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samedi, octobre 25 2014

Edito - Quand la réalité de crise s'impose

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Les conflits au sein du PS donnent le sentiment que les intéressés sont déjà passés à l'étape d'après. Qui va porter publiquement la responsabilité de la réalité de la crise ?

Ils ont intégré l'étape à venir : la crise avec son cortège de brutalités quotidiennes.

Les amortisseurs sociaux ont rempli en France leurs fonctions face à la crise de 2008.

Ils ont tellement bien rempli leurs fonctions qu'ils ont amorti y compris la capacité de réaction des dirigeants.

Plus tardive, la crise sera plus rude.

Hier, le PDG de Greenlignt Capital, David Einhorn, a exprimé un diagnostic sévère. Dès 2007, il avait annoncé la crise de ... 2008. C'est dire que ses prévisions sont désormais écoutées.

Le premier semestre 2015 est la fin du système !

L’État a perdu toute confiance internationale. Il annonce mais ne passe jamais aux actes.

Les collectivités locales subissent la coupe des dotations d’État qui va encore s'amplifier.

Le chômage progresse alors même que tout le dispositif social français repose sur les cotisations du travail. Par conséquent, par définition, le fossé des déficits sociaux ne peut que se creuser.

La classe politique professionnelle est autiste, discréditée.

7 ans après la crise, la France va sortir comme le plus "mauvais élève de la classe".

C'est le diagnostic que j'avais exprimé sur ce blog durant la dernière campagnes des municipales et qui était le socle des mesures alors proposées par BEZIERS POLITIQUE.

C'est le déclic de la hausse des taux d'intérêt qui va faire exploser le système.

Le signal a été donné hier. C'est désormais une affaire de semaines.

Le temps de la crise liée au déni des réalités est passé.

La réalité de la crise va s'imposer. Et cette période s'annonce très difficile.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 30 2014

Edito - Le dangereux retour des austéritaires, au PS !

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Paradoxe assez incroyable qui démontre à quel point la décomposition de la pensée économique, alors que les preuves des méfaits des politiques austéritaires ne cessent de s’accumuler et sont aujourd’hui admises par des intellectuels de tous les bords, le PS y cède de plus en plus, comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes et le rapport de Jean Pisani-Ferry.

Quand un socialiste propose de faire du Sarkozy !

Le PS est vraiment dans une phase de décomposition intellectuelle avancée pour produire une intelligentsia qui embraye le pas à la pensée économique de la droite la plus bête, pour paraphraser Paul Krugman au sujet de la défense de la politique de l’offre de François Hollande. Didier Migaud, député « socialiste » nommé par Nicolas Sarkozy à la tête de la Cour des Comptes, a publié un rapport qui questionne la capacité du pays à tenir ses objectifs de réduction du déficit budgétaire et propose de réanimer la politique initiée par Nicolas Sarkozy, visant à supprimer 10 000 postes de fonctionnaires par an, mais en incluant les collectivités locales et la Sécurité Sociale au lieu de la limiter à l’État. Il avait déjà critiqué la promesse du président de créer 60 000 postes dans l’éducation, malgré un véritable besoin.

Jean Pisani-Ferry, ancien conseiller économique des ministres de l’économie de Lionel Jospin de 1997 à 2002, pousse encore plus loin la logique austéritaire. Il dénonce le poids des dépenses publiques « 12 points supérieur à l’Allemagne », en feignant d’ignorer qu’il compare des choux et des carottes et que la réalité est beaucoup plus équilibrée, notre service public étant beaucoup plus étendu que vos voisins. Il propose de diminuer les dépenses publiques de 54,8 à 48,8% d’ici à 2025, soit un effort de 0,6 point de PIB tous les ans. On suppose qu’il ne prend pas en compte le fait que la baisse des dépenses réduit le PIB, d’un coefficient de 0,9 à 1,7 selon la dernière étude du FMI. Une telle baisse réduirait le PIB de 5 à 10% sur 10 ans, ce qui contredit complètement l’objectif de réduction du poids de la dette, qui serait augmenté d’autant, comme cela se passe dans une partie des pays de la zone euro.

L’austérité est contre productive

Il y a quand même quelque chose de piquant à voir des socialistes proposer de démanteler l’État et baisser les dépenses publiques alors même que le très libéral et anti-Etat The Economist vient de publier un long article démontrant les ravages des politiques d’austérité. Il est tout de même effarant que des hiérarques socialistes ferment les yeux sur les ravages des politiques suivies dans le reste de l’UE, la Grèce où des études suggèrent que pas moi de 30% de la richesse nationale aurait été perdue depuis 2007, avec son cortège de chômage et d’effondrement du pouvoir d’achat (28% en Irlande et 18% en Espagne). The Economist soutient que la crise aura également un effet sur le long terme en réduisant les dépenses d’investissement des entreprises, ce qui sera un handicap pour le futur.

Paul Krugman, qui a démonté les politiques austéritaires dans son dernier livre, livre un jugement sévère sur l’UE. Pour lui « les problèmes inhérents à l’euro ont été aggravés par de mauvaises décisions. Les leaders européens ont insisté, et ont continué à insister, malgré les preuves éclatantes, sur le fait que la crise n’était qu’une affaire d’irresponsabilité fiscale, et ont donc imposé une austérité sauvage qui ne fait qu’empirer une situation déjà terrible » et conclut « il est terrifiant de voir un si grand nombre d’européens rejeter les valeurs démocratiques, mais au moins, une partie du problème vient des responsables qui semblent plus intéressés par la stabilisation des prix et la probité fiscale que par la démocratie ». Il est tout de même incroyable de voir le Parti dit Socialiste ignorer la voix de ce « prix Nobel d’économie ».

Merci néanmoins à Didier Migaud et Jean Pisani-Ferry de démontrer que les sommités économiques issues du Parti Socialiste ont à ce point arrêter de penser sur les questions économiques. Car outre le fait d’ignorer Paul Krugman, ils ignorent même les derniers travaux du FMI, pourtant guère suspects de laxisme.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE