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Les banques et les capitaux-risqueurs français ont une responsabilité déterminante dans l'actuelle crise économique française durable. 4 constats pratiques s'imposent :

1) depuis 2008, la hiérarchie bancaire française a été parmi les plus protégées face à ses errements de placements, Nicolas Sarkozy et François Hollande confondus ! Les dissociations entre fonctions spéculatives des banques et fonctions de simple gestion n'ont pas été opérées. C'est le plus sûr moyen pour éponger sur le dos des particuliers dans le courant de gestion des comptes les pertes abyssales des échecs spéculatifs. 300 € en moyenne par an par compte de particulier pour des frais d'une opacité absolue.

2) il en est de même du capital-risque à la française. C'est d'abord de la gestion de capital avant d'accepter du risque. La raison : les intéressés ne gèrent pas leur argent. Donc ils doivent se prémunir en permanence contre les reproches éventuels de mauvais placements. Ils préfèrent avoir tort avec tout le monde plutôt que de chercher à avoir raison contre tout le monde, ce qui est la définition même du ... risque. D'où des comportements moutonniers et frileux.

Un exemple concret : en France quand la crise frappe, il faut "baisser la voilure". Dans la Silicon Valley, quand la crise frappe, il faut "libérer la voilure". L'opposé. Déployer la voilure parce que des parts de marchés vont se libérer.

3) En France, les projets très novateurs sont qualifiés de"bulles". La Silicon Valley aime les "bulles". Parce qu'une bulle peut monter au ciel tandis qu'un trou ne sera jamais sans fond. La potentialité de gagner prévaut sur le risque de la perte maximale envisagée.

4) Très rares sont les projets immédiatement rentables. Il faut donc du cash pour tenir jusqu'à ce seuil. En France, pour que le seuil de rentabilité soit atteint le plus vite, tout est prévu "petit". Dans la Silicon Valley c'est l'opposé. Tout doit être grand parce qu'un grand fleuve trouve toujours un port. Le "grand" aura créé son propre chemin ou gênera un concurrent qui voudra le racheter. Mais l'effet taille est déterminant.

Tant qu'en France cet esprit ne deviendra pas la "pensée dominante", la sortie de crise sera difficile et lointaine.

Pour rappel, la Silicon Valley c'est le taux d'emploi record. Un salaire moyen près de trois fois supérieur au salaire moyen américain. Un nombre record d'introductions en Bourse...

Dans le défaitisme français actuel, ce sont des repères qui méritent peut-être la réflexion que de tels résultats ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE