dimanche, février 1 2015

Edito - C'est le 2 février que l'on célèbre la Chandeleur !

Sweet pancake with chocolate sauce and cherries

Vous viendrait-il à l'idée de célébrer la fête nationale le 15 ou le 20 juillet ? Sans doute, non. C'est pour la même raison qu'il était logique de partager la galette des rois le 6 janvier et pas le 25, de célébrer la Chandeleur le 2 février, et pas le 11, et Carnaval cette année le 17 février et pas après Pâques (Carnaval se fête toujours la veille du Carême). Le calendrier grégorien est le fruit d'une civilisation ancienne et il n'appartient pas aux élus de le changer. C'est la franc-maçonnerie sectaire qui a changé "Vacances de Pâques" en "Vacances de printemps".

Voici un article relatif à l'origine de la fête et sa signification et notre publication concernant les recettes de crêpes.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, janvier 7 2015

Edito - Michel Houellebecq : "Soumission" sera t-il disponible à la médiathèque de Béziers ?

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Michel Houellebecq n’est pas du tout un nouveau venu sur la scène littéraire, puisque son premier grand succès date de 1998 avec "Les particules élémentaires". Un roman mémorable sur les mœurs contemporaines. Depuis lors, la publication de chacun de ses livres a été un véritable événement. Que dire alors du dernier, ou plutôt du tout prochain, puisqu’il sera en librairie dès cette semaine ? Les critiques qui ont eu le privilège de le lire en priorité en ont déjà fait tout un tintamarre. Alain Finkielkraut, il y a déjà huit jours dans Le Journal du dimanche, expliquait tout le bien qu’il en pensait, non seulement parce que Houellebecq l’avait fait beaucoup rire mais surtout parce que le romancier se révélait une fois de plus remarquable analyste de son époque.

Il faut dire que le sujet est brûlant, puisqu’il concerne la présence de l’islam en France et que l’auteur l’aborde de la façon la plus provocante, en imaginant la victoire électorale d’un parti musulman et l’accession de son candidat à l’Élysée...

Le problème avec Houellebecq c’est que la formidable charge ironique du propos se dissimule sous une totale neutralité de ton. Je retiendrais volontiers la formule de Bernard Pivot : « Tout est à la fois énorme et subtil, outré et malin, invraisemblable et logique ». Le roman ne consiste nullement dans un pamphlet à charge, pas plus que dans une démonstration politique. Il nous offre un regard sur nous-mêmes, sur notre société, dont la vertu est de nous faire comprendre ce que nous sommes réellement.

Le résultat, c’est que tout le monde est obligé de réagir. Parfois violemment, comme Laurent Joffrin, le directeur de Libération, indigné par cette prose réactionnaire mais talentueuse. Précisément, c’est bien la preuve que Houellebecq a touché juste. Nul ne peut être indifférent à son investigation qui découvre les zones où ça fait mal. Précision indispensable : il y a toujours de la métaphysique dans l’air avec cet étrange garçon. Si elle s’insère ici dans le sillage de Huysmans, ce n’est pas seulement par amour de la littérature. C’est qu’il y a beaucoup à retenir de l’œuvre d’un écrivain puissant, qui surdéterminait son réalisme par une quête esthétique et mystique.

Source : Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 5 janvier 2015.

mardi, décembre 30 2014

Edito - Les discours ou quand l'âme est inscrite dans les mots

0.A00119788861126138_1_75.jpgJe recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de François Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

Finalement, il y a deux critères essentiels :

1) c'est quand l'âme est inscrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

Que serait de Charles de Gaulle sans Adolf Hitler ?

La gauche de François Mitterrand sans l'aristocratie de VGE ?

Tony Blair sans Margaret Tatcher ?

Barack Obama sans GW Bush ?

L'énergie de Nicolas Sarkozy sans l'immobilisme de Jacques Chirac ?

La normalité de François Hollande sans la provocation permanente de Nicolas Sarkozy ?

C'est tout le mystère des bons discours : susciter l'imaginaire en réaction à une réalité qui insupporte. Ce contexte rend plus humble la seule qualité de la plume.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 27 2014

Edito - La bataille de la langue française est bien perdue

0.A00119782035913722-X.jpgLe recueil des lettres des Poilus de 14-18 m'avait déjà inquiété sur le respect de notre langue quand on compare le choix de leurs mots avec les usages actuels. Cette lecture m'avait beaucoup questionné : la place du respect de l'histoire du pays, le sens du dévouement, la place de la "fatalité", le courage face aux épreuves et cette qualité d'écriture avec des mots justes.

Cette inquiétude a été confortée et amplifiée par l'un des cadeaux d'hier : 150 questions de grammaire issues des exercices de Pierre Larousse. A la fin du XIXème siècle, Pierre Larousse publie des ouvrages pédagogiques qui sont des tests et des conseils sur la langue française.

Enseignement livre

Les éditions Larousse viennent de rééditer ces documents.

150 questions qui ré-ajustent les appréciations sur l'évolution de l'enseignement.

La bataille de la langue française est bien perdue. Mais à ce point c'est difficilement imaginable.

Ce test devrait être considérablement diffusé.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Le conte de Noël néolibéral de Jacques Attali

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Dès que j’ai entendu la publicité pour son dernier livre, « Devenir Soi », j’avais envie d’en savoir plus sur le dernier opus du conseiller de nos gouvernants, sans vouloir, quand même, perdre le temps pour le lire. Merci donc à Régis Soubrouillard, du quotidien Marianne, de l’avoir fait et d’en avoir tiré un papier si amusant.

Le refus de la société

Finalement, c’est ce tout ce qui transparaît de la théorie du conseiller de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Comme le rappelle Régis Soubrouillard, quand John Kennedy demandait de s’interroger sur ce que l’on peut faire pour son pays, Jacques Attali répond : « demandez-vous ce que vous pouvez faire pour… vous ». Pour l’homo néolibéralus, tout semble secondaire par rapport à son nombril : famille, concitoyens ou pays ne sont plus que des points de détail pour ces boules de pulsions et d’ego à dominante marchande. Jacques Attali semble remplir son livre de biographies indigentes et indigestes de personnes, d’Arthur Rimbaud à Bill Gates, qui se seraient accomplies pour démontrer sa thèse.

Mais cette avalanche de cas particuliers n’a pas le moindre intérêt démonstratif et ne montre pas en quoi « l’État ne pourrait rien ». Les États-Unis ou la Chine démontrent encore largement que la volonté nationale permet de faire beaucoup, tout comme de nombreux autres pays souvent bien moins puissants que ne le sont les pays européens dont la France, que ce soit en Amérique Latine ou en Asie. Régis Soubrouillard rappelle justement que la réussite de la Silicon Valley doit beaucoup aux investissements publics massifs de l’État, contredisant la bluette néolibérale individualisto-marchande que tente de raconter l’apprenti-sorcier Jacques Attali dont le rejet pathologique de l’État laisse perplexe.

Le refus de l’humanité

Ce faisant, ce livre fait penser à un autre, autrement plus intéressant et mieux argumenté, « La dissociété » de Jacques Généreux, sans doute un des meilleurs et des plus complets décryptages de cette société néo-libérale. L’intellectuel y insistait sur le fait que « la nature humaine est faite de l’interaction continue entre une aspiration à l’autonomie et une aspiration à l’association, entre la pulsion d’autosatisfaction et le désir de société, (…) le désir d’être soi et le désir d’être avec ». Jacques Attali représente la caricature de ces néolibéraux qui sacrifient sans vergogne l’être avec à l’être soi, « le délire narcissique exaltant l’autonomie et la toute-puissance du moi » pour reprendre Jacques Généreux.

Bien sûr, pour camoufler son individualisme infantile et barbare, le conseiller de nos princes équilibre son discours de considérations pseudo-religieuses, mais elles semblent être du calibre d’un touriste trop pressé qui reste à l’extrême surface des choses. Ne pouvant quand même pas ignorer la dureté de l’époque, il « dresse en effet un tableau très sommaire et complètement apocalyptique de l’époque : les dérives du progrès technique, la pollution, les guerres, le chômage, la criminalité, la ‘somalisation’ du monde ». Mais il est quasiment comique, pour ne pas dire ridicule, de penser que ce sont des individus isolés qui pourront en venir à bout. Ce sont nos sociétés de citoyens qui sont la réponse.

Merci donc à Régis Soubrouillard de s’être infligé ce pensum. La superficialité et la légèreté de son discours démontrent de facto que la « pensée » néolibérale n’est qu’un courant d’air, absolument vide. Bien sûr, elle domine le temps présent, mais elle finira par disparaître.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 22 2014

Edito - Livre : "Joë" de Guillaume de Fonclare

0.A0011ob_4cd47b_joe-fonclare.jpgDans la vie, qui n'est un long fleuve tranquille pour personne, il est des êtres humains dont l'exemple aide à surmonter les vicissitudes et à grandir, surtout quand il y a de nombreux points communs douloureux avec eux et qu'ils ont su s'en affranchir.

Dans le magnifique livre que vient de consacrer Guillaume de Fonclare à Joë Bousquet, l'auteur partage avec le poète et romancier d'avoir eu la vie changée brutalement (Guillaume de Fonclare par une maladie neuromusculaire, Joë Bousquet par une balle reçue le 27 mai 1918 sur un champ de bataille), et de s'être retrouvé dans un fauteuil roulant.

Aussi ce récit n'est-il pas une biographie à proprement parler, non plus qu'une hagiographie, mais plutôt un livre de connaissance d'une personne hors du commun, avec qui l'auteur a plusieurs choses en commun, et de reconnaissance envers celui qui vous a fait comprendre où se trouve l'essentiel et vous a fait grandir.

C'est le prénom de Joë que Guillaume de Fonclare a d'abord retenu d'une conversation avec un ami, un prénom qui sonnait américain. Il ne connaissait rien d'autre de l'écrivain - "mais le mal était fait" -, jusqu'au jour où Joë Bousquet a croisé de nouveau sa route, alors qu'il était directeur de l'Historial de la Grande Guerre, à Péronne.

Joë Bousquet est né un 19 mars, en 1897. Enfin, c'est plutôt un mort-né qui est alors venu au monde et qui ressuscite après deux heures de réanimation par une sage-femme. Un an plus tard, sa nourrice meurt tandis qu'il la tète. Un an plus tard encore, il manque de succomber à une fièvre typhoïde, mais s'en sort au bout de trois semaines :

"Vous êtes dès votre plus jeune âge un survivant, et vous garderez un goût marqué pour les expériences morbides, cherchant avec constance à vous tenir sur la frontière de votre existence dans une expérience sensible de ce qu'est la vie, et de ce qu'est la mort".

Jeune homme, Joë Bousquet ne s'intéresse guère aux études: "Votre principal centre d'intérêt, ce sont les filles, et plutôt les jeunes dames que les fillettes, autant pour choquer le beau monde que pour vous lancer des défis stupides; des jeunes femmes de bonne famille, et quelquefois des femmes mariées".

En 1917, la rencontre avec Marthe va faire basculer son existence. Le tombeur, qui fait très bien l'amour et très bien la guerre, tombe, lors d'une permission, dans les bras d'une jeune femme en instance de divorce: "C'est la folie des corps". Il lui promet de l'épouser quand la guerre sera finie, mais se repent très vite de cette promesse, tant il craint d'aliéner sa liberté. Il demande même que sa permission soit écourtée...

Après avoir reçu une lettre de Marthe lui annonçant qu'elle s'est donnée la mort, il se jette "dans une terrible mêlée, pressé d'en finir à son tour, fou de douleur et consumé de remords", mais la mort ne veut pas de lui. Deux autres lettres suivent, une de Marthe qui dément son suicide, une autre de son père à elle exigeant un mariage immédiat pour régulariser la situation.

La mort ne veut pas de lui, mais le tombeur de dames tombe sous une balle qui traverse ses deux poumons et fracasse deux de ses vertèbres. L'espoir de guérison sera déçu. La moitié de son corps sera à jamais inerte et inutile. Ses amours avec Marthe en seront victimes. L'autre moitié le faisant souffrir, il s'adonnera à la drogue, pour supporter.

A partir de ce moment-là Joë Bousquet va vivre reclus, une bonne partie de son temps, se satisfaisant de son demi-corps, dans une chambre, occupée auparavant par son grand-père, au 53 rue de Verdun à Carcassonne : "Désormais c'est vous qui décidez à quel moment l'extérieur s'immiscera à l'intérieur, à quel moment une lettre, une visite, un soin viendra vous rappeler que vous n'êtes pas seul au monde".

Guillaume de Fonclare raconte cette nouvelle vie qui se terminera le 28 septembre 1950. Joë Bousquet va reprendre le grec et le latin, se passionner pour le Moyen Âge et le catharisme. Et il va écrire, beaucoup, "un vaste bric-à-brac d'idées et de souvenirs, d'historiettes et de longs poèmes en prose", "une œuvre lumineuse sans que la lumière du soleil ne vienne jusqu'à lui".

La lecture de ces textes n'est pas d'un abord facile, "mais pour peu que l'on s'oblige à ne pas chercher un sens à ce qu'on lit, et qu'on se laisse porter par votre prose, comme on se laisse porter par le courant de la rivière sur un bateau, c'est une expérience saisissante qui ouvre sur un monde étrange aux surprenants parfums, un monde onirique et déroutant peuplé de fées, de magiciens, d'interrogations essentielles et métaphysiques".

L'impuissance de Joë Bousquet ne sera pas suffisante pour le faire renoncer à aimer et à être aimé des femmes. Marthe lui aura appris que l'on peut "aimer une femme autrement qu'avec son corps". Il aimera et sera aimé d'Alice, de Ginette, de Germaine... et d'autres jeunes filles, sans doute : "l'amour n'est pas que sexe, et le sexe n'est pas question que de phallus".

D'être cloîtré n'empêche pas Joë Bousquet d'entretenir d'autres relations qu'amoureuses avec l'extérieur: "Vous êtes aussi devenu en quelques années un intellectuel de haut vol, vos lectures et les rencontres ont formé votre esprit et vous êtes l'égal des grands penseurs de votre temps".

Joë Bousquet correspond avec les plus illustres "philosophes, écrivains, artistes, issus du mouvement surréaliste en premier lieu ; André Breton et Paul Eluard seront des amis proches et fidèles tout au long de votre vie".

Guillaume de Fonclare ajoute: "Les murs de votre chambre sont à l'aune de ces rencontres et de ces amitiés, nombre d’œuvres des plus grands peintres de ce premier tiers du XXe siècle y sont accrochées; Dalí, Dubuffet, Tanguy, Bellmer et Miró".

Et puis il y a l'amitié de Joë Bousquet et de Max Ernst, qui précède la découverte de quelque chose qui les lie depuis longtemps sans qu'ils le sachent, et qui dépasse l'entendement: "Avec Max, il est question de destinée commune, et si votre raison repousse l'idée d'un Dieu vous avez le pressentiment que la conjonction de vos vies dépasse les possibilités du hasard et de la statistique".

Il n'est pas étonnant que la fréquentation posthume de Guillaume de Fonclare avec Joë Bousquet lui ait "appris qu'il y a des tristesses heureuses". En lisant son livre un passage frappe, parce qu'il corrobore l'expérience d'une vie, qui se nourrit de nos imperfections: "Nous sommes tous des invalides. Oui, nous souffrons tous de la même plaie, blessés de vivre puisqu'il faut mourir, puisqu'il y a la mort tout au bout".

Joë, Guillaume de Fonclare, 144 pages, Stock

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, décembre 16 2014

Edito - Le recruteur

The Interviewer

Thomas Howell doit passer un entretien d’embauche dans un cabinet d’avocats réputé. Quand il voit arriver le recruteur, son étonnement est total... Un petit bijou, qui peut faire beaucoup pour (ré)accoutumer les gens à la présence de trisomiques parmi eux.

Née en 1988 à Newcastle, Australie, Genevieve Clay-Smith a étudié à la Hunter School of Performing Arts de Broadmeadow. Robin Bryan est la co-réalisatrice de ce film.

Un petit court-métrage extraordinaire qui a reçu le Grand prix du CM et prix du public au festival EOP! 2013.

C'est un bijou d'humour à voir ici !

Source :

vendredi, novembre 28 2014

Edito - Flashmob des Prodiges à Beaugrenelle

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France 2 a réalisé une mobilisation éclair avec des jeunes talents de la musique classique pour la diffusion en fin d'année de son prochain télécrochet.

Piano, violons, violoncelles, trombones, hautbois, flûtes traversières, percussions, cymbales et chanteurs, tout était réuni pour sensibiliser le public à la musique classique et ainsi la « rendre populaire » comme l'avait expliqué il y a un mois Vincent Panozzo, directeur de l'unité divertissement de Shine France.

On adore et on en redemande !!!

C'est ici et tout cela est magnifique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, novembre 24 2014

Edito - Philosophons...

0.A001georgesbernanos.jpg« Le problème qui se pose aujourd'hui n’est pas plus politique que social : il est cela sans doute, mais il est aussi beaucoup plus que cela. C'est un problème de civilisation ».

Georges BERNANOS

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 22 2014

Edito - Philosophons...

0.A001izard.jpg"(...) Nous sommes des adversaires décidés du capitalisme actuel, dans lequel l'initiative individuelle même a perdu ses droits devant la notion de profit, qui mène toute la société. Il en résulte une prodigieuse faillite morale, puisque le tout est subordonné au gain, et matérielle, bien qu'on soit enfoncé jusqu'au coup dans le matérialisme, puisque l'économie apparaît de plus en plus ingouvernable et qu'elle a abouti à couvrir la terre de la misère des hommes".

La Troisième Force - "La cité" - mars 1933.

Georges Izard

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 21 2014

Edito - Cécile Brunschvicg, la féministe "d'abord"

0.A00cebrun_m.jpgMembre du gouvernement sous le Front Populaire, Cécile Brunschvicg a milité durant près de quarante ans au sein du mouvement féministe réformiste. Affiliée au Parti radical à partir de 1924, directrice du journal La Française à partir de 1926, pacifiste, elle a lutté tout au long de sa vie pour les droits sociaux et politiques des femmes.

Presque inconnue du grand public, elle demeure dans les manuels d’histoire une des trois premières femmes françaises à avoir fait partie d’un gouvernement sous le Front Populaire, comme sous secrétaire d’État à l’Éducation nationale. Pourtant c’est au sein du mouvement féministe réformiste où elle a milité près de quarante ans de 1908 à sa mort que Cécile Brunschvicg a acquis son statut et ses compétences de femme politique. Au sein des deux principales associations de son époque, la section Travail du Conseil national des femmes françaises et l’Union française pour le suffrage des femmes, qu’elle a présidées toutes deux, elle a milité sans relâche pour l’égalité des sexes. Directrice du journal La Française, membre du Parti radical, pacifiste, mais aussi engagée dans les questions sociales, elle n’a eu de cesse d’agir sur tous les fronts pour la promotion des idées féministes et l’amélioration de la condition féminine. C’est par l’angle du féminisme que nous avons choisi d’aborder la vie et les nombreux engagements de cette femme qui se définissait elle-même comme « Féministe d’abord ». Sans être une biographie traditionnelle au déroulé chronologique, cette étude permet d’appréhender les combats et les idées de Cécile Brunschvicg, sa conception de l’égalité des sexes, mais aussi sa lutte pour les droits sociaux et les droits politiques.

Cécile Formaglio - "Féministe d'abord" : Cécile Brunschvicg (1877-1946). - Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, 334 p.-10 pl. 22 €

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, septembre 25 2014

Edito - Philosophons...

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« Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique ».

Jacques Attali (1943-vivant) est un humoriste français.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 17 2014

Edito - Philosophons...

0.A00arton7760.jpg" Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit ".

(Pensées, p.45, Gallimard, 1934)

Charles Péguy (1873-1914) est un écrivain français.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 7 2014

Edito - Philosophons...

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"Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme..."

Albert Camus

vendredi, septembre 5 2014

Edito - Philosophons...

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"Elle existe, cette passion tendre, impérieuse et irrésistible, tourment et délire des cœurs magnanimes ; cette horreur profonde de la tyrannie, ce zèle compatissant pour les opprimés, cet amour sacré de la patrie, cet amour plus sublime et plus saint de l’humanité, sans lequel une grande révolution n’est qu’un crime éclatant qui détruit un autre crime ; elle existe, cette ambition généreuse de fonder sur la terre la première République du monde".

Maximilien de Robespierre (1758-1794), est un avocat et un homme politique français.

Citation attribuée à Maximilien de Robespierre, la veille de son arrestation. La chute de Robespierre.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 1 2014

Edito - Philisophons...

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"Il ne suffit pas d'être sincère pour être dans la vérité".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, août 29 2014

Edito - Parfums d’été

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Parfumer les plats avec de la sarriette, de l’origan, du thym fraîchement cuillis, de l’ail (toujours cuit, jamais cru).

Manger des tomates cerises.

Se régaler avec les oignons nouveaux qui fondent dans la cocotte.

Se rafraîchir avec du Taboulé parfumé à la menthe du jardin.

Il fait chaud !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - philiosophons...

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« Si vous ne pouvez pas répondre à l’argument de quelqu’un, tout n’est pas perdu. Vous pouvez encore l’injurier ».

Elbert Hubbard (1856-1915) est un artiste, écrivain et philosophe américain.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, août 27 2014

Edito - "J’irai cracher sur vos tombes"

0.A00465120925-photo.gifVous êtes fatigués de regarder la télé ? Est-ce que les livres sérieux ayant des sujets métaphysiques vous « décomposent » ? Est-ce que vos synapses veulent prendre une pause ?

Aujourd’hui je serais votre médecin : prenez un peu de Boris Vian et tous les insuffisances disparaîtront !

J’irai cracher sur vos tombes est idéal contre l’ennui supérieur, la tristesse, le pessimisme. Faisant partie d’une trilogie à coté de Et on tuera tous les affreux et Tous les morts ont la même peau, ce roman a été interdit en France sous les accusations de : xénophobie, discrimination, misogynie. Malgré tout cela, osez de regarder au delà des apparences et vous découvrirez un sujet qui dépasse toute imagination : Lee Andersen est un noir ayant la peu blanche qui veut se venger sur les blancs pour la mort de son frère ayant la peu noire. Boris Vian nous laisse magistralement sur notre faim jusqu’à la fin du roman quand on se rend compte quelles étaient les intentions d’Andersen et toutes ses actions prennent une autre dimension.

Bien qu’on soit troublé par les scènes violentes (des crimes, des scènes de sexe ou même une scène de pédophilie) ou par son langage « coloré », « libre » condimenté par des mots d’origine américaine, tout en éprouvant le non-conformisme de Boris Vian, on refuse de laisser de coté ce roman. Son réalisme choque, mais Boris Vian a eu le courage d’affranchir les stéréotypies, les limites. Écrit en style BD, J’irai cracher sur vos tombes comporte tous les ingrédients d’un best-seller : suspens, crime, sexe, alcool, drogues.

Donc, messieurs et mesdames les lecteurs, soyez francs avec vous-mêmes et goûtez au sarcasme, à l’ironie, à l’humour noir de Boris Vian avec J’irai cracher sur vos tombes. ''« Toute la musique américaine est sortie d’eux (les noirs) » assure Lee, avant d’ajouter « (…) les blancs sont bien mieux placés pour exploiter les découvertes des Noirs. (…) Je ne crois pas qu’on puisse trouver dans Gershwin un passage original qu’il n’ait pas copié, démarqué ou reproduit. Je vous défie d’en trouver un dans la Rhapsody in Blue ».''

Boris Vian crache encore de sa tombe… A travers son oeuvre magistrale et très critiquée à son époque, il reste actuel dans la mémoire collective.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, août 10 2014

Edito - "Naissance du sous-homme au coeur des Lumières"

0.A00I-Grande-16386-naissance-du-sous-homme-au-coeur-des-lumieres-les-races-les-femmes-le-peuple.net.jpgA l’école de la République, les écoliers apprennent que l’humanisme des Lumières est un progrès, qu’il représente le franchissement décisif d’une marche, qu’il est la conception la plus haute qu’on puisse avoir de l’Homme. En une dizaine d’ouvrages, le Pr Xavier Martin a montré qu’abondent les textes du XVIIIe siècle qui disent autre chose, voire le contraire.

Des textes signés des auteurs prestigieux, Voltaire. Rousseau, Diderot, ou des multiples auteurs secondaires en qui s’exprime l’esprit du temps. Ils invitent à réexaminer en profondeur la nature et la réalité de cet « humanisme » éclairé. L’homme des droits de l’homme et sa compagne( 2001), Nature humaine et Révolution française (2002),Voltaire méconnu (2007). ont dévoilé des « aspects cachés de l’humanisme des Lumières » qu’on peut résumer en un réductionnisme radical. Il baigne le XVIIIe siècle, passe par la Révolution et atteint le XIXe siècle (S’approprier l’homme, un thème obsessionnel de la Révolution, 2013 ; Mythologie du Code Napoléon, 2003).

Xavier Martin a relevé une tournure omniprésente chez les philosophes : Ie « ne. que. », expression syntaxique de ce réductionnisme.

Une pensée nominaliste

Il est une autre tournure que le nouvel ouvrage du Professeur Martin met en évidence dans les écrits philosophiques : l’incise « qu’on appelle ». « L’animal appelé homme », écrit Voltaire. L’homme est une convention. Nous sommes là au cœur des Lumières, à l’articulation idéologique où naît le sous-homme et cette articulation est nominaliste. « Ce type de pensée réduit à néant la notion de genre, la notion d’espèces, commodités d’ordre mental et rien de plus ». Dès lors que l’homme n’est pas clairement reconnu comme espèce, qu’est-il ? La notion est mouvante.

La frontière avec l’animal n’existe plus. L’homme et l’animal se distinguent par un plus ou moins, plus ou moins de sensibilité, plus ou moins d’intelligence. Sont appelés hommes, c’est-à-dire appartiennent à l’humanité, ceux que les philosophes estiment répondre aux critères qu’ils ont eux-mêmes fixés.

La nature humaine étant ainsi faite, ils se prennent comme critères : une élite masculine, européenne et pensante. Conséquence, un mépris – une haine – pour les ethnies exotiques, les femmes et le peuple.

Les citations pleuvent, se recoupent et forment un constat accablant.

Les peuples lointains, soit les Africains et les Lapons, sont assimilés à des bêtes, au mieux des animaux nobles, souvent des animaux très inférieurs. L’animal auquel on compare volontiers l’Africain est l’orang-outan. La conviction que l’homme noir « est tout autant ou davantage parent du singe que de l’homme blanc », écrit Xavier Martin, cette conviction « plus ou moins sourde ou explicite, conceptuellement assez confuse et tâtonnante, mais accueillie diffusément comme scientifique, est dominante dans l’opinion dite éclairée ». Pour Voltaire, le physique nègre est l’occasion de rire de la Genèse, son obsession : « une plaisante image de l’Être éternel qu’un nez noir épaté avec peu ou point d’intelligence ! ».

La femelle

Dans l’ontologie plutôt imprécise que dessine la nouvelle philosophie, les femmes sont radicalement séparées des hommes et inférieures.

Les philosophes les pensent constitutivement mal organisées pour penser. Si une femme fait profession de penser, les philosophes la tolèrent en regrettant qu’elle ne soit pas un homme. Ils le lui disent et elle est supposée en être flattée. Fleurit l’épithète « femelle ». Espèce femelle, auteur femelle, moine femelle, le qualificatif méprisant aura largement cours également sous la Révolution.

Ce mépris s’accompagne d’une réification : la femme est un objet de consommation. Dans cette perspective, le viol devient un acte bénin. Il est même envisagé par les philosophes que l’homme soit la vraie victime du viol qu’il commet, victime qu’il est de la ruse féminine qui feint de résister. Voltaire, Diderot tiennent à l’affirmer, à le démontrer, et surtout Rousseau, « indéniable virtuose de la pensée retorse » qui « donne ici largement sa mesure », Benjamin Constant parlera, lui, de « galanteries trop vives ». Le mode de défense choisi par les amis de DSK lors de l’affaire Nafissatou Diallo aurait paru naturel, voire scientifiquement étayé, aux philosophes. D’autant qu’il s’agissait d’une femme noire, cumul de deux « infériorités ».

Auxquelles s’y ajoute une troisième : l’origine plébéienne.

« Vous savez qui je suis ? »

Voltaire situe le peuple quelque part « entre l’homme et la bête ».

Rousseau parle de « populace abrutie et stupide », D’Holbach d’une « populace imbécile ». Pour d’Alembert le peuple est un « animal imbécile » et il s’agit de haïr « le gros du genre humain comme il le mérite ». Cela jure avec la réputation de ces auteurs ? C’est un très mince échantillon d’une considérable production « démophobe » qui nous ramène, sans surprise, à l’animalisation : « C’est une très grande question de savoir jusqu’à quel degré le peuple, c’est-à- dire neuf parts du genre humain sur dix, doit être traité comme des singes », écrit Voltaire.

Ce mépris global se détaille suivant les métiers. Le manouvrier, l’artisan, l’agriculteur sont gens peu estimables, mais je les surestime : choses et bêtes peu estimables. Par ce biais, Voltaire trouve une fois de plus moyen d’attaquer le catholicisme. Jésus n’est pas seulement né « dans un village de juif, d’une race de voleurs et de prostituées » – antisémitisme ordinaire chez les philosophes – il est fils de charpentier, comble de l’infamie !

La voie souterraine des idées

Tout cela mène Xavier Martin à exprimer des « perplexités » dans le dernier chapitre. Comment les publications universitaires, spécialisées, peuvent-elles affirmer l’humanisme des Lumières, sinon au prix de mensonges par omission ou d’atténuations péniblement menées, de caviardage des textes ?

Comment les spécialistes peuvent-ils utiliser le concept d’ « anti-Lumières » pour désigner des auteurs dont la pensée serait à l’opposé des Lumières (en gros : une pensée raciste et sous-humanisante, qui nie l’unité fondamentale du genre humain), alors que manifestement ces auteurs (Jules Soury, Georges Vacher de Lapouge.) se rattachent aux philosophes du XVIIIe par un cordon ombilical ?

Sans cacher que l’analyse d’un tel dossier est délicate et que le risque de l’anachronisme existe, l’auteur observe les tenants et les aboutissants de la philosophie des Lumières, son cheminement à travers les théories racialistes du XlXe siècle jusqu’aux idées nazies. Toutes ont comme autre point commun, et cela ne surprend pas, une haine viscérale du christianisme.

« L’image de l’homme comme transcendé religieusement s’est dissipée, effectivement, lors de son immersion dans l’animalité, conçue comme un progrès par les innovateurs affranchis des essences donc du donné humain, au siècle des Lumières. Et l’humanité en est devenue friable et soluble ; on a pu la nier chez certains humains ».

Des Lumières aux camps de concentration ? L’itinéraire est de plus en plus précisément balisé, n’en déplaise à l’histoire officielle.

Xavier Martin, Naissance du sous-homme au cœur des Lumières – Les races, les femmes, le peuple, Paris, DMM, 2014, 440 p. Source: Présent

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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