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mardi, janvier 27 2015

Edito - Il y a seulement 70 ans ...

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Le 27 janvier 1945, l'armée soviétique libérait le camp d'Auschwitz où plus d'un million de personnes avaient été exterminées.

En plein milieu du 20 ème siècle, chacun constatait que l'enfer avait été sur terre.

C'est toujours avec une profonde émotion pour moi que ces évènements sont célébrés. Mon grand-père paternel a été déporté à Flossenbürg. Pendant ma jeunesse, la déportation était un sujet à ne jamais aborder. L'homme joyeux qu'était mon grand-père paternel se fermait immédiatement : plus un mot. Les films sur la seconde guerre mondiale, alors nombreux, n'étaient pas vus en famille pour ne pas raviver la mémoire.

Ou plutôt la mémoire était toujours tellement là qu'il n'était pas nécessaire de tout remettre à la surface.

Les effets de cette période sur moi ont toujours été nombreux et forts. Je n'ai jamais pu aimer les allemands : comment en plein milieu du 20ème siècle, une nation peut-elle franchir tant de frontières de l'humanité pour s'en remettre à un tel enfer ?

J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour cette génération. Pas seulement par respect pour la génération de mes parents mais aussi parce que cette génération a eu une force irréelle : reconstruire, pacifier, développer, connaître dans une même vie les tickets de rationnement et la société de consommation des années 80. Incroyable !

Mais une génération qui n'a jamais oublié l'essentiel, qui a su garder des valeurs solides. Parce qu'elle avait connu l'enfer.

Il y a des jours où la rédaction des articles de ce blog est légère, quasi-printanière selon les sujets. Aujourd'hui, c'est l'opposé. Parce que l'enfer sur terre date de seulement 70 ans, c'est si proche !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, avril 11 2014

Edito - Jean-Luc Mélenchon peut qualifier Marine Le Pen de fasciste

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Marine Le Pen, pour développer le chiffre d’affaires de l’épicerie familiale, a choisi le thème du relookage pépère et mémère. Donc, quiconque osera dire que le FN est d’extrême droite sera attaqué illico presto en justice. Bon. Sauf qu’on n’a pas vu le premier procès depuis ce fier effet d’annonce,... et que c’est en toute hypothèse bien mal barré : Jean-Luc Mélenchon qui avait traité Marine Le Pen de fasciste… a été honoré d’un procès, qui a été perdu…

Être homme politique présente quelques petits avantages question liberté d’expression : on peut y aller franco. Pour que le débat politique ait lieu, il faut admettre une part d’outrance, surtout en période de campagne électorale, et cette outrance est d’autant plus admise qu’un leader politique dispose de moyens pour répliquer. Plus fondamentalement, il faut admettre que si une idée est dans l’air, il faut qu’elle puisse s’exprimer, pour être mise sur la table et soumise aux contre-arguments.

Les limites sont les attaques personnelles, les éructations qui ne contiennent aucune idée, et le discours de haine. Ici, on redoute moins l’idée elle-même, que son rôle déclencheur. Le discours de haine (1) désinhibe les malfrats, et celui qui tient le discours est dans l’incapacité de contrôler les effets. C’est le jeu de lâcher de chiens qui est condamné.

Alors, notre affaire ?

On part d’un sondage publié le 5 mars 2011, qui donnait Marine Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle de 2012. Réponse de Jean-Luc Mélenchon sur iTélé : « Tout ça est une guignolisation de la vie politique, absolument invraisemblable. Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d'avoir un fasciste à sa tête ?

« Kézaco, moi fasciste ? » Marine Le Pen avait fait citer Jean-Luc Mélenchon devant la 17° chambre correctionnelle de Paris pour injure, en visant l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, aux termes duquel « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure ». C’est l’argument : l'imputation péjorative d'une opinion illicite et universellement réprouvée constitue une injure.

Pas si simple. Pour Jean-Luc Mélenchon, ce n’était pas une question d’injure, mais de qualification politique. Il s’était amusé à relever que Marine Le Pen parlait elle-même de « fascisme doré des marchés financiers » et de « fascisme vert » à propos d’une certaine religion qui la défrise. Plus essentiellement, qualifier de fasciste, « ce n'est certes pas un compliment, mais c'est une opinion » qui a sa place dans le débat public.

Et d’expliquer que la « négation des conflits de classes » au profit de « communautés mythiques comme la nationalité ou la religion », et la posture « ni droite, ni gauche », sont des marqueurs « typiques » du fascisme. Enfin, et à très juste titre, il ajoutait que sanctionner pénalement cette caractérisation politique reviendrait à « interdire tout travail scientifique sur ce thème ».

Le jugement, rendu ce 10 avril, n’est pas connu mais on trouve les attendus principaux dans la presse.

« Si le terme fasciste peut prendre une connotation outrageante quand il est utilisé en dehors de tout contexte politique ou s'il est accompagné d'autres termes dégradants, il est, en revanche, dépourvu de caractère injurieux lorsqu'il est employé entre adversaires politiques sur un sujet politique ».

« Dans un tel contexte, il se situe dans le cadre d'un débat d'idées et d'une polémique sur la doctrine et le rôle d'un parti politique, sur lesquels Jean-Luc Mélenchon pouvait légitimement faire valoir son opinion sans dépasser les limites autorisées de la liberté d'expression en la matière ».

Marine Le Pen a annoncé qu’elle interjetait appel (2) (3) (4). Une nouvelle défaite promise. Aimer perdre, un destin...

PS : Je trouve que cette phrase de Jean Clair (qui c'est ?) est en revanche ouvertement diffamatoire. "Jean Clair trouve en effet qu'accuser Alain Finkielkraut d'être « un fourrier du FN » est « une ignominie » , quand on sait que le père de celui-ci, juif polonais, a été déporté à Auschwitz, avant d'émigrer en France". En effet, cette phrase accrédite un lien entre le FN et Auschwitz. Il y a décidément beaucoup de cons à cette académie française

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE