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samedi, janvier 10 2015

Edito - France : une société bloquée, une représentation figée

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En début de semaine, le Congrès américain issu des élections de novembre 2014 a été installé.

Quelques traits forts :

- 104 femmes soit le record historique de la présence féminine,

- une diversité d'âges, de professions amplifiée,

- une diversité apparente de plus en plus forte.

Avant d'effectuer ce constat, il faut en effectuer un autre : que de temps a-t-il fallu pour qu'il en soit ainsi. Des repères précis s'imposent et, à certains égards, ils sont irréels :

- 1984 : 1ère femmes candidate à la Vice-Présidence : Geraldine Ferraro

- 1997 : 1ère femme à la fonction de Secrétaire d’État : Madeleine Albright,

- 2005 : 1ère femme afro-américaine à la fonction de Secrétaire d’État : Condoleezza Rice,

- 2007 : 1 ère femme élue à la fonction de speaker donc de Présidente de la Chambre des Représentants,

... 2015 : 104 femmes au Congrès !

Et dans cette évolution, les États-Unis ont élu un Président métis (Barack Obama) et une "banalisation" des Gouverneurs de couleur : Deval Patrick, Bobby Jindal...

Face à ces dates, que sont les dates françaises :

- jamais une femme à la tête de l'une des Chambres (Sénat ou Assemblée Nationale),

- une seule femme à Matignon dans toute l'Histoire de la République française,

- il faut attendre Christiane Taubira donc 2012 pour qu'une femme de couleur soit à un ministère dit régalien,

Au moment où il est question à juste titre de la meilleure compréhension entre des communautés différentes, il n'est pas possible de constater de tels décalages dans la représentation de la société.

Il ne s'agit pas d'aller vers le dupliquage d'une représentation morcelée de la société. Mais la représentation peut-elle demeurer elle-même quand elle est aussi éloignée des réalités du terrain ?

C'est un sujet qui mérite une attention prioritaire au moment où la désertion des isoloirs progresse toujours.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 28 2014

Edito - 2014 : la politique est plus que jamais par terre

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2014 a été une année désastreuse pour la République, et on le doit entièrement aux « responsables » politiques. Et en 2015, ils vont nous faire la leçon « démocratique » parce que, écœurés, nous allons nous abstenir.

Quels ont été les événements majeurs de 2014 ? La plus dramatique des insignifiances… mais l’addition est lourde.

2014 ? C’est François Hollande qui se promène casqué dans les rues de Paris, sur un scooteur 100 % républicain, pour ses petites galipettes clandestines. Christiane Taubira qui arrive en vélo à la réunion des « frondeurs » aux universités du PS à La Rochelle, où elle ne prononce pas un mot… mais la photo était bonne. Fleur Pellerin, ministre de l’inculture, qui explique qu’elle ne lit pas de livres, mais qui négocie avec Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain OSS 117 ; Bambi qui, après avoir voulu mettre fin à la prostitution, inflige à nos gosses ses débiles ABCD de l’égalité, avant de remballer sa camelote deux mois plus tard ; l’enfoiré mondain de Pierre Moscovici, viré du gouvernement tellement il est nul, et qui se retrouve Commissaire européen, pour stigmatiser la France pas encore assez libérale ; Benoit Hamon, le fantastique héros de la Gauche de la Gauche, alors sinistre de l’enseignement, qui fusille la rentrée scolaire pour un discours post-ado à la fête de la rose du farfadet Arnaud Montebourg… Le sous-ministre Thomas Thévenoud qui ne déclare pas ses revenus car il souffre de « phobie administrative ». Arnaud Montebourg, autre héros de la Gauche de la Gauche, qui quitte le ministère de l’économie pour s’inscrire à une formation pour patrons à l’Insead qui coûte 34 500 €. François Hollande qui encourage Benjamin Netanyahou « à prendre toutes les mesures pour protéger sa population ». Et ajoutons la volonté d’aller bombarder Damas, avant de se faire calmer par Barack Obama

2014, c’est aussi Nicolas Sarkozy enregistré clandestinement par son homme de confiance l’ex journaliste de Minute Patrick Buisson ; c’est l’affaire Bygmalion, avec un système de fausses factures permettant de doubler le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ; c’est Laurent Wauquiez et NKM qui font mesurer leurs bureaux pour savoir qui aura le plus grand ; Patrick Balkany et Serge Dassault pris dans des trafics crapuleux.

2014, ce sont les élections européennes du mois de mai : le FN en tête avec 25 %, suivi de l’UMP à 20,8% et du PS à 14%. Ce n’est pas grave, nous ont aussitôt expliqué les gentils sondages, car ce vote n’existe pas. Et déjà, on nous met sous le nez le sondage favorable à la loi Macron… Sauf que le même jour, la législative de l’Aube, la PS est éliminé, arrivé en 3° position avec 15 % des voix, loin derrière le FN à 27 %. Le tout, avec 70 % d’abstention. Oui, la politique est plus que jamais par terre : aux élections régionales et départementales de 2015, le FN sera encore en tête, aux alentours de 25 %, et le PS va subir une nouvelle déroute.

2014, c’est la hausse de l’endettement, des impôts et du chômage.

En fait, tout le monde a intégré que Marine Le Pen sera en tête au premier tour de la présidentielle de 2015, et les trois dans la course jouent une seul partition : « c’est moi qui serait le mieux placé pour la battre au second tour ».

Rien à attendre de François Hollande et de Nicolas Sarkozy, qui, bien programmés, vont poursuivre leur cirque habituel, qui a perdu la France. Alain Juppé ? Malgré ses casseroles nombreuses et variées, il se situe au-dessus du lot, mais s’il veut nos suffrages, il va falloir qu’il nous dise quelle politique il va faire, avec qui, et qu’il quitte le bonheur ouaté de sa belle image de papy gentil, pour venir sur le terrain, filer des marrons à Nicolas Sarkozy et François Hollande, ces deux erreurs historiques de la politique française.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 27 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : Communautarisme et racisme

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Rachida Dati ministre ? : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Qui a fait plus de mal à notre communauté nationale que Nicolas Sarkozy ? Je dis bien « communauté », parce que notre nation, au-delà de l’État – le cadre juridique de notre unité – c’est notre histoire et notre vie. Même si vous n’aimez ni votre voisin, ni votre collègue de travail, ni votre maire… Même si vous n’y croyez plus… il y a la France. C’est le petit truc qui vous pince le cœur quand dans un aéroport très lointain vous découvrez quelques mots de français. Nous avons mille raisons de penser à la France. Perso, j’en resterais toujours amoureux car de Ronsard à Eluard, la langue française a illuminé la poésie.

Alors, notre Nicolas Sarkozy ? Plus d’une fois, j’ai lu que la campagne de 2007 resterait un modèle à enseigner dans les écoles politiques. Non. Cette victoire a été la défaite d’un PS pourri jusqu’à l’os et qui avait rêvé de se refaire une virginité avec une candidate lunaire, et la défaite de l’UMP, laissant un Nicolas Sarkozy sans scrupule reprendre tous les thèmes FN. En 2007, ce sont les thèmes du FN, le populisme xénophobe et l’arriération franchouillarde, qui l’ont emporté, en apportant au vote habituel de la Droite, des gens venus d’un autre monde.

Depuis, nous payons cash… La vraie faute de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a cassé la France, notre pays. La gauche mole, tétanisée par ses ombres, est restée dans le sillon, voulant nous passionner pour la gestion de la dette ou le coût des 35 heures, alors qu’il fallait parler du pays, de nos attachements, nos débats, nos désaccords… Les cosmétiques qui font les marioles dans les ministères – vous avez vu l’autre dinde de Fleur Pellerin qui ne lit pas de livres mais mendie auprès de Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain film d’OSS 117… – finissent la casse du pays. C’est grave. Nous sommes le pays de toutes les diversités, et c’est excellent, mais il nous faut des leaders politiques capables de dessiner un destin.

C’est là qu’on revient à cette phrase accablante de Nicolas Sarkozy.

« Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler des droits fondamentaux et défendre l’indépendance de Justice, ça avait du sens ».

Admettons que Nicolas Sarkozy ait dit cette phrase,… elle aurait été inacceptable. Parce que cela aurait signifié que la nomination était due à des critères d’appartenance, et non pas aux compétences.

Par cette phrase lâchée en cette période de déprime, Nicolas Sarkozy, enfin, est sincère. Enfin. Rachida Dati n’a pas été nommée pour ses compétences, mais parce qu’il fallait une arabe dans le gouvernement. C’est du pur casting communautarisme. L’une des données du problème est que François Hollande a fait la même chose avec Christiane Taubira, nommée elle aussi sur les quotas : femme, noire, des Antilles. Sapin, Jean-Yves Le Drian, Stéphane Le Foll ou Emmanuel Macron ont été nommés car ils étaient en situation de prendre du jour au lendemain la tête des ministères. Qui peut soutenir que Christiane Taubira a été nommée pour sa maîtrise des dossiers ? De fait, sur les dossiers difficiles, elle se fait laminer, comme sur l’actuel projet de réforme des professions juridiques, géré de A à Z par Bercy.

Ça, c’est le Nicolas Sarkozy du communautarisme. N’ayant aucune vision du pays, il jongle avec les communautés comme il jongle avec les courants au sein de l’UMP.

Mais son vrai propos a été : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Ça, c’est du Le Pen Jean-Marie de fin de banquet.

D’abord, ce classique : on parle d’abord de soi, comme me l’expliquait encore hier mon ami Freud. Quand Nicolas Sarkozy parle de la justice, il parle de ce qui le concerne, c’est-à-dire le rapport à la loi pénale. Pour lui, le ministère de la justice, c’est le ministère du droit pénal. Avec comme adminicule, que la justice doit faire peur.

Après, il y a le racisme congénital. Comme son père et mère sont algérien et marocain, Rachida Dati s’y connait en violation de la loi. Avec des parents du Maghreb, vous êtes des experts en droit pénal... Et une rescapée de cette fabrique de voyous pour faire appliquer la loi pénale, çà, çà a de la gueule… Euh : ça « a du sens ».

Pauvre Nicolas Sarkozy.

On va voir ce que la suite va donner. Le problème est que les primaires ont maintenant pris autant d’importance que la présidentielle elle-même, car elles arrêtent le menu. Cet adepte du communautarisme et racisme qui en remettrait une couche, c’est strictement impossible. Alors faudra-t-il prendre sa carte à l’UMP pour éliminer cet agent nocif ? C’est une question sérieuse.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, novembre 10 2014

Edito - Ces crétins de Jouyet et Fillon collent les affiches de Le Pen

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L’UMPS, ie l’absence de perspective politique, est le principal moteur du FN. Tous les mêmes et rien ne bouge,… alors on vote FN pour les faire dégager (sans imaginer un instant que le FN soit en mesure de diriger le pays). __ Alors, les amours tumultueux de Jean-Pierre Jouyet et François Fillon ?__ __ Jean-Pierre Jouyet, grand pote de François Hollande, est une figurine de l’UMPS : ministre sous Nicolas Sarkozy, et secrétaire général de l’Élysée, donc n° 2, sous François Hollande__. Le changement, c’est maintenant…

François Fillon ? Le matin, il est sur les radios pour nous dire que le gouvernement de François Hollande, c’est la calamité des calamités. Mais à midi, il casse la croûte au Pavillon Ledoyen avec Jean-Pierre Jouyet. C’était le 24 juin. La cantine de l’Élysée n’est pas assez relevée, alors la République offre Ledoyen à ces deux héros du courage politique. Un rendez-vous sur l’agenda, avec nécessairement rapport à François Hollande dans l’après-midi.

Toute la journée d’hier, Jean-Pierre Jouyet et François Fillon nous ont livré un fabuleux concours de mensonges

Il n’a pas parlé de Nicolas Sarkozy, non je n’en ai pas parlé, en fait si il en a parlé, non ma parole je t’assure que je n’en ai pas parlé… Ils nous dégoûtent… Grave.

François Fillon, qui voulait être président de la République, prend sa carte au club de François Bayrou. Il a été catastrophique et devrait s’inscrire à la Cahuzac School, car il n’a tenu qu’une journée.

Jean-Pierre Jouyet, égérie de la Gauche mole, qui exerce une des plus hautes fonctions de l’État, a compris hier dans l’après-midi qu’il était cramoisi quand les journalistes du journal Le Monde lui ont rappelé qu’il avait été enregistré, avec son accord. Alors, il s’est planté devant l’Élysée – usurpateur ! (plus de trois jours) – pour démentir ce qu’il avait dit le matin. Nul. Prévoir aussi un stage à la Cahuzac School.

Les pressions sur le Parquet par François Hollande ou Christiane Taubira ?

Ça ne se passe plus comme cela. C’est ouaté, indirect et suave, car François Hollande sait qu’il a trop à perdre avec des interventions directes. Mais les faits conduisent à faire quelques remarques.

1/ Fillon-le-menteur a rêvé de « taper », ce qui montre que ça se faisait du temps de Sarkozy-Fillon, … avec des résultats plus ou moins heureux, comme nous l’expliquerait notre ami le juge Courroye.

2/ Jouyet-le-menteur se fout du monde. C’est lui qui a pris contact avec François Fillon, non par culte de l’amitié, mais pour tirer des tuyaux du scandale Bygmalion qui avait explosé quelques jours plutôt, obligeant Jean-François Copé à démissionner pour laisser le pouvoir au « triumvirat » Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon. On voit bien le petit Jouyet excité comme une puce : « Je vais avoir des infos de première bourre » (Ce qui justifie l’addition de Ledoyen, repas servi dans un salon privé).

3/ En fait, une seule question qui intéressait Jean-Pierre Jouyet et François Hollande : l’affaire Bygmalion va-t-elle permettre de niquer Nicolas Sarkozy ?

Que peut imaginer que Jean-Pierre Jouyet et François Fillon se fixent en urgence un rencard chez Ledoyen pour parler de la faim dans le monde, du réchauffement de la planète, et ou de la dette publique de la France ?… Non, il n’y a qu’un sujet à l’ordre du jour : nous avons tous deux intérêt à zigouiller Sarkozy, alors comment exploiter les évènements du moment ? L’UMPS dans toute sa splendeur.

Please zigouille and fuck Sarkozy

Pendant le gueuleton chez Ledoyen, François Fillon a du balancer un max d’infos, en qualité de membre (flasque) du triumvirat. Mais en contrepartie, il a fait une petite réclamation : « Please zigouille and fuck Sarkozy, car il a fait payer par l’UMP l’avance forfaitaire de 150 000 euros qui lui avait été versée pour mener sa campagne et les 363 615 euros correspondant au dépassement du plafond légal des dépenses, sommes arrêtées par le Conseil constitutionnel en juillet 2013 ».

Retour sur images. Juillet 2013, c’était l’époque du Sarkothon, pour 10,5 millions d’euros, restant à charge du fait du rejet des comptes de la campagne, et ces paiements de 150 000 et 363 615 euros s’étaient ajoutés à la dette de l’UMP.

Même-moi j'l’avais vu en juillet 2013…

Paiement en juillet 2013, repas le 24 juin 2014, rapport des commissaires aux comptes de l’UMP certifiant les comptes du parti le 30 juin, signalement par les mêmes le 1 juillet au Parquet de Paris et enquête préliminaire ouverte par ce Parquet le 2 juillet… (puis une information judiciaire, le 6 octobre 2014 pour « abus de confiance », « complicité » et « recel ») : tout est limpide,… ou presque.

Pourquoi un an d’attente ? Parce qu’il était impossible de savoir avant, a répondu hier soir le parquet de Paris. Hum, hum…

Restons prudents car un avocat de Nicolas Sarkozy avait analysé que le procédé était régulier, et Bercy avait conclu dans le même sens. On verra, mais arrêtons les salades, please… Le rapport des commissaires aux comptes du 1° juillet n’a rien révélé. La distinction entre les deux sommes était clairement posée par l’analyse des textes et par la décision du Conseil constitutionnel, et même moi je m'en étais aperçu le 18 juillet 2013.

Alors, un deal, genre : « Nous on ne touche pas à ça. Mais si les commissaires aux comptes fait soudain le 1er juillet 2014 un rapport sur des paiements datant de plus d’un an, peut-être que ça fera l’affaire ».

Ces manips vont faire des massacres dans l’opinion. Et que faire ? Dans trois jours, François Hollande va sacrifier Jean-Pierre Jouyet (qui aura trois mois plus tard un joli lot de consolation) et puis après ? Le mal est fait, et les séquelles sont graves.

Tout ceci est désolant

Que faut-il faire pour que nous ayons des politiques au niveau ? Compliqué, alors que les leaders cherchent d’abord à conforter leur rente de situation, et soignant des réseaux à leur service.

Mais que faire pour que la justice ne soit plus salie par ce genre d’affaire ? Là, c’est plus simple : l’indépendance du Parquet.

Dis, François, pourquoi tu tousses ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, août 31 2014

Edito - La France trahie par la professionnalisation de ses politiques

0.A00__35.JPGIl faut que la classe politique française cesse de penser en permanence à la prochaine élection et que ses acteurs tentent plutôt de créer quelque chose en dehors de la politique. Regardons ceux qui actuellement "animent" la politique et une question simple se pose : qu'ont-ils fait en dehors de la politique ?

Arnaud Montebourg est un professionnel de la politique depuis 1997 : 17 ans.

Christiane Taubira est une professionnelle de la politique depuis 1993 : 21 ans.

Henri Emmanuelli donne des leçons de "socialisme" et de "vraie gauche", il ne fait que de la politique depuis 1978 : 36 ans !

Et on peut continuer la liste, cas par cas, cette professionnalisation de la politique est catastrophique. Il y a toute une génération accrochée à la politique comme la moule à son rocher.

Ces politiciens sont coupés de la vraie vie.

Ils poussent à l'excès la logique nouvelle de la médiatisation et de la mise en scène personnelle comme si le voyeurisme politique devait remplacer la compétence et les débats d'idées.

Tout se déroule comme si la vraie vie était une ... fiction pour ceux qui ne la connaissent plus. Il y aurait un imaginaire qui peut être géré par une formule, par une posture, par une image.

C'est ce décrochage qui crée la quasi-totalité des actuels problèmes de la France : une crise systémique de sa politique en mal de talents.

Les États-Unis vont vivre le 4 novembre leurs élections intermédiaires. Les nouvelles candidatures fusent. Les femmes s'investissent. Il ne viendrait pas à l'idée de voter pour un candidat qui ne démontre pas sa connaissance de la vraie vie pour en partager les contraintes, les succès comme les échecs.

La politique française manque d'amateurs en politique, de mères de famille, de coiffeurs, de garagistes ... c'est pour cela que ses professionnels de la politique font preuve de tant d'amateurisme pour traiter des questions qu'ils ne connaissent plus. C'est l'un des paradoxes de l'actuelle période. Ils sont professionnels de la politique mais amateurs de la vie alors qu'il faudrait des amateurs de la politique mais des professionnels de la vie.

Avec le recul du temps, ce sera la probable principale responsabilité des citoyens que d'avoir accepté une telle dérive de leurs "représentants".

Si le crédit intérieur de cette classe politique est désormais nul, il y a longtemps déjà qu'à l'international cette classe politique n'est même plus dans la course tant pour son incompétence que pour la multiplication des diverses affaires à l'exemple de la couverture ci-dessus lors de l'affaire DSK.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, mai 19 2014

Edito - Les fractures internes à l'UMP

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La triple fracture que connaît l'UMP est d'ordre sociologique, idéologique et stratégique. Sociologiquement parlant, la distorsion entre les électeurs et les élus s'est explicitement manifestée, l'année dernière, à l'occasion de la contestation de la loi Taubira ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. Effarée, toute une partie de la droite s'est rendue compte qu'elle était représentée par un personnel politique qui ne partageait pas ses idées. Mais, l'évolution des mœurs et les questions de bioéthique ne sont pas les seuls sujets pour lesquels il existe une divergence profonde entre le «peuple de droite» et son élite politique. En 2005, le non (majoritairement de droite) l'avait emporté lors du référendum sur le TCE (Traité établissant une constitution pour l'Europe) alors que le Congrès avait voté, par anticipation, la révision de la constitution que la ratification de ce traité aurait rendue nécessaire et que, par la suite, le Traité de Lisbonne l'a, pour l'essentiel, repris.

Henri Guaino affiche d'autant plus volontiers ses positions souverainistes qu'il sait pouvoir compter sur l'oreille attentive d'une large part des sympathisants de l'UMP. (...)

Les dirigeants de l'UMP se retrouvent donc confrontés à ce que j'ai proposé d'appeler le «mouvement dextrogyre». ... Les idées de droite, qui jusqu'à présent avaient été comprimées par le sinistrisme, se redéployant, regagnent du terrain et repoussent vers la gauche les idées qui occupaient son espace politique. Qu'ils l'approuvent ou non, le mouvement dextrogyre met les hommes politiques classés à droite devant une alternative : droitiser leurs programmes pour se maintenir sur leur créneau électoral ou accepter de glisser sur leur gauche s'ils entendent maintenir leur discours (dont les idées sont, en partie au moins, issues de la gauche). La «ligne Buisson» consiste dans la première option ; un éventuel retour de Nicolas Sarkozy au centre-droit incarnerait la seconde. Il semblerait que, peut-être à son corps défendant, Henri Guaino fasse partie de ceux qui, à l'UMP, se «buissonnisent».

En tout cas, les organisations partisanes classées à droite sont idéologiquement composites. Pourront-elles longtemps faire l'économie d'une réorganisation sur la base de positionnements idéologiques clairement identifiés ?"

Source: FigaroVox

mardi, mai 6 2014

Edito - PMA et adoption par la conjointe homo : Un blocage contre nature, qui ne tiendra pas

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Pour comprendre, il faut partir de l’enfant, qui arrive au monde sans ne rien avoir demandé à personne, et qui est notre avenir. La loi doit contribuer à faire son bonheur, sur le plan personnel, social, politique. En droit, on appelle ça « l’intérêt de l’enfant », et c'est naturel.

L’intérêt de l’enfant

Au cours du merveilleux XIX° siècle, quand la beauté du droit français vivait le fol amour avec la révolution industrielle, la recherche du bonheur de l’enfant consistait à lui donner la chance de pouvoir travailler à la mine, en s’inscrivant ainsi dans l’histoire du progrès. Depuis, nos vaillants principes se sont hélas émoussés sous les coups de butoir du cosmopolitisme lié à l’internationalisation du droit, et nous en sommes réduits à apporter à l’enfant le meilleur des cocons d’amour. Tout se perd…

00000000000A33285.jpgLe droit à une famille

La plus précieuse des bases est la cellule familiale, le lieu intime où va se forger la personnalité de l’enfant. Est-ce un droit pour l’enfant, quand les relations familiales existent ? On trouve trois schémas… et un quatrième un peu coquin.

1/ Papa et maman passent un moment agréable et un petit bébé nait neuf mois plus tard.

2/ On retrouve le moment agréable, mais ensuite on utilise des procédés juridiques pour donner à l’enfant une nouvelle filiation, et c’est l’adoption.

3/ On utilise des procédures médicales pour concevoir l’enfant, puis des procédures juridiques pour lui donner une famille avec deux parents, qui vont l’aimer, l’éduquer et lui donner l’envie de conquérir le monde.

En droit français, il existe des procédures de procréation médicalement assistée pour les couples hétérosexuels, le moment qualifié un peu plus haut d’agréable étant remplacé par des techniques simples.

Pour des procédures plus complexes, ou pour les couples de lesbiennes, il faut passer la frontière et sortir le chéquier. Bruxelles et Barcelone sont bien placées sur le marché, et c’est parfait car ce sont des villes magnifiques (que nous ferions d’ailleurs bien d’annexer, il va falloir que j’en parle à mon ami Poutine).

Pour le bébé né après le stage technique à Bruxelles ou Barcelone, l’adoption par le conjoint était possible pour un couple hétéro.

Cette question a été au cœur de la loi sur le mariage homo : dès lorsqu’il existe un seul texte de loi définissant le mariage, le régime juridique qui en découle doit être unique. On peut ajouter que c’était aussi l’occasion de sortir de cette hypocrisie qui consiste à défendre en France de beaux principes, en invitant les Français à trouver un palliatif à Bruxelles ou Barcelone.

0000000tumblr_n484syRPtV1ts0s4jo1_500.jpgLa loi PMA-GPA, qui avait été promise, est partie aux oubliettes, mais Bambi et les nains parlementaires expliquaient que l’adoption post-PMA dans les couples de lesbiennes sera possible car la loi repose sur le principe d’égalité. Fais-moi rire…

Problème 1. Selon la loi française (Code de la santé publique, art. L. 2141-2), la PMA « a pour objet de remédier à l'infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué » et concerne « l'homme et la femme formant le couple ». Donc, la loi PMA est réservée aux couples hétérosexuels infertiles.

Problème 2. Le parquet, qui intervient dans les procédures d’adoption, a souvent fait valoir une lecture stricte, indiquant qu’il s’opposait à ces adoptions post PMA pratiquée à l’étranger, déniant toute valeur à une « filiation frauduleusement établie ».

En pratique, c’est le bazar. La loi est appliquée de manière duale. Tantôt, c’est la prime à l’intérêt de l’enfant et à l’amour de cette famille ; tantôt, c’est la lecture stricte de la loi.

Le couple marié demandant l’adoption reçoit alors un courrier du parquet expliquant que passer par Bruxelles et Barcelone, c’était pour contourner la loi, donc frauder, et donc valou. Dur, dur ! Dans le silence de l’intimité des familles, il est impossible d’estimer l’importance de ces refus. Mais il est certain que nombre de couple renoncent, hésitant à s’embarquer dans des années de galère juridique.

0000E138_SEJ14_Ligatus_138x115px_bordure.jpg4/ Reste le bon gros mensonge : « A Bruxelles ou Barcelone, c’était pour un moment agréable avec un beau légionnaire, mais le mec a disparu du circuit, et mon adorable épouse est d’accord pour adopter cet enfant ». Si le mensonge est bien organisé, ça passe comme une lettre à la poste, et après il faut expliquer à l’enfant que c’était une ruse pour permettre l’adoption. Efficace, mais pas fameux.

Qu’a dit le TGI de Versailles ?

Il a dit l’inverse de ce quelques autres tribunaux – Marseille, Aix-en-Provence, Toulouse – avaient jugé. Attention : nous sommes au début du processus, et ces décisions ne font pas la jurisprudence. Il faudra attendre un arrêt de la Cour de cassation.

L’affaire était bien partie avec un couple vivant ensemble depuis quinze ans, marié suite à la loi du 17 mai 2013, et avec un petit garçon âgé de quatre ans, né d’une PMA avec donneur anonyme, pratiquée légalement à Bruxelles. Mais ça n’a pas suffi.

Selon les extraits publiés, le tribunal a jugé que « le procédé qui consiste à bénéficier d'une assistance médicale à la procréation interdite en France, puis à demander l'adoption de l'enfant, conçu conformément à la loi étrangère mais en violation de la loi française, constitue une fraude et interdit donc l'adoption de l'enfant illégalement conçu ». Le tribunal ajoute qu’autoriser les adoptions au sein des couples de femmes reviendrait à « établir une distinction avec les couples homosexuels hommes, pour lesquels le recours à la gestation pour autrui est pénalement répréhensible ».

Commet analyser ce jugement ?

Le TGI de Versailles serait-il donc une association de vieux réacs ? Oh oh, on se calme… Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas le problème. Un juge applique la loi par rapport à des situations de fait. Si la loi est claire, la marge d’interprétation est faible. Donc, la loi qui dirait « La PMA est ouverte au couple homosexuel qui présente un projet parental », serait appliquée par les plus réacs des juges.

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Sauf que la loi ne le dit pas, et si le TGI de Versailles aurait peut-être pu faire dire davantage à l’intérêt de l’enfant, son jugement s’inscrit dans une logique très solide :

- le Législateur n’a pas voté le texte idoine, et maintenant il dit qu’il est opposé;

- le Conseil constitutionnel, par une décision du 17 mai 2013, a jugé que la PMA n'était pas ouverte aux couples de femmes en France ;

- la Cour de cassation, dans une formule émergente, juge avec constance que le juge peut « consacrer pas une fraude à la loi ».

Et du côté de la PME Taubira et compagnie, sous-traitante du ministère de l’Intérieur qu’est devenu le ministère de la justice, que dit-on ? C’est grandiose : « Je vous rappelle que le ministère de la justice ne donne aucune instruction dans les dossiers individuels. Il faut donc attendre la décision de la cour d’appel ».

La même PME Taubira et compagnie qui est signataire d’une circulaire demandant aux Parquets de ne pas s’opposer aux retranscriptions d’état civil pour les enfants nés de GPA à l’étranger, circulaire ignorée par la Cour de cassation… et pourtant pas retirée

Alors, l’intérêt de l’enfant ?

Voici deux enfants côte à côte à l’école, de quatre ans, avec à la maison un couple marié, selon la même loi, et tous deux sont nés du même processus de PMA, avec donneur anonyme : l’un à Lille, l’autre à Bruxelles. Le premier a été adopté hier par le conjoint de la mère ; pour le second, l’adoption a été refusée hier : fraude à la loi.

Franchement, vous pensez qu’un système aussi contraire à l’intérêt de l'enfant pourra tenir longtemps ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 29 2014

Edito - Le p’tit Valls enterre la PMA-GPA au Vatican

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A 48 heures de la présentation de son plan de solidarité avec les banquiers, qu’allait donc faire le p’tit Valls, le syndic de liquidation du PS, au Vatican ? Une confesse pour les pauvres Roms qu’il livre à la misère contre quelques points dans les sondages ?

J’étais d’autant plus surpris de l’écart de régime de ce psychorigide laïcard qu’en avril 2011 la maison mère de l’intégrisme laïcard, le PS, s’était étranglée d’indignation lorsque François Fillon, Premier ministre, s’était rendu au Vatican pour la béatification de Jean Paul II : « Cette décision rompt avec une tradition diplomatique établie et respectée par tous ses prédécesseurs qui veut que notre pays ne se fasse représenter à ce type de manifestation que lorsqu’elle concerne un Français ». Pauvres gens… Mais comment soigner un malade qui dénie sa maladie ?

En fait, le p’tit Valls s’était rendu au Vatican pour se faire pardonner le mariage gay en annonçant renoncer à la PMA-GPA, sous la bénédiction du Pape. Pour faire cette annonce, Manuel Valls aurait pu aller à la kermesse de l’UOIF au Bourget,.. mais c’était moins tendance.

Un doute sur un « premier » ministre renonçant à de engagements présidentiels devant le Pape, bafouant l’autorité de l’Assemblée nationale et du Comité consultatif national d'éthique, saisis de ces sujets ? Non, dès le lendemain le service après-vente a été assuré par deux rescapées de la parité, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, et Laurence Rossignol, secrétaire d’État à la famille, qui de toute urgence ont reçu les associations cathos pour confirmer que la réforme de la PMA-GPA était enterrée.

Peu avant le premier tour de l’élection présidentielle, François Hollande avait dragué les homos en déclarant à Têtu qu’il était favorable à l’ouverture de la PMA aux lesbiennes. Bambi, la rescapée de la beurette-mania, le 31 mars 2012, avait claironné que François Hollande souhaitait ouvrir la PMA « avec donneur anonyme à tous les couples sans discriminations ». Que la vie était belle au pays du mensonge...

Le signe d’alerte avait été la faite de scinder, dans le vote de la loi, le mariage gay et la filiation PMA-GPA. Mais Bambi nous disait que tout était sous contrôle « vu le principe d’égalité ».

Copie-de-XDT_2012121819.jpgDominique Bertinotti, une autre rescapée de la parité, qui a été la cheville ouvrière de la loi sur le mariage gay, a toujours défendu – car le mariage, c’est la famille – que devaient être réformées la GPA et la PMA pour permettre la parentalité de couples gays. Mais après le retournement de François Hollande, la rescapée de la parité, de l’Outre-mer et de la franc-maçonnerie Taubira, avait conformé que la loi sur la famille à venir écarterait ses vilaines questions. Le groupe PS avait dit qu’il ne se laisserait pas faire… mais le lendemain de la manif du 2 février 2013, qui avait réuni les foules en France, le p’tit Valls avait aussitôt lâché que le gouvernement s’opposerait aux amendements visant à légaliser la PMA et la GPA. Son maître, Nicolas Sarkozy, avait approuvé.

Mais comme avec ces abrutis n’ont aucune franchise, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) n’est pas dessaisi, et la circulaire Taubira sur l’obtention du certificat de nationalité française pour les enfants nés de GPA n’est pas abrogée. Ce qui n’a aucune importance, car les avis du CCNE font usage de coussin, et que la Cour de cassation a plusieurs fois déjà ignoré la circulaire Taubira.

Désormais, le Code civil distingue deux mariages : le vrai mariage, qui ouvre vers la filiation, pour les couples hétéros ; le faux, pour les homos. Le bilan est donc la destruction du mariage.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mars 14 2014

Edito - Sarko/Taubira : Le feuilleton se précise

abaca_333412_009.jpgCelle-là, on s’en rappellera longtemps. La ministre qui agite devant la presse deux documents censés prouver sa bonne foi, sauf que les journalistes photographient tranquillement ces documents, qui à l’analyse, montrent l’inverse de ce que disait la ministre.

Ces documents, ce sont deux lettres du 26 février : la première de Mme Houlette (1), procureur financier de la Republie au parquet général, et la seconde de M. Philippe Lagauche, avocat général auprès la Cour d’appel de Paris.

19 avril 2013 : information judiciaire sur un financement libyen de la campagne de 2007

Le point de départ, c’est le 19 avril 2013, l’ouverture par le parquet de Paris d’une information judiciaire (2) sur un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour conduire les investigations, deux juges d’instruction – Serge Tournaire et René Grouman – ont été saisi. Le 23 avril, ils mandatent par « commission rogatoire » l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions fiscales. Et ils commencent l’enquête : examen des pièces, audition de témoins, recherche d’indices, analyses financières, mouvements de fonds…

3 septembre 2013 : mise sous écoute de Sarkozy

Christiane-Feral-Schuhl_reference.jpgIl faut croire que l’enquête a un peu de consistance, car les juges décident de cette mesure grave qu’est la mise sous écoute du téléphone portable de Sarkozy. Nous sommes le 3 septembre. C’est une mesure qui est là du registre exceptionnel, pour un ancien chef de l’État, et un avocat, ce qui oblige à respecter une procédure spéciale, avertissant le Bâtonnier de l’Ordre. La Bâtonnière Christiane Féral-Schuhl (3) est donc informé, et strictement tenue au secret professionnel cela va de soi.

Affaire sensible, et dans sa lettre du 26 février, l’avocat général Philippe Lagauche, rappelle ce dossier en ajoutant « dont il vous est régulièrement rendu compte sous la référence AS/13/2352/FIN ».

Christiane Taubira est donc régulièrement informé de l’avancée de ce dossier. Il faudra donc attendre les révélations à venir sur ces courriers AS/13/2352/FIN... Pour le renouvellement, après 4 mois, il faut une décision du juge et c’est difficile de renouveler si les écoutes n’ont rien produit d’intéressant. Toute mesure d’investigation doit être proportionnée… Et pourquoi s’il n’y a rien d’intéressant, avoir étendu ces mesures à Brice Hortefeux et Claude Guéant ? Et les comptes-rendus régulièrement transmis à la chancellerie ont-ils pu passer sous silence l’existence même de ces écoutes ? C’est juste une question.

Fin janvier 2014 : de nouveaux faits de violation du secret et de trafics d’influence

Nouvelle étape fin janvier, et là, c’est Mme Houlette qui explique : « Les policiers ont intercepté, entre le 28 janvier et le 11 février, des conversations téléphoniques entre Monsieur Nicolas Sarkozy utilisant une ligne téléphonique souscrite sous un nom d'emprunt (Paul Bismuth) et M. Thierry Herzog, avocat se servant d'une ligne téléphonique souscrite le même jour ».

201303231987.jpgAh. Ça, c’est l’épisode où Nicolas Sarkozy et son avocat se retrouvent à Nice, et se font ouvrir deux lignes téléphoniques sous des noms d’emprunt. Les PV d’auditions restent couverts par le secret – quand même… – mais on connait bien le contenu. D’après Mme Houlette « Monsieur Thierry Herzog aurait pu être renseigné », tant « sur la surveillance des téléphones de Nicolas Sarkozy » que sur l'éventualité « d'une perquisition » dans le cadre du dossier libyen. « Aurait pu être renseigné… » La formule est prudente, mais elle sous-tend une accusation grave.

La violation du secret

Qui a prévenu M. Sarkozy de sa mise sur écoute ? « Il est en effet apparu que Nicolas Sarkozy, placé sur écoute dans le cadre de cette procédure, en aurait été informé, après que le bâtonnier de Paris ait sic été lui-même averti par le juge d'instruction conformément aux dispositions de l'article 100-7 (4) du code de procédure pénale, la personne écoutée étant un avocat au barreau de Paris ».

Une mise en cause qui a été totalement rejetée par le barreau, mais il faut s’attendre à ce que quelques questions soient posées à Christiane Féral-Schuhl.

Le trafic d’influence

Thierry Herzog serait également « entré en relation, à de nombreuses reprises, avec un magistrat du parquet général de la Cour de cassation ».

« A la faveur de ces conversations, il apparaît que les deux hommes évoquent à plusieurs reprises les interventions réelles ou supposées d'un magistrat du parquet général de la Cour de cassation, dans le cadre de l'examen par la chambre criminelle de cette Cour d'un pourvoi formé contre un arrêt de la chambre de l'instruction de Bordeaux ».

gilbert-azibert-300x411.jpgIl s'agit de Gilbert Azibert, avocat général à la chambre civile de la Cour. Celui-ci aurait notamment, en perspective de la décision du 11 mars par laquelle la cour devait se prononcer sur la saisie des agendas de M. Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, « rencontrer un par un » ses collègues, afin de leur « expliquer avant qu'ils ne délibèrent ».

C'est ainsi que « deux ou trois des conseillers appartenant à la formation appelée à statuer sur ce pourvoi » auraient été approchés par M. Azibert, afin que celui-ci les convainque du bien-fondé des thèses sarkozystes. Selon Mme Houlette, « ces communications mettent également en évidence que ce magistrat aurait fait part à Thierry Herzog de son souhait d'être nommé conseiller au tour extérieur au Conseil d’État de Monaco et que Nicolas Sarkozy aurait assuré qu'il l'aiderait dans ce projet “avec ce que tu fais” (selon Thierry Herzog) ».

26 février 2014 : ouverture d’une nouvelle information judiciaire

Les policiers font rapport aux juges d’instruction, car ils ne sont pas saisis pour enquêter sur ces faits. Les juges non plus, qui ne peuvent enquêter que dans la limite du réquisitoire, et ils transmettent donc au parquet, qui seul peut décider de l’ouverture d’une nouvelle instruction, confiée ou non aux mêmes juges. C’est l’ordonnance de « soit-communiqué » du 17 février 2014, notifiant au Parquet des faits « susceptibles de caractériser les infractions de violation du secret de l'instruction, trafic d'influence passif et actif, complicité et recel de ces infractions ».

Mme Houlette rappelle le droit applicable : « Certes les conversations interceptées sont celles d'un avocat avec son client, ce qui pourrait constituer un obstacle à l'ouverture d'une information. Mais elles ont eu lieu à travers une ligne téléphonique ouverte sous un faux nom et au surplus sont de nature à faire présumer la participation de l'avocat concerné à une infraction. » C’est la jurisprudence Buffalo Grill dont nous avons déjà parlé.

Le 26 février, le procureur de la République financier estime les faits sérieux, requiert l'ouverture d'une information contre X pour ces faits, et informe le procureur général.

26 février 2014 : le ministre informé

gh4.jpgLe parquet général, via l’avocat général Philippe Lagauche informe le jour même la garde des sceaux, via la direction de l’action criminelle et des grâces, en joignant en copie le courrier reçu de Mme Houlette.

Une excellente synthèse :

« Il est en effet apparu que Nicolas Sarkozy placé sur écoutes dans le cadre de cette procédure, en aurait été informé, après que le bâtonnier de Paris ait été lui-même averti par le juge d'instruction conformément aux dispositions de l'article 100-7 du code de procédure pénale, la personne écoutée étant un avocat au barreau de Paris.

« Il est également apparu que le même Nicolas Sarkozy, utilisateur d'une seconde ligne téléphonique portable – ouverte sous un nom d'emprunt pour semble-t-il déjouer la première écoute judiciaire – seconde ligne également écoutée, était en relations fréquentes avec Thierry Herzog, également avocat au barreau de Paris et qui est son conseil dans l'affaire dite « Bettencourt » en cours à Bordeaux ; à la faveur de ces conversations, il apparaît que les deux hommes évoquent à plusieurs reprises les interventions réelles ou supposées d'un magistrat du parquet général de la Cour de cassation, dans le cadre de l'examen par la chambre criminelle de cette Cour d'un pourvoi formé contre un arrêt de la chambre de l'instruction de Bordeaux.

« Après examen de la jurisprudence relative à l'interception et à la retranscription de conversations entre une personne et son avocat, il apparaît que la validité de celles-ci, même si elle peut donner lieu à des contestations, peut se soutenir, le contenu des conversations et l'usage d'une ligne ouverte sous une identité d'emprunt étant de nature à faire présumer la participation de cet avocat à des faits constitutifs d'une infraction au sens de l'arrêt de la Chambre criminelle de la Cour de cassation du 1° octobre 2003.

« La nécessité de faire procéder à des investigations ne pouvant être ordonnées que par un magistrat instructeur – notamment de nouvelles écoutes – a conduit le procureur de la République financier à requérir l'ouverture d'une information distincte des chefs visés en objet, ces faits n'ayant pas de rapport direct avec le dossier initial.

« Je ne manquerai pas de vous tenir informé des suites de cette procédure ».

Alors ? C’est grave, docteur ?

Ce qui parait grave, ce sont les faits reprochés. Attention, on est au stade de l’information judiciaire, et il n’a pas même été prononcé de mise en examen. Mais les deux lettres du 26 février concluent à des faits infractionnels graves.

Et le gouvernement là-dedans ?

sarkozy-nin-savcisi-intihar-etti_normal_4869560.jpgL’information judiciaire sur le financement de la campagne a été ouverte le 19 avril 2013, donc sous Sarkozy, et elle s’est développée ensuite de manière normale : dirigée par des juges d’instruction, et effectuée par des flics de classe de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions fiscales. En septembre un seuil est passé, avec la mise sous écoute de Sarkozy.

Fin janvier, les flics découvrent l’histoire des deux portables-bis, les renseignements sur une violation du secret, portant sur les écoutes et sur les perquisitions, et les relations suivie avec le magistrat de la Cour de cassation. Ils font rapport au juge, qui transmet au parquet, qui ouvre une information nouvelle sur ces faits. Du classique.

Christiane Taubira était-elle informée ? Oui, le 26 février, et elle avait toutes les bonnes infos sur le contenu de l’enquête. Franchement, il est difficile pour l’avocat général de ne pas informer la direction générale des affaires criminelles et des grâces d’une telle affaire… C’est le fonctionnement normal.

Était-elle informée avant ? Oui, et régulièrement pour le dossier libyen. Et il est bien difficile d’imaginer que sur ces sept mois de compte-rendus réguliers, n’apparait jamais la trace d’une écoute.

Après vient la question : mais pourquoi n’a-t-elle pas reconnu d’emblée qu’elle était informée depuis le 26 février, alors que c’est le fonctionnement normal de la justice pénale ? C’est tout le paradoxe… Les gouvernements – Droite et Gauche – veulent un parquet hiérarchique, car ils n'entendent pas se priver d’un outil exceptionnel pour savoir ce qui se passe dans le pays. Mais parce qu’ils redoutent le revers de la médaille – être accusé d’interventionnisme – ils n’assument pas publiquement.

Un mensonge idiot, parfaitement idiot (5).

(4) http://www.legifrance.gouv.fr/affic...

(5) * http://www.atlantico.fr/pepites/eco...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 13 2014

Edito - François Hollande à un plancher historique

000-DV1162162-jpg_112243.jpgDélits d'Opinion : François Hollande atteint ce mois-ci un nouveau plancher historique. Seuls 25% des Français lui accordent leur confiance alors que 49% ne lui font plus du tout confiance. Compte tenu des échéances, notamment électorales, à venir, quelle nouvelle impulsion peut-il apporter ?

Jean-Daniel Lévy : La cote de confiance de François Hollande se situe effectivement au plus bas niveau depuis son élection. On remarquera que ce « record » touche toutes les franges de population : jeunes comme moins jeunes, catégories populaires comme supérieures, sympathisants de Droite comme de Gauche. A ce titre, relevons que les 84% de sympathisants socialistes accordant le mois dernier leur confiance au Président (ce qui pourrait apparaitre encourageant) se réduisent en février à 75%. De même, les électeurs de 1er tour qui, à 68%, répondaient positivement à la question posée sont, ce mois-ci, 61%. La lente reconquête opérée aussi bien auprès de son cœur électoral que des catégories supérieures s'est stoppée. Et nous retrouvons le Président de la République sensiblement au même étiage qu'en novembre dernier. Ainsi les effets de l'annonce du pacte de responsabilité doublée d'une ligne politique qui avait, aux yeux des interviewés plus cléments avec le Président, le mérite de la clarté, s'estompent. Et laissent place parmi ces « déçus » à trois types d'expressions critiques : tout d'abord l'absence de décision et de ligne politique claire, ensuite des promesses non-tenues (nous n'identifions pas ici le vocable du peuple de Droite mobilisant le terme « mensonge »), enfin une interrogation sur la capacité du Président à bien comprendre les problèmes de Français, souvent résumés à une vaste « classe moyenne ». On le voit, point l'interrogation relative non seulement à la ligne politique mais également à la justice de celle-ci.

Si l'on devait établir le portrait type de la personne n'accordant pas du tout sa confiance à François Hollande, il s'agirait d'un homme, âgé de 35 ans et plus, de catégorie populaire, travaillant dans le privé, en couple avec enfant(s), ayant voté Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen à la dernière présidentielle. Il semble, dans ce contexte, déjà important pour le Président de renouer avec son cœur électoral et sa base politique. __ Délits d'opinion :__ Jean-Marc Ayrault atteint également un nouveau record d'impopularité à 23%. Conserve-t-il toutefois une valeur politique aux yeux du Président de la République ?

Capt_-Levy_JD_L.JPGJean-Daniel Lévy : Jean-Marc Ayrault est souvent comparé à... François Hollande. On le voit, le quinquennat a modifié profondément la perception de la pratique politique. Et si l'article 20 de la constitution affirme que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », la pratique institutionnelle ne s'inscrit pas totalement dans cet état d'esprit. Ce qui était parfois accordé à François Fillon comparativement à Nicolas Sarkozy (une forme de calme, de retenue et de constance) et lui permettait de se distinguer positivement du Président de l'époque ne l'est que peu aujourd'hui pour Jean-Marc Ayrault. Les 23% de Français faisant confiance à l'actuel Premier ministre reconnaissent son sérieux, son travail, sa compétence. Autant d'évocations positives qui sont également rattachées au Président auprès de cette même population. On remarquera que les Français critiquent moins les décisions à proprement parler. Mais que la thématique de l'aéroport fait son apparition. L'enquête ayant été notamment réalisée alors que les affrontements s'étaient produits à Nantes, ce ne sont pas ces derniers qui sont cités mais plus le fond de la décision et l'opportunité de la construction.

Délits d'opinion : Alors que beaucoup d'observateurs évoquent un remaniement dans les semaines qui viennent, quels sont, parmi les ministres actuels, les poids lourds sur lesquels pourrait s'appuyer le Président ?

Jean-Daniel Lévy : D'un point de vue d'Opinion, Manuel Valls inévitablement (même si l'enquête a été réalisée avant le boycott par la Droite de la séance du mercredi suite à un propos de Manuel Valls contre Claude Goasguen), deux représentants de la France à l'étranger : Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ainsi que trois femmes : Christiane Taubira, Aurélie Filipetti et Fleur Pellerin.

Si l'on regarde par franges de population, on peut observer que le « classement » des ministres diffère. Ainsi, si le Président décidait de ne considérer que la confiance exprimée par les sympathisants socialistes, il pourrait en premier lieu penser à Laurent Fabius (recueillant la confiance de 79% de cette population), Christiane Taubira (77%), Jean-Yves Le Drian (75%), Najat Vallaud-Belkacem (75%). Il pourra même voir que Cécile Duflot reçoit la confiance de 51% des sympathisants PS (et 71% de ceux proches d'EELV). S'il souhaitait regagner à nouveau les catégories supérieures, il pourrait observer qu'outre les personnes mentionnées, Aurélie Filipetti, Fleur Pellerin et Stéphane Le Foll sont également appréciés par 30% ou plus des personnes au niveau social le plus élevé. Enfin, les sympathisants du Front de Gauche accueillent plus favorablement Benoit Hamon (52%) et Arnaud Montebourg (50%).

Méthodologie : enquête réalisée en ligne du 21 au 24 février 2014. Echantillon de 1 465 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l'access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Sondage : Harris Interactive