Keyword - Crise financière de 2008

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dimanche, janvier 4 2015

Edito - Syriza ou le réveil de la démocratie

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Syriza est en tête en Grèce. L'enjeu de la législative grecque dépasse largement ce pays. C'est le réveil de la démocratie.

La démocratie, c'est le respect de trois règles fondamentales :

- la reconnaissance de l'égalité des citoyens, avancée principale de la révolution de 1789,

- le choix par les citoyens,

- la responsabilités du pouvoir.

Avec la crise de 2008, ces fondements ont été fragilisés.

La crise creuse les inégalités. Les inégalités se cumulent et introduisent des différences qui font apparaître l'égalité citoyenne comme une simple égalité théorique face aux nouveaux murs matériels et sociaux.

La crise a altéré la notion même de choix car le discours de crise a installé une pensée unique comme s'il devait exister une seule et unique solution à la crise.

Mais surtout, la crise s'est accompagnée d'une irresponsabilité irréelle. C'est probablement cette irresponsabilité que l'Histoire retiendra dans le temps. Pour les fauteurs de crise, rien n'a changé !

Le peuple paye la crise qui lui a été cachée dans des conditions parfois irréelles comme le dispositif de titrisation institutionnalisé en Grèce sur le conseil officiel et rémunéré de Banques.

Ces banques n'ont jamais été sanctionnées. Avec un dispositif de garantie des placements privés, des sanctions auraient été nécessaires : faillites de banques fautives, procès de dirigeants bancaires ...

En l'absence de telles sanctions, le besoin de revanche s'exprime par le peuple en quittant les lieux de votes ou en ouvrant des scores inhabituels à des formations extrémistes.

Dans ce contexte, voter Syriza, c'est faire vivre la démocratie.

Parce qu'il y a un choix face à la pensée unique.

Parce qu'il y a une vision de sanction légitime en refusant de faire payer par le peuple les dettes qui ne sont pas celles du peuple.

Parce qu'il y a une réhabilitation du peuple en lui rendant y compris le droit de "renverser la table du banquet international".

Si cette victoire se confirme, c'est une donne nouvelle face à la crise qui mérite d'être expérimentée dans des conditions qui dépassent largement la Grèce.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, novembre 14 2014

Edito - L'austérité s'installe en France au pire moment

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A juste titre, il y a eu un débat entre la rigueur et l'austérité. Ce débat est passé. Depuis la rentrée de septembre 2014, les territoires locaux français sont entrés dans une phase d'austérité.

Depuis septembre 2014, car ils ont la conscience des impacts des efforts budgétaires de l’État chiffrés pour 2015.

Les territoires locaux car Paris et ses nombreuses structures réservent l'austérité à la ... Province. Les agents locaux du dynamisme économique sont frappés par des ponctions et par des chutes de dotations énormes qui vont fermer le robinet des investissements locaux.

C'est un choix qui intervient au pire moment. La reprise internationale n'est pas au-rendez-vous. Par conséquent, si le moteur international ne fonctionne pas et qu'au même moment le moteur local est éteint, c'est la catastrophe assurée. Et comme les financements sociaux en France reposent sur le travail, la hausse du chômage ne fera que déséquilibrer encore davantage la situation des finances publiques nationales.

Avec sa fragilité politique, cette situation économique et financière va accélérer des arbitrages nationaux incontournables à peine de très vives tensions parce que les Français s'apprêtent à vivre la montée d'un nouvel étage dans l'intensité de la crise économique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 25 2014

Edito - Quand la réalité de crise s'impose

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Les conflits au sein du PS donnent le sentiment que les intéressés sont déjà passés à l'étape d'après. Qui va porter publiquement la responsabilité de la réalité de la crise ?

Ils ont intégré l'étape à venir : la crise avec son cortège de brutalités quotidiennes.

Les amortisseurs sociaux ont rempli en France leurs fonctions face à la crise de 2008.

Ils ont tellement bien rempli leurs fonctions qu'ils ont amorti y compris la capacité de réaction des dirigeants.

Plus tardive, la crise sera plus rude.

Hier, le PDG de Greenlignt Capital, David Einhorn, a exprimé un diagnostic sévère. Dès 2007, il avait annoncé la crise de ... 2008. C'est dire que ses prévisions sont désormais écoutées.

Le premier semestre 2015 est la fin du système !

L’État a perdu toute confiance internationale. Il annonce mais ne passe jamais aux actes.

Les collectivités locales subissent la coupe des dotations d’État qui va encore s'amplifier.

Le chômage progresse alors même que tout le dispositif social français repose sur les cotisations du travail. Par conséquent, par définition, le fossé des déficits sociaux ne peut que se creuser.

La classe politique professionnelle est autiste, discréditée.

7 ans après la crise, la France va sortir comme le plus "mauvais élève de la classe".

C'est le diagnostic que j'avais exprimé sur ce blog durant la dernière campagnes des municipales et qui était le socle des mesures alors proposées par BEZIERS POLITIQUE.

C'est le déclic de la hausse des taux d'intérêt qui va faire exploser le système.

Le signal a été donné hier. C'est désormais une affaire de semaines.

Le temps de la crise liée au déni des réalités est passé.

La réalité de la crise va s'imposer. Et cette période s'annonce très difficile.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 13 2014

Edito - Crise financière : le débat interdit en France

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Au risque de subir une fois de plus des reproches sur le thème "tout ce qui se fait aux États-Unis est plus beau que ce qui arrive en France", force est de constater le décalage important qui existe entre la recherche d'analyse qui existe aux États-Unis sur les conditions de gestion de la crise financière de septembre 2008 et le tabou qui existe en France à ce sujet.

Sur le plan politique, Elizabeth Warren mène un combat sérieux, technique, tenace sur ce sujet. Bien davantage, des actionnaires d'AIG ont engagé une action judiciaire sur les conditions du renflouement et de la nationalisation partielle d'alors.

En France, la situation d'endettement record est pour partie liée à cet épisode. Pourquoi ce sujet est-il tabou au point que jamais ne soient abordés les volets suivants :

- les mesures d'alors étaient-elles les seules possibles ?

- si d'autres mesures étaient possibles, en quoi auraient-elles consisté ?

- les facteurs de la crise de 2008 ont-ils disparu ?

- les responsabilités pratiques nécessaires ont-elles été tirées au sein de la profession bancaire ?

A voir les sommes en jeu c'est quand même surprenant que ce sujet ne soit jamais sérieusement traité.

Il en est de même, plus préventivement, du dossier des conséquences d'une élévation même marginale des taux sur la dette publique d’État. Que se passerait-il ? Quelles conséquences pratiques ?

Il est vrai que le débat public français de la semaine dernière tournait sur l'égocentrisme de très mauvais goût du fils Bedos qui ne partage que rarement une modeste partie de l'humour sélectif de son père et de la "qualité d'info de service public" du mannequin Sublet ... Triste et pathétique !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, septembre 23 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : le retour du communiquant affairiste dans sa bulle

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En mars 2012, le président sortant promettait qu’il se retirerait de la politique s’il perdait la présidentielle. Un mensonge de plus pour celui qui semble devoir être le candidat de l’UMP en 2017, et qui s’est livré à une grande opération de communication hier soir avec la complicité de Laurent Delahousse.

Service public de… république bananière

France 2 a fait un beau coup en obtenant la première interview de l’ancien président de la République pour son retour sur la scène publique. Il est évident que les audiences seront bonnes. Mais malheureusement, la déontologie n’en sort pas grandie, Laurent Delahousse ayant davantage joué le rôle de faire-valoir plutôt que celui du journaliste faisant son travail. Certes, quand il a eu le culot d’évoquer les 500 000 chômeurs de plus depuis 2012, il a tout de même rappelé qu’il y en avait eu 750 000 de plus sous son mandat, mais l’ancien président a pu s’abriter derrière la crise de 2008. Et il a laissé passer l’attaque culottée sur le pouvoir d’achat, qui était sa promesse de 2007, pas mieux tenue alors. Enfin, en bon petit soldat du néolibéralisme, il a demandé s’il fallait une « thérapie de choc » : le Medef le remercie…

Il a évoqué les affaires certes, mais il lui a aussi demandé s’il était toujours sur écoute, ce qui a permis à l’ancien président de jouer la victime. Et quand il s’est plaint du non remboursement de sa campagne malgré le soutien de 18 millions de Français, il ne lui a pas rappelé que cela était la conséquence du dépassement du seuil légal de dépenses. Et il a aussi laissé passer l’argument selon lequel s’il était inquiété par les affaires, il ne reviendrait pas à la politique, alors qu’il pouvait lui répliquer en lui disant qu’il n’était peut-être pas in intéressé par l’immunité que confère la présidence. Bref, Laurent Delahousse a été complaisant, laissant même passer son ignorance du nom de Bygmalion sans le relancer sur le montant de ses dépenses de campagne. Et je ne parle pas des récents développements de l’affaire Tapie

Opération communication

Les fils de l’opération de communication étaient extrêmement grossiers. Nicolas Sarkozy s’est présenté comme étant contraint de revenir dans le jeu politique du fait de la gravité de la situation du pays et de sa famille politique. Dans la réalité, son objectif est simple : face à l’émergence d’Alain Juppé, il préfère prendre les devants et prendre le contrôle du parti pour être dans la meilleure position en vue des primaires. Il faut dire qu’à l’UMP, être aux commandes semble avoir une influence sur les résultats des élections internes… Et on voit mal comment le désastre de l’automne 2012 ne peut être sans aucun rapport avec la façon dont le parti avait été dirigé directement ou indirectement par Nicolas Sarkozy

Du coup, ce dernier espère effacer les turpitudes du passé en changeant de nom et en mettant en avant quelques nouvelles personnes. Bref, il espère faire croire qu’un ravalement de façade superficiel vaut pour un véritable renouveau… Et finalement, c’est ce qui est le plus frappant sur cette interview nombriliste : le candidat déclaré est complètement coupé de la réalité, dans sa bulle, si loin de la réalité qu’il n’avance pas la moindre idée, si ce n’est loucher sur Berlin, « ce meilleur de la classe à qui on demande de moins bien apprendre ses leçons », et qu’il fantasme sur le départ des jeunes, qui ne concerne qu’une infime minorité. Rien de nouveau sous le soleil : il communique au lieu de faire de la politique.

Certes, Nicolas Sarkozy dit avoir tiré les leçons du passé, mais il s’abrite derrière la crise pour justifier ses échecs. Il reconnaît même avoir été un peu brusque, mais il s’agit uniquement d’une posture destinée à lui donner le rôle du sage qui aurait de l’expérience et du recul. Une sacrée ficelle à faire passer !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, avril 5 2014

Edito - Banques : et si les risques de crise systémique étaient aujourd'hui plus élevés qu'en ... 2008 ?

606x341_227258.jpgAlerte du FMI sur les structures bancaires : au cours des dernières années, on a assisté à une concentration des actifs financiers s’avérant une contradiction, parmi d’autres, par rapport aux engagements pris lors des G 20 consacrés à la crise financière de 2008. Par exemple, les actifs de la Deutsche Bank ont été multipliés par deux de 2007 à 2012. En France et en Espagne, les banques ont la main sur 60 % des actifs financiers du pays. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon, les proportions sont moindres, mais pour tous les pays la somme des produits dérivés avec lesquels ces banques jonglent est supérieure à celle enregistrée à la veille de l’éclatement de la crise.

Paradoxe des paradoxes, à la suite de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, depuis 2008 ces États ont multiplié les subventions implicites aux banques donnant l’assurance que, quoi qu’il advienne, les États viendraient à l'aide des banques.

Si bien qu'aujourd'hui l'exposition du dispositif à une crise systémique serait encore plus forte qu'en 2008 !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE