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mardi, décembre 2 2014

Edito - France : jusqu'où ira le retard de démocratie directe ?

SCHWEIZ GELD

Il y a deux jours, des électeurs suisses ont donné leur avis sur plusieurs initiatives populaires, notamment durcir encore les règles sur l'immigration cette fois au nom de l'environnement et supprimer ou non les forfaits fiscaux pour les riches étrangers.

Ils doivent aussi se prononcer pour «sauver l'or de la Suisse» en obligeant la BNS, la Banque Nationale, à conserver un minimum de 20 % de ses avoirs sous forme d'or, alors que son stock correspond aujourd'hui à 7 % de ses avoirs.

Dans les trois cas, les sondages prévoyaient un échec des initiatives, mais la classe politique n'excluait pas une «surprise» sur l'immigration, à la faveur de l'anonymat du bulletin de vote.

Les électeurs étaient peu enclins en effet à se réclamer d'une démarche lancée en dehors de partis au nom de la défense des ressources naturelles et régulièrement dénoncée par la classe politique, les milieux économiques et les syndicats comme «xénophobe et raciste».

Les électeurs ont été appelés dans une votation à dire «halte à la surpopulation» par Écologie et population (Ecopop), une organisation qui se décriait comme «non partisane» et qui voulait limiter le solde migratoire annuel du pays à 0,2 % de la population (environ 16 000 personnes). Elle exigeait aussi que la Suisse consacre 10 % de ses fonds d'aide au développement à des mesures de régulation des naissances dans les pays du sud.

«Au rythme où on bétonne le paysage actuellement, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné» toutes les régions non montagneuses de la Suisse, a dernièrement affirmé Anita Messere, membre du comité Ecopop.

Il ne pouvait que se heurter à un front du refus venant de tous les milieux. Même la droite populiste de l'UDC, qui avait porté avec un succès plutôt inattendu le vote anti-immigration du 9 février, trouva l'initiative excessive. Tous ont fait valoir que le fonctionnement de l'économie, dont certains secteurs comme la santé comptaient un tiers d'employés étrangers, ne serait plus assuré normalement et surtout elle ne pourrait plus se développer.

Résultat : L'initiative «Sauvez l'or de la Suisse» a été balayée dimanche par 77,3 % des votants. Aucun canton ne l'a acceptée. Le rejet dépasse les 70 % partout sauf au Tessin.

Le 4 novembre, à Berkeley en Californie, les citoyens étaient appelés à voter pour une surtaxe applicable aux boissons sucrées. Toujours le 4 novembre 2014, plus de 58 % des électeurs de Californie ont approuvé une mesure (la «proposition 47») qui fait de la possession de drogue un délit mineur et réduit les peines minimum pour les infractions non violentes.

Quel mépris acceptent les citoyens français pour être ainsi dépossédés de leur sort entre deux élections générales ?

Le pays historiquement de la citoyenneté est aujourd'hui dépassé dans des conditions irréelles.

Il y a même des municipalités qui se revendiquent officiellement de la VIème République (Béziers et sa qualité de laboratoire de Robert Ménard) et toujours pas le moindre referendum populaire en perspective.

Ce chômage civique dévitalise la démocratie française et contribue aux taux records d'abstention. C'est un des grands échecs de la part de nos politiques de tous bords car là, à la différence de l'économie, il n'y a ni les contraintes de l'Europe ni celles du marché pour expliquer cette défaillance. C'est la volonté politique qui fait défaut. Tout simplement.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 1 2014

Edito - J - 3 : l'exception de la Californie qui mérite réflexion

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Mardi 4 novembre, la vague républicaine s'annonce d'une force inhabituelle. Il y a pourtant un territoire qui va rester à l'écart : la Californie. A l'opposé des raclées politiques des candidats démocrates, Jerry Brown caracole en tête avec 20 points d'avance.

En 2010, la situation était comparable. La poussée républicaine était moindre mais beaucoup d'espoirs étaient placés sur ce secteur avec Carly Fiorina et Meg Whitman. Ces deux femmes d'affaires ont dépensé des sommes considérables. Leurs campagnes de communication ont été excellentes. Elles ont pourtant perdu.

La Californie c'est le triangle d'or : emploi, climat, modération budgétaire.

Sur ces trois thèmes, c'est la victoire de la triangulation.

Si le candidat est démocrate, il doit ne pas trop faire en matière d'environnement au prix de limiter l'économie et trop peser sur les finances.

Si le candidat est républicain, il doit ne pas trop en faire en matière d'emploi au prix de détériorer l'environnement et compromettre les finances.

Tout est donc dans la nuance et dans l'équilibre.

Avec son expérience, Jerry Brown a remarquablement réussi. Le 4 novembre au soir, la Californie devrait faire office d'exception démocrate.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 8 2014

Edito - Environnement : forte avancée en Californie avec l'interdiction des sacs plastiques

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Il faut lutter contre le "7ème continent". Jerry Brown, Gouverneur de la Californie, annonce son accord pour l'interdiction des sacs plastiques. Ce sera le 1er État à adopter une telle mesure.

En effet, Jerry Brown a annoncé jeudi soir qu'il approuverait une interdiction des sacs de plastique jetables, ce qui ferait de la Californie le premier à sauter le pas.

Les parlementaires locaux ont voté cette loi, qui doit être promulguée par Jerry Brown pour entrer en vigueur. Le Gouverneur doit le faire avant fin septembre. « Il s'agit d'un compromis » qui « prend en compte les besoins de l'environnement, ceux de l'économie et les demandes des commerçants », a ajouté le gouverneur.

Les sacs non réutilisables disparaîtraient des épiceries et pharmacies à compter du 1er juillet 2015, puis des supérettes et des débits de boissons à compter du 1er juillet 2016. Ces magasins pourraient alors proposer des sacs en papier ou recyclables au prix de 10 cents minimum.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juin 21 2014

Edito - L'actuelle crise de régime et l'utilité concrète du pouvoir de révocation

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Plus la France s'enfonce dans une crise profonde de régime, plus la mesure moderne de gestion démocratique qu'est le pouvoir de révocation montre son utilité.

L'actuelle crise de régime relève du jamais vu.

François Hollande présente comme "la grande réforme" (suppression des départements) ce qui n'était même pas dans son programme présidentiel il y a ... 2 ans.

Les calendriers électoraux fluctuent au gré des basses tactiques et il est désormais envisagé que nous allions voter un dimanche de fêtes de décembre ou comment battre le record de l'abstention.

Le parti (PS) de l'égalité des territoires avec l'impératif des péréquations est celui qui cautionne l'explosion des territoires.

... : ce spectacle n'intéresse plus personne tant il est fait de contradictions permanentes, d'anomalies constantes.

Et en face : presque pareil. Les affaires se multiplient et pas pour des montants marginaux. La pire des affaires c'est de découvrir que les chefs ne sont responsables de rien en dehors de récolter les lauriers. Dès qu'il y a un problème, il n'y a plus de "chef responsable" qui savait.

Ce spectacle qui n'amuse plus personne montre la nécessité d'un immense coup de balai.

C'est l'utilité du pouvoir de révocation : pourquoi faire durer un spectacle qui n'amuse plus, qui sert à rien et qui coûte aussi cher ?

La Californie pratique le pouvoir de révocation. C'est la douzième puissance au monde. Ses 38 millions d'habitants comptent 53 représentants et 2 Sénateurs. On est loin de la foule des élus dépensiers français. En 2003, Gray Davis a été révoqué comme Gouverneur et la crise institutionnelle ne s'est pas empêtrée. On tourne la page et on passe à l'avenir.

Il est temps que la France rende le pouvoir aux citoyens et pas seulement le jour des élections surtout quand les élections deviennent flottantes et peuvent être décalées.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE