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jeudi, décembre 25 2014

Edito - La droite française peut-elle mourir d'un moment d'inattention ?

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L'actuelle période est très surprenante. Il y a un calme apparent mais trompeur dès que les discussions entrent dans le fond des dossiers. Le calme apparent est lié à la résignation : "à quoi bon ?". Mais c'est la résignation pour le coup de balais.

Puisqu'il n'y a plus rien à attendre du système politique classique, autant voter pour des personnes dont dès le départ on n'attend rien !

Les alertes ont été nombreuses.

L'abstention grimpe.

Les listes de société civile refusant le jeu habituel des partis se sont multipliées.

"L'information des citoyens" a rejeté "l'information des journalistes". On le constate avec caricature depuis 48 heures avec les "accidents" des "déséquilibrés".

Aujourd'hui, la droite française classique devrait susciter l'espoir, l'envie, le désir. Cela passerait par des débats d'idées, par la multiplication des candidatures pour faire vivre la concurrence pour 2017, par le renouvellement des candidats, par l'émergence de jeunes pousses attractives dont des femmes de tempérament pour sortir de cette tradition machiste de la politique française...

Non on est très loin de tout cela.

Il n'est plus à exclure que la droite française classique puisse mourir d'un moment d'inattention. Le score du FN est en train de changer la donne. Le PS connaît un premier rebond pour revenir à des seuils plus faibles que d'ordinaire mais pas aussi désespérés qu'il y a encore quelques semaines.

Et la droite classique semble à l'écart de ces tendances. Imperméable. Inquiétant.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 8 2014

Edito - Les médias nationaux et la redoutable seringue du vote utile

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L'opinion publique française est devenue insaisissable. La France des 5 partis (gauche de la gauche, PS, UMP, FN et abstention) obéit désormais à de nouvelles règles :

1) Une part majoritaire du corps électoral exprimé flotte entre les partis de Gouvernement (PS et UMP), oscillant en fonction de la volonté de sanction de la formation politique qui exerce le pouvoir national, d'où une instabilité quasi-mécanique sur le plan national.

2) L'électorat qui veut sanctionner les partis politiques dans leur ensemble vote en faveur du FN qui progressivement a capitalisé son acte de naissance du "un contre tous" alors même qu'il est devenu un parti comme les autres du moins dans son fonctionnement logistique.

3) Un électorat FN qui atteint ses limites puisqu'il est à son tour débordé par les anti-systèmes qui se réfugient tout simplement dans l'abstention désormais premier parti de France.

Face à la bipolarisation (Gauche / Droite), les solutions nuancées existent peu.

Face au rejet des partis politiques, elles existent peu face au FN ou à l'abstention.

Elles existent d'autant moins qu'elles échappent à la seringue du "vote utile" composée par les médias nationaux.

Le "vote utile" n'est plus tant celui qui mène à la victoire que celui qui conduit à fixer la question posée lors d'un vote.

Ainsi, lors du 1er tour des municipales, une part importante du tremplin pour les listes UMP a résidé dans le pilonnage anti-Sarkozy. Les 15 derniers jours avant le 1er tour ont été caractérisés par un épisode journalier d'un feuilleton contre l'ex-Président.

Sa lettre publiée à la une du Figaro à 48 heures du 1er tour des municipales a considérablement mobilisé et soudé le camp de l'ex majorité présidentielle limitant d'autant l'espace pour les "candidats divers".

La même logique sur des bases différentes semble se profiler pour les européennes. Le vote utile semble devenir : le FN sera-t-il le premier parti de France à la sortie des européennes ?

C'est la nouvelle "seringue" dédiée à structurer le vote. L'UMP va se construire l'image de l'ultime rempart pour cette occasion. Le PS semble dès à présent se contenter d'une troisième place à la condition que ce classement ne s'accompagne pas d'un score trop faible.

A force de résumer les scrutins à une question parfois très éloignée de l'objet même du scrutin en question, c'est un pays qui fluctue d'une élection à l'autre en s'interrogeant rarement sur les vrais sujets. Les grands choix européens ne peuvent en effet se réduire à la question de savoir si le FN doit être ou pas la 1ère formation politique de France.

L'audience du spectaculaire qui parle au grand public résumé en une question écrase toutes les autres questions et par la même toutes les autres réponses qui sortent du champ d'attention. Inquiétant à terme comme méthode.

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Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE