vendredi, janvier 9 2015

Edito - De grâce, je vous demande de ne pas aller dans le sens voulu par les terroristes !

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Qui sont les terroristes, assassins de la rédaction de Charlie ? Agissent-ils seuls ? Ont-ils des commanditaires ? Ont-ils un maître à penser ? Reçoivent-ils des consignes ? De qui ? Ont-ils un réseau local ? Quelle est leur préparation ? Quelles sont leurs motivations ? Qu’a-t-on trouvé chez eux ? Que disent leurs ordinateurs ? Ont-ils des échanges avec des groupes étrangers ? Lesquels ? Quels sont leurs sites de référence ? Ont-ils gardé des liens avec leurs filières irakiennes ? Ont-ils des financements extérieurs ? Y a-t-il d’autres armes ? Quelle documentation trouve-t-on chez eux ? Avaient-ils tenté d’autres opérations ? Ont-ils eux-mêmes un rôle de leaders ? Ou sont-ils deux loups solitaires ? Avaient-ils infiltré des associations ? Ont-ils contaminé autour d’eux ? Que disent leur famille, leurs amis, leurs voisins ?

Il faut attendre pour répondre au juste niveau. Les fuyards vont être arrêtés,… peut-être abattus. Même si c’est le cas, une enquête judiciaire très approfondie aura lieu, justement pour répondre à ces questions. Cela prendra du temps, et en attendant, on doit poser quelques principes, calmement.

1/ La qualification d’islamiste, étiquette facile, ne veut pas dire grand-chose : attendons les faits pour étudier et comprendre.

Nous y verrons plus clair avec les progrès de l’enquête, mais il y a déjà des pistes sérieuses. On décrit des professionnels car, devant des hommes et des femmes sans défense, ils ont fait un usage méthodique de leurs armes. C’est un peu court… Je note des faits établis : ils se sont trompés d’adresse, puis d’étage ; lorsqu’ils descendent de voiture, l’un deux perd sa basket… Je passe sur cette invraisemblable affaire de carte d’identité tombée…

Et puis, est-on sûr que ce sont des islamistes, au sens de fous-furieux de leurs convictions ? Oui, il y a le contexte religieux, dévoyé et violent. Mais s’ils ont tué, ils n’ont rien détruit… La scène du crime a été longue, très longue, semble-t-il entre 10 et 15 minutes. L’enquête de police nous en apprendra beaucoup sur le discours, les comportements, les buts… Et puis, la manière dont, pendant la fuite, ils assassinent le policier, en s’arrêtant pour l’achever d’une balle dans la tête, a beaucoup avoir avec la truanderie, et peu avec l’islamisme. Nous devons comprendre, et nous ne pouvons rien construire dans la confusion.

2/ Le pays doit renforcer ses liens avec la communauté musulmane, et avec tous les Etats musulmans, amis de la France.

Si le but premier de ce crime est une vengeance meurtrière, le second est de braquer de la société française, pour isoler la communauté musulmane. Leur rêve, c’est de cliver, de casser. Pour eux, des musulmans vivant paisiblement dans une démocratie, c’est juste insupportable, car ça ruine leur système. Dans le mauvais climat actuel, avec des lascars comme Eric Zemmour et Michel Houellebecq qui annoncent avec des analyses imbéciles la guerre civile, les terroristes comptent sur le choc que va créer leur crime pour causer des ravages sur le thème : les Occidentaux d’un côté, les Musulmans de l’autre. Aussi, notre devoir impérieux est de combattre ce plan destructeur.

Ce crime est un crime prévu par la loi, ce n’est pas une affaire de civilisation, comme Nicolas Sarkozy s’est dépêché de la dire. Où est le problème de civilisation quand deux personnes isolées violent une loi que toute la société reconnait ? Une association fatiguée affirme que 99 % de la communauté musulmane respecte la loi et rejette le crime. Mais le 1%, ça fait entre 60 et 80 000 personnes ? Où sont-elles ? Des criminels, je n’en ai compté que deux ! Si la société se trouve plus divisée après ce crime, ce sera une victoire pour les terroristes. Alors, par pitié, ne leur donnons pas raison, et multiplions les signes de respect et d’amitié avec les Musulmans.

3/ La France est forte, et elle ne doit pas renoncer à ses libertés car elle dispose de toutes les armes juridiques pour riposter.

Là encore, il serait pitoyable d’offrir aux terroristes ce qu’ils cherchent : une France qui renonce à être ce qu’elle est, une terre de justice, forte parce qu’elle respecte les droits et libertés. La partie est facile pour un groupe armé qui attaque des civils… Dans un premier temps, la police et la justice plient sous le choc, c’est inévitable, mais nous avons tout dans nos lois et notre organisation policière pour faire face. C’est l’Etat de droit, qui est l’ennemi de ces obscurantistes. Si la République décide de bouleverser ses lois après un crime, elle reconnait la victoire de ce crime, qui l’a désarçonnée, mise à nu.

Aussi, j’espère vivement que la réponse à ce crime ne sera pas un abandon de notre culture juridique, par une horreur genre Patriot Act… lourd et inefficace contre le crime, et qui vise surtout à assurer le contrôle social. Je souhaite que les criminels soient arrêtés, jugés avec tous les droits de la défense, et qu’ils puissent faire valoir leur droit jusque devant la Cour européenne des droits de l’Homme, cette belle justice qui représente le contraire de l’arriération qui les motive.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, novembre 26 2014

Edito - Ferguson, 20 000 habitants, 2 000 soldats

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Ferguson, 20 000 habitants, 2 000 soldats : la démocratie, les droits de l’homme et les « valeurs » resplendissent dans la lumière. Cette lumière, c’est le savoir-faire acquis en Afghanistan, en Irak et en Israël, s’exporte.

Toutes mes pensées à la population soumise à cette violence armée,… mais ne renoncez à rein, et ne baissez pas les bras. Nous ne sommes jamais que dans le réel.

Les produits cosmétiques en vente à Washington depuis 6 ans ne valent rien, même en solde. Le mal est profond, et ce pouvoir né de la violence et qui a grandi gavé au mensonge institutionnel, ne tient que par la violence et le mensonge. Avec, au passage, une pensée émue pour les crétins finis qui, ici, s’extasient devant la croissance US, pour laquelle les démunis ne sont qu’une variable d’ajustement de la société élitiste.

Oui, chères amies et chers amis, ne baissez pas les bras. La violence et le mensonge ne conduisent à rien et n’ont qu’un temps, même s’ils bénéficient d’une impitoyable répression. Votre rendez-vous avec l’histoire, car il est impossible de mentir tout le temps et à tout le monde.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 6 2014

Edito - Narcotrafiquants : Violence extrême au Mexique

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Le 26 septembre, un groupe d’étudiants, de l’École normale de Chilpancingo, capitale de l’État de Guerrero, s’étaient rendus à Iguala, à une centaine de kilomètres plus au Sud, pour récolter des fonds et manifester contre un projet de réforme de l’éducation.

Pour leur retour, ils se seraient emparés de trois autobus de transport public locaux. Des policiers municipaux et des hommes armés auraient alors tiré sur ces autobus, en deux temps, faisant six morts et une vingtaine blessés. Suite à ces évènements, quarante-trois étudiants sont restés disparus. Rien. Aucune nouvelle.

La police s’est activée. Une trentaine de personnes ont été arrêtées, dont 22 policiers et des membres présumés du groupe criminel local Guerreros Unidos. Les déclarations ont permis à l’enquête d’avancer.

Hier dimanche, le procureur de l’État de Guerrero, Iñaky Blanco, lors d’une conférence de presse a annoncé la découverte de charniers : « Vers midi aujourd’hui ont été découvertes des fosses clandestines à l’intérieur desquelles on a trouvé des restes humains, près d’une colline dans les environs d’Iguala ». Les fosses communes ont été retrouvés dans un lieu montagneux difficile d’accès, proche de Pueblo Viejo. Le procureur n’a pas précisé le nombre de cadavres et on attend les tests génétiques pour l’identification. Des maisons où les étudiants auraient été détenus ont été repérées et perquisitionnées.

La police est convaincue de la complicité des mafieux et des élus locaux. Un mandat d’arrêt a été lancé contre le maire d’Iguala, Jose Luis Albarca, et son responsable de la sécurité. Tous deux ont pris la fuite.

L’État de Guerrero, un des plus pauvres du Mexique, est un des secteurs clé du trafic de drogue au Mexique.

On estime à 80.000 morts les victimes du crime organisé au Mexique depuis 2006. Ces faits, dramatiques, et qui sont un défi à l’État, rappellent à notre pays qui a le don de se traumatiser pour des faits de second ordre, ce qu’est réellement la violence mafieuse : 10 000 morts par an.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE