lundi, février 2 2015

Edito - Quatrième circonscription du Doubs : La République perd, mais françois Hollande a le sourire

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Tout le monde perd lors de ce premier tour de la quatrième circonscription du Doubs… mais François Hollande peut avoir le sourire.

En résumé. On a viré le plus nul des ministres de l’économie pour en faire un commissaire européen à l’économie (L’Europe, mieux que Pôle-Emploi… le mec n’ose même pas dire le montant de sa paie…), le chômage explose, la croissance est nulle, et l’endettement reste au top, mais avec de la bonne et grasse tambouille politicienne, François Hollande voit se dessiner son rêve : un deuxième tour contre Le Pen, qui le ferait élire comme sauveur de la République.

Le premier enseignement de l’élection du Doubs est net : l’écroulement de la participation, avec seulement 39,5 % de votants. Les endoctrineurs radicaux qui succèdent dans les médias pour nous attendrir sur la fervente unité du peuple peuvent aller se faire voir chez Plumeau. Les élections, 60 % des Français s’en tapent, même en période larmoyante. Tu piges, Charlie ?

Deuxième enseignement, le FN est en tête comme lors de toutes les premiers tours depuis la brillante élection du président casqué. La candidate Sophie Montel passe en deux ans de 23,8 % à 32,6 %... pendant que le candidat PS passe de (Pierre Moscovici) 40,8 % à (Barbier) 32,6 %, alors que l’UMP est stable, de 23,6% à 26,5%.

Troisième enseignement, il n’y a aucun engouement pour le FN, dont la candidate a perdu des voix : 8382 en 2015 contre 9.605 en 2012. Je sais que les législatives partielles mobilisent peu,… mais par pitié, qu’on arrête de nous jouer le péril FN, alors que ce parti perd des électeurs ou stagne, et que c’est l’abstention qui gagne.

Quatrième enseignement, Nicolas Sarkozy n’est qu’un pet. Il a beau en faire des montgolfière de pets, ses discours à deux balles, qui annoncent comme des révolutions ce qui existe déjà ou ce qu’il n’a pas fait, ne marchent pas. Nicolas Sarkozy, ça n’imprime plus !... Le résultat est génial pour le PS, qui perd 9 % de voix, avec un nombre d’électeurs passant des 16421 à 7416, mais qui fait le mariole parce qu’il se retrouve au second tour. C’est tout le pari de François Hollande-le-Planqué, qui n’hésite pas légitimer les thèmes FN, comme avec ses mièvres incantations sur la laïcité et l’apologie, qui sont de la vraie islamophobie, propre et décontractée, ou sur les Roms, car son seul espoir pour être réélu est d’éliminer l’UMP au premier tour de la présidentielle.

Dans le rôle du loser, Nicolas Sarkozy est à nouveau parfait, et François Hollande va tout faire pour le conforter comme leader de l’opposition. Ce sacré François Hollande qui doit tout aux maladies sexuelles de DSK et aux lubies paranos de Nicolas Sarkozy : un destin...

Et nous on fait quoi là-dedans ?

1) On s’apprête à s’abstenir, lassé par ce jeu de dupes, ces ministres cométiques, en sachant que le pouvoir est ailleurs, du côté des grands groupes économiques. Le pouvoir politique a perdu, et je mise peu sur la tentative grecque.

2) L’alternative est de s’organiser pour soutenir Alain Juppé, compétent et intello, le seul capable d’éviter que la France finisse serpillère des Etats-Unis ). Mais comment faire, alors que l’appareil de l’UMP est cadenassé au service de Nicolas Sarkozy, et que le PS et le FN ont besoin du p’tit nerveux pour garantir leur premier tour ?

Pouah, quelle sinistre période… Heureusement, il nous reste la musique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 19 2015

Edito - François Hollande ou la communication finira-t-elle par avoir la peau de la réflexion ?

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Depuis une semaine, le "scénario de la guerre" nous est vendu comme une super-production. Avant hier à 13 heures 15, le supplément infos de France 2 était un "modèle" en la matière.

Le scénario est simple : François Hollande est transformé en chef de guerre pour lutter contre le pire ennemi qui soit : l'ennemi de l'intérieur. En 2012 son ennemi de l'intérieur c'était la finance. A-t-il seulement livré cette guerre annoncée (?), voilà qu'il en ouvre une seconde : celle des religions. Ou plutôt une quatrième puis-qu’entre temps il y avait eu la guerre perdue de la baisse du chômage puis celle pas encore livrée mais déjà annoncée de la guerre pour le climat (décembre 2015).

L'actualité serait morose et rasante. La "guerre" contre l'ennemi intérieur écrase cette actualité. L'opération "bouclier de France" applique les mêmes fondamentaux que le "bouclier du désert" en 1991. Les "enfants politiques de Mitterrand" retrouvent l'ambiance d'octobre 1990 quand toute la nation était soudée autour de son Président (Mitterrand) pour libérer les otages. Rien ne manque à la comparaison y compris les Le Pen qui se prennent les pieds dans le tapis dans de telles circonstances.

Mais quand la communication s'effacera-t-elle devant une réflexion ?

1) La réflexion suppose le pluralisme des appréciations. Ce pluralisme fait totalement défaut. Par exemple, les États-Unis commencent à expliquer pourquoi Obama n'aurait pas voulu venir le 11 janvier. Pas un mot en France sur ce volet.

2) la réflexion suppose une analyse calme avec des visions dans le temps, des plans de paix. Où sont ces analyses, ces visions, ces plans quand tout n'est qu'émotions immédiates ?

3) Et comme en France le soutien "vole au secours du succès", les sondages vont maintenant auto-entretenir le rebond dans l'opinion. Il y a même la formulation que François Hollande aurait "réussi la seconde élection" celle devant la crise ... Il faut quand même oser dans une démocratie.

La super-production marche à fond. Le "pays de la pensée" prend un surprenant visage quand il doit défendre la liberté d'opinion et d'expression.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 10 2015

Edito - France : une société bloquée, une représentation figée

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En début de semaine, le Congrès américain issu des élections de novembre 2014 a été installé.

Quelques traits forts :

- 104 femmes soit le record historique de la présence féminine,

- une diversité d'âges, de professions amplifiée,

- une diversité apparente de plus en plus forte.

Avant d'effectuer ce constat, il faut en effectuer un autre : que de temps a-t-il fallu pour qu'il en soit ainsi. Des repères précis s'imposent et, à certains égards, ils sont irréels :

- 1984 : 1ère femmes candidate à la Vice-Présidence : Geraldine Ferraro

- 1997 : 1ère femme à la fonction de Secrétaire d’État : Madeleine Albright,

- 2005 : 1ère femme afro-américaine à la fonction de Secrétaire d’État : Condoleezza Rice,

- 2007 : 1 ère femme élue à la fonction de speaker donc de Présidente de la Chambre des Représentants,

... 2015 : 104 femmes au Congrès !

Et dans cette évolution, les États-Unis ont élu un Président métis (Barack Obama) et une "banalisation" des Gouverneurs de couleur : Deval Patrick, Bobby Jindal...

Face à ces dates, que sont les dates françaises :

- jamais une femme à la tête de l'une des Chambres (Sénat ou Assemblée Nationale),

- une seule femme à Matignon dans toute l'Histoire de la République française,

- il faut attendre Christiane Taubira donc 2012 pour qu'une femme de couleur soit à un ministère dit régalien,

Au moment où il est question à juste titre de la meilleure compréhension entre des communautés différentes, il n'est pas possible de constater de tels décalages dans la représentation de la société.

Il ne s'agit pas d'aller vers le dupliquage d'une représentation morcelée de la société. Mais la représentation peut-elle demeurer elle-même quand elle est aussi éloignée des réalités du terrain ?

C'est un sujet qui mérite une attention prioritaire au moment où la désertion des isoloirs progresse toujours.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 5 2015

Edito - Conférence Climat Paris 2015 : offrons des vacances à M. Hulot

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À force de crier au réchauffement, de mobiliser des fonds, plus personne n’ose dire : « On s’est trompé, le comité Nobel s’est trompé, on arrête tout ».

Sous prétexte de sauver la planète, en réalité pour une poignée d’écologistes, le Président va engager la France à porter des boulets supplémentaires pour les décennies à venir. Boulets que les États-Unis, en prétextant le refus du Congrès, mais aussi la Chine et bien d’autres refuseront totalement, frontalement.

Peut-on pour autant taxer d’égoïsme ces pays non signataires ?

Claude Allègre avait, il y a longtemps, dénoncé les conclusions du GIEC. Puis il y a eu de nombreuses publications scientifiques (de Vincent Courtillot, par exemple), de nombreux livres (François Gervais, "L’Innocence du carbone", ou plus ludique mais fort bien documenté, Michael Crichton, "État d’urgence"), et une pétition a rassemblé aux États-Unis 30.000 scientifiques s’élevant contre les affirmations du GIEC...

Plus récemment, un scientifique français reconnu, Philippe de Larminat, a publié un travail important (Changement climatique, identification et projections) d’où il ressort que l’effet du soleil sur le climat est beaucoup plus important que ne le dit le GIEC, et que l’effet de l’activité humaine est soit faible, soit nul.

La méthode utilisée, universellement reconnue dans de nombreux domaines, ne l’avait pas encore été sur le réchauffement : il a mis dans un ordinateur toutes les données (température, taux de CO2, activité solaire…) habituellement retenues, sans aucune hypothèse sur les mécanismes pouvant relier les unes aux autres, et a cherché quelles relations elles avaient entre elles. C’est-à-dire qu’il a fait un « simple » travail de compilation de données, d’où sont ressorties des corrélations : le réchauffement est lié aux variations de l’activité solaire, pas à l’activité humaine.

Jean Jouzel, prix Nobel de la paix au titre de sa participation aux travaux du GIEC, a déclaré au milieu de la dernière décennie : « Si le plateau continue pendant encore dix ans, Courtillot aura raison… Mais dans dix ans, il sera trop tard ».

Il voulait dire que si Courtillot avait tort, si l’homme était responsable du réchauffement, il serait trop tard pour agir.

Or, le « plateau » a continué, le niveau des températures est élevé, mais stable depuis 1998, et le discours reste le même.

Les surfaces estivales de glace en Arctique remontent très sensiblement depuis le minimum atteint en 2012, mais personne ne le dit.

Tout se passe comme si ces réalités et ces travaux n’existaient pas. Ces informations glissent sur les journalistes comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Parce qu’à force de crier au réchauffement, de mobiliser des fonds, plus personne n’ose dire : « On s’est trompé, le comité Nobel s’est trompé, on arrête tout ». Alors qu’ils se sont trompés, qu’il faut tout arrêter.

Il faudra bien se sevrer du pétrole, mais pour des raisons économiques et géopolitiques, pas pour des raisons climatiques.

Souhaitons un échec de cette conférence de Paris, que nos décideurs ouvrent les yeux et arrêtent de vendre notre avenir contre un plat de lentilles !

Offrons des vacances à M. Hulot !

Source : Yann Sergent / BVoltaire

mardi, décembre 30 2014

Edito - Les discours ou quand l'âme est inscrite dans les mots

0.A00119788861126138_1_75.jpgJe recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de François Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

Finalement, il y a deux critères essentiels :

1) c'est quand l'âme est inscrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

Que serait de Charles de Gaulle sans Adolf Hitler ?

La gauche de François Mitterrand sans l'aristocratie de VGE ?

Tony Blair sans Margaret Tatcher ?

Barack Obama sans GW Bush ?

L'énergie de Nicolas Sarkozy sans l'immobilisme de Jacques Chirac ?

La normalité de François Hollande sans la provocation permanente de Nicolas Sarkozy ?

C'est tout le mystère des bons discours : susciter l'imaginaire en réaction à une réalité qui insupporte. Ce contexte rend plus humble la seule qualité de la plume.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Et si la Grèce ne sortait toujours pas de l’impasse ?

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Hier a lieu le second tour de l’élection présidentielle grecque, qui devrait donner lieu à un troisième le 29 décembre, étant donné que le gouvernement peine à réunir une majorité qualifiée. 5 ans après le début de la crise, une pleine sortie ne semble malheureusement pas encore à l’ordre du jour.

Vers une impasse présidentielle ?

Il y a une semaine, le gouvernement n’a réuni que 160 voix sur 300 pour Stavros Dimas, un pillier du parti de centre-droit au pouvoir, ancien commissaire européen, et non les 200 nécessaires pour être élu. Déjà, il est proprement effarant que le Premier Ministre propose comme président du pays un ancien membre de cette troïka qui torture le pays depuis près de cinq ans. Le second tour ne devrait pas permettre de trancher car la majorité requise est également de 200 voix, le seuil baissant à 180 pour le troisième tour, qui doit être tenu le 29 décembre. Des bruits circulent sur de possibles tentatives d’achat des voix manquantes, auprès des membres d’un petit parti de droite hostile aux potions amères de la troïka.

Néanmoins, il ne faut pas exclure la possibilité que le gouvernement grapille les 20 voix qui lui manquent d’ici une semaine car l’opposition aux mémorandums est très morcelée et le Premier Ministre joue l’intox en annonçant qu’un échec « pourrait s’avérer fatal à l’évolution européenne du pays » et qu’une élection de son poulain « ne serait pas interprétée comme un plébiscite du gouvernement, mais comme le choix de défendre la Constitution et de respecter l’institution présidentielle ». Comme en 2012, Nouvelle Démocratie joue la carte de « moi ou le chaos », carte efficace dans un petit pays en crise où l’Europe représente une forme de garantie face au voisin Turc, avec qui le pays a été en guerre à Chypre.

Partie de poker sur l’Égée

Comme on pouvait malheureusement le prévoir dès 2010, s’ils sont révoltés par les politiques qui sont menées depuis maintenant près de 5 ans, les Grecs ne semblent pas vouloir couper le cordon avec l’Union européenne. C’est sans pour cette raison qu’Alexis Tsipras se dit « déterminée à maintenir la Grèce dans la zone euro ». On peut considérer cela assez paradoxal car ce faisant, il se prive d’une marge de manœuvre nécessaire pour relancer son pays (par la dévaluation et la monétisation de sa dette restante), mais, par conviction ou par calcul, le chef de Syriza ne l’aborde pas, même s’il promet hausse du salaire minimum et des dépenses publiques et annulation de deux tiers de la dette publique.

Romaric Godin, de La Tribune, a écrit, comme souvent, un très bon papier sur ce que fera Syriza s’ils arrivent au pouvoir, loin des caricatures souvent véhiculées. Il note justement qu’en cas de victoire de Tsipras, les dirigeants de l’Union européenne pourraient bien être contraints de céder et accepter une troisième restructuration de la dette d’Athènes plutôt que de se lancer dans un conflit qui pourrait inspirer d’autres pays d’Europe du Sud, comme l’Italie ou l’Espagne, où les opposants à la monnaie unique ont le vent en poupe. Mais la situation de la Grèce démontre aussi encore une fois que jamais la crise de l’euro ne finira car il s’agit d’une construction qui est bancale et artificielle. Elle ne prendra fin qu’à son démontage.

Et pendant ce temps, pour gagner du temps et protéger ce veau d’or moderne, on martyrise les peuples. Ce faisant, on constate que ce sont ceux qui appliquent les potions amères de la troïka qui sont déraisonnables. Il est dommage, même si cela était prévisible, que la voie de la raison tarde à s’imposer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 17 2014

Edito - L’effarante visite de Moscovici dans la chaudière grecque

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Lundi, Pierre Moscovici est venu soutenir le gouvernement de droite, deux jours avant un vote décisif. Une visite révélatrice de ce qui ne va pas dans cette Europe, entre le soutien à des politiques en échec depuis des années, et la récompense de l’incompétence et indistinction politique.

La prime à l’incompétence et l’indistinction ?

On ne dira jamais assez à quel point il est effarant que Pierre Moscovici soit devenu commissaire européen à l’économie cette année. Voici un ministre, qui, en 2012, annonçait que le déficit budgétaire de la France atteindrait 3 % du PIB en 2013. Un an après, soldant l’échec de la politique qu’il avait mise en place, qui prolongeait celle du gouvernement précédent, notamment pour les hausses d’impôts, il annonçait que finalement, il faudrait attendre deux ans de plus. Un peu plus d’un an plus tard, son remplaçant, Michel Sapin, a de nouveau repoussé l’échéancier de deux ans. Bref, ce qu’il annonçait pour 2013, le serait en 2017. Et encore, la majorité aura le temps de changer d’ici là…

Quelle légèreté et quelle inconscience de l’avoir nommé à un tel poste ! Lui, qui a échoué en France, doit maintenant guider l’Europe entière ! Toujours aussi incroyable, le voici qui va soutenir l’équipe au pouvoir en Grèce quelques jours à peine avant des élections présidentielles décisives. Non seulement cela pose un problème de crédibilité quand la Commission demande quoique ce soit au pays, mais le soutien, par un commissaire étiquette à gauche d’un gouvernement largement dominé par la droite, renforce encore l’indistinction grandissante entre ce qu’on appelle la gauche et la droite de gouvernement en Europe. Dans un sens, cela clarifie sans doute le débat politique, mais malheureusement, cela profite aussi assez souvent, mais pas toujours heureusement, à des partis extrémistes.

Athènes au bord de la rupture ?

Déjà, en 2012, les élections législatives avaient été extrêmement serrées, Nouvelle Démocratie l’emportant d’extrême justesse devant Syriza, dont le programme, peu compatible avec le cahier des charges de la troïka, avait tout pour ouvrir la voie à une issue argentine, et provoquer une sortie de la Grèce de la monnaie unique. L’élection présidentielle anticipée, qui devait initialement se tenir en février 2015, créé une situation difficile car elle nécessite une majorité de 180 députés sur 300, que n’a pas la majorité actuelle, qui devra recruter hors de ses rangs. Sans cela, cela provoquerait des législatives anticipées, qui pourraient alors être gagnées par Syriza, actuellement en tête dans les sondages.

Mais dès lors, pourquoi le Premier Ministre a accéléré l’agenda ? Et s’il jouait simplement la surprise pour renverser une situation perdante ? Il a récemment durci le ton à l’égard de la troïka, refusant de nouvelles coupes, mais il s’agit peut-être d’une simple posture destinée à rassembler les voix nécessaires pour son candidat à la présidence de la République… Dans ce cadre, difficile de savoir quelle sera l’influence des interventions de Pierre Moscovici et de Jean-Claude Juncker, qui a indiqué qu’il souhaitait que « la Grèce soit gouvernée par des gens qui aient un regard et un cœur pour les pauvres gens en Grèce (…) mais aussi qui comprennent la nécessité des processus européens ».

Le scrutin de mercredi permettra de comprendre comment les élus Grecs ont perçu les interventions de la cette Commission, qui s’immisce déjà tellement dans la direction politique du pays. Soit elle aura soudé et renforcé l’opposition à sa politique, soit la peur du vide lui permettra de passer en force.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 15 2014

Edito - Troisième circonscription de l’Aube : Des chiffres sinistres pour la démocratie

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Une législative partielle vaut bien une dizaine de sondages parce que là, on parle du réel. Certes, il y a loin entre une élection partielle et un scrutin national, mais attention de prendre le temps de regarder ce qui se passe sur le terrain, dans la vraie vie. Pour apprécier ce faire, il faut prendre les chiffres, et pas seulement les pourcentages.

A ce titre, l’élection dans la troisième circonscription de l’Aube ne manque pas d’intérêt. François Baroin, qui était le député, a été élu au Sénat, et l’UMP était bien placé pour garder la circonscription. Il n’en reste pas moins que les chiffres parlent, car la tendance est très nette : le désintérêt massif de l’électorat.

La circonscription compte 65 758 électeurs. Au premier tour de 2012, 38 248 avaient voté, et deux ans plus tard, le chiffre n’est plus que de 16 195. On est à 24 % de participation et 76 % d’abstention.

En 2012, François Baroin avait eu au premier tour 15 677 suffrages et au second tour 20 051, soit 56,45 %. Hier, Gérard Menuel a été élu avec 63,85 % des voix, mais seulement 10 527 suffrages, et 6 422 au premier tour.

Pour le PS, la candidate était en 2012 Lorette Joly, qui au premier tour avait réuni 10 899 suffrages, soit 28,79 % et au second tour 15 466 voix, soit 43,55 %. Pour 2014, le candidat Olivier Girardin n’a recueilli que 2 315 voix, soit 14,69 % des voix. Cela représente le quart des voix de 2012. 2 315 voix sur 65 758 inscrits… soit environ 3 %. Un problème sérieux.

Pour le FN ? On ne retrouve pas du tout la vague bleu marine, car si le pourcentage est flatteur, le nombre de voix est en baisse. En 2012, la candidate Mireille Cazard était au premier tour à 17,79 %, avec 6 733 voix. Pour 2014, le pourcentage au premier tour était de 27,64 %, mais le nombre de voix au premier tour n’a été de 4 355, soit une perte de 30 % des électeurs. Et au second tour, le FN arrive à 36,15%, mais avec 5 960 voix, soit moins qu’au premier tour de 2012.

Le prochain grand test est celui des élections départementales de mars 2015. Hier Jean-Christophe Cambadélis a appelé à présenter des candidats uniques de la Gauche au premier tour, pour éviter le risque d’élimination. Le résultat de la 3° de l’Aube souligne l’importance du risque.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 8 2014

Edito - Mitt Romney et la religion du tweet

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Mitt Romney est actuellement en tête de tous les sondages dans le cadre de la présidentielle 2016. Il a effectué l'une des plus remarquables reconquêtes post-défaite électorale. A la différence de 2012, Mitt Romney a accepté d'engager la bataille des images et aucune correction d'image n'a manqué.

Celui qui était présenté comme "une mécanique froide" est devenu le "grand père sympathique" qui passe du temps au milieu de ses petits-enfants, leur prépare même dans le confort de la cuisine familiale des pâtisseries...

Le "financier froid" toujours coiffé de façon stricte est même ... décoiffé.

Il communique sur ses vacances via un réseau social neuf (Medium) pour paraitre encore plus branché.

Bref, rien ne manque à la "nouvelle image" même la "confession" sur les erreurs passées d'une campagne qui ne l'aurait pas montré sous le "vrai jour".

D'ailleurs, il suffit de l'appeler désormais par son prénom Mitt, c'est tellement plus proche.

Mais une confidence d'un professeur d'université de Caroline du Nord apporte un grain de sable. Son équipe de campagne de 2012 indique que les tweets à cette époque comme les publications sur les réseaux sociaux supposaient de recueillir pas moins de ... 22 autorisations préalables pour que chacun pèse et sous-pèse le moindre mot et la moindre image.

D'un coup, la spontanéité de la communication est ébréchée.

La présidentielle 2016 est bien engagée. Pour faire durablement la course en tête, il faut être très solide parce que la moindre révélation peut emporter de nombreux efforts. Romney venait de mettre en difficulté Mitt...

La religion du tweet vient peut-être de faire une victime ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 30 2014

Edito - Grosse gamelle de pour Nicolas Sarkozy : Une excellente nouvelle

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J’avoue que cette élection interne à l’UMP me laissait inquiet, car si Nicolas Sarkozy l’avait emporté à plus de 80 % des voix, comme en 2012, le match des primaires était plié. Cette victoire enferme Nicolas Sarkozy dans un piège… qu’il a organisé tout seul.

64 %, ça reste un gros score,… mais c’est dans la fourchette la plus basse des estimations, et bien peu pour un type qui était chef de l’État il y a deux ans… Surtout, le vote met dans la lumière un Bruno Le Maire à 29,5 %, soit la moitié du vote de Nicolas Sarkozy. Dans l’immédiat, Bruno Le Maire va réclamer un tiers des sièges et des fonctions : Nicolas Sarkozy ne sera pas seul maître à bord. Son projet n’était pas de prendre l’UMP, mais de tout prendre à l’UMP pour en faire un outil à son service exclusif. Eh bien c’est raté. Il se faisait un film genre De Gaulle le retour, et il va se retrouver à gérer la proportionnelle interne au Parti… Un destin.

S’ajoute trois points qui vont beaucoup compter par la suite.

Il se confirme que Nicolas Sarkozy n’a plus la gagne. Fini la grincha ou la baraka. Sous son mandat, toutes les élections ont été perdues, et sur cette élection qui se jouait en interne, pour laquelle il avait mis tout son poids de son statut d’ancien chef de l’État, il fait un score faible, qui confirme la tendance lourde des sondages : en baisse régulière. Ces discours à deux balles ne passent plus.

C’est Bruno Le Maire qui avait hier le sourire de la victoire, et on le comprend avec un score jamais envisagé, qui montre où se joue le renouveau de la Droite. Franchement le mec a eu du cran de se présenter contre Nicolas Sarkozy. Du coup, il est payé de ses efforts : il prend un statut de leader face à tous Les petits marquis et marquises qui s’étaient rangés douillettement dans les écuries de Nicolas Sarkozy ou François Fillon. Quant à Nicolas Sarkozy qui jouait le jeunot face à Alain Juppé, il va falloir trouver un autre thème…

Bruno Le Maire va pouvoir se présenter aux primaires, et là aussi ça change tous les plans de Nicolas Sarkozy. En concurrence avec François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy qui part de 64 % auprès des militants a peu de chance de gagner une primaire ouverte au premier tour. Au second tour, il aura le mieux placé des trois, avec donc un potentiel de plus de 50 %. Et un ticket Alain Juppé président – Bruno Le Maire premier ministre, ça devrait faire son effet.

Oui, c’est une bonne soirée… Finalement Nicolas Sarkozy va peut-être opter pour reprendre sa place au Conseil constitutionnel. Après tout, c’est là qu’il fait le moins de dégâts...

Le Rédacteur en che de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, novembre 5 2014

Edito - Mid term : les innovations technologiques sont à ré-inventer

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A la différence des trois dernières campagnes électorales, celle de 2014 n'a pas été marquée par une innovation qui crée la surprise et mieux encore la différence.

En 2008, Barack Obama a innové dans le contenu avec un style de discours très atypique mais surtout avec la naissance des nouvelles technologies pour mobiliser et informer : Facebook, Twitter.

En 2010, c'était la mode du Tea Party. Il fallait faire du terrain et surtout être "citoyen". Pas d'innovation technologique marquante.

En 2012, Twitter s'installe comme support n°1 et Foursquare devient le réseau du militantisme de proximité.

En 2014, pas de fait marquant.

Les images ont pris le pouvoir sur l'écrit.

Les vidéos courte durée débutent mais souvent dans un cadre de qualité très modérée qui n'est pas la meilleure promotion pour le candidat.

Twitter a encore gagné du terrain tandis que Facebook stagne.

Le smartphone s'est affirmé comme l'outil n°1. Donc les formats doivent s'adapter à cette évolution.

La collecte des dons repose sur un matraquage de mails à saturation.

Tout s'est beaucoup égalisé.

Le bond des innovations est peut-être reporté sur 2016 ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, novembre 4 2014

Edito - François Hollande à nouveau candidat

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La politique n’aimant pas le vide, voici le nouveau spectacle : « Hollande candidat ». Ça peut surprendre, mais c’est en fait une évidence,… et qui l’en empêcherait ?

On peut faire des pages et des pages avec ses échecs, à commencer sur le chômage et la dette, sa politique molle et insaisissable, ses attitudes de fuite, son gouvernement de sales gosses, ses amours casqués, et encore, et encore… Peu importe : aussi nul que soit le bilan, aussi désespérant que soit ce naufrage de la Gauche, François Hollande a les mains libres pour être candidat pour 2017, et il a déjà fait son choix. Il doit se délecter en passant en revue la série des petits marquis qui, après s’être battus pour être avec lui sur la photo en 2012, prennent l’air aujourd’hui des grincheux critiques,… et se battront à nouveau pour être avec lui sur la photo en 2017.

La raison de l’assurance sereine de François Hollande est qu’il est président de la République, cette fonction iconoclaste qui, par la maladie gaulliste, centralise tous les pouvoirs, et qui a été encore dopée par le quinquennat, avec les législatives dans la foulée des présidentielles. Une seule élection compte,… et il n’y a pas de meilleur poste pour la préparer qu’en occupant la fonction.

C’est le truc génial. Quand tu es président, tu es en campagne électorale permanente, en pouvant mobiliser tout le staff, tous les moyens de la République, et tous les médias, tout en exerçant aussi le pouvoir, jouant avec les effets d’annonce, les nominations, les inaugurations, le calendrier… Alors, le camarade ne va pas s’en priver.

Il n’a plus la cote ? Et alors ? Y-a-t-il une seule personne au sein du PS capable de se déclarer candidat contre François Hollande président sortant, et d’imposer au PS d’organiser des primaires l’opposant au président de la République en cours de mandat ? Vous pouvez rêver…

El Blancos est un pur gadget, magnifiquement embauché par le cynique François Hollande pour jouer le rôle de l’idiot utile. Il va l’user jusqu’à la corde, et le jettera quand il voudra, comme il voudra. Manuel Valls alias El Blancos, qui n’a aucun appui dans le PS, est un leurre. Alors qu'il doit son semblant de côte à la Droite, il a fini de se piéger tout seul en proposant de changer le nom du PS ou de gouverner avec Bayrou. Tchao kleenex !

La seule qui pourrait, c’est Martine Aubry. Elle agite beaucoup les réseaux ces temps-ci, et veut refaire une bonne opération pour le congrès du PS, base sur laquelle elle jouera son influence. Mais est-elle en position de créer un rapport de force tel qu’elle amènerait François Hollande à renoncer à se présenter ? Et comment ferait-elle ? François Hollande, tout en faisant campagne comme un damné, jouera la carte de « moi, je gouverne, ce n’est pas encore le temps de la campagne », bloquant tout initiative du genre des primaires, alors que ces élections internes doivent être faites bien en amont du scrutin. Et puis cette ombrageuse a-t-elle envie de se lancer dans une bataille aussi incertaine ? Elle n’en montre aucun signe.

Alors reste le cas de François Hollande qui s’écroule, mais je n’y crois pas. Les institutions ont totalement blindé la fonction présidentielle, et comme ses adversaires politiques rêvent de cette fonction, ils ne prendront pas le risque de l’affaiblir.

Bon courage donc à la brave piétaille soc’… qui doit s’apprêter pour 2017 à scander en chœur « Hollande président, le changement c’est pas maintenant »…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, novembre 3 2014

Edito - J - 1 : Républicains / Démocrates : deux campagnes opposées

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Le choix entre les deux promesses de fond des deux partis a rarement été aussi clair.

Les candidats Démocrates disent aux électeurs : "soyez comme nous".

Les candidats Républicains disent aux électeurs "nous sommes comme vous".

Tout est résumé par ce choc des messages.

Les Démocrates demandent aux électeurs de faire des efforts de patience, de compréhension, de réalisme ...

Les Républicains sont les portes voix des électeurs : "le retour de Rambo" sur le plan international, la liberté de l'économie donc la relance de l'emploi, la fin d'un État fédéral lourd et complexe ...

C'est simple, un rien démago mais cela fonctionne de nouveau alors que cela n'avait pas été le cas en 2012.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 2 2014

Editi - La tragi-comédie européenne dérisoire et révélatrice sur les budgets

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Ces dernières semaines, les capitales européennes n’ont pas cessé de débattre de leur budget et de celui des pays voisins. Les nouvelles règles européennes (six pack, two pack et le TSCG) ont révolutionné la façon de préparer cet élément fondamental de notre vie commune qu’est le budget d’une nation.

Règles et relativité

Comme au début des années 2000, quand Berlin et Paris avaient délibérément ignoré les règles du Pacte de Stabilité, les règles européennes semblent être faites pour ne pas être respectées. Cela a déjà été le cas pour la plupart des pays qui ont eu recours à « l’aide » européenne pendant la crise des dettes souveraines. L’Espagne était sensée atteindre 6 % du PIB de déficit en 2012, 4,5 % en 2013 et 3 % en 2014. Elle sera à 5,7 % cette année. Idem pour la Grèce ou le Portugal. Mais depuis 2013, la contagion touche désormais les pays qui ne sont pas passés sous les fourches caudines de la redoutable troïka. Les objectifs ne cessent d’être repoussés à Paris, à Rome, à Vienne et ailleurs.

La France est un des cas les plus frappants puisque Pierre Moscovici avait annoncé un déficit à 3 % du PIB en 2013 à son arrivée à Bercy. Un an plus tard, il a reconnu qu’il faudrait attendre 2015, et un an plus tard, Michel Sapin a encore repoussé l’objectif de deux ans. De manière effarante et ironique, c’est Pierre Moscovici, l’architecte de l’échec financier de la France, qui est devenu le très improbable Commissaire Européen à l’économie. Quel meilleur signe de l’irresponsabilité et de l’inconséquence de l’UE ? Tout ceci pose un gros dilemme à l’UE : que faire face au non-respect par Paris de ses objectifs ? Cette semaine, Michel Sapin a lâché 3,6 milliards pour éviter toute sanction.

Un système fou

Le système actuel a démontré son échec, exactement comme les opposants à l’austérité, dont j’ai fait partie dès le début, l’avaient anticipé. Fin 2009, j’écrivais, sur la Grèce, que « la déflation compétitive (…) serait extrêmement brutale et aurait sans doute des conséquences sociales violentes » et en mai 2010 que le plan « ne fait que repousser les problèmes à plus tard en les aggravant ». C’est le paradoxe de cette situation où les politiques de réduction des déficits demandées par l’Europe provoquent une déprime économique qui empêche directement l’atteinte des objectifs définis par ces mêmes politiques ! C’est sans doute pour cela que les écarts finissent par être admis car ils sont généralisés.

Ce faisant, tout le monde est perdant. L’UE, parce que presque personne ne respecte ses objectifs, la faisant apparaître comme l’avocate d’une austérité sans cœur, inefficace et impossible à respecter. Mais cela lui permet aussi de gagner de nouveaux pouvoirs, même si elle rechigne parfois à les utiliser. Les pays parce qu’ils apparaissent comme des mauvais élèves et qu’ils ont cédé une partie de leur autorité. Et les peuples européens souffrent depuis 2008, ne parvenant pas à sortir d’une crise dont l’origine leur est étrangère mais qui y restent de manière bien spécifique.

Tout ceci a pour seul mérite de montrer que l’Europe politique n’a pas de sens étant donnée l’hétérogénéité des situations. Elle ne fait que créer une complexité dysfonctionnelle et déresponsabilité pour les dirigeants nationaux et européens, qui en viennent à torturer leur propre population.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 29 2014

Edito - J - 6 : Barack Obama et le tournant des relations internationales

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La démocratie Américaine a parfois des penchants populistes. Dans d'autres domaines, elle est pourtant un lieu d’excellence. C’est le pays qui compte le plus d’universitaires brillants consacrant leurs talents à examiner les enjeux de chaque géographie de la planète.

C’est en matière de relations internationales que les néo-conservateurs ont été les plus productifs.

Des universitaires constituent une sorte de «shadow cabinet» permanent pour les républicains. Ils reprochent aux Démocrates une vision erronée des relations internationales manquant de réalisme dans les rapports de forces permanents. L’angélisme de Carter est leur reproche fondamental. Cette mention évoque les images terribles de l’opération «Blue Light» du 24 avril 1980 destinée à libérer des otages, échouant lamentablement dans le désert à Tabas, devenant le symbole d’une Amérique humiliée. Jamais depuis le Vietnam, l’opinion Américaine n’avait vécu un tel choc.

Une humiliation qui allait ouvrir les portes au Reaganisme avec le retour à la force militaire des États-Unis.

Les valeurs sont simples. Tout d’abord, ils surveillent attentivement la Russie pour ne pas permettre «la résurrection du dinosaure».

De façon générale, sur tous les terrains délicats, la priorité est celle de l’endiguement (containment).

Il s'agit d'une approche basée sur le rapport de forces.

Il ne s’agit pas de parler de dissuasion mais de victoire.

Il ne s’agit pas d’évoquer une quelconque parité mais d’établir la supériorité Américaine.

Il ne s’agit pas de laisser place à une riposte mais à l’action offensive.

Toute autre approche est tournée en dérision car trop éloignée des dures réalités des relations internationales.

La force de cette approche date du début des années 80. Les républicains ont perdu de la superbe. Les démocrates ont beaucoup recruté parmi les professeurs d’Harvard. John Kennedy a McGeorge Bundy. Jimmy Carter a Zbigniew Brzezinski qui a débuté à Harvard.

JFK WH

L’Institut Hoover a été fondé en 1919 par Herbert Hoover. Installé sur le campus de Stanford, l’Institut avait tissé des liens étroits entre 1967 et 1975 avec un Gouverneur de Californie, Ronald Reagan. Lorsqu’il est élu Président le le 5 novembre 1980, l’Institut gagne la reconnaissance dans la qualité de ses analyses qui ont inspiré le candidat et qui vont guider le Président.

Dans son équipe, les membres de l’Institut sont aux postes clefs. Glenn Campbell, alors Directeur de l’Institut, cumule de nombreuses fonctions officielles. Au sein du Comité des Relations Internationales, les membres de l’Institut vont compter 25 % des effectifs. Du jamais vu.

Les années Reagan vont d’abord être celles de la renaissance de la vitalité Américaine et celles conduisant à l’effondrement du communisme.

En 2008 comme en 2012, Barack Obama a respecté cette culture des relations internationales. Durant son 1er mandat, la neutralisation de Ben Laden a été un totem.

Mais depuis le début du second mandat, Barack Obama s'est éloigné de tels repères. Et le 4 novembre, il va en payer le prix politique le plus fort.

Les relations internationales vont occuper une place décisive dans le choix du 4 novembre. Rarement à ce point.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 27 2014

Edito - J - 8 : Etats-Unis : le pays où le réel importe moins que ce qu'on croit qu'il est

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Dans 9 jours, la première puissance mondiale et la première démocratie au monde va probablement connaître un scrutin historique en infligeant une défaite cinglante au parti présidentiel.

Fort de cette évidence qui s'annonce à grand pas et qui sera une immense débâcle électorale à l'issue d'une campagne dépourvue de scénarisation pour les démocrates, je profite de l'occasionner qui m'est offerte pour détailler les traits caractéristiques de cette belle démocratie.

Le 1er trait est que le réel importe moins que ce que l'on croit qu'il est.

Une campagne électorale c'est en permanence la bataille entre l'objectivement probable et le subjectivement certain.

Le candidat qui gagne la bataille du subjectivement certain gagne l'élection même si le réel objectif ne correspond pas à ce subjectivement certain.

Parce que ce subjectif est fort, la communication occupe une place décisive.

Aujourd'hui, le subjectivement certain, c'est qu'Obama est :

- un facteur d'amateurisme sur le plan intérieur,

- de fragilité sur le plan international.

En 2012, c'était le contraire. Obama était alors le 1er Président à être parvenu à concrétiser la réforme de la santé et celui qui a "neutralisé" Ben Laden. Il était alors subjectivement un vrai "Commandant en Chef".

Depuis l'Obamacare a eu des échecs au point de justifier le départ de Kathleen Sebelius.

Quant à l'international, Obama est allé jusqu'à annoncer qu'il "n'avait pas de stratégie".

Ces deux faits bien scénarisés par les Républicains ont accrédité l'image qu'Obama = Carter.

Et depuis l'installation de ce sentiment pourtant faux, c'est la grille de lecture qui met en ordre l'actualité.

Le réel prouve une fois de plus qu'il est battu par ce que l'on croit qu'il est.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 25 2014

Edito - Budget : La Commission européenne ne fait que rappeler la règle du jeu

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Hier, François Hollande et Matteo Renzi fulminaient contre la Commission européenne qui avait osé leur adresser une lettre les invitant à rectifier leur projet de budget. Atteinte intolérable à la souveraineté nationale ! Sauf que la Commission se contente de mettre en œuvre les procédures… adoptées par les dirigeants politiques des États européens. C’est en effet très clair : au fil du temps, les États ont créé un système donnant compétence à la Commission pour les réguler. François Hollande et Mattéo Renzi, sont deux souris prises au piège qu’elles ont inventé.

Tout part du traité de Maastricht… en 1993

Pour instaurer la monnaie unique, il fallait que les économies nationales, déjà très interdépendantes, aillent dans le même sens. Le traité de Maastricht a ainsi créé le « pacte de stabilité et de croissance » fixant des critères de convergence des économies, avec un déficit public fixé à 3 % du PIB et une dette publique brute à 60 % de la richesse nationale. Ce pacte prévoyait des sanctions en cas de non-respect… Hahaha…

L’étape suivante a été la création d’un calendrier, permettant une concertation véritable pendant la la préparation des budgets. C’est le fameux « semestre européen » : on fixe un point d’étape tous les six mois, et on dote la Commission d’un bel outil, neutre, l’examen annuel de croissance (EAC), qui permet de rectifier les prévisions, souvent trop optimistes, des gouvernements. Fin 2012, dans son EAC, la Commission européenne proposait cinq priorités : assainissement budgétaire différencié propice à la croissance ; promotion de la croissance et de la compétitivité ; lutte contre le chômage et les conséquences sociales de la crise, rétablissement de conditions normales d’octroi de crédits à l’économie ; modernisation de l’administration publique. Donc chaque État va à sa guise, mais respecte le cadre qu’il a confié à la Commission de fixer.

« Six pack » et « two-pact »

C’était bien, mais trop mou du genou, comme l’ont montré les crises grecque et portugaise. Les politiques ont adopté deux ensembles de textes, le « six pack » en 2012 et le « two-pack » en 2013. Chaque fois, on trouve : l’initiative du Conseil européen – l’organe politique de l’Europe –, le vote des parlements nationaux, et le vote du parlement européen. La Commission qui ne prend pas le melon : elle applique les textes que les politiques ont adoptés.

Le « six pack » permet à la Commission de demander des corrections aux projets de budgets, et inclut un volet répressif, autorisant la Commission à lancer, après deux rappels, la procédure dite « d’application rigoureuse ». Dans ce cas, l’État doit verser une garantie portant intérêt, et le texte organise un système pour que le Conseil européen ne puisse s’opposer à ces sanctions. Toujours le même jeu : les États se méfient d’eux-mêmes, et renforcent les pouvoirs de la commission.

Le « Two Pact » est entré en vigueur le 30 mai 2013, donc hier. Il prévoit un suivi très intrusif, et des sanctions.

Les États doivent adoptent leur projet de budget avant le 15 octobre. La Commission examine alors ce projet et émet un avis avant le 30 octobre, pouvant demander des modifications. La Commission diffuse les projets pour que chaque État soit informé et puisse faire pression sur les vilains canards qui pataugent à plus de 3 %. Le débat dure un mois, jusqu’à la fin novembre. Par ailleurs, pour éviter la gonflette des prévisions de croissance, les États doivent se fonder sur des prévisions de croissance indépendantes et soumettre son budget à un organisme indépendant de contrôle budgétaire. En France, a été créé le Haut Conseil des Finances publiques… lequel s’est prononcé, en disant que le budget n’était pas sincère.

Comme si ça ne suffisait pas, les États ont adopté le pacte budgétaire inclu dans le Traité sur la stabilité, la gouvernance et la coopération (TSCG), qui prévoit que les États doivent disposer de budgets équilibrés, une « règle d’or » européenne qui doit devenir réalité en 2018, avec des sanctions financières à la clé. Wahou…

Bilan ? L’État reste souverain, et le Parlement vote le budget qu’il veut. Mais c’est une crise politique ouverte si un État fait un bras d’honneur… aux règles qu’il a lui-même créées, et qu’il devrait respecter de lui-même par honneur pour sa signature.

Le cas de la France

La France fait partie des 8 pays placés « sous procédure de déficit excessif », car trop loin des 3 %. Elle propose 4,3 % de déficit public en 2015 et un passage sous la barre des 3 % reporté à 2017, les deux chiffres étant irréalistes.

Jyrki Katainen, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a écrit François Hollande :

«Je vous écris pour vous demander les raisons qui ont conduit à ce que la France prévoit de dévier des objectifs budgétaires fixés par le Conseil, en ce qui concerne à la fois le déficit public général, et l’ajustement de l’équilibre structurel en 2015. Je voudrais également savoir comment la France prévoit de se conformer à ses obligations de politique budgétaire en 2015, conformément au pacte de stabilité et de croissance.

«A partir de la proposition française, il ressort que l’ébauche de proposition budgétaire ne prévoit pas de ramener le déficit public global sous la barre des 3% du PIB définie par les traités d’ici 2015, qui correspond à la date butoir fixée par le Conseil dans ses recommandations du 21 juin 2013 – avec l’objectif de mettre fin à la procédure de déficit public excessif pour la France».

«D’après notre analyse préliminaire, l’ajustement du déficit structurel devrait ressortir à un niveau bien inférieur au niveau recommandé. Dès lors, tout porte à croire que l’ébauche de programme budgétaire pour 2015 prévoit de manquer aux obligations budgétaires qui découlent des recommandations du Conseil, sous la procédure de déficit public excessif».

Le dialogue va se poursuivre. Si la Commission n’est pas convaincue, elle rendra un « avis négatif ». Hollande pourra répondre « Je m’en tape, le Parlement est souverain », ce qui est exact. Mais la Commission ne fait que rappeler à la France les règles que la France avait estimées nécessaire pour tenir l’économie.

Au lieu de taper sur la Commission, qui ne fait que son travail, François Hollande et Mattéo Renzi – s’ils avaient un peu de courage politique – devraient ouvrir des discussions au sein du Conseil européen pour modifier les règles, dégager le « Six pack », le « two-pact » et le pacte budgétaire inclu dans le Traité sur la stabilité, la gouvernance et la coopération (TSCG). Là ce serait assumer,… quitte à payer le prix. Mais protester contre la règle sans demander que la règle change, c’est nul.

Chiche ?

Le Rédacteur en cgef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 8 2014

Edito - La paradoxale avancée de l’agenda néolibéral

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Depuis quelques mois, alors que l’agenda austéritaire et néolibéral a plongé le continent européen dans une récession prolongée, on pourrait penser que les idées alternatives ont un boulevard. Las, il semble que pour soigner le mal, plus de ce même mal s’impose pour le moment comme la solution !

Le retour des austéritaires

C’est un immense paradoxe. Entre la révolution copernicienne du FMI fin 2012, qui a remis en cause ses recommandations en partant du constat que les politiques austéritaires avaient un effet dépressif bien plus important que prévu, les rendant contre-productives, et le marasme dans lequel les économies européennes se sont enfermées en cherchant à réduire les déficits, l’agenda défendu par Paul Krugman devrait s’imposer. Mais non, même s’il faut reconnaître que l’Union Européenne accepte pour le moment que les objectifs de réduction des déficits ne soient pas atteints aussi vite que prévu, en Grèce, en Espagne ou en France, la tonalité actuelle du débat semble marquer un effarant retour en arrière. Il faut dire que la dramatisation ridicule du passage du cap des 2000 milliards de dette n’aide pas.

Même si le gouvernement a repoussé en deux temps l’objectif d’un déficit à 3 % du PIB, de 2013 à 2015, puis 2017, la direction de la politique budgétaire reste désespérément à l’austérité, même si elle n’est pas aussi brutale qu’à une époque ou ailleurs. Jacques Sapir décrypte de manière remarquable le paradoxe de cette époque, où l’échec des politiques d’austérité, qui, en cassant la croissance, ont même du mal à réduire les déficits en pénalisant les rentrées fiscales, donne du grain à moudre aux austéritaires qui appellent à plus d’austérité, comme on peut le voir à l’UMP, dont tous les candidats demandent une baisse d’au moins 100 milliards de la dépense publique, qui, selon les calculs du FMI, provoquerait une chute de 4,5 à 8% du PIB. Il est effarant d’oublier Keynes et les leçons du passé récent.

Toujours plus de laisser-faire

Mais la cause des austéritaires n’est pas dénuée d’arrières-pensées, comme on a pu le constater dans le traitement délirant du passage du cap de 2000 milliards de dettes. Beaucoup d’austéritaires sont en fait des opposants à l’État, des partisans du laisser-faire et du laisser-passer, qui voient dans la crise actuelle une opportunité pour faire reculer le défenseur de l’intérêt général pour faire avancer leur agenda de recul de l’État généralisé. C’est ainsi que Le Monde, comme Le Figaro, ont profité de l’occasion pour développer les idées de vente du patrimoine de l’État ou même de libéralisation des monopoles publics. On en trouvait les prémisses dans le débat sur le ras-le-bol fiscal ou la compétitivité.

Bien sûr, ce discours est largement tenu par la droite aujourd’hui, mais il faut noter que la gauche dite de gouvernement adhère largement à cet agenda. Pierre Moscovici avait légitimé le ras-le-bol fiscal. François Hollande semble vouloir jouer son quinquennat sur l’amélioration de la compétitivité, virage déjà entamé avec le rapport Gallois. Et le Parti Socialiste, qui, de 1997 à 2002, avait plus privatisé que la droite, semble se préparer à une nouvelle vente du patrimoine de l’Etat, alors même que le bilan de la privatisation des autoroutes est absolument désastreux, puisqu’elles n’aboutissent qu’à créer des rentes pour des groupes privés qui réalisent des bénéfices indécents sur le dos des usagers.

Comme le souligne l’économiste Dani Rodrik dans La Tribune, tout le paradoxe de la situation est finalement, que l’écteur moyen, en continuant à voter pour des partis qui mettent en place cet agenda, soutiennent de facto la cause des plus riches. Mais cela ne durera pas, comme le montre l’émergence de Podemos.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, septembre 23 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : le retour du communiquant affairiste dans sa bulle

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En mars 2012, le président sortant promettait qu’il se retirerait de la politique s’il perdait la présidentielle. Un mensonge de plus pour celui qui semble devoir être le candidat de l’UMP en 2017, et qui s’est livré à une grande opération de communication hier soir avec la complicité de Laurent Delahousse.

Service public de… république bananière

France 2 a fait un beau coup en obtenant la première interview de l’ancien président de la République pour son retour sur la scène publique. Il est évident que les audiences seront bonnes. Mais malheureusement, la déontologie n’en sort pas grandie, Laurent Delahousse ayant davantage joué le rôle de faire-valoir plutôt que celui du journaliste faisant son travail. Certes, quand il a eu le culot d’évoquer les 500 000 chômeurs de plus depuis 2012, il a tout de même rappelé qu’il y en avait eu 750 000 de plus sous son mandat, mais l’ancien président a pu s’abriter derrière la crise de 2008. Et il a laissé passer l’attaque culottée sur le pouvoir d’achat, qui était sa promesse de 2007, pas mieux tenue alors. Enfin, en bon petit soldat du néolibéralisme, il a demandé s’il fallait une « thérapie de choc » : le Medef le remercie…

Il a évoqué les affaires certes, mais il lui a aussi demandé s’il était toujours sur écoute, ce qui a permis à l’ancien président de jouer la victime. Et quand il s’est plaint du non remboursement de sa campagne malgré le soutien de 18 millions de Français, il ne lui a pas rappelé que cela était la conséquence du dépassement du seuil légal de dépenses. Et il a aussi laissé passer l’argument selon lequel s’il était inquiété par les affaires, il ne reviendrait pas à la politique, alors qu’il pouvait lui répliquer en lui disant qu’il n’était peut-être pas in intéressé par l’immunité que confère la présidence. Bref, Laurent Delahousse a été complaisant, laissant même passer son ignorance du nom de Bygmalion sans le relancer sur le montant de ses dépenses de campagne. Et je ne parle pas des récents développements de l’affaire Tapie

Opération communication

Les fils de l’opération de communication étaient extrêmement grossiers. Nicolas Sarkozy s’est présenté comme étant contraint de revenir dans le jeu politique du fait de la gravité de la situation du pays et de sa famille politique. Dans la réalité, son objectif est simple : face à l’émergence d’Alain Juppé, il préfère prendre les devants et prendre le contrôle du parti pour être dans la meilleure position en vue des primaires. Il faut dire qu’à l’UMP, être aux commandes semble avoir une influence sur les résultats des élections internes… Et on voit mal comment le désastre de l’automne 2012 ne peut être sans aucun rapport avec la façon dont le parti avait été dirigé directement ou indirectement par Nicolas Sarkozy

Du coup, ce dernier espère effacer les turpitudes du passé en changeant de nom et en mettant en avant quelques nouvelles personnes. Bref, il espère faire croire qu’un ravalement de façade superficiel vaut pour un véritable renouveau… Et finalement, c’est ce qui est le plus frappant sur cette interview nombriliste : le candidat déclaré est complètement coupé de la réalité, dans sa bulle, si loin de la réalité qu’il n’avance pas la moindre idée, si ce n’est loucher sur Berlin, « ce meilleur de la classe à qui on demande de moins bien apprendre ses leçons », et qu’il fantasme sur le départ des jeunes, qui ne concerne qu’une infime minorité. Rien de nouveau sous le soleil : il communique au lieu de faire de la politique.

Certes, Nicolas Sarkozy dit avoir tiré les leçons du passé, mais il s’abrite derrière la crise pour justifier ses échecs. Il reconnaît même avoir été un peu brusque, mais il s’agit uniquement d’une posture destinée à lui donner le rôle du sage qui aurait de l’expérience et du recul. Une sacrée ficelle à faire passer !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 21 2014

Edito - Nicolas Sarkozy ou le retour d'un mort-vivant

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François Hollande a repris la politique de Nicolas Sarkozy,… et voilà Nicolas Sarkozy qui reprend le discours de François Hollande… Vous avez sûrement lu le texte de Nicolas Sarkozy sur Facebook ? Moi, oui. On dirait du pur Hollande. Un plan marketing à la noix…

C’est d’ailleurs bizarre qu’il ait choisi de communiquer par un texte, car tout le monde sait qu’il n’écrit pas lui-même. D’où cette première question : qui est la plume ? Visiblement, ce n’est plus Henri Guaino l’exalté, car le texte c’est vraiment de l’eau de boudin tiède.

Le texte a un côté première année de science Pipo, assez rigolo. « C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique »Eh bien deux ans de réflexion pour pondre ça, ça promet pour la suite ! Pas mal non plus : « On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective ». , c’est niveau Bac philo, pour les derniers de la classe ! Et bien sûr rien sans le roudoudou d’amour, tellement tendance : « J’aime trop la France »…. « Aime-moi vite, le jour se lève… » Çà me rappelle les belles années du lycée…

Normalement, je devrais republier sur ce blog (que vous pouvez voir et à revoir dans l'onglet ci-dessus dans "vous avez sûrement "lu le texte") ce chef d’œuvre de niaiseries, car il est l’expression même de la fragilité du projet Nicolas Sarkozy. Certes, le mec a du métier. Bien sûr dans le contexte économique et social des années qui viennent, tout peut arriver. Mais le plan Nicolas Sarkozy est en réalité bien plombé. Nicolas Sarkozy le battu de 2012 qui devient un espoir pour 2014, va falloir ramer.

Ça va commencer par un peu d’ivresse

Nicolas Sarkozy va reprendre l’UMP. Il l’a dirigeait de manière interposée via Jean-François Copé, alors il connait bien. Son seul adversaire est Bruno Le Maire, un type correct, mais qui n’a pas avec lui les bataillons de militants… Tous les ennemis de Nicolas Sarkozy jouent la carte légitimiste – Vive le parti et ses statuts – justement car ils veulent via les statuts imposer les primaires à Nicolas Sarkozy. Aussi, le congrès sera facile et quasi bon enfant, genre la belle Droite est de retour.

L’UMP, qui aura sans doute changé de nom, va ensuite engranger des victoires électorales, et Nicolas Sarkozy pourra faire le malin… alors que ce sera juste le mouvement de bascule liée aux dramatiques errances de François Hollande et El Blancos. Le Sénat va passer à Droite en septembre, puis suivront les régionales et les cantonales : autant de victoires annoncées pour l’UMP.

Mais pour la présidentielle, c’est une autre affaire

Le bilan accablant de Nicolas Sarkozy est encore sous nos yeux, et « c’est du lourd » politiquement, économiquement et socialement. Qui peut imaginer Nicolas Sarkozy réussissant en 2017 ce qu’il n’avait pas su faire cinq ans plus tôt ? Les salades sur l’unité du pays, c’est facile, mais quel crédit donner à Nicolas Sarkozy sur la seule question qui vaille, la politique économique et sociale ?

Et puis quel positionnement politique ? Le Sarkozy nouveau ne doit pas être celui de 2002, d’où tout le laïus sur le thème « j’ai changé ». D'accord, mais qui peut y croire ? Et quel personnage créer ? Un blaireau genre François Bayrou, mais plus à Droite ? Quelle crédibilité ? Et qui va cadenasser le mec pour que le naturel ne revienne pas au galop ?

Reste les affaires judiciaires, diverses et variées, avec deux solides de corruption de l’ami Gilbert Azibert et d’abus de confiance, pour avoir fait payer par l’UMP sa part de condamnation personnelle après le rejet du compte de campagne des présidentielles. Là, la partition est connue : c’est celle de Berlu. Taper à fond sur les juges, et crier au complot. Comme la justice est le plus critiqué des services publics, ça peut marcher. Mais politiquement c’est nul, et indigne d’une personne qui concourt à la fonction présentielle.

Nouveau chapitre, donc, avec le pataquès du Sarko Circus, et c’est vraiment une bonne nouvelle pour François Hollande : les médias vont trouver un nouveau dérivatif.

Finalement, cette lettre en dit beaucoup des approximations du projet de Nicolas Sarkozy : un discours mièvre, la recherche improbable d’une nouvelle image, l’occultation du bilan et une absence de projet économique et social. Le gout de la revanche, c’est bon pour un championnat de foot, pas pour la vie politique de l’État.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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