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mercredi, novembre 26 2014

Edito - Ferguson, 20 000 habitants, 2 000 soldats

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Ferguson, 20 000 habitants, 2 000 soldats : la démocratie, les droits de l’homme et les « valeurs » resplendissent dans la lumière. Cette lumière, c’est le savoir-faire acquis en Afghanistan, en Irak et en Israël, s’exporte.

Toutes mes pensées à la population soumise à cette violence armée,… mais ne renoncez à rein, et ne baissez pas les bras. Nous ne sommes jamais que dans le réel.

Les produits cosmétiques en vente à Washington depuis 6 ans ne valent rien, même en solde. Le mal est profond, et ce pouvoir né de la violence et qui a grandi gavé au mensonge institutionnel, ne tient que par la violence et le mensonge. Avec, au passage, une pensée émue pour les crétins finis qui, ici, s’extasient devant la croissance US, pour laquelle les démunis ne sont qu’une variable d’ajustement de la société élitiste.

Oui, chères amies et chers amis, ne baissez pas les bras. La violence et le mensonge ne conduisent à rien et n’ont qu’un temps, même s’ils bénéficient d’une impitoyable répression. Votre rendez-vous avec l’histoire, car il est impossible de mentir tout le temps et à tout le monde.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - La Libye est-elle encore un Etat ?

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Le 11 septembre 2012, le consulat des États-Unis à de Benghazi avait l’objet d’une violente attaque, entraînant la mort de l’ambassadeur, Christopher Stevens, et de trois autres agents. L’affaire a eu un très grand retentissement aux US.

Que la guerre était belle…

Hier, Washington a fait savoir que samedi 14 juin, un commando des forces spéciales a « capturé » celui qui est désigné comme l’organisateur de l’attaque, Ahmed Abou Khattala, un activiste, qui a plusieurs reprises avait contesté son implication. Il était recherché par la justice libyenne, qui avait décerné un mandat d’arrêt. Précisons que le gouvernement libyen a été informé quand tout était fini.

Ce sont donc les États-Unis qui l’ont « capturé », puis l’ont exfiltré, pour le séquestrer dans un navire de guerre, en direction des US. Hier, le Prix Nobel de la Paix a rendu la nouvelle publique : « Avec cette opération, les États-Unis ont une nouvelle fois démontré qu’ils feraient tout leur possible pour que justice soit rendue lorsque l’on s’en prend à des Américains ».

Selon Eric Holder, le ministre de la justice Ahmed Abou Khatalla sera jugé pour trois chefs d’accusation dont celui de « meurtre au cours d’une attaque contre un bâtiment fédéral ».

D'accord. Sauf que la Libye est un État, souverain, et qu’elle est donc seule en droit d’exercer les fonctions régaliennes que sont la police et la justice, et si les États-Unis veulent juger quelqu’un, ils font une demande d’extradition, comme tout le monde. Imaginez les services russes qui récupèrent un type à Kiev, avec Vladimir Poutine annonçant qu’on l’a exfiltré et qu’on va le juger à Moscou…

Dans l’après-midi, le gouvernement libyen s’est réveillé, pour publier ce communiqué mollasson : « Le gouvernement condamne cette atteinte regrettable à la souveraineté de la Libye. Il souligne le droit de la Libye à juger Abou Khattala sur ses terres et conformément à ses lois et demande au gouvernement américain de le remettre à la Libye pour le traduire devant la justice libyenne ». Plus pitoyable encore, le ministre libyen de la Justice, Saleh al Marghani : « Nous attendions des États-Unis qu’ils nous aident mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils sèment la pagaille sur la scène politique ». Voici la Libye, à nouveau abaissée par les États-Unis, alors qu’elle est en campagne électorale pour la présidence du pays. Quel pays…

Alors, essayons de raisonner

1/ Sans l’accord et le pilotage des autorités libyennes, le commando US n’a aucun droit en Libye. C’est une bande de gangsters armés, forme aggravée de l’association de malfaiteurs, qui a commis une arrestation illégale et une séquestration avec violence, et dont les membres étaient en outre sans titre de séjour valable. Imparable. Aussi, le ministre libyen de la Justice doit ordonner l’ouverture d’une enquête, et lancer les mandats d’arrêt. Vu l’état du pouvoir, il ne se passera rien.

2/ La deuxième solution est qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte aux US pour arrestation illégale et séquestration. Ce serait possible si les États-Unis étaient soumis à une juridiction internationale de garantie des droits, mais ce n’est pas le cas. Les États-Unis refusent tout contrôle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ou du Comité des Droits de l’homme de l’ONU. Donc, il ne se passera rien.

3/ La troisième solution serait qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte devant la CPI, car le Conseil de Sécurité, par la résolution 1970 du 26 février 2011, a saisi le Procureur de la Cour pénale internationale « de la situation qui règne en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 ». Le dossier est toujours ouvert, et la compétence de la CPI est acquise pour tous les faits commis sur le territoire depuis le 15 février 2011. Oui, sauf que l’article 6 de la résolution précise qu’elle n’a pas d’effet contre les ressortissants d’un État autre que la Libye. L’exemple même du double standard. Donc, il ne se passera rien.

Un bilan ?

La Libye, qui avait un tel rôle en Afrique, n’a plus de structure étatique ; l’Egypte est par terre, la Syrie ensanglantée, l’Irak explosé et l’Afghanistan au bord du précipice. Du bon boulot, et les valeurs de la démocratie en progrès… Bientôt, tout ceci se retournera contre nous, car c’est trop d’injustice. Nulle société ne peut le supporter.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Etats-Unis - Russie : c'est l'inversion des valeurs auxquelles nous étions habitués !

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Lors de son entretien à Europe 1 et TF1 le 4 juin, Vladimir Poutine a déçu une partie de la presse française car ses propos étaient en contradiction avec la caricature qu’ont fait de lui certains médias français, selon Ivan Blot :

"Ils voulaient voir un dictateur impérialiste et ont entendu un président démocrate et patriote. La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les États-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les États-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemi principal d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.

Aujourd’hui, tout s’est inversé et il est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les États-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voire en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.

C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’État voire des guerres.

Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois.Hillary Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Angela Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.

Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul en son sein des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, (...)

En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’École nationale d’administration (ENA) qui, sur le plan de l’enseignement de l’économie, avait 30 ans de retard, restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’État et des réglementations archaïques. (...)

Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. (...)"

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 27 2014

Edito - Ces pays où l'obscurantisme religieux va jusqu'à l'interdiction des poésies

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« Père tu m’as vendue à un vieil homme / Que Dieu détruise ta maison ; j’étais ta fille » : c’est le poème que la jeune Zarmina avait récité à la radio avant de s’enlever la vie.

Pendant le règne des talibans en Afghanistan ou au Pakistan, la récitation de poèmes était devenue encore plus problématique. Même aujourd’hui, les Afghanes doivent être discrètes quand elles s’y adonnent. Dans les villages, il y a souvent une seule femme qui chante, et les hommes ne savent généralement pas qui elle est. Il faut dire qu’une femme qui chante risque d’être considérée comme une prostituée en Afghanistan.

Eliza Griswold est journaliste. Il y a deux ans, elle est partie à la recherche de ces poèmes brefs qui circulent aujourd’hui en Afghanistan. Elle a rapporté de ses séjours dans cette région qu’elle aime un recueil d’une centaine de poèmes intitulé I Am the Beggar of the World (Je suis la mendiante du monde).

Elle précise : « nous avons réalisé ce projet à ce moment précis parce que nous voulons faire entendre les voix de celles qui risquent le plus après le retrait des troupes internationales. Nous avons promis aux femmes afghanes un nouveau mode de vie qui se traduit par une plus grande liberté personnelle. Pour moi, c’est une façon de remplir notre promesse et de ne pas abandonner les Afghans une fois de plus ».

Après le rapt des écolières et la déclaration de John Kerry au département d’État regrettant que seuls les États-Unis se mobilisent concrètement dans cette grave affaire, c'est un recueil qui mérite une large promotion.

Une cause qui mériterait une plus large mobilisation en France.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, avril 18 2014

Edito - Avec le regard d'Anja Niedringhaus

635260-anja-niedringhaus.jpgAnja Niedringhaus était une photographe de l'Associated Press. Elle est décédée en Afghanistan le 4 avril 2014 dans le cadre d'un reportage qu'elle effectuait sur l'élection présidentielle.

En 2005, elle avait reçu le Prix Pulitzer.

C'est un talent remarquable que de passer un message par une photo : parler à l’œil. L’œil ne trahit pas à la différence des mots, d'où sa force particulière.

C'est pourquoi, les photos qui racontent une histoire, une joie comme une terrible détresse ont pris le dessus et elles ont parfois changé les consciences de la planète.

Kim Phuc brulée au napalm a changé le regard sur la guerre du Vietnam.

L'inconnu de la place Tian'anmen qui arrête une colonne de chars incarne la dimension du courage humain solitaire.

Les chutes du WTC en 2001 symbolisent la détresse humaine la plus totale.

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Comme cette fillette du Soudan surveillée par un vautour qui attend sa mort résume à elle seule l'indifférence internationale au drame d'un continent. Une photo aux conséquences d'autant plus étonnantes que, quelques mois plus tard, son auteur s'est suicidé tandis que la jeune fille vivait encore. Soudan

Les photos d'Anja Niedringhaus étaient superbes à l'exemple de celle ci-dessous tant les messages étaient forts.

C'est un regard qui va terriblement manquer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE