dimanche, janvier 25 2015

Edito - Philosophons - Le renversement des valeurs

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Il y a quarante ans encore, le monde vivait avec des valeurs issues soit de l'Ordre Naturel des choses, que ce soit en Asie ou en Afrique surtout... Le respect dû aux anciens, la valeur du travail et de l'épargne, le culte dû à Dieu, le respect du mariage, etc.. Tout cela régissait les sociétés et les rapports humains.

Aujourd'hui, on assiste plus qu'à une dissolution de ces valeurs : on assiste à un renversement véritable de ces valeurs. Il faut adorer et rechercher ce qui est mal. Il faut rejeter ce qui est Bien... Comment appelle-t-on cela ?...

Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ?

...elle vous dira : "Je ne suis pas ce que l'on croit. Beaucoup parlent de moi, et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme qui conspire dans l'ombre, ni l'émeute qui gronde dans la rue, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d'une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades ni le pillage, ni l'incendie ni la loi agraire, ni la guillotine ni les noyades. Je ne suis ni Marat ni Robespierre, ni Babeuf ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes oeuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers, et moi je suis un état permanent".

"Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n'a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l'homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte ; je suis la négation armée ; je suis la fondation de l'état religieux et social sur la volonté de l'homme au lieu de la volonté de Dieu ! en un mot, je suis l’anarchie ; car JE SUIS DIEU DÉTRÔNÉ ET L'HOMME À SA PLACE. Voilà pourquoi je m'appelle Révolution ; c'est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 29 2014

Edito - 0,004 % d’ultra-riches détiennent 13 % de la richesse mondiale

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On n’a pas fait tomber le mur de Berlin pour rien… Le marché libre et non faussé vit de la force de ses charmes, qui donnent des couleurs à la vraie liberté : s’enrichir au détriment des autres. Voici quelques news des « ultra-riches » issues d’un rapport de la banque suisse UBS et de l’agence de conseil Welath-X.

Première bonne nouvelle : comme l’économie mondiale est dans un cercle vertueux, le nombre d’ultra-riches augmente : 211.275 personnes en 2014, soit 12.000 de plus qu’en 2013, et 2019, ils devraient être plus de 250.000. 211.275, cela veut dire que 0,004 % de maquereaux détiennent 13 % de la richesse mondiale. Pour 87 %, ce sont des mecs (Syndrome du singe dominant).

En super-ultra riches, je félicite les 2.325 milliardaires en dollars. Pour donner une idée, leur patrimoine d’un milliard de dollars dépasse le PIB de bien des États, comme la Gambie (population de 1,8 million) ou la Guinée-Bissau (population de 1,4 million), qui sont aux environs de 900 millions de dollars. Des pays comme le Libéria (population de 4,2 millions) ou la République Centrafricaine (population de 5,1 millions), qu’on accuse de ne pas savoir relever la tête, plafonnent à 2 milliards de dollars.

On compte 75.000 ultras-riches en Amérique-du-Nord, 61.820 en Europe, et 46.635 en Asie. L’Afrique est dernière, mais on sait que l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire, tant pis pour lui. En Europe, la France se classe au quatrième rang, avec 4.750 personnes, derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse.

D’après le rapport d’UBS et Wealth-X, ce club prolifère grâce à la bonne santé des marchés boursiers et en dépit des « conflits géopolitiques, des tensions socio-économiques et de la volatilité sur les marchés financiers ».

En fait, la question n’est pas de savoir si nous avons besoin d’une révolution, mais quand elle va avoir lieu. Je sais pas vous, mais moi, je me prépare chaque jour.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, octobre 30 2014

Edito - Politique spectacle : le narcissisme monte d'un étage

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Hier, sur Direct 8, des politiques français se déguisent pour découvrir la ... vraie vie des français. C'est un postulat irréel.

1) Les participants reconnaissent qu'ils ne connaissent pas la vraie vie des français.

2) Ils ont une telle estime d'eux qu'ils considèrent qu'ils doivent être maquillés pour ne pas être reconnus. Ce n'est pas seulement la vie quotidienne des français qu'ils ne connaissent pas mais aussi la faiblesse de leur taux de notoriété parce qu'ils n'avaient pas besoin de se maquiller pour ne pas être reconnus.

3) Le retour sur le terrain des intéressés pourrait être sur des terrains exposés pour vivre des documentaires (Syrie, Afrique ...). Non, ils vont à l'angle de la rue. Ne jamais trop s'éloigner de son confort douillet.

C'est un étage de plus dans un narcissisme pathétique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 5 2014

Edito - François Hollande et la notion de "guerres normales"

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La normalité ces deux dernières années a surtout impacté l'engagement de troupes françaises sur des théâtres extérieurs d'opérations.

Ce serait désormais banal que d'envoyer des militaires français en Afrique et au Moyen Orient.

Ce qui est très surprenant ce sont les conditions dans lesquelles ces engagements interviennent. L'acte d'entrer en guerre est l'un des plus graves. Dans une démocratie, il serait concevable que l'opinion soit informée : choix entre plusieurs variantes ? Pourquoi l'entrée en guerre est incontournable ? Le coût ? La durée ? Les objectifs poursuivis ? La victoire, c'est quoi ?

Aucune de ces questions n'est abordée. Il ne s'agit pas d'entrer dans de la stratégie militaire mais de disposer d'éléments indispensables.

Ce manquement est d'autant plus surprenant que lors de la guerre d'Irak il est avéré que GW Bush a menti à la communauté internationale comme il est avéré qu'en 1991 la communication de guerre de son père avait comporté des manipulations grossières dont des témoignages montés de toutes pièces.

Ces expériences ont été sans lendemain.

Au Canada, Justin Trudeau, leader du Parti Libéral, a demandé hier ces explications dans un discours bref, concret, lucide :

''" Avec cette motion, le premier ministre a finalement annoncé au Canada ce qu’il avait dit à New York il y a maintenant plus d’une semaine. Il a l’intention de faire entrer le Canada en guerre en Irak.

L’État islamique en Irak et au Levant est une menace pour la sécurité des régions concernées, pour la sécurité mondiale.

Il assassine des membres de minorités ethniques et religieuses en Irak.

Il assassine des civils innocents, des travailleurs humanitaires et des journalistes.

Ces actes horribles ont été pleinement documentés, souvent par les terroristes eux-mêmes.

C’est pourquoi le Parti libéral a appuyé de bonne foi la mission de non-combat d’une durée de 30 jours que l’on nous avait présentée.

Cette fois-ci, au lieu d’une réunion de présentation, nous avons eu droit à un discours enflammé.

Les libéraux feront valoir quelques principes fondamentaux lors de ce débat.

Premier principe : Que le Canada a un rôle à jouer pour répondre aux crises humanitaires et aux menaces à la sécurité dans le monde.

Deuxième principe : Que lorsqu’un gouvernement envisage le déploiement de nos hommes et de nos femmes en uniforme, la mission et le rôle du Canada dans cette mission doivent être clairement définis.

Troisième principe : Que l’argumentaire pour le déploiement de nos forces doit être présenté ouvertement et avec transparence, sur la base de faits présentés de façon claire, fiable et rationnelle.

Et quatrième principe : Que le rôle du Canada doit être le reflet de son plein potentiel, afin que nous puissions venir en aide de la meilleure façon qui soit.

Contrairement à M. Harper, les libéraux ne croient pas que la meilleure façon dont le Canada puisse contribuer aux efforts internationaux de lutte contre l’EIIL soit d’envoyer simplement une poignée d’avions de chasse vieillissants.

Je crois que les Canadiens peuvent contribuer de bien d’autres façons. Nous pouvons faire preuve d’ingéniosité, et le Canada peut jouer de nombreux rôles de non-combat significatifs.

Et nous pouvons jouer certains rôles mieux que beaucoup de nos alliés, voire mieux que tous nos alliés.

Qu’il s’agisse de transport aérien stratégique… d’entraînement… ou encore d’aide médicale.

Nous avons les moyens de prêter main-forte efficacement dans un rôle de non-combat, au sein d’une mission internationale bien définie.

Mais un fait subsiste : M. Harper n’a pas été franc avec les Canadiens sur ce qu’il planifiait de faire.

Le premier ministre et le gouvernement nous ont donné peu de raisons de croire que notre rôle sera limité une fois que nous serons sur le front.

Ils ont recours à un discours enflammé et moraliste pour justifier bien plus que de simples frappes aériennes.

Ils tentent de justifier une guerre.

Pour les Canadiens, tout cela n’est que trop familier, surtout venant de ce premier ministre.

La guerre en Irak de 2003 a été menée sous de faux prétextes et avec des renseignements erronés.

Cette mission a déstabilisé cette région du globe… engendré d’autres conflits… coûté à nos alliés environ trois mille milliards de dollars… et coûté la vie à des milliers de personnes.

Le monde entier paie encore aujourd’hui le lourd tribut de cette erreur.

N’oublions jamais la façon dont cette mission a été présentée à la population.

En 2003, ce premier ministre avait déclaré que la guerre en Irak du président Bush était une question de « liberté, de démocratie et de civilisation ».

Le fiasco de 2003 en Irak nous hante toujours. Parce que de mauvaises décisions ont été prises à ce moment-là, nous ne pouvons pas nous tromper cette fois-ci.

Le Canada a déjà demandé beaucoup de la part de ses hommes et ses femmes en uniforme au cours de la dernière décennie. Et trop souvent, on les a laissé tomber à leur retour au pays.

Si nous devons à présent leur demander d’en faire encore plus, nos délibérations dans cette Chambre doivent être honnêtes et franches, afin que nous soyons dignes de la bravoure et du courage dont nos Forces font toujours preuve sur le terrain.

Nous le leur devons.

Nous croyons que le Canada a un rôle à jouer dans la lutte contre l’État islamique.

Mais la ligne qui sépare le combat du non-combat est très nette.

Il est facile de franchir cette ligne, mais bien plus difficile de revenir en arrière ensuite.

C’est toujours plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Le premier ministre a la responsabilité sacrée d’être honnête et sincère envers la population, à plus forte raison lorsque des vies sont en jeu. Chaque fois que l’on décidera de prendre part à des combats, ne perdons pas de vue qu’un courageux Canadien risquera sa vie. Nous lui devons de faire preuve de clarté. Nous lui devons d’avoir un plan.

Mais par-dessus tout, nous lui devons de dire la vérité.

Le premier ministre a manqué à tous ces devoirs.

Le Parti libéral du Canada ne peut pas appuyer et n’appuiera pas cette motion du premier ministre d’aller en guerre en Irak."''

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Ces questions de bon sens n'ont jamais été abordées en France.

La banalisation de l'exposition des troupes françaises sous la présidence de François Hollande intervient dans des conditions bien surprenantes.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 1 2014

Edito - La France et sa "communication" de guerre

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Avec François Hollande, la communication sur la guerre semble répondre à un mode opératoire très simple. Lors de la décision d'engagement, tout est mobilisé pour magnifier le rôle international de la France. On dirait que le monde est suspendu aux lèvres de la France : va-t-elle dire oui ?

Une fois la décision prise, c'est le néant. Plus la moindre information. C'est le thème : "cachez cette guerre que nous ne pouvons voir".

Des militaires français sont en Afrique. Un reportage sur les conditions de vie ? Leurs équipements ? Les difficultés ? Non. Le prochain reportage est à attendre pour la nuit du 25 décembre comme pour celle du 31 décembre quand il s'agira de louanger le Ministre de service qui "sacrifie" son réveillon pour "partir au front" l'espace d'une nuit partager la dinde avec les militaires et bien entendu sans oublier les équipes TV pour bien couvrir son déplacement avec une mise en scène bien cadrée.

Pareil pour l'actuelle guerre contre l'EI. Pas d'information ?

C'est un dispositif très spécieux. L'opinion a la mémoire courte. Elle oublie vite. Mais parier sur l'oubli c'est ne pas respecter les militaires sur le terrain comme les contribuables qui auraient quand même le droit de savoir combien coûte cet effort militaire dans la durée.

La France est vraiment une "démocratie" très malade et des médias ont une lourde responsabilité d'accepter de s'associer à de telles manipulations. Mais la télé d’État a-t-elle le choix ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 1 2014

Edito - Les "nouveaux Chefs d'Etats" ou l'opinion en quête de vibrations

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Période étonnante que l'actuelle où l'opinion semble opérer une réelle distinction entre les chefs d'Etats. A entendre les commentaires, il y aurait aujourd'hui trois leaders qui donnent le sentiment de diriger : Barack Obama, Vladimir Poutine et Angela Merkel : les "vrais " Chefs d'Etats dans la continuité historique de cette fonction. Les autres seraient tombés dans des divisions plus obscures.

Mais surtout, le pouvoir de décision serait déconnecté du pouvoir d'influence comme si le 1er était en retard ou du moins en décalage avec le second.

Il faut "sauver les océans" : Angelina Jolie intervient et les plus hautes autorités publiques écoutent attentivement son message.

Il faut mettre un terme aux guerres ou aux pauvretés en Afrique, George Clooney est auditionné au Sénat américain.

Il s'agit de lutter contre les pollutions liées au changement climatique et Léonardo DiCaprio tient conférence.

Il faut préserver l'eau douce comme source de santé individuelle et c'est Eva Longoria qui monte au créneau.

Sur FR2, hier soir, c'est à Claude Brasseur de juger les hommes politiques français quand ce n'est pas Vincent Lindon qui est pris pour référence sur l'analyse de la Vème République ... !

Ce phénomène a de quoi inquiéter. Non seulement, parce que la médiatisation d'une personne n'est pas le critère de compétence mais surtout parce que l'opinion veut vivre comme dans les films. Donc les acteurs des films deviennent des "modèles". Le défi des glaçons pour lutter contre la maladie de Charcot a levé des mobilisations incroyables. Au "propre", c'est se donner des frissons. L'opinion cherche les sensations, les vibrations, les fantasmes, les surprises et "faire comme".

Il y a donc les porteurs de mauvaises nouvelles que sont les Chefs d'Etats "ordinaires" et les chefs d'Etats des "belles causes", artistes qui se mettent en valeur en même temps d'ailleurs que la cause servie.

Comme si l'influence sur l'opinion était désormais devenue le vrai pouvoir. Etonnant et inquiétant. Pendant longtemps, les spécialistes devaient aussi communiquer. Maintenant, savoir communiquer serait la compétence sur tout... C'est peut-être une évolution un peu trop radicale ? Longtemps encore ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 23 2014

Edito - Mali : Le naufrage de la politique française

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Par charité chrétienne, je ne vais pas citer la presse – française et africaine – en transe, admirant « le héros de la guerre contre le terrorisme », François Hollande, triomphant le 2 février 2013 à Tombouctou, après l’offensive des militaires français du 11 janvier sur le Nord-Mali. Ce jour-là était « le plus beau de sa carrière politique ». Une si belle journée gâchée par un mauvais présage… François Hollande s’était fait refiler comme cadeau un chameau volé…, qui depuis a été rendu à ses propriétaires,… qui l’ont mangé. Un destin…

Tout était bidon ?

Oui. Tout a été bidon. Dans la foulée, Laurent Fabius a imposé en juin 2013 la signature à Ouagadougou d’un accord prévoyant des pourparlers de paix entre Bamako et le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) – du pipeau – et des élections ultra rapidos en juillet 2013, avec une campagne impossible pendant le ramadan. Le Sud a gentiment voté comme on lui demandait. Mais au Nord, la population avait déjà affiché sa rupture en dédaignant massivement les urnes.

En fait, à l’époque, on savait déjà que cette affaire ne tenait pas la route : comment 1 500 soldats français avaient-ils pu prendre le contrôle d’un territoire grand comme une fois et demi la France ? Tout reposait sur un deal de frelaté.

Le MNLA est un mouvement indépendantiste touareg très implanté, qui se nourrit du désintérêt du Sud pour le Nord. Mais le Nord se trouvait soudain sous l’emprise des mercenaires, ripolinés en djihadistes, venus de la guerre imposée à la Libye par les crapules de l’OTAN.

Les services français avaient alors passé un marché avec le MNLA : « Vous qui connaissez bien le terrain, vous nous donnez les réseaux et les planques des djihadistes-terroristes-d’Al-Qaïda, et après la victoire, on imposera à Bamako de vous reconnaitre une autonomie réelle et de l’argent pour faire les routes qui n’ont pas faites en soixante ans ».

Le MNLA a joué le jeu, les militaires français ont mené une offensive éclair – en refusant de donner la moindre information sur les morts causés par cette guerre – et les djihadistes sont repartis du côté du Sud-Libyen pour d’autres aventures. Pour quel résultat effectif ?

Où en est-on un an plus tard ?

Le MNLA, trahi par la France, a repris le contrôle du Nord contre l’armée malienne, et le grand niais de François Hollande ne risque pas de ramener sa fraise à Tombouctou, même avec son joli casque. Ce qui ne l’a pas empêché la semaine dernière de déclarer la guerre à Boko Haram. Et toute la presse, encore bien accro aux drogues de Georges W. Bush, a repris benoitement…

Sur le terrain, la France s’est grillée pour être incapable de donner le moindre contenu à l’accord de Ouagadougou. Elle a très vite été en quenouille, comme l’a montré l’enlèvement et l’assassinat des deux journalistes de RFI à Kidal le 2 novembre… Un déferlement de paroles guerrières, pour quel résultat ? Rien, car tous les fils sont coupés. La France de François Hollande et Laurent Fabius est impuissante en Afrique.

Dans la vraie vie, le MNLA a repris ses positions, soutenu par une population écœurée des promesses non tenues et d’un avenir de misère. Et ces derniers jours, le décor du film s’est écroulé.

Le nouveau Premier ministre Moussa Mara, en fonction depuis avril 2014, avait prévu une visite dans le Nord, la première pour un chef de gouvernement. Vendredi, il était à Tombouctou pour inaugurer l’engagement des travaux de la route devant relier la ville à Bamako. C’est dire que rien n’est fait pour la route en direction de Kidal et du Nord… Même pas une route en un an… Imaginez ce que ça veut dire pour la population.

Moussa Mara devait ensuite se rendre à Kidal, mais la population a marqué son opposition en manifestant vendredi vers l’aéroport, avec pour réponse une violente répression armée. « C’est la troisième fois que les Maliens tirent ainsi sur la population, nous avons agi en état de légitime défense. Pour nous, le processus de négociation est mort, il faut renégocier de nouvelles bases », a dénoncé Moussa ag-Acharatoumane, du MNLA.

Samedi, le MNLA a déclenché l’opération de prise du pouvoir, prenant en otages trente fonctionnaires maliens, dont le gouverneur. Dimanche, ont éclaté des affrontements armés entre le MNLA et l’armée malienne : bilan, selon Bamako, 8 morts et 25 blessés pour l’armée malienne, 28 morts et 62 blessés pour le MNLA. A vérifier. Les hostilités se sont poursuivies à l’avantage des indépendantistes, et depuis peu le MNLA a pris le contrôle de Kidal. Le premier ministre est reparti par hélicoptère, sous protection de l’armée française.

Alors que va-t-il se passer ?

Le MNLA va retrouver toute son influence sur le Nord, alors que Bamako va continuer à s’affaiblir, avec son gouvernement de pantins. La France va payer cash ses promesses d’autonomie non tenues, et son incapacité à imposer le moindre projet de développement pour le Nord.

Attention, regardez la carte : il ne faut pas que le Mali casse. Pour éviter que ce scénario désastreux, et faire de la vraie politique africaine, les regards se tournent désormais vers la seule vraie puissance de la région, l’Algérie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE