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vendredi, octobre 31 2014

Edito - Vers une société sans emplois ?

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Vendredi dernier, le nombre de chômeurs en France a battu un nouveau record : 5,43 millions de personnes en catégorie A, B et C, dont 3,43 millions dans la seule catégorie A, soit 50 000 et 19 000 chômeurs de plus. L’automatisation semble en cause, comme on le voit dans le commerce.

Le cabinet Trendeo, qui décrit depuis plusieurs années la réalité de la désindustrialisation dans notre pays, a pointé un phénomène récent et nouveau, à savoir la destruction d’emplois dans le commerce depuis deux trimestres. On pourrait croire que ce phénomène est normal étant donnée l’état de notre économie. Mais même en plein cœur de la crise, alors même que le PIB avait reculé de plus de 2 % en 2009, le commerce avait continué à créer des emplois, malgré la baisse des créations d’emplois et la hausse des suppressions de postes. Depuis deux trimestres, pour la première fois, le commerce détruit des emplois, sous le double phénomène d’une baisse des créations et d’une hausse des destructions.

Les graphiques de Trendeo démontrent qu’il y a une tendance très négative en marche, qui révèle que des phénomènes profonds sont sans doute à l’œuvre et engendrent un mouvement de destruction d’emplois qui pourrait bien continuer à s’accélérer. Malheureusement, tout ceci n’est pas totalement illogique quand on constate le développement des caisses automatiques, dont la fonction principale consiste à supprimer de coûteux postes de caissiers dans les magasins. Le « prix Nobel d’économie », Joseph Stiglitz, note dans son dernier livre « qu’il est curieux qu’à une époque où le chômage est si élevé, les supermarchés remplacent les caissiers par des caisses automatiques ? ».

Le Munich social continue et s’amplifit ?

Tout ceci est malheureusement confirmé par une étude du cabinet de conseil Roland Berger, qui annonce que pas moins de 3 millions d’emplois seraient menacés d’ici à dix ans, du fait de l’automatisation et du développement de l’usage des robots. Le cabinet pronostique une augmentation du taux de chômage de 8 points d’ici là. Bien sûr, à moyen ou long terme, l’automatisation et le fait de confier à des robots certaines tâches peut représenter un progrès pour l’humanité, mais à la condition sine qua non que cela ne contribue pas à détruire plus d’emplois que cela n’en créé, surtout dans une période où subsiste un très fort taux de chômage. Roland Berger décrit un nouveau gain du capital.

C’est pour cette raison que, même si je ne propose pas de revenir au métier à tisser, je pense qu’il faut savoir faire une pause dans l’automatisation de notre société quand cela contribue à détruire des emplois alors même que nous en manquons. Dans ce cas là, l’automatisation provoque bien davantage d’effets négatifs sur la société que de conséquences positives. Il ne faut pas oublier que le progrès technique doit bénéficier à la condition humaine et ne pas conduire à la dégrader. Et ce n’est pas être passéiste que de savoir mettre l’homme avant la science, qui doit servir le premier, et non l’inverse, contrairement à ce que semble croire certaines personnes qui raillent ces idées.

Le plus effarant est que cela fait plus de 30 ans que notre pays souffre d’un chômage de masse, mais que nos dirigeants refusent de comprendre le rôle de l’anarchie commerciale avec des pays aux bas salaires ou à une automatisation totalement dérégulée qui condamne économiquement le travail humain.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, octobre 23 2014

Edito - Robert Ménard : mission impossible pour le roi de l'acrobatie verbale

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"Élevé passable, plein de bonne volonté mais aux moyens limités".

Telle pourrait être l'appréciation portée sur le bulletin du nouveau maire de Béziers à la rubrique gestion communale.

Les premières mesures de la nouvelle municipalité sont en permanence, disséquées, analysées sous toutes ses formes. Les différents arrêtés (blouse, linge aux fenêtre, paraboles, messe dans les Arènes, rédaction d'un futur livre sur Béziers...) qui ont été pris par le maire ne révèlent pas grand chose sauf que la ville est toujours dans un état lamentable.

A la décharge de ce dernier, on peur affirmer sans crainte que cette ville a été abandonnée et livrée à elle-même pendant plus de vingt ans. La liste de Robert Ménard doit bénéficier des délais nécessaires pour faire ses preuves.

Faute d'avoir grand chose à dire aux journalistes, il convient néanmoins de dresser un premier bilan :

Robert Ménard sait qu'il n'arrive pas à "redresser" cette ville au terme de son mandat parce qu'en homme intelligent, il a compris que la grande majorité de la population biterroise est faite de gens qui n'ont que des revenus modestes, et qui dans leur grande majorité ne vivent que des minima sociaux ou du travail précaire.

Ce que l'intéressé combat depuis quelques mois au sein de l'hôtel de ville, ce n'est pas une cité inconfortable, c'est une cité mauvaise.

Le centre-ville de Béziers est à l'image de toute la ville entière. Déserté par ses habitants, exsangue de tout, avec des milliers de logements vacants dont beaucoup sont insalubres, des commerce fermés par centaines et une concentration de misère dans les quartiers les plus anciens où il n'y a franchement plus de biterrois de souche qui y vivent...

C'est donc "mission impossible" pour le roi de l'acrobatie verbale car pour s'attaquer au mal, il faudrait mobilier tous les partenaires de Béziers, de l'Agglo, de la région, du département, de l'État, de l'Europe pour que le centre-ville sorte de sa situation dangereuse. Ce futur échec sera celui des condition de vie de tous les habitants de la ville concernées par le triste sort du centre-ville.

Malheureusement, sur les restes des temples de Béziers, où l'on a cessé la prière, la lune ne répand plus sa paisible lumière sur les Allées Paul Riquet. Il était temps de dépasser le temps passé de la dernière campagne électorale.

le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE