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mercredi, septembre 17 2014

Edito - Canada : Stephen Harper confirme hier le budget en excédent pour 2015

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Au moment où la France bat des records de déficits, hier, à Ottawa, Stephen Harper a publiquement confirmé un budget 2015 en ... excédent !

L'excédent indiqué à cette étape (3 milliards de $) contient une "provision pour risques" de près de 3 milliards de dollars. C'est à dire que l'excédent réel pourrait être du double de l'actuel annoncé !

Cet excédent sera le socle pour des baisses d'impôts à destination des familles.

Voilà le cercle vertueux d'un fonctionnement public.

Sur quoi repose ce cercle vertueux ?

1) Sur le bon sens des citoyens qui choisissent en conséquence leurs représentants.

2) Sur une transparence des données publiques remarquable.

3) Sur une conception mimimaliste de la "puissance publique" et sur l'exemplarité de sa capacité à faire au moindre coût.

4) Sur la certitude que ne pas tenir les comptes aujourd'hui, c'est l'assurance de lendemains très difficiles.

5) Sur des actes et non pas des mots.

Dans les années 80, lors de ma première rencontre avec le Maire de Montréal alors (Jean Drapeau), l'enseignement n°1 a été des leçons permanentes de bon sens du terrain. L'intéressé expliquait :

- quand il se rend dans une nouvelle géographie pour voir si l'économie tourne il ne regarde pas les chiffres mais monte sur une partie en altitude et voit s'il y a des grues pour des constructions,

- pour voir l'état d'esprit des habitants, il prend son café en terrasse chaque matin et constate comment ils se comportent en public,

- pour bien nettoyer une ville, il faut mettre les jets d'eau à partir de 08 heures 30 quand les rues commencent à connaître une forte fréquentation et les jets doivent être les plus puissants possibles. Un piéton qui doit se détourner pour ne pas être arrosé est persuadé que la rue est ... nettoyée. Alors même que si le nettoyage est intervenu en creux de nuit, il ne le verra pas et ne le croira pas.

Sur mes habituels carnets, j'ai noté toute une liste de constats de bon sens qui choquaient totalement les longues et abstraites démonstrations "à la française".

Lors des autres entretiens ensuite, cet état d'esprit très concret a toujours été une surprise pour moi à ce point.

C'est ce bon sens terrien là qu'il faut retrouver et le jour venu l'excédent budgétaire sera de nouveau au tournant.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 15 2014

Edito - L’incroyable second report de l’objectif de réduction du déficit de 2015 à 2017

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La semaine dernière, Michel Sapin a annoncé que le déficit budgétaire pour l’année 2014 sera à 4,4 % du PIB, contre 3,8 % prévu, plus qu’en 2013, du fait de l’absence de croissance et de la très faible inflation. Il a aussi annoncé vouloir repousser l’objectif d’atteinte des 3 % de 2015 à 2017.

L’incroyable révision des objectifs

Le psychodrame budgétaire de la dernière semaine est absolument effarant. En 2012, lors de la campagne présidentielle, François Hollande, comme Nicolas Sarkozy, avait annoncé l’objectif de réduire le déficit à 3 % du PIB en 2013. Les deux finalistes ne se distinguaient que par l’horizon auquel ils pensaient pouvoir atteindre un déficit nul, 2016 pour l’un, 2017 pour l’autre. Du coup, assez logiquement, François Hollande a mené une politique budgétaire assez proche de celle de son adversaire, à base de hausses d’impôt (près de 30 milliards en 2012, comme en 2011) et de coupes dans les dépenses. Malheureusement, PS comme UMP ont négligé les leçons désormais même admises par le FMI.

En effet, la réduction des déficits, qu’elle passe par des hausses d’impôts ou coupes de dépenses, pèse fort sur la croissance, au point de compromettre la réduction des déficits, comme l’avait anticipé Jacques Sapir à l’automne 2012. Résultat, en mai 2013, devant l’évidence, Pierre Moscovici avait été contraint de négocier avec nos partenaires européens un report de l’objectif d’un déficit à 3% du PIB de 2013 à 2015. En réalité, le déficit atteint alors 4,3 %, ce qui en dit long sur l’échec de la politique menée. Il est donc totalement effarant de constater qu’à peine 16 mois plus tard, le gouvernement constate à nouveau l’échec de sa politique et se retrouve contraint de demander un nouveau report de deux ans.

Ce que cela dit du gouvernement

L’épisode de la semaine dernière n’est pas glorieux. On peut dire que cela donne de l’air au gouvernement, qui serait dans une position bien difficile s’il devait réduire le déficit de 1,4 points du PIB l’an prochain et qui sera sans doute plus confortable pour le faire en trois ans, même si la théorie des coefficients budgétaires implique que cette réduction devrait nous coûter entre 1,5 et 3 points de PIB… Mais cette seconde révision, outre le fait de curieusement valider ce qu’a dit Arnaud Montebourg il y a quelques jours et qui lui a coûté son poste alors même que ce que dit Michel Sapin aujourd’hui n’est pas très différent, démolit plus encore la crédibilité de l’équipe au pouvoir, qui n’en avait pourtant vraiment pas besoin.

Quelle confiance donner à ces amateurs de la gestion du budget, qui découvrent en mai 2013 que l’objectif pour l’année ne sera pas tenu, et pas à la marge, puisque le déficit a été 40 % supérieur à la prévision ! Et à peine 16 mois plus tard, ces mêmes amateurs repoussent à nouveau de deux ans l’objectif de 3 %. Ce qu’ils étaient censés atteindre en 2013 le serait en 2017 !!! Encore plus effarant, Pierre Moscovici, ministre de l’économie de 2012 à 2014 est promu au même poste dans la Commission Européenne ! Et que dire de ces chiffons de papiers qu’on appelle traités européens, sans cesse foulés aux pieds par des dirigeants dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils semblent totalement irresponsables.

Comment croire en 2014 un gouvernement qui dit qu’il tiendra en 2017 ce qu’il disait tenir en 2013 il y a 18 mois ? L’impasse, décrite par Patrick Artus, démontre la faillite complète de François Hollande. Et elle pourrait avoir des conséquences sur la teneur du débat politique à venir, pas forcément positives.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE