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mardi, novembre 11 2014

Edito - Reculade du Gouvernement sur la fin des départements

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Les départements pourraient finalement ne pas disparaître. Manuel Valls a affirmé, jeudi à Pau devant les élus des départements de France, le « besoin de cet échelon intermédiaire » entre les régions et les communes.

Disparaîtront, disparaîtront pas ? Les annonces successives se contredisent sur l’avenir des assemblées départementales. Dernier épisode en date, jeudi à Pau, à l’occasion du congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF). Le Premier ministre s'est fait l'avocat du département après avoir pourtant annoncé sa suppression lors de sa prise de fonction. Manuel Valls a souligné, jeudi le « besoin de cet échelon intermédiaire » entre les régions et les communes.

Les départements « ont des compétences de proximité, de solidarité tout à fait essentielles », a plaidé le premier ministre. ''« Pendant cinq ou six ans, jusqu’en 2020-2021, ces compétences seront confortées, clarifiées, parce qu’on a besoin de cette solidarité, de cette proximité, de cette efficacité. C’est ce message, destiné à rassurer les élus des conseils généraux si c’était nécessaire, que j’ai voulu délivrer»'', a-t-il ajouté.

Plus de suppression à l'horizon 2020, mais une évolution ?

La fin des départements promis par Manuel Valls lors de son premier discours de politique générale, est-elle oubliée ? Pour le moins, le débat est repoussé. Le Premier ministre a rappelé, jeudi à Pau, qu' « après 2020, le paysage territorial aura évolué. Les régions se seront appropriées leurs nouvelles compétences ; les intercommunalités structureront – plus encore qu’aujourd’hui – les territoires. Alors, le cadre départemental pourra évoluer. Nous devons le faire sereinement, et par étapes ».

Signe que les départements ont à nouveau l'oreille du gouvernement, ils ont obtenu la pérennisation des droits de mutation, leur principale ressource, et Manuel Valls a également conforté les compétences sociales des départements et promet une réforme du financement du RSA.

Source : VOnews.fr

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, octobre 23 2014

Edito - Robert Ménard : mission impossible pour le roi de l'acrobatie verbale

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"Élevé passable, plein de bonne volonté mais aux moyens limités".

Telle pourrait être l'appréciation portée sur le bulletin du nouveau maire de Béziers à la rubrique gestion communale.

Les premières mesures de la nouvelle municipalité sont en permanence, disséquées, analysées sous toutes ses formes. Les différents arrêtés (blouse, linge aux fenêtre, paraboles, messe dans les Arènes, rédaction d'un futur livre sur Béziers...) qui ont été pris par le maire ne révèlent pas grand chose sauf que la ville est toujours dans un état lamentable.

A la décharge de ce dernier, on peur affirmer sans crainte que cette ville a été abandonnée et livrée à elle-même pendant plus de vingt ans. La liste de Robert Ménard doit bénéficier des délais nécessaires pour faire ses preuves.

Faute d'avoir grand chose à dire aux journalistes, il convient néanmoins de dresser un premier bilan :

Robert Ménard sait qu'il n'arrive pas à "redresser" cette ville au terme de son mandat parce qu'en homme intelligent, il a compris que la grande majorité de la population biterroise est faite de gens qui n'ont que des revenus modestes, et qui dans leur grande majorité ne vivent que des minima sociaux ou du travail précaire.

Ce que l'intéressé combat depuis quelques mois au sein de l'hôtel de ville, ce n'est pas une cité inconfortable, c'est une cité mauvaise.

Le centre-ville de Béziers est à l'image de toute la ville entière. Déserté par ses habitants, exsangue de tout, avec des milliers de logements vacants dont beaucoup sont insalubres, des commerce fermés par centaines et une concentration de misère dans les quartiers les plus anciens où il n'y a franchement plus de biterrois de souche qui y vivent...

C'est donc "mission impossible" pour le roi de l'acrobatie verbale car pour s'attaquer au mal, il faudrait mobilier tous les partenaires de Béziers, de l'Agglo, de la région, du département, de l'État, de l'Europe pour que le centre-ville sorte de sa situation dangereuse. Ce futur échec sera celui des condition de vie de tous les habitants de la ville concernées par le triste sort du centre-ville.

Malheureusement, sur les restes des temples de Béziers, où l'on a cessé la prière, la lune ne répand plus sa paisible lumière sur les Allées Paul Riquet. Il était temps de dépasser le temps passé de la dernière campagne électorale.

le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juin 3 2014

Edito - Les régions : Une réforme ? Quelle réforme ?

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On part du consensus : communes, communautés de communes, départements, régions, c’est trop. Après ça, se gâte, quand il faut définir l’alternative. Le projet de François Hollande va soulever bien des citriques. Ce n’est pas un problème, car c’est le but recherché : on veut nous vendre le film d’un François Hollande réformateur, qui combat les immobilismes du pays. Alors réformateur ?

La méthode ne peut que surprendre. Le projet est né en réaction à la déculottée des municipales, et il faut faire vite, dans la précipitation. François Hollande et sa petite équipe nous sortent une carte de France redessinée, sans débat, ni concertation, et… sans méthode, laissant de côté les grandes questions : pourquoi ne pas redessiner les régions ? pourquoi conserver les départements ? pourquoi renoncer à une grande décentralisation ?

Il faut redessiner le territoire administratif ? D'accord. On part des grandes métropoles, des bassins d’activité et des cultures, et on essaie de définir des lignes, cohérentes. Mais, c’était ici impossible car il fallait éviter trop de chicayas politiques et une réforme constitutionnelle. Alors le choix a été fait de ne pas toucher aux régions existantes, mais de les regrouper. Comme le découpage actuel, au regard de l’histoire des territoires, n’a rien d’aberrant, on va créer de l’arbitraire par le regroupement. Pour vouloir faire vite, on passe donc à côté de la réforme nécessaire, c’est sûr.

Par ailleurs, la suppression des départements est reportée… à 2020 ! C’est comme si c’était fait… Ajoutons qu’il faudra une réforme de la Constitution, soit une majorité qualifiée des 3/5 des parlementaires, ce qui est hautement improbable vu le nombre d’élus locaux au Parlement, ou un référendum, que l’on sait injouable, car il serait un référendum contre le gouvernement. En pratique, on va donc passer de 22 régions à 14, et conserver tous les départements…

On peut alors aborder le fond. La fusion des régions ne va créer aucune économie, et de ce point de vue la réforme n’a pas d’intérêt. La question n’est pas la taille des régions, mais leurs compétences, comme l’explique au Monde le PS Alain Rousset, président d’Aquitaine et de l’Association des régions de France : « Les régions françaises sont dans la moyenne européenne. Mais à compétence égale avec nos voisines allemandes, la puissance des régions françaises est cinq fois inférieure. C’est là que se situe le problème ».

Alain Rousset souligne : « La dépense par habitant des régions françaises est de 395 euros par an. La dépense moyenne en Europe se situe entre 3 000 et 4 700 euros… Nos voisins, qui ont déjà mené cette politique de décentralisation, ont connu du succès dans la création d’entreprises. Cette nouvelle étape de la décentralisation doit être une réponse à la crise que nous traversons. Il est donc impératif que les régions aient davantage de moyens financiers et plus de responsabilités ».

Passer, par regroupement, de 22 à 14 régions, en gardant les départements, n’est qu’une petite réforme technique. La vraie question est : La France doit-elle rester un État centralisé ou aller vers une grande décentralisation ? Et puis, un président si affaibli peut-il conduire un projet qui bouleverserait tant l’État central ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 14 2014

Edito - Le report des élections locales 2015 et le déni absolu du réel

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Il suffit de relire le Journal du Dimanche du 11 mai dernier pour avoir confirmation si besoin était que le PS a décalé les élections locales pour les besoins exclusifs de gagner du temps pour reporter une probable nouvelle défaite électorale. Il lui resterait 2 Régions et une grosse quinzaine de départements.

Sur le fond de l'excuse pour le report à savoir la réorganisation des régions et des départements, c'est le vide total : que faire de la dette des départements ? Comment répartir les 300 000 agents administratifs des départements ? A quoi serviront les prochains conseillers généraux de départements qui ... n'existent plus ?

Comment savoir qu'un an suffira pour combler ce vide ?

Il est même question d'un report à ... 2017.

Et à ce moment là, par découverte de la difficulté du calendrier avec la présidentielle, pourquoi ne pas aller vers ... 2018.

Dans une démocratie moderne, aucun autre pays ne jongle ainsi avec un calendrier électoral donc avec la démocratie !

Sur le fond de la réforme, il n'est même plus à exclure qu'elle coûte plus cher que des économies qui auraient été opérées à structures constantes !

Il y a un niveau d'impréparation qui a de quoi angoisser mais surtout de quoi révolter parce que le pouvoir est installé dans le déni absolu du réel et finalement la complicité du système politico-médiatique lui autorise l'utilisation d'une excuse qui n'a pas la moindre réalité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 29 2014

Edito - Réforme territoriale : la compétition des territoires est ouverte, assumée, libéralisée

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La revue Acteurs Publics vient de publier ce jour le projet transmis au Conseil d’État : Téléchargement Réforme organisation territoriale

La vie politique française relève véritablement d'un autre univers.

Nicolas Sarkozy tente la réforme territoriale.

Finalement, il y a va timidement engageant les tendances de la disparition des départements à terme et remettant de l'ordre dans la coopération intercommunale.

Cette dernière réforme suscité un tollé et explique la perte du Sénat pour sa majorité.

En 2011, Dominique de Villepin propose une grande réforme : 10 régions, de grandes métropoles ...

Les commentateurs y voient le côté "extra-terrestre" de l'ancien Premier Ministre "coupé de la base", n'ayant jamais exercé "le moindre mandat local"...

3 ans plus tard, c'est François Hollande qui change tout le menu que les autres n'avaient jamais imaginé pouvoir être présenté. Irréel.

Le parti de l'égalité territoriale ouvre la compétition des territoires sur des bases totalement assumées, libéralisées.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, février 12 2014

Edito - L'élimination du département pourrait-elle sauver notre République ?

carte-de-france-depart.jpgEn son temps, la proposition 19 du rapport Attali avait le mérite de la clarté : "Renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en dix ans l'échelon départemental". La suppression du département serait-elle encore la solution idéale pour sauver notre République ? Pourtant sa création a été la base de la construction politique et administrative de notre État, marquant la victoire de l'unité et de l'égalité révolutionnaires sur la diversité de l'Ancien Régime. le principe d'égalité est fondamental pour les Révolutionnaires, autant l'égalité entre les personnes, que, bien qu'elle soit moins souvent évoquée, l'égalité appliquée au territoire. La centralisation jacobine ou le jacobinisme centralisateur, au choix, c'est ce second aspect du principe d'égalité, qui implique unité de langue, unité de poids et mesures et... unité du découpage administratif. Dans cette logique, le département, véritable acte de baptême de l’État unitaire à la française, est une machine de guerre contre les provinces de l'Ancien Régime. Il constitue le mètre étalon de l'unité et de l'égalité révolutionnaires, puis républicaines, enfin, tout simplement, nationales.

la Restauration et le second Empire ne vont pas effacer le département, mais au contraire en approfondir la logique centralisatrice. la déconcentration apparaît dans le cadre départemental. Le préfet devient "l'Empereur aux petits pieds" du département, celui qui frappe de plus près sur les communes pour les faire tenir tranquilles ; comme disait Odilon Barrot, "la déconcentration, c'est le marteau qui frappe, mais on a raccourci le manche".

france_anciennes_provinces.gifDeux siècles et trois décennies plus tard, le département constituerait donc un poids pour la République et il suffirait de le supprimer pour alléger la hiérarchie administrative et régler la question du déficit public. Certes, le principe de l'égalité républicaine territoriale, déjà atteint en 1982, a été sacrifié en 1988 sur l'autel d'Ouvéa, quand Michel Rocard a réussi à obtenir l'apaisement de la révolte des néo-Calédoniens grâce aux accords de Matignon...

La logique du mètre étalon départemental, remis en cause par la loi de 1982 qui transformait les préfets quasiment en sous "sous-préfets aux champs" a été aussi touchée par la révision de 2003 avec une République dont l'"organisation est décentralisée". Quelle drôle d'idée d'inscrire cette phrase dans l'article 1er de la Constitution ? Le Conseil d’État, pas si bête, était contre.

Si l'on veut un processus simple, alors supprimons le département. Dans le même sens, on peut aussi faire vraiment naître le pays en liaison avec l'intercommunalité comme une véritable nouvelle collectivité territoriale et pas comme une structure bâtarde dépourvue de statut juridique clair. Séparons les compétences du département en deux, donnons-en une partie au nouveau pays et l'autre à la région. Le déficit public sera sinon supprimé, tout au moins réduit de manière conséquente. Et faisons des régions de nouvelles provinces dans leur diversité ; si nécessaire, transformons même leurs frontières, pour favoriser une réelle identité culturelle. Et alors l'unité républicaine aura fait son temps ! On passera de la régionalisation au régionalisme, abandonnant le respect de principes d'unités et d'égalité. On est du côté de la situation de l'Espagne ou de l'Italie, plus proche aujourd'hui du fédéralisme.

Mais attention en France à ce que la suppression du département ne sonne pas le glas de l’État unitaire et n'entraîne un retour à l'inégalité de l'Ancien Régime, inégalité des collectivités territoriales, impliquant à terme une inégalité individuelle.

Qui a dit que l'histoire était un éternel recommencement ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE