lundi, décembre 29 2014

Edito - La marque Trudeau et la nouvelle politique 2015

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Deux démocraties modernes importantes vont vivre des temps forts électoraux sur 2015 qui vont impacter les autres pays : les États-Unis et le Canada.

Les États-Unis vont entrer dans le dispositif des primaires pour 2016. Avec la fin de la présidence de Barack Obama, c'est toute une génération démocrate qui peut être emportée comme elle le fut déjà pour partie lors des élections intermédiaires de novembre 2014. La jeune génération républicaine va passer à l'assaut.

Ce style de "jeune génération" c'est la "marque Trudeau" au Canada.

Son père avait déjà modifié le leadership politique. Mais Justin Trudeau peut entièrement le révolutionner. C'est encore un étage de plus dans le "star système". Tout est médiatique. Tout doit être charme. Toute bataille va se gagner par les images et surtout par l'émotion.

Il ne s'enlise pas dans la politique mais il veut réinventer le Canada. Y parviendra-t-il ? Ce nouveau style peut le conduire à se brûler les ailes. Ce qui est sûr, c'est que ces deux campagnes vont donner un sérieux coup de vieux à d'autres démocraties dont la France.

Est-ce que l'opinion va voter pour le spectacle afin de sortir de crise quand la gestion de la crise la désespère tant ?

Fin 2015, un début de réponse sera disponible.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - France : comment une gouvernance sans visibilité peut-elle réussir ?

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Dans l'actuelle course à l'énumération des échecs de la France, il y a deux échecs qui méritent un classement particulier : __ 1) La faiblesse collective devant l'énonciation de la réalité actuelle :__ il est aujourd'hui courant de participer à une conférence et à l'issue de faire le point avec des intervenants et de constater les intéressés dénoncer une "situation dramatique, à la grecque du pays" alors même que, quelques minutes auparavant, les intéressés énonçaient des points ... d'optimisme,

2) l'inexistence de visibilité. Comment des efforts peuvent-ils être demandés sans avoir la visibilité sur la sortie ? Quand ? Comment ? Avec quelles conséquences pratiques ?

La France vit au coup par coup. Par coup de communication à la journée, à la "petite semaine".

En est-il partout ainsi ? Non.

Cette semaine, la lecture des contributions au colloque __''"Canada 2020"''__ organisé par Justin Trudeau montre une réelle volonté de donner un cap, fixer des perspectives, placer des mesures dans la logique globale de vision.

C'est tout ce qui fait défaut à la France actuellement. Le débat politique vit au rythme des photos privées de François Hollande, des déclarations emportées de Nicolas Sarkozy... Un vide de vision pas connu à ce point depuis les années de la IVème République et les jeux des partis dans l'instabilité parlementaire.

Et l'opinion commence à se dire : "et si on ne nous parlait pas de demain tellement ce sera effrayant...".

Chaque jour qui passe dans ce climat creuse le fossé entre l'opinion et les "gouvernants".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, novembre 14 2014

Edito - Hibernum et le temps pour la France d'ajouter des zéros dans les chiffres des aides ou des participations

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Le nouvelle économie répond à 5 moteurs novateurs :

1) il faut être visionnaire : les principales nouvelles marques portent des révolutions de consommations ou de technologies,

2) il faut inventer l'offre pour créer la demande : c'est l'inversion des repères habituels d'où le point précédent,

3) il faut toujours changer pour espérer durer,

4) il faut faire rêver,

5) il faut grandir extrêmement vite pour prendre sa place dans un marché global.

Et pour grandir vite, il faut des fonds importants.

La Province de Québec vient de montrer la voie avec Investissement Québec : 5 millions de dollars dans Hibernum.

5 millions de dollars avec la création à très court terme de 150 emplois.

5 millions de dollars pour être actionnaire et non pas en subvention

C'est l'un des exemples les plus récents d'une volonté très forte de la Province de Québec en matière de nouvelle économie et les résultats sont là.

Le FICC effectue un travail considérable d'accompagnement. Pour rester dans le secteur des jeux vidéos, la réussite d'Enzymes à St Adèle par exemple est un modèle.

Le FICC, Investissement Québec montrent aux autorités publiques françaises les modalités d'actions qui sont efficaces.

Les meilleurs talents ne combleront jamais le fossé des moyens financiers.

Il est temps qu'en France les moyens financiers publics ajoutent des zéros dans les chiffres des aides ou des participations. Sinon la compétition risque vite de tourner au déclassement pour la France.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 29 2014

Edito - Mélanie Joly : et après le diagnostic ... ?

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"Le neuf suscite la colère des habitudes" : quand Mélanie Joly reprend cette formule prêtée à l'un des Conseillers d'un ancien Président de la République française, le lecteur ayant terminé les 192 pages a envie de lui dire : "et alors où est le neuf qui puisse susciter la colère des habitudes ?". ++ Le diagnostic est remarquablement dressé.++ Avec un style d'écriture de grande qualité. Mais les nouvelles règles peinent à être mises en relief.

La situation actuelle est étonnante à ce point de vue. Le système a-t-il gagné au point que même face à la somme de ses échecs aucune autre voie ne serait possible ?

Mélanie Joly met en évidence une formule de John Kennedy.

J'ai relu les discours de Robert Kennedy et je dois reconnaitre que j'ai été surpris par la méthode alors prêtée par celui-ci..

Mettre sur une colonne de gauche l'idée admise sur le thème et poser en face l'absolu ... contraire. Sur cette base, le contraire est-il possible ? Et que produirait-il ?

Ce serait sur ces bases que par exemple, face au racisme de l'époque, Robert Kennedy aurait écrit le remarquable article "et si Dieu avait été noir ?".

J'ignore si cette confidence est juste. Je n'ai aucune raison d'en douter. Depuis, je recommande souvent cette méthode. Parce qu'elle permet de s'échapper, presque à l'excès, des habitudes.

Dans la période actuelle, elle est manifestement pas pratiquée. C'est dommage. Et le livre de Mélanie Joly sur le volet des propositions n'y échappe pas, d'où une certaine déception à la fin de la lecture.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 14 2014

Edito - Le taux de réussite du retour des "ex" ?

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Plusieurs démocraties comparables connaissent des tentatives de retours d'ex. Pour l'instant, à une exception près, ces tentatives sont considérablement plus difficiles une fois engagées qu'à l'origine.

Il y a manifestement deux temps :

- celui du retour virtuel,

- celui du retour confirmé.

Pendant le "retour virtuel", l'ex est souvent paré de toutes les qualités : expérience, sagesse, le temps d'hier a gagné en bons souvenirs ...

Puis, lorsque le retour est engagé, confirmé, l'opinion se rappelle les raisons du divorce d'hier et le désamour retrouve un espace important.

Hillary Clinton caractérise ce schéma. Même son livre est un bide. Très probablement, la primaire sera très difficile, considérablement plus ouverte qu'imaginé ... avant son engagement.

Il en est de même en France pour Nicolas Sarkozy actuellement. Pour l'instant, l'opinion publique française cherche d'abord les branches du changement pour s'y accrocher afin de retrouver l'espoir qui a quitté la vie publique française.

Et au moindre retour d'une image replaçant en surface les reproches d'hier, la distance est reprise.

Bien davantage, les engagements des "ex" au profit de tiers sont même peu efficaces. A Québec, Landry n'a pas sauvé Pauline Marois. A Lyon, lors des primaires, Noir n'a pas sauvé Chabert. Et la liste d'autres exemples est longue.

Quand l'ex ne s'engage pas pour lui, il y a même un effet pervers comme si l'opinion ne comprenait pas qu'un ex premier puisse accepter aussi facilement de devenir ... second.

L'exception peut éventuellement venir de Mitt Romney. Aujourd'hui, il est paré de toutes les qualités. Mais il n'est qu'à l'étape du retour virtuel qu'il gère avec une extrême habileté.

Il a franchi des étapes qu'aucun autre "ex" n'a veillé à déminer à ce point. Qu'en sera-t-il lorsqu'il se sera déclaré ?

Peut-être trouvera-t-il les bons arguments et redonnera-t-il alors une mode et une autre chance aux "ex" ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 5 2014

Edito - François Hollande et la notion de "guerres normales"

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La normalité ces deux dernières années a surtout impacté l'engagement de troupes françaises sur des théâtres extérieurs d'opérations.

Ce serait désormais banal que d'envoyer des militaires français en Afrique et au Moyen Orient.

Ce qui est très surprenant ce sont les conditions dans lesquelles ces engagements interviennent. L'acte d'entrer en guerre est l'un des plus graves. Dans une démocratie, il serait concevable que l'opinion soit informée : choix entre plusieurs variantes ? Pourquoi l'entrée en guerre est incontournable ? Le coût ? La durée ? Les objectifs poursuivis ? La victoire, c'est quoi ?

Aucune de ces questions n'est abordée. Il ne s'agit pas d'entrer dans de la stratégie militaire mais de disposer d'éléments indispensables.

Ce manquement est d'autant plus surprenant que lors de la guerre d'Irak il est avéré que GW Bush a menti à la communauté internationale comme il est avéré qu'en 1991 la communication de guerre de son père avait comporté des manipulations grossières dont des témoignages montés de toutes pièces.

Ces expériences ont été sans lendemain.

Au Canada, Justin Trudeau, leader du Parti Libéral, a demandé hier ces explications dans un discours bref, concret, lucide :

''" Avec cette motion, le premier ministre a finalement annoncé au Canada ce qu’il avait dit à New York il y a maintenant plus d’une semaine. Il a l’intention de faire entrer le Canada en guerre en Irak.

L’État islamique en Irak et au Levant est une menace pour la sécurité des régions concernées, pour la sécurité mondiale.

Il assassine des membres de minorités ethniques et religieuses en Irak.

Il assassine des civils innocents, des travailleurs humanitaires et des journalistes.

Ces actes horribles ont été pleinement documentés, souvent par les terroristes eux-mêmes.

C’est pourquoi le Parti libéral a appuyé de bonne foi la mission de non-combat d’une durée de 30 jours que l’on nous avait présentée.

Cette fois-ci, au lieu d’une réunion de présentation, nous avons eu droit à un discours enflammé.

Les libéraux feront valoir quelques principes fondamentaux lors de ce débat.

Premier principe : Que le Canada a un rôle à jouer pour répondre aux crises humanitaires et aux menaces à la sécurité dans le monde.

Deuxième principe : Que lorsqu’un gouvernement envisage le déploiement de nos hommes et de nos femmes en uniforme, la mission et le rôle du Canada dans cette mission doivent être clairement définis.

Troisième principe : Que l’argumentaire pour le déploiement de nos forces doit être présenté ouvertement et avec transparence, sur la base de faits présentés de façon claire, fiable et rationnelle.

Et quatrième principe : Que le rôle du Canada doit être le reflet de son plein potentiel, afin que nous puissions venir en aide de la meilleure façon qui soit.

Contrairement à M. Harper, les libéraux ne croient pas que la meilleure façon dont le Canada puisse contribuer aux efforts internationaux de lutte contre l’EIIL soit d’envoyer simplement une poignée d’avions de chasse vieillissants.

Je crois que les Canadiens peuvent contribuer de bien d’autres façons. Nous pouvons faire preuve d’ingéniosité, et le Canada peut jouer de nombreux rôles de non-combat significatifs.

Et nous pouvons jouer certains rôles mieux que beaucoup de nos alliés, voire mieux que tous nos alliés.

Qu’il s’agisse de transport aérien stratégique… d’entraînement… ou encore d’aide médicale.

Nous avons les moyens de prêter main-forte efficacement dans un rôle de non-combat, au sein d’une mission internationale bien définie.

Mais un fait subsiste : M. Harper n’a pas été franc avec les Canadiens sur ce qu’il planifiait de faire.

Le premier ministre et le gouvernement nous ont donné peu de raisons de croire que notre rôle sera limité une fois que nous serons sur le front.

Ils ont recours à un discours enflammé et moraliste pour justifier bien plus que de simples frappes aériennes.

Ils tentent de justifier une guerre.

Pour les Canadiens, tout cela n’est que trop familier, surtout venant de ce premier ministre.

La guerre en Irak de 2003 a été menée sous de faux prétextes et avec des renseignements erronés.

Cette mission a déstabilisé cette région du globe… engendré d’autres conflits… coûté à nos alliés environ trois mille milliards de dollars… et coûté la vie à des milliers de personnes.

Le monde entier paie encore aujourd’hui le lourd tribut de cette erreur.

N’oublions jamais la façon dont cette mission a été présentée à la population.

En 2003, ce premier ministre avait déclaré que la guerre en Irak du président Bush était une question de « liberté, de démocratie et de civilisation ».

Le fiasco de 2003 en Irak nous hante toujours. Parce que de mauvaises décisions ont été prises à ce moment-là, nous ne pouvons pas nous tromper cette fois-ci.

Le Canada a déjà demandé beaucoup de la part de ses hommes et ses femmes en uniforme au cours de la dernière décennie. Et trop souvent, on les a laissé tomber à leur retour au pays.

Si nous devons à présent leur demander d’en faire encore plus, nos délibérations dans cette Chambre doivent être honnêtes et franches, afin que nous soyons dignes de la bravoure et du courage dont nos Forces font toujours preuve sur le terrain.

Nous le leur devons.

Nous croyons que le Canada a un rôle à jouer dans la lutte contre l’État islamique.

Mais la ligne qui sépare le combat du non-combat est très nette.

Il est facile de franchir cette ligne, mais bien plus difficile de revenir en arrière ensuite.

C’est toujours plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Le premier ministre a la responsabilité sacrée d’être honnête et sincère envers la population, à plus forte raison lorsque des vies sont en jeu. Chaque fois que l’on décidera de prendre part à des combats, ne perdons pas de vue qu’un courageux Canadien risquera sa vie. Nous lui devons de faire preuve de clarté. Nous lui devons d’avoir un plan.

Mais par-dessus tout, nous lui devons de dire la vérité.

Le premier ministre a manqué à tous ces devoirs.

Le Parti libéral du Canada ne peut pas appuyer et n’appuiera pas cette motion du premier ministre d’aller en guerre en Irak."''

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Ces questions de bon sens n'ont jamais été abordées en France.

La banalisation de l'exposition des troupes françaises sous la présidence de François Hollande intervient dans des conditions bien surprenantes.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, septembre 20 2014

Edito - Netflix va changer le paysage de la télé française : les nouveaux enfants de la télé

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Netflix, c'est l'image à la demande en toute indépendance. Netflix est déjà n°1 aux États-Unis.

Netflix change la contrainte des horaires. Netflix donne en fait le confort de se libérer complètement des contraintes horaires.

Partout où Netflix s'installe, il change les audiences : Scandinavie, Belgique, Angleterre...

Au Canada, la publication d'une étude sur les "soirées" apporte des enseignements importants : une analyse du téléchargement fait en soirée au Canada révèle que de 30 à 40 % des données consommées viennent de Netflix, soit une quantité plus élevée que pour toute autre activité en ligne. Lors d'une soirée type, les visionnements sur YouTube, la navigation sur le Web, l'utilisation de Facebook et l'accès à du matériel sur BitTorrent représentaient les autres activités principales des Canadiens en ligne.

L'écoute d'émissions et de films sur Netflix en soirée s'est multipliée par trois au cours des dernières années. Il y a trois ans, Netflix ne représentait que 13,5 % des données de téléchargement en soirée. Plus de 25 % des données téléchargées par les Canadiens sur des appareils mobiles provenaient d'applications de réseautage social. Facebook est l'application la plus utilisée, suivie d'Instagram et de Twitter.

Les enfants de la télé changent. Ils se libèrent des contraintes horaires. Le paysage audiovisuel français ne va pas échapper à cette évolution.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 17 2014

Edito - Canada : Stephen Harper confirme hier le budget en excédent pour 2015

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Au moment où la France bat des records de déficits, hier, à Ottawa, Stephen Harper a publiquement confirmé un budget 2015 en ... excédent !

L'excédent indiqué à cette étape (3 milliards de $) contient une "provision pour risques" de près de 3 milliards de dollars. C'est à dire que l'excédent réel pourrait être du double de l'actuel annoncé !

Cet excédent sera le socle pour des baisses d'impôts à destination des familles.

Voilà le cercle vertueux d'un fonctionnement public.

Sur quoi repose ce cercle vertueux ?

1) Sur le bon sens des citoyens qui choisissent en conséquence leurs représentants.

2) Sur une transparence des données publiques remarquable.

3) Sur une conception mimimaliste de la "puissance publique" et sur l'exemplarité de sa capacité à faire au moindre coût.

4) Sur la certitude que ne pas tenir les comptes aujourd'hui, c'est l'assurance de lendemains très difficiles.

5) Sur des actes et non pas des mots.

Dans les années 80, lors de ma première rencontre avec le Maire de Montréal alors (Jean Drapeau), l'enseignement n°1 a été des leçons permanentes de bon sens du terrain. L'intéressé expliquait :

- quand il se rend dans une nouvelle géographie pour voir si l'économie tourne il ne regarde pas les chiffres mais monte sur une partie en altitude et voit s'il y a des grues pour des constructions,

- pour voir l'état d'esprit des habitants, il prend son café en terrasse chaque matin et constate comment ils se comportent en public,

- pour bien nettoyer une ville, il faut mettre les jets d'eau à partir de 08 heures 30 quand les rues commencent à connaître une forte fréquentation et les jets doivent être les plus puissants possibles. Un piéton qui doit se détourner pour ne pas être arrosé est persuadé que la rue est ... nettoyée. Alors même que si le nettoyage est intervenu en creux de nuit, il ne le verra pas et ne le croira pas.

Sur mes habituels carnets, j'ai noté toute une liste de constats de bon sens qui choquaient totalement les longues et abstraites démonstrations "à la française".

Lors des autres entretiens ensuite, cet état d'esprit très concret a toujours été une surprise pour moi à ce point.

C'est ce bon sens terrien là qu'il faut retrouver et le jour venu l'excédent budgétaire sera de nouveau au tournant.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, août 17 2014

Edito - Quand l'économie française va sortir du top 10 ...

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La croissance nulle est la traduction d'un réel décrochage de l'économie française. A ce rythme, il est probable que, dans trois ans, l'économie française sera sur le seuil de la porte de sortie du top 10 des économies mondiales.

La France s'apprête à être dépassée par la Grande-Bretagne, l'Inde, le Brésil, la Russie et peut-être le Canada.

Devenue alors économie "moyenne" et n'appartenant plus au podium des défenses opérationnelles en dehors de la seule détention du nucléaire, c'est le déclassement le plus implacable d'un pays en 60 ans.

A ce rythme, dans 10 ans, le siège de la France au sein du Conseil permanent de l'ONU sera remis en question pour constater le nouveau rapport de forces entre les puissances mondiales.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, juin 29 2014

Edito - A quand la fin du vrai GayetGate ?

THE LEGEND OF ZORRO

La France est un pays entièrement bloqué. Il y a finalement un seul domaine où François Hollande innove : il est le 1er Président de la Vème République officiellement durablement célibataire. Nicolas Sarkozy l'avait été passagèrement. Avec François Hollande, le pays qui a été historiquement la référence du style féminin, n'a plus de représentante au sein du "couple présidentiel".

Il n'y a pas d'autre démocratie moderne qui fonctionne ainsi.

Michelle Obama rayonne.

L'épouse du nouveau Roi d'Espagne s'annonce un atout de première efficacité. Sophie Trudeau est sportive et mutine participant pleinement au désir de changement.

En France, François Hollande est seul. C'est un pouvoir triste de le voir ainsi.

C'est surtout un pouvoir opaque puisque le GayetGate est resté sans fin avec pour seule issue, celle de ne pas savoir.

Dans l'examen du patrimoine des Ministres, la question de la traçabilité dans la durée n'est jamais posée. Là il en est de même : pas de traçabilité dans la durée. L'opinion doit prendre une vérité passagère en un bloc et pas de question.

Le vrai GayetGate est là parce que, pour le reste, Julie Gayet à l'Elysée si elle pouvait introduire du charme, de la fantaisie et de la joie de vivre, qui pourrait s'en plaindre ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - Léo Bureau Blouin gagne la présidence des jeunes du PQ ou la belle nouvelle génération du Canada

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Le décrochage de la France en matière de nouveau souffle politique est considérable. L'UMP est en crise. Elle fait appel à trois ... anciens Premiers Ministres. François Hollande doit désigner le défenseur des Droits. Il propose ... Jacques Toubon ancien secrétaire général du RPR en ... 1984.

Tout paraît figé, bloqué, fermé. Une sorte de musée où l'exposition change au gré des circonstances mais toujours à partir des mêmes "réserves".

Le personnel politique français incarne à la caricature la société bloquée française.

Au même moment les autres pays bougent. Mattéo Renzi dépoussière l'Italie à la hussarde. David Cameron modernise la Grande Bretagne peut-être bien au-delà de Margaret Tatcher. Le Canada voit une génération nouvelle prendre le pouvoir.

Justin Trudeau est à l'offensive fédérale.

Mélanie Joly change les pratiques sur Montréal.

Léo Bureau Blouin gagne (avant hier) une responsabilité éminente au sein du PQ.

Jusqu'à quand, avec de tels échecs permanents et graves, l'opinion publique française supportera-t-elle cette rotation des ex qui se passent le pouvoir d'élection en élection, totalement coupés des réalités de la vie ordinaire ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 24 2014

Edito - Le très beau combat de la Veuve Tabitha Speer

0.A1297319988457_ORIGINAL.jpgAujourd'hui, dans l’État de l'Utah, Tabitha Speer, veuve d'un jeune soldat des troupes spéciales américaines, engagera une procédure en dommages intérêts contre Omar Khadr.

L'époux de Tabitha Speer a été tué en Afghanistan. A Guantanamo, Omar Khadr a reconnu ce meurtre parmi beaucoup d'autres.

Tabitha Speer introduit une action en justice pour demander réparation : 38 millions de dollars pour la mort de son époux, 2 millions de dollars pour la souffrance avant la mort.

A cette demande s'ajoute la procédure d'un soldat désormais aveugle suite à un attentat reconnu par Omar Khadr.

C'est un beau combat que celui de cette veuve.

Dans le dossier russe, les États "frappent aux portefeuilles" des proches de Poutine. Ils revendiquent l'efficacité de telles procédures.

Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les financiers du terrorisme islamiste ?

C'est un très beau combat que celui de Tabitha Speer qui peut compter sur l'émotion et la solidarité d'une grande partie de l'opinion américaine.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 22 2014

Edito - Léo Bureau Blouin et l'avenir : leçon n°1 : "il faut oser !"

0.A7921475682_a16bdf3642.jpgL'interview exclusif qu'a donné Léo Bureau Blouin au quotidien Le devoir le 20 mai dernier sur les leçons qu'il tire du 7 avril mérite une attention particulière.

D'abord, parce que Léo Bureau Blouin est un leader qui comptera dans l'avenir du Québec et du Canada, deux remarquables démocraties modernes, dynamiques, pleines de vitalité et avec une économie offensive exemplaire.

Ensuite, parce qu'il identifie les deux qualités qui, a contrario et à la différence de cette belle démocratie du Québec, font actuellement terriblement défaut dans la vie publique française : une vision et la capacité à oser.

Enfin, c'est en effet cette dernière qualité qui fera les différences dans l'actuelle compétition des territoires. Progressivement, il y a les territoires qui inventent la modernité et ceux qui la subissent. Seuls les premiers gagneront. Les seconds perdront toujours davantage de terrain, de supposés acquis, d'emplois ... et décrocheront.

Pour prendre connaissance de l'article exclusif avec Léo Bureau Blouin, cliquer sur le lien suivant : Léo Bureau Blouin

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 16 2014

Edito - Léo Bureau Blouin et la démocratie participative par le web

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Léo Bureau Blouin est un leader âgé de 22 ans au parcours déjà exceptionnel. En 2012, il est l'un des leaders du printemps Erable qui met toute une jeunesse dans les rues de Montréal. Quelques mois plus tard, ce mouvement fait tomber le Gouvernement du Québec.

Dans la foulée, Léo Bureau Blouin s'engage dans les législatives et se présente dans une circonscription très difficile tenue par le Ministre délégué aux Finances du Gouvernement alors sortant.

Il est ... élu et devient alors un proche Conseiller de la Première Ministre.

Dans son programme comme dans les mesures mises en œuvre une fois élu, Léo Bureau Blouin innove en matière de démocratie participative notamment grâce au web.

Un candidat qui innove, qui cherche à créer autre chose afin d’inciter la participation citoyenne à la chose politique et de rapprocher les élus de leurs électeurs.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 15 2014

Edito - Napoléon 1er, le promoteur de l’idée nationale

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Au même titre que Jésus-Christ, Alexandre le Grand ou Mozart, Napoléon Bonaparte (1769-1821) fait partie de ces météores dont les destins fascineront toujours les hommes. Venant de la petite noblesse corse, il surgit dans l’histoire à 25 ans (campagne d’Italie).

Les exploits s’enchaînent : expédition d’Égypte ; coup d’État du 18 Brumaire… Devenu Empereur des Français, il multiplie les victoires militaires et ne cesse de redessiner la carte politique de l’Europe. L’épopée finit mal : retraite de Russie, première abdication, retour pour les Cent Jours, deuxième abandon du pouvoir, exil à Sainte-Hélène. Napoléon étant un héros, sa fin tragique grandit et nourrit sa légende.

Dans une perspective géopolitique, l’aventure napoléonienne rappelle qu’un individu, aussi exceptionnel soit-il, finit toujours par buter contre des réalités fortes.

« Les faits sont têtus » selon Lénine. Du strict point de vue géopolitique, Napoléon arrive trop tard. La France a perdu au XVIIIe siècle l’affrontement planétaire l’opposant à l’Angleterre (en 1763, par le traité de Paris, la France renonce notamment à ses possessions au Canada).

L’Angleterre est maîtresse des océans. Napoléon, triomphant sur terre, ne peut briser l’étau par lequel la flotte britannique étouffe l’Europe napoléonienne. Les économies européennes, coupées du monde, sont asphyxiées. En 1812, Napoléon envahit la Russie pour soumettre ce colosse qui s’obstine à échanger avec l’Angleterre. C’est le désastre.

Le constat est plus nuancé sur le plan idéologique. Napoléon est fils de la Révolution française, c’est un parvenu. Il fait tout pour apparaître comme un monarque de droit divin : couronnement impérial (cérémonie lors de laquelle Napoléon ne résiste pas à l’impulsion de se couronner lui-même) ; création d’une noblesse d’Empire ; deuxième mariage avec Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d’Autriche.

Pour l’Europe des rois et des princes, terrifiée par la Révolution et ses idées, Napoléon ne sera jamais des siens. Il n’est pas Empereur de France mais Empereur des Français.

L’Europe de l’Ancien Régime ne saurait que vouloir la destruction de Napoléon, dont les soldats répandent les principes révolutionnaires.

Napoléon écarté, les idées révolutionnaires n’en continuent pas moins leur chemin, se retournant d’abord contre la France en fournissant la meilleure des justifications aux résistances nationales allemande, italienne, espagnole, russe qui trouvent dans l’envahisseur français l’ennemi qui soude leur unité. __ En 1918, les idées révolutionnaires remportent une victoire écrasante : les vieux empires – Romanov en Russie, Hohenzollern en Allemagne, Habsbourg en Autriche-Hongrie…– sont balayés, les nations triomphent. 1918 ou la revanche posthume de Napoléon !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, mai 12 2014

Edito - Le leadership, c'est quoi ?

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A quelques jours près tout dernièrement entre fin avril et début mai, deux villes internationales ont engagé un débat de fond sur un sujet majeur : le leadership, c'est quoi ?

A Boston, la petite fille de G Bush, Lauren Bush, a reçu le prix Courages in Profile pour la décision prise par son grand père en 1990 d'avoir permis un accord bipartisan au Congrès.

A Montréal, quelques jours auparavant, Mélanie Joly a été amenée à définir le "leadership au féminin".

Le rapprochement entre les contenus des deux interventions est intéressant.

Le prix Courages in Profile est dans la lignée direct de l'esprit du livre de JFK qui a reçu le prix Pulitzer en 1957. Le leadership, c'est alors des actes de bravoure, d'intégrité, de courage et la capacité à briser des tabous du moment.

Mélanie Joly va à l'opposé de cette "conception masculine", elle récuse le "modèle masculin" et définit le leadership féminin comme des actes d'humanité, d'écoute, de sensibilité, d'anticipation ...

En France, le débat sur le leadership moderne n'est pas ouvert. Ou plutôt, il est ouvert par la négation. Si on posait la question à l'opinion, elle répondrait probablement : "c'est ce que François Hollande n'a pas".

Les Français voient ce qui manque mais ils abordent peu souvent ce qu'il faudrait positivement ajouter, d'où cette ambiance permanente et tout particulièrement actuellement de frustrations, de revanches qui sont le creuset des populismes : se mobiliser contre les autres.

Il ne s'agit pas de faire. Il s'agit de protester. C'est une mentalité très différente.

Tant que cette mentalité gardera une place aussi centrale dans le débat public français, le rebond sera difficile, voire impossible.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 6 2014

Edito - Pauline Marois et le goût de la tartine de la défaite

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Il y a trois jours, Pauline Marois, ex-Premier Ministre du Québec, a dressé un état lucide et très intéressant des causes qu'elle considérait comme explicatives de sa défaite très lourde du 7 avril. 2012 la liesse d'une victoire historique. Avril 2014, après une élection anticipée dans le contexte de bons sondages initiaux, une défaite d'ampleur.

A lire les reportages sur les déclarations de Pauline Marois, pour l'essentiel, elle attribue la défaite à trois facteurs :

1) l'attente de clarté de vision où le débat sur la souveraineté altéré cette clarté. Pour en avoir parlé il y a quelques années avec l'un de ses prédécesseurs, Bernard Landry, il est certain que cet enjeu positionne le PQ mais le fragilise aussi.

2) la nécessité de garder le contrôle de la campagne : le camp qui gagne est celui qui commande l'offensive et non pas celui qui passe sur la défensive. C'est un enjeu de thèmes, de sondages ...

3) clarifier le rapport avec le monde des entrepreneurs (impact de la candidature PK Peladeau) : ils sont attendus mais dès qu'ils arrivent dans "l'univers politique", ils sont perçus comme politiciens et non plus comme entrepreneurs. C'est comme si la candidature vampirisait l'origine de société civile.

Lorsque l'analyse de la défaite permet d'avancer, le goût de la tartine de la défaite peut être subtilement agréable. Comme si une nouvelle faim se déclarait.

Une victoire et une défaite ont chacune un goût. Pour avoir connu les deux, il peut être d'ailleurs très évolutif dans le temps.

Les facteurs identifiés par Pauline Marois méritent l'attention. La capacité de la société civile à conserver sa "valeur ajoutée" sera ici aussi un des enseignements des européennes.

En France, trois autres facteurs techniques méritent la réflexion :

- comment communiquer à égalité ou du moins à moindre inégalité quand la publicité est interdite dans le temps fort de l'élection et que de facto les médias classiques ne parlent que des partis traditionnels ? Une interdiction d'autant plus étonnante que la presse traditionnelle est à la recherche de recettes et que la publicité politique lui en assurerait un montant cumulé significatif.

- comment "réseauter" localement en même temps que toutes les autres nécessités de campagne faute de permanents capables de se consacrer à une campagne à l'écart de toute obligation professionnelle par ailleurs ?

- comment en France donner corps à l'idée de changement qui plait dans sa formulation mais qui inquiète dans son contenu donc qui, en France, subit une curieuse et incohérente action attirance-répulsion ?

Quand ces interrogations auront reçu des débuts de réponses solides, motivées, constructives, le goût de la tartine de la défaite deviendra très agréable, prometteur, avec la douceur des explications positives qui permettent de progresser.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 2 2014

Edito - Dépenses électorales : que remboursent les contribuables ?

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L’Express de cette semaine ouvre le dossier des dépenses électorales lors de la présidentielle 2012. Des chiffres font tourner la tête. Le site Internet de Nicolas Sarkozy a été facturé … 878 000 € HT. Le “militantisme” de Yannick Noah au Bourget le 22 janvier a coûté … 11 242 € pour quelques minutes de gratte guitare …

Au Canada, c’est Mélanie Joly qui fait la une. Les comptes de campagne supposés donner lieu à des remboursements des contribuables comprennent des dépenses de … salons de massages ou des notes de … consommation d’alcool pour des montants élevés. Toutes ces dépenses payées par les contribuables devraient être connues par les contribuables dans le détail.

Ils remboursent tous ces frais.

Dans le cadre des élections municipales, BEZIERS POLITIQUE se prononcera prochainement sur une initiative visant à demander la publication de ces documents pour les comptes ayant fait l’objet de remboursements de la part des contribuables.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, avril 12 2014

Edito - La tendance au “gouverner vite”

303693_10150981699841310_3522210_n-e1346816730808.jpgLa mode est à la gouvernance en cavalcade comme si l’installation vaut gestion des dossiers. En France, Manuel Valls assume cette nouvelle tendance de l’opinion presque de façon caricaturale. A Québec, il y a moins d'une semaine, Pauline Marois en a été la victime alors qu’elle est au pouvoir depuis moins de deux ans. Léo Bureau Blouin, leader du printemps érable, élu en septembre 2012, a également été battu, emporté par la vague libérale.

Il y a chez l’opinion comme une sorte de fuite en avant. Et les postulants n’osent même pas dire “j’aurais besoin que vous m’accordiez du temps”.

C’est un rapport nouveau au temps. Il pourrait généraliser les victimes car l’opinion doit aussi apprendre que la complexité des dossiers exige du temps avant que les tendances lourdes ne bougent.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE