Troisième enseignement, il n’y a aucun engouement pour le FN, dont la candidate a perdu des voix : 8382 en 2015 contre 9.605 en 2012. Je sais que les législatives partielles mobilisent peu,… mais par pitié, qu’on arrête de nous jouer le péril FN, alors que ce parti perd des électeurs ou stagne, et que c’est l’abstention qui gagne.

Quatrième enseignement, Nicolas Sarkozy n’est qu’un pet. Il a beau en faire des montgolfière de pets, ses discours à deux balles, qui annoncent comme des révolutions ce qui existe déjà ou ce qu’il n’a pas fait, ne marchent pas. Nicolas Sarkozy, ça n’imprime plus !... Le résultat est génial pour le PS, qui perd 9 % de voix, avec un nombre d’électeurs passant des 16421 à 7416, mais qui fait le mariole parce qu’il se retrouve au second tour. C’est tout le pari de François Hollande-le-Planqué, qui n’hésite pas légitimer les thèmes FN, comme avec ses mièvres incantations sur la laïcité et l’apologie, qui sont de la vraie islamophobie, propre et décontractée, ou sur les Roms, car son seul espoir pour être réélu est d’éliminer l’UMP au premier tour de la présidentielle.

Dans le rôle du loser, Nicolas Sarkozy est à nouveau parfait, et François Hollande va tout faire pour le conforter comme leader de l’opposition. Ce sacré François Hollande qui doit tout aux maladies sexuelles de DSK et aux lubies paranos de Nicolas Sarkozy : un destin...

Et nous on fait quoi là-dedans ?

1) On s’apprête à s’abstenir, lassé par ce jeu de dupes, ces ministres cométiques, en sachant que le pouvoir est ailleurs, du côté des grands groupes économiques. Le pouvoir politique a perdu, et je mise peu sur la tentative grecque.

2) L’alternative est de s’organiser pour soutenir Alain Juppé, compétent et intello, le seul capable d’éviter que la France finisse serpillère des Etats-Unis ). Mais comment faire, alors que l’appareil de l’UMP est cadenassé au service de Nicolas Sarkozy, et que le PS et le FN ont besoin du p’tit nerveux pour garantir leur premier tour ?

Pouah, quelle sinistre période… Heureusement, il nous reste la musique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 20 2014

Edito - Pourquoi Juppé sera élu ?

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Partons du principe – car il semble difficile d’ imaginer le contraire – qu’il y aura un candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle de 2017, et que son adversaire , qu’il soit du PS ou du FN , n’aura aucune chance de le battre ( sans faire injure à tous les autres, qu’ils soient de la « gauche de la gauche », écologistes ou centristes).

Nicolas Sarkozy va certainement être élu, le mois prochain , à la présidence de l’ UMP – sans avoir battu pour autant Alain Juppé , qui a eu l’ habileté de ne pas se présenter à une élection jouée d’avance (là encore, sans faire injure à MM. François Fillon, Bruno Le Maire , Xavier Bertrand ou Hervé Mariton) , les sarkofanatiques étant très majoritaires parmi les militants de ce parti.

Une fois élu, le nouveau président de l’UMP va travailler à remettre en ordre de marche et à refaire l’ unité de ce parti, que François Fillon et Jean-François Copé se sont soigneusement employés, pendant plus de deux ans, à mettre en pièces : nul doute qu’il y parviendra, mais la question est de savoir au bénéfice de qui – car près de deux longues années le sépareront de la désignation du candidat de l’UMP aux présidentielles, et, cette fois, par les sympathisants, et non par les militants ; et le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy est évidemment Alain Juppé ; or, que se passera-t-il, entre décembre 2014 et la fin de 2016 ?

Nicolas Sarkozy, devenu président de l’UMP, sera condamné à tenir le devant de la scène en permanence ; or, tout indique, en quelques semaines, depuis qu’ il a fait officiellement son « retour », qu’il a perdu la main : il semble ne plus être capable que de reprendre sa tactique, qui lui avait réussi en 2007, consistant à accumuler les promesses tous azimuts mais contradictoires entre elles, et dont le seul fil directeur est le contre-pied systématique des décisions du pouvoir actuel ; il donne ainsi, à son détriment, une image du « robot qui refait toujours le même numéro » ; là où il surprenait par sa nouveauté en 2007, il décontenance ses supporteurs en 2014 par cette impression de « déjà vu », de retour à un passé vieux de 10 ans, le passé d’avant la crise : à un monde disparu.

En quelques jours, il a multiplié les prises de position qui doivent laisser perplexe son électorat, et dont Gérard Courtois, dans un article du quotidien Le Monde daté du 18 novembre intitulé « Nicolas Sarkozy à la godille », dresse une liste non exhaustive, toutes ces improvisations imprévisibles au jour le jour donnant de lui une impression de fragilité et d'incohérence.

De ce fait, Alain Juppé n’aura presque pas besoin de s’exprimer : Nicolas Sarkozy suffit à renforcer, par contraste, son image de solidité et de cohérence : il sera l’« homme sérieux » opposé au bateleur d’estrades. Or, en période de crise et de désarroi (ce qui n’était pas le cas en 2007), les Français préféreront un président rassurant à un président anxiogène : grâce à Nicolas Sarkozy, même l’ âge d'Alain Juppé, qui semblait constituer son principal handicap, deviendra pour lui un gage d’expérience, donc un atout .

Mais, surtout, il ne faut pas oublier que, de plus en plus, celui que les sympathisants ou les militants choisissent aux primaires comme candidat à la présidentielle est celui que les sondages donnent comme ayant le plus de chances de l 'emporter : ce fut le cas pour l'illustre inconnue qu’était Ségolène Royal en 2006, ce fut la raison de la popularité de DSK (dont on ignorait tout du programme) avant ses exploits au Sofitel ; or, Alain Juppé « ratisse plus large » que Nicolas Sarkozy - la majorité des électeurs du FN, dont le ralliement avait été la principale raison de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et qui croient désormais en leurs chances de victoire, étant, cette fois-ci, irrécupérables par qui que ce soit ; et ceci apparaîtra forcément dans les sondages.

Entre un Alain Juppé rassurant qui s’est habilement positionné au centre droit (où il récupérera beaucoup d’électeurs non seulement centristes, mais aussi des déçus de François Hollande) et un Nicolas Sarkozy anxiogène courant derrière l’électorat de Marine Le Pen qui ne l' abandonnera pas, la cause semble entendue.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 24 2014

Edito - UMP : un bien curieux débat sur les primaires

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Les primaires ne sont pas dans la culture politique française. Bien davantage, elles sont à l'opposé des traditions. C'est pourquoi, ceux qui les proposent sont pour un changement radical.

Pour qu'une primaire se déroule dans de bonnes conditions, cela suppose que l'administration d'un parti politique soit totalement détachée des intérêts de l'un des candidats potentiels à une élection. Le parti est "neutralisé". Il devient une logistique ayant vocation à organiser la primaire dans la neutralité. Ce n'est pas la conception française des partis politiques qui sont un cadre d'organisation dédié à la carrière de son Président.

La primaire suppose également que les militants d'un parti acceptent le débat interne. En France, là encore ce n'est pas la culture. Quand des divergences existent au sein du PS, il est question de "frondeurs", de "dissidents". A droite, quand Alain Juppé exprime une position différente de celles de Nicolas Sarkozy, il est question de "guerre" ... Des termes qui montrent qu'ici la culture d'un parti politique c'est qui adhère respecte une discipline de pensée comme d'expression.

La primaire suppose de différencier les moyens des candidats des moyens d'un parti. C'est la seule condition pour qu'il y ait une égalité de départ entre les candidats. Le cadre légal français ne le permet pas puisque les réels financements publics sont voués aux grands partis dotés de la représentation parlementaire.

La primaire suppose que les médias portent une culture de la diversité pour mettre à égalité les candidats. En 2008, Hillary Clinton n'était plus l'ex First Lady mais une candidate comme les autres, parmi les autres, traitée comme les autres. C'est la force des primaires que même le candidat doté d'un parcours de haut niveau revienne à la ... base. C'est l'opposé de la culture médiaticopolitique française. Il suffit de constater les modalités de couverture du retour de Nicolas Sarkozy.

Le PS en 2012 a-t-il bousculé cette culture en organisant des primaires ? Non. En 2012, le PS a été décapité en quelques jours de son présidentiable, DSK, dans des conditions totalement inattendues. Ponctuellement, les primaires ont été alors le moyen d'arbitrer un second choix qui n'était pas arbitrable par d'autres modalités apaisées.

La preuve, lors des municipales de mars 2014, dans combien de grandes villes le PS a-t-il organisé des primaires pour désigner ses candidats ? Très peu de villes et dans des conditions très problématiques à l'exemple du clash de Marseille. A Marseille, les primaires ont fait sombrer le ... PS alors que l'absence de primaire à droite assurait la bonne organisation.

Il en est de même à droite en mars 2014. Paris et Lyon ont été des "mauvais exemples" avec des contestations très graves. A Béziers, Annie Schmitt a préféré lâcher Raymond Couderc pour rejoindre Robert Ménard et le PS local a plié ses primaires en 48 heures dans l'indifférence totale et les participants aux primaires n'ont connu aucun bonus bien au contraire. La désertion centre-ville a très fortement favorisé le vote FN .

Les primaires n'auront pas lieu pour 2017. Il s'agit seulement de les enterrer en douceur en attendant que les "mouches changent d'âne" et que les médias passent à d'autres sujets.

Cette réalité des faits montre l'immensité des blocages français et la quasi-incapacité à vivre autrement certaines activités.

Le système dysfonctionne mais le système est tellement impactant qu'il ne change pas véritablement.

Comment la politique pourrait-elle appliquer à autrui un changement qu'elle ne s'applique pas à elle-même ?

C'est une des raisons pour lesquelles je reste persuadé que, bien tristement, ce pays terminera sous une forme de redressement international qui seul constituera l'électrochoc pour le changement comme ce fut le cas début 1958 pour le début de la fin de la IVème République.

A titre personnel et de longue date, j'ai défendu le mécanisme des primaires. Mais il y a un moment où il faut reconnaître la réalité des faits et constater qu'il n'est pas adapté aux coutumes qui structurent l'opinion donc les engagements.

PS : Il Il est souvent moins cher de louer un taudis dans le centre, qu'un HLM. De quoi maintenir d'incroyables poches de pauvreté en pleine ville. Les villes du Sud qui ont réélu leur maire au premier tour, ou qui ont été placé en très bonne posture avant le second, sont celles qui se sont lancées, depuis des années, dans une rénovation énergique du centre de leur cité. Pour Raymond Couderc, le cœur de ville était mort de fort longtemps ; Bien mal lui en a pris...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, août 31 2014

Edito - La France trahie par la professionnalisation de ses politiques

0.A00__35.JPGIl faut que la classe politique française cesse de penser en permanence à la prochaine élection et que ses acteurs tentent plutôt de créer quelque chose en dehors de la politique. Regardons ceux qui actuellement "animent" la politique et une question simple se pose : qu'ont-ils fait en dehors de la politique ?

Arnaud Montebourg est un professionnel de la politique depuis 1997 : 17 ans.

Christiane Taubira est une professionnelle de la politique depuis 1993 : 21 ans.

Henri Emmanuelli donne des leçons de "socialisme" et de "vraie gauche", il ne fait que de la politique depuis 1978 : 36 ans !

Et on peut continuer la liste, cas par cas, cette professionnalisation de la politique est catastrophique. Il y a toute une génération accrochée à la politique comme la moule à son rocher.

Ces politiciens sont coupés de la vraie vie.

Ils poussent à l'excès la logique nouvelle de la médiatisation et de la mise en scène personnelle comme si le voyeurisme politique devait remplacer la compétence et les débats d'idées.

Tout se déroule comme si la vraie vie était une ... fiction pour ceux qui ne la connaissent plus. Il y aurait un imaginaire qui peut être géré par une formule, par une posture, par une image.

C'est ce décrochage qui crée la quasi-totalité des actuels problèmes de la France : une crise systémique de sa politique en mal de talents.

Les États-Unis vont vivre le 4 novembre leurs élections intermédiaires. Les nouvelles candidatures fusent. Les femmes s'investissent. Il ne viendrait pas à l'idée de voter pour un candidat qui ne démontre pas sa connaissance de la vraie vie pour en partager les contraintes, les succès comme les échecs.

La politique française manque d'amateurs en politique, de mères de famille, de coiffeurs, de garagistes ... c'est pour cela que ses professionnels de la politique font preuve de tant d'amateurisme pour traiter des questions qu'ils ne connaissent plus. C'est l'un des paradoxes de l'actuelle période. Ils sont professionnels de la politique mais amateurs de la vie alors qu'il faudrait des amateurs de la politique mais des professionnels de la vie.

Avec le recul du temps, ce sera la probable principale responsabilité des citoyens que d'avoir accepté une telle dérive de leurs "représentants".

Si le crédit intérieur de cette classe politique est désormais nul, il y a longtemps déjà qu'à l'international cette classe politique n'est même plus dans la course tant pour son incompétence que pour la multiplication des diverses affaires à l'exemple de la couverture ci-dessus lors de l'affaire DSK.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, août 10 2014

Edito - "Naissance du sous-homme au coeur des Lumières"

0.A00I-Grande-16386-naissance-du-sous-homme-au-coeur-des-lumieres-les-races-les-femmes-le-peuple.net.jpgA l’école de la République, les écoliers apprennent que l’humanisme des Lumières est un progrès, qu’il représente le franchissement décisif d’une marche, qu’il est la conception la plus haute qu’on puisse avoir de l’Homme. En une dizaine d’ouvrages, le Pr Xavier Martin a montré qu’abondent les textes du XVIIIe siècle qui disent autre chose, voire le contraire.

Des textes signés des auteurs prestigieux, Voltaire. Rousseau, Diderot, ou des multiples auteurs secondaires en qui s’exprime l’esprit du temps. Ils invitent à réexaminer en profondeur la nature et la réalité de cet « humanisme » éclairé. L’homme des droits de l’homme et sa compagne( 2001), Nature humaine et Révolution française (2002),Voltaire méconnu (2007). ont dévoilé des « aspects cachés de l’humanisme des Lumières » qu’on peut résumer en un réductionnisme radical. Il baigne le XVIIIe siècle, passe par la Révolution et atteint le XIXe siècle (S’approprier l’homme, un thème obsessionnel de la Révolution, 2013 ; Mythologie du Code Napoléon, 2003).

Xavier Martin a relevé une tournure omniprésente chez les philosophes : Ie « ne. que. », expression syntaxique de ce réductionnisme.

Une pensée nominaliste

Il est une autre tournure que le nouvel ouvrage du Professeur Martin met en évidence dans les écrits philosophiques : l’incise « qu’on appelle ». « L’animal appelé homme », écrit Voltaire. L’homme est une convention. Nous sommes là au cœur des Lumières, à l’articulation idéologique où naît le sous-homme et cette articulation est nominaliste. « Ce type de pensée réduit à néant la notion de genre, la notion d’espèces, commodités d’ordre mental et rien de plus ». Dès lors que l’homme n’est pas clairement reconnu comme espèce, qu’est-il ? La notion est mouvante.

La frontière avec l’animal n’existe plus. L’homme et l’animal se distinguent par un plus ou moins, plus ou moins de sensibilité, plus ou moins d’intelligence. Sont appelés hommes, c’est-à-dire appartiennent à l’humanité, ceux que les philosophes estiment répondre aux critères qu’ils ont eux-mêmes fixés.

La nature humaine étant ainsi faite, ils se prennent comme critères : une élite masculine, européenne et pensante. Conséquence, un mépris – une haine – pour les ethnies exotiques, les femmes et le peuple.

Les citations pleuvent, se recoupent et forment un constat accablant.

Les peuples lointains, soit les Africains et les Lapons, sont assimilés à des bêtes, au mieux des animaux nobles, souvent des animaux très inférieurs. L’animal auquel on compare volontiers l’Africain est l’orang-outan. La conviction que l’homme noir « est tout autant ou davantage parent du singe que de l’homme blanc », écrit Xavier Martin, cette conviction « plus ou moins sourde ou explicite, conceptuellement assez confuse et tâtonnante, mais accueillie diffusément comme scientifique, est dominante dans l’opinion dite éclairée ». Pour Voltaire, le physique nègre est l’occasion de rire de la Genèse, son obsession : « une plaisante image de l’Être éternel qu’un nez noir épaté avec peu ou point d’intelligence ! ».

La femelle

Dans l’ontologie plutôt imprécise que dessine la nouvelle philosophie, les femmes sont radicalement séparées des hommes et inférieures.

Les philosophes les pensent constitutivement mal organisées pour penser. Si une femme fait profession de penser, les philosophes la tolèrent en regrettant qu’elle ne soit pas un homme. Ils le lui disent et elle est supposée en être flattée. Fleurit l’épithète « femelle ». Espèce femelle, auteur femelle, moine femelle, le qualificatif méprisant aura largement cours également sous la Révolution.

Ce mépris s’accompagne d’une réification : la femme est un objet de consommation. Dans cette perspective, le viol devient un acte bénin. Il est même envisagé par les philosophes que l’homme soit la vraie victime du viol qu’il commet, victime qu’il est de la ruse féminine qui feint de résister. Voltaire, Diderot tiennent à l’affirmer, à le démontrer, et surtout Rousseau, « indéniable virtuose de la pensée retorse » qui « donne ici largement sa mesure », Benjamin Constant parlera, lui, de « galanteries trop vives ». Le mode de défense choisi par les amis de DSK lors de l’affaire Nafissatou Diallo aurait paru naturel, voire scientifiquement étayé, aux philosophes. D’autant qu’il s’agissait d’une femme noire, cumul de deux « infériorités ».

Auxquelles s’y ajoute une troisième : l’origine plébéienne.

« Vous savez qui je suis ? »

Voltaire situe le peuple quelque part « entre l’homme et la bête ».

Rousseau parle de « populace abrutie et stupide », D’Holbach d’une « populace imbécile ». Pour d’Alembert le peuple est un « animal imbécile » et il s’agit de haïr « le gros du genre humain comme il le mérite ». Cela jure avec la réputation de ces auteurs ? C’est un très mince échantillon d’une considérable production « démophobe » qui nous ramène, sans surprise, à l’animalisation : « C’est une très grande question de savoir jusqu’à quel degré le peuple, c’est-à- dire neuf parts du genre humain sur dix, doit être traité comme des singes », écrit Voltaire.

Ce mépris global se détaille suivant les métiers. Le manouvrier, l’artisan, l’agriculteur sont gens peu estimables, mais je les surestime : choses et bêtes peu estimables. Par ce biais, Voltaire trouve une fois de plus moyen d’attaquer le catholicisme. Jésus n’est pas seulement né « dans un village de juif, d’une race de voleurs et de prostituées » – antisémitisme ordinaire chez les philosophes – il est fils de charpentier, comble de l’infamie !

La voie souterraine des idées

Tout cela mène Xavier Martin à exprimer des « perplexités » dans le dernier chapitre. Comment les publications universitaires, spécialisées, peuvent-elles affirmer l’humanisme des Lumières, sinon au prix de mensonges par omission ou d’atténuations péniblement menées, de caviardage des textes ?

Comment les spécialistes peuvent-ils utiliser le concept d’ « anti-Lumières » pour désigner des auteurs dont la pensée serait à l’opposé des Lumières (en gros : une pensée raciste et sous-humanisante, qui nie l’unité fondamentale du genre humain), alors que manifestement ces auteurs (Jules Soury, Georges Vacher de Lapouge.) se rattachent aux philosophes du XVIIIe par un cordon ombilical ?

Sans cacher que l’analyse d’un tel dossier est délicate et que le risque de l’anachronisme existe, l’auteur observe les tenants et les aboutissants de la philosophie des Lumières, son cheminement à travers les théories racialistes du XlXe siècle jusqu’aux idées nazies. Toutes ont comme autre point commun, et cela ne surprend pas, une haine viscérale du christianisme.

« L’image de l’homme comme transcendé religieusement s’est dissipée, effectivement, lors de son immersion dans l’animalité, conçue comme un progrès par les innovateurs affranchis des essences donc du donné humain, au siècle des Lumières. Et l’humanité en est devenue friable et soluble ; on a pu la nier chez certains humains ».

Des Lumières aux camps de concentration ? L’itinéraire est de plus en plus précisément balisé, n’en déplaise à l’histoire officielle.

Xavier Martin, Naissance du sous-homme au cœur des Lumières – Les races, les femmes, le peuple, Paris, DMM, 2014, 440 p. Source: Présent

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 31 2014

Edito - BNP Paribas : La France humiliée par les malfrats de Washington

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Obama a encore frappé : ses sbires demandent à la BNP de payer une amende de 10 milliards de dollars (environ 7,3 milliards d’euros), avec une menace de retrait de licence, soit la perte de 10% du chiffre d’affaires. Ah bon, la BNP a été condamnée, avec de vraies lois et après un procès équitable ? Non, chez les cow-boys, une nouvelle illustration de l'impérialisme coutumier de Washington, on condamne sans procès.

La BNP aurait violé pendant quatre ans l’embargo décrété contre Cuba, le Soudan et l’Iran. Quel tribunal a décidé de cet embargo contre ces États souverains ? Aucun : c’est encore Obama et ses sbires. Une zone de non-droit… Une association de malfaiteurs encravatés décident de ruiner des peuples, puis de ruiner une banque (française), ce sans loi, sans tribunal sans procès, et ça passe comme une lettre à la poste. Ça me sidère.

Là-bas, l’affaire est traitée, sous le contrôle direct du gouvernement, par David O’Neil, chef de la division criminelle du ministère de la justice, Benjamin Lawsky, le patron du département des Services financiers (DFS) de l’État de New York… et Cyrus Vance Eternal Junior, le procureur du district de Manhattan. Eh oui, on retrouve ce loser en chef, le big boss de l’enquête sur la pipe nationale de DSK, qui ferme les yeux sur un viol parce que la victime a des papiers irréguliers

Chez ces instruits, le jeu est simple : tu craches un max, sinon je t’inculpe. Du pur chantage. Sauf que rigolez-pas : si la BNP lâche 7 milliards d’euros, le contrecoup sera vite ressenti : ce sera ça de moins de financement sur le marché européen, un coup très rude à l’économie.

Bien sûr, la banque BNP se prépare à un procès du feu de Dieu. Elle va contester les décisions d’embargo contre l’Iran, le Soudan et l’Iran, contraires aux résolutions de l’ONU. Elle va dénoncer ces sanctions gouvernementales, prises sans référence au droit international et sans procès, selon cette méthode qui conduit les US à commettre les plus graves violations du droit, comme en envahissant l’Irak ou en procédant à des campagnes d’assassinats au Pakistan… Non, la BNP ne se défendra pas. Ces décérébrés vont payer sans même oser saisir un tribunal. Une soumission totale.

Du côté du gouvernement français, c’est la même incurie. Le p’tit naze de Montebourpif, qui fulmine devant l’Indien Mittal, se couche devant les US. Pourtant, Mittal n’a pas fait 7 milliards d’euros de dégâts… De la part de ce quart de portion, ça ne surprendra personne. Michel Sapin a lui discuté avec Benjamin Lawsky, non pour exiger le respect du droit – conduire un procès en fonction de règles conformes au droit international – mais pour implorer la clémence… Quelle honte. Un rat… mais c’était perdu d’avance, car le gouvernement est calé sur les délires de Washington pour ce qui concerne Cuba, le Soudan et l’Iran. Sapin s’est fait jeter, et il a contacté Eric Holder, le ministre de la justice US, qui a son tour l’a jeté, lui expliquant qu’aucune banque n’était « too big to jail », littéralement « trop grosse pour échapper à la prison ». Et Michel Sapin a fermé son sifflet.

Le seul qui a osé dire un mot est le syndicat CGT de la BNP Paribas… Allez, c’est pour rire, eux aussi sont dans le tropisme de l’oncle Sam. Non, le seul qui a émis une opinion critique, mais bien discrète, est Christian Noyer, le Gouverneur de la Banque de France : « Nous avons vérifié que toutes les transactions incriminées étaient conformes aux règles, lois, réglementations, aux niveaux européen et français. Il n’y a aucune contravention à ces règles, ni d’ailleurs aux règles édictées par les Nations unies ». Très bien de rappeler que l’ONU existe, car c’est l’ONU qui défend le droit international, alors que les US ne défendent que leurs intérêts égoïstes, ceux d’un petit État de 320 millions de personnes qui maquereauter 7 milliards d’êtres libres et égaux. Mais que pèse la déclaration de notre ami Christian ?

Donc, c’est la crise avec les US ? Mais non, rien du tout ! Mieux, pour remercier ces malfrats, on va signer un accord de coopération, le Traité transatlantique, qui va finir d’asservir nos économies.

Demain, nos « ministres » expliqueront que ceux qui ruinent la France sont les réfugiés syriens ou les Roms. Et il faudrait voter pour eux…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mai 18 2014

Edito - L'Europe et le bide d'audience du "roman de l'euro" sur France 2 : l'indifférence !

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France 2 a enregistré avec le "roman de l'euro" un terrible bide d'audience : 8 %. Symbole le plus cruel, le sauvetage de l'euro a été devancé par la énième rediffusion du ... "il faut sauver le soldat Ryan" qui le même soir a obtenu 10 % d'audience sur M6.

Le 22 février 1984, "Vive la crise" avait dépassé les 30 % d'audience certes à partir d'un marché moins concurrentiel en nombre de supports. Libération avait publié un supplément vendu à 120 000 exemplaires !

Les français voulaient comprendre, découvrir les "réformes nécessaires" ...

Aujourd'hui l'indifférence s'est installée.

Certes, DSK n'a pas le talent d'Yves Montand.

Mais cette évolution des chiffres montre l'immensité de la fatigue collective : ne même plus chercher à comprendre ce qui fait le quotidien : la monnaie.

Cette indifférence est le plus terrible marqueur d'une crise : l'abstention devient le premier parti d'un pays qui s'adonne au sauve qui peut individuel.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 6 2014

Edito - Patrick Buisson : Des cassettes pour les juges,… et une piste d’envol pour Alain Juppé ?

h-20-1173737-1206722748.gifLa politique est par terre. Totalement ridiculisée, dénuée de toute valeur intellectuelle, collective ou morale.

A Gauche, rien, plus rien, plus rien du tout. L’un ou l’autre est sans doute estimable, et avec de bonnes idées dans la tête. C’est possible. Mais les commandes ne répondent plus. D’un côté, la société civile, la vraie vie, avec ses efforts, ses combats, ses réussites, ses solidarités, ses maladresses, ses malheurs… De l’autre, une association de cornichons, des phraseurs impénitents, que vous n’embaucheriez même pas comme gardien du stade de votre quartier. Les comptes de la France s’aggravent inexorablement, s’agissant du chômage (1) et de l’endettement (2). Il n’existe plus d’autorité publique. Oui, nous sommes entrés dans le déclin. François Hollande cherche qui peut être plus nul que lui pour être nommé premier ministre tant il a peur que la moindre personne de caractère le relègue chomdu. La majorité de l’électorat socialiste ne lui fait plus confiance, et DSK (3) revient comme valeur sûre… en attendant son passage en correctionnelle pour proxénétisme.

A Droite, c’est le grand dévissage. L’UMP est un vrai bonheur, avec ses élections internes truandées, sa faillite évitée par une quête nationale, ses leaders qui se haïssent, des options politiques proches du délire néo-libéral, et le one man show de l’inénarrable Jean-François Copé, du pain au chocolat aux livres enfantins, en passant par les millions de commandes passés à ses potes. Là-dessus, le grand has been et destructeur de la Droite, Sarkozy Nicolas recommence son cirque comme s’il pouvait un jour être réélu. Il y a deux jours, il se la pétait en se présentant comme grand leader, catégorie chef à plumes,… et aujourd’hui on apprend qu’il était, comme une Bettencourt (4) de base, enregistré par son majordome Buisson, son conseiller venu de Minute (5), la droite extrême et puante installée à l’Elysée par Sarko. A priori, on n’apprendra rien à part des détails croquignolesques sur la manière dont se faisait la politique à l’Elysée… mais d’éventuelles infos pourraient intéresser les juges qui enquêtent sur les turpitudes de l'époque. En revanche, pour ce qui est de l’autorité de Sarkozy, c’est définitivement cuit. Trahi par son conseiller, l’inspirateur de la campagne de 2012… Aucune autorité, ce Sarkozy n’est qu’un minable minus…

les-biterrois-ont-faim_763134_510x25544.jpgNous sommes gouvernés par… Non, nous ne sommes pas gouvernés : nous démerdons, comme des grands, chacun avec son système. Donc, je reprends : les gouvernements des dernières années sont squattés par des personnes ignorantes des réalités, incompétentes et sans caractère. Sarkozy avait imposé à la vie politique française un tour destructeur, et la Gauche de la nouille casquée n’a pas su l’inverser. Dont acte. Les sondages, et ce que chacun peut constater chaque jour autour de lui, montrent un décrochage (6) entre la politique et la société.

Alors, on veut y croire, et on cherche une personne compétente, expérimentée et d’envergure, parce qu’il reste une conviction tenace que la France peut trouver un pouvoir politique à la hauteur. L’idée aussi que la France n’est peut-être pas condamnée à régresser. A Gauche, on aurait pu penser à Martine Aubry (7), mais cette éternelle boudeuse est hors circuit. A Droite, il y a Alain Juppé (8), porté par sa réussite à Bordeaux, qui dépasse le clivage Droite/Gauche. Je n’ai pas à devenir pro-Juppé, et je vois vite tous les points de désaccords, mais le personnage dépasse évidemment le lot commun, et très clairement, il faut le soutenir. Mais dans quel état trouverait-il le pays en 2017 ? Et pour faire quels choix politiques ? Et comment dessouder tout ce fatras institutionnel qui bloque le pays ? Et avec quelles forces ? Mais peut-on admettre comme une fatalité le déclin de la France, géré par le milieu des affaires et les banques, avec le spectacle consternant de sa classe politique croupionne ?

Je sais pas vous... Moi, franchement, je suis dans le brouillard,... mais j'ai encore envie d'y croire.

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/soci...

(2) http://www.boursorama.com/actualite...

(3) http://www.franceinfo.fr/politique/...

(4) http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...

(5) http://rue89.nouvelobs.com/2011/03/...

(6) http://www.lexpress.fr/actualite/po...

(7) http://lelab.europe1.fr/martine-aub...

(8) http://www.rtl.fr/actualites/info/p...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, février 13 2014

Edito - Alors, on va se reprendre Sarko ou non ?

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Les présidentielles, c’est en 2017, mais la question est déjà le retour ou non de Sarko. Mon ami DSK – venu inaugurer la salle Sofitel Manhattan qui lui a été dédiée à la Fondation Jean Jaurès – me rappelait hier soir, lors d’une conviviale rencontre au Carlton de Lille, qu’il y a beaucoup d’imprévu sur le chemin d’un candidat : « Nom d’une pipe, tu crois tenir le bon bout, mais tout se barre en couilles et tu te retrouves dans de beaux draps ». Soyons donc prudents, mais quand même...

Avec Hollande à 20 % dans les sondages et ce gouvernement en phase de dépucelage permanent, on conçoit que ça démange du côté de l’UMP. Aux européennes, le FN sera en tête, et ça incitera d’autant plus la Droite à réagir. Oui, mais avec quelle place pour Sarko ?

Je me souviens de ce moment de bonheur, quand Sarko avait, à quelques jours de la présidentielle, expliqué que s’il perdait, il arrêterait la vie politique. C’était un incitatif puissant à voter Hollande, même si… Et au final, nous voici marrons, avec Hollande à l’Elysée et Sarko qui frétille d’y revenir.

Avant de jouer la revanche de 2012, Sarko doit s’imposer comme candidat de la Droite. Ce type, qui magnétise et a une vraie audience, retrouve vite son air conquérant pour avertir ses amis de Droite qu’il va les rétamer en cinq minutes.

C’est un peu plus compliqué.

Sarkozy-Avec-lui-rien-nest-plus-possible.pngD’abord, Sarko-le-grand-héros a été l’homme de toutes les défaites électorales. Sous son mandat, l’UMP a perdu toutes les élections, et plus d’un élu est convaincu d’avoir payé les frasques et les incohérences de Sarko. Alors, remettre le couvert… Sarko se sert de l’UMP pour gagner, mais après, c’est terminé. L’UMP, ruinée, a même dû lancer un appel public à la générosité pour éviter le dépôt de bilan après le rejet du compte de campagne de Sarko, lequel Sarko n’a pas voulu casser sa tire-lire… Le genre de truc qui laisse des traces.

Les dirigeants ? Si Sarko est investi, puis gagne, ils sont destinés à devenir des serpillères institutionnelles, comme Fillon considéré comme un « collaborateur ». Sarko gère tout et le ministre est juste bon à déblatérer les éléments de langage de la cellule de com’ de l’Elysée. Être du premier cercle, c’est no return. Faites le bilan… A part Lagarde expatriée au FMI, c’est un vrai plan social.

Joue ensuite la jeune garde de l’UMP. Les Le Maire, Baroin, Bertrand, Wauquiez, Pécresse ont tous des vues généreuses sur leur avenir. Sauf que si Sarko est candidat, puis réélu, la jeune garde passe son tour… et tchao la belle carrière ! On voit aussi de beaux sourires de façade mais, d’un point de vue objectif, leur avenir passe par l’élimination de Sarko.

201006291014.jpgSarko garde la cote chez les militants,… mais il refuse les primaires. Il les gagnerait contre Juppé, Fillon, ou un des jeunots, mais les concurrents sont sérieux, et il estime qu’un score moyen le plomberait. De leur côté, les autres présidentiables de l’UMP jouent à fond la carte des primaires, qui sont statutaires, et on voit mal comment Sarko pourra faire abstraction d’un candidat UMP… surtout que c’est l’UMP qui tient les finances.

Et puis, il y a le fond, même s’il est devenu peu épais dans notre vie politique. Les options de politique économique compteront, et comment sera gérée la tentation d’un libéralisme à tout crin, genre Cameron débridé, dans le but de se démarquer d’un Hollande centriste ? On casse les schémas ? … Vraiment ?

C’est sur le plan politique que ce sera le plus chaud. La vision Sarko, c’est reprendre les thématiques FN pour rapatrier les électeurs vers la maison UMP. Le résultat est remarquable : un FN au plus haut, dédiabolisé et de plus en plus à l’aise… Alors, peut-on espérer qu’une Droite raisonnable se ressaisisse, retrouve ses attachements populaires, le sens social, et dégage comme des virus flapis les thèmes du FN ?

Si Juppé gagne bien à Bordeaux et récupère la présidence de la Communauté urbaine, il va se sentir des ailes, et il partira avec méthode tenter sa chance aux primaires, ça parait assez évident. Après une décennie d’inconstance, le retour d’un politique réputé sérieux et compétent serait un sacré argument. Le vieux Juppé trouvera des alliés avec ceux qui veulent tourner la page Sarko, ce qui fait du monde dans le staff de l’UMP. Mais pour aller loin, Juppé sera obligé de trouver un deal avec le p’tit nerveux. Sarko qui a fait perdre la Droite en 2012 peut-il encore la faire perdre en 2017, au motif de sa fierté mal placée ? A suivre.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE