samedi, janvier 10 2015

Edito - France : une société bloquée, une représentation figée

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En début de semaine, le Congrès américain issu des élections de novembre 2014 a été installé.

Quelques traits forts :

- 104 femmes soit le record historique de la présence féminine,

- une diversité d'âges, de professions amplifiée,

- une diversité apparente de plus en plus forte.

Avant d'effectuer ce constat, il faut en effectuer un autre : que de temps a-t-il fallu pour qu'il en soit ainsi. Des repères précis s'imposent et, à certains égards, ils sont irréels :

- 1984 : 1ère femmes candidate à la Vice-Présidence : Geraldine Ferraro

- 1997 : 1ère femme à la fonction de Secrétaire d’État : Madeleine Albright,

- 2005 : 1ère femme afro-américaine à la fonction de Secrétaire d’État : Condoleezza Rice,

- 2007 : 1 ère femme élue à la fonction de speaker donc de Présidente de la Chambre des Représentants,

... 2015 : 104 femmes au Congrès !

Et dans cette évolution, les États-Unis ont élu un Président métis (Barack Obama) et une "banalisation" des Gouverneurs de couleur : Deval Patrick, Bobby Jindal...

Face à ces dates, que sont les dates françaises :

- jamais une femme à la tête de l'une des Chambres (Sénat ou Assemblée Nationale),

- une seule femme à Matignon dans toute l'Histoire de la République française,

- il faut attendre Christiane Taubira donc 2012 pour qu'une femme de couleur soit à un ministère dit régalien,

Au moment où il est question à juste titre de la meilleure compréhension entre des communautés différentes, il n'est pas possible de constater de tels décalages dans la représentation de la société.

Il ne s'agit pas d'aller vers le dupliquage d'une représentation morcelée de la société. Mais la représentation peut-elle demeurer elle-même quand elle est aussi éloignée des réalités du terrain ?

C'est un sujet qui mérite une attention prioritaire au moment où la désertion des isoloirs progresse toujours.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, octobre 16 2014

Edito - Mamy Sarko fait joujou avec le référendum

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Entre deux conférences à 100.000 euros – garanties éthique pur sucre – Mamy Sarkozy est revenue faire son show devant ses fan-clubs, en transe. Le problème pour lui, est que le reste de la France de l’écoute plus… Le mec qui a ruiné et cassé la France, qui a perdu toutes les élections jusqu’à se faire virer, est dépassé et du passé.

La cata pour lui est que son recul projette Alain Juppé dans la lumière, et Mamy Sarkozy tente les grandes manœuvres en sortant l’arme populaire… le référendum.

S’il est élu en 2017 (Si… D'accord ?), Mamy Sarkozy soumettrait aux Français trois référendums : la fusion des conseils régionaux et généraux, la mise en place de contreparties obligatoires aux prestations sociales et la baisse du nombre de parlementaires.

C’est idiot.

Quand on connait les défis économiques et sociaux qui attendent la France, pourquoi ces trois sujets, assez anecdotiques ?

Un référendum pour fondre les conseils régionaux et généraux ? Pourquoi la loi ne suffirait-elle pas ? Idem pour la réduction du nombre des parlementaires. Notre Mamy Sarkozy devrait plutôt faire une proposition chiffrée, redessiner la carte des nouvelles circonscriptions, et aller gentiment expliquer le tout aux parlementaires UMP virés. Ce serait assez rigolo… Quant à celui sur les contreparties aux prestations sociales, c’est encore la litanie sur les salauds de pauvres… Il serait d’ailleurs matériellement impossible de faire un référendum opératoire, car il faudrait répondre oui ou non à un sujet qui regroupe une immense diversité de situations.

Mais ce qui est le plus gros, c’est que Mamy Sarkozy, du temps de sa présidence, a bafoué la souveraineté populaire avec le référendum sur l’Europe. Qui peut l’oublier ?

Le truc, c’était la réforme de l’Union européenne, ce qu’on avait pompeusement appelé la Constitution Giscard. Chirac avait embrayé pour un référendum populaire et le PS apportait son soutien. Résultat des courses : le 29 mai 2005, le référendum avait été rejeté avec 55 % de non. A peine élu, Nicolas Sarkozy avait repris le texte. Il a créé un subterfuge en démontant le texte initial pour le refourguer sous la forme d’amendements au texte ancien, totalement illisible. Persuadé qu’un référendum conduirait à un nouveau rejet du texte, il a choisi le 4 février 2008 le vote par le Congrès, la réunion des deux assemblées, qui lui assurait le succès.

Cette pratique constitutionnelle a été une véritable truanderie, et une étape majeure dans la constitution du bloc UMP-PS, avec tout ce qui suit.

Alors Mamy Sarko et le référendum ?… Parle à ma main !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE