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jeudi, février 5 2015

Edito - L'actualité de la clause de retour à meilleure fortune

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La Grèce met en relief à juste titre, et pour la première fois à ce point, trois facettes jusqu'alors marginalisées au sujet de la crise de 2008.

1) Dans le feu de l'incendie en octobre 2008, les banquiers d'affaires ont remarquablement pris en otages les dépôts des particuliers pour que le plan de sauvetage des banquiers d'affaires deviennent le bouclier des particuliers.

L'équipe de Barack Obama était en pleine installation. Elle avait besoin de passer des messages pour sécuriser les marchés. L'orthodoxie a donc primé.

Tim Geithner livre

2) Dans cette orthodoxie, deux réflexes ont dominé. D'une part, ne pas ouvrir le dossier de fond sur la vraie responsabilité des acteurs de la crise : politiques et milieux d'affaires seraient fragilisés. Par conséquent, le "filet de sécurité" a fonctionné pour tous. Mais la crise de septembre 2008 avait débuté de façon manifeste dès le 1er semestre 2007 quand les défauts de paiements sur les crédits hypothécaires se multiplient aux États-Unis et provoquent les premières faillites d'établissements bancaires spécialisés. Mais aussi quand en juin 2007 la banque d'investissement Bear Stearns annonce la faillite de deux fonds spéculatifs.

D'autre part, donner à l'opinion publique l'image d'une nouvelle rigueur en exposant une intransigeance sur des États qui devenaient les caricatures des fauteurs de troubles dont la Grèce.

3) Cette logique a créé une chape de plomb de pensée unique que la Grèce est la 1ère à remettre en question à l'exemple de la clause de retour à meilleure fortune qu'elle propose. C'est un dispositif solide, ancien, constructif mais qui suppose une forme de reconnaissance de la responsabilité de la part du prêteur. Or c'est cette forme de reconnaissance que des États ne voulaient pas assumer. La Grèce vient en une élection de changer la donne et c'est très sain qu'il en soit ainsi.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 24 2015

Edito - La France est-elle prête pour un mouvement comme Syriza ?

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Pour bien répondre à cette question importante, il faut identifier le sens de la dynamique Syriza. Ce n'est pas une "mode de gauche". C'est la réussite d'une course au peuple. En Grèce des leaders de gauche ont été capables de canaliser cette course au peuple. Mais le fond est la course au peuple qui veut se réapproprier sa démocratie.

Le véritable signal a été le Mouvement Tea Party aux États-Unis en 2009. C'est un mouvement d'une extrême importance qui repose sur un socle simple : les "bons citoyens contre les méchantes élites".

Des journalistes français engagés à gauche ont caricaturé à l'époque ce mouvement en mettant en relief des excès de certains candidats sur des sujets de société. Au-delà de ces clichés qui déformaient la réalité du mouvement, le Tea Party c'est une nouvelle démocratie sur trois principes :

- l’émergence de l’opinion consommatrice de résultats,

- la volonté de sanction de l’élite politique qui a été incapable de prévoir la crise, incapable de fixer une sortie rapide voire même une seule visibilité de calendrier de sortie et qui a échappé à la crise.

- le vote plébiscitaire : le scrutin est un referendum sur une ou deux questions et pas davantage. Le Tea Party était le vote sur la fiscalité et les pouvoirs de l’État fédéral. Syriza c'est sur l'austérité.

Sur ces bases, cette tendance peut-elle concerner la France ?

Oui.

Syriza c'est "je suis Charlie" mais sans l'étape du passage par l'isoloir pour ce dernier mouvement.

Ce sera une partie du vote Front National lors des cantonales.

Ce peut être l'avenir d'actuels mouvements comme Nous Citoyens ou Nouvelle Donne s'ils changent rapidement certains volets de leurs actions et de leurs images, voire de nouvelles initiatives à venir.

C'est une étape clef qui s'ouvre et que des associations locales vont devoir engager en France avec davantage de rapidité et de réactivité.

NB : Béziers notre ville (BNV) et Béziers dialogue citoyen (BDC) étaient dans une approche forte intéressante mais elles ont disparues depuis tellement longtemps et c'est bien dommage !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, janvier 21 2015

Edito - François Hollande ou le vrai socle du rebond : la victoire contre ... soi

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Quand une impopularité s'est installée au sujet d'un trait de tempérament d'un individu, le rebond naît d'abord dans l'apparence manifeste que la personne concernée a gagné contre ... elle. Donc elle a changé. C'est la victoire que l'opinion publique salue avec le maximum d'émotion.

A l'automne 1988, je participe à une réunion publique avec Jacques Chirac. L'ex-candidat à la présidentielle apparaît défait, détruit. Alain Juppé se tient quelques pas derrière lui et lui souffle même parfois des passages de son intervention. Le soir de la défaite contre François Mitterrand, son épouse avait dit : "les français ne l'aiment pas". Jacques Chirac était agité, cassant, trop pressé. En 1995, il gagne d'abord contre lui-même. Il est cool, sympa, proche. Il voyage seul dans le train pour ses déplacements en province. Il organise des tables de travail. Il fait même preuve d'auto-dérision. En mai 1995, Jacques Chirac est aimé des français et gagne.

En 2000, aux États-Unis, lors de la primaire, tout vouait McCain à une victoire facile face à GW Bush. Ce dernier est le "mauvais garçon" : élève moyen, Gouverneur modeste, fils peu proche de son père. Mais l'équipe de GW Bush va désamorcer les critiques en endossant un grief majeur (l'alcool) et montrer que GW Bush a gagné contre lui. D'un coup, cette victoire éclaire tout sous un autre angle : sa volonté, la place de la religion, la place de la famille dont celle de son épouse ... Le "brave gars" était né.

Quand un trait de tempérament inquiète l'opinion, dès que l'intéressé le gomme, la réconcilation est prometteuse.

François Hollande était "mou". Le voilà Rambo : c'est la plus manifeste victoire contre soi.

A partir de là en effet, une autre histoire devient possible.

Ce qui est intéressant en l'espèce, c'est que cette victoire coïncide avec un efficace redéploiement des supports de communication.

A ce rythme, dans cette ambiance, les cantonales de mars vont s'annoncer sous un angle très différent du défoulement initialement prévu.

C'est quand même très ludique de voir désormais l'opinion fluctuer ainsi, offrir des nouvelles chances en permanence. Reste à savoir pour quelle durée. Mais dans le cas de François Hollande force est de constater qu'une nouvelle page est manifestement ouverte.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 19 2015

Edito - François Hollande ou la communication finira-t-elle par avoir la peau de la réflexion ?

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Depuis une semaine, le "scénario de la guerre" nous est vendu comme une super-production. Avant hier à 13 heures 15, le supplément infos de France 2 était un "modèle" en la matière.

Le scénario est simple : François Hollande est transformé en chef de guerre pour lutter contre le pire ennemi qui soit : l'ennemi de l'intérieur. En 2012 son ennemi de l'intérieur c'était la finance. A-t-il seulement livré cette guerre annoncée (?), voilà qu'il en ouvre une seconde : celle des religions. Ou plutôt une quatrième puis-qu’entre temps il y avait eu la guerre perdue de la baisse du chômage puis celle pas encore livrée mais déjà annoncée de la guerre pour le climat (décembre 2015).

L'actualité serait morose et rasante. La "guerre" contre l'ennemi intérieur écrase cette actualité. L'opération "bouclier de France" applique les mêmes fondamentaux que le "bouclier du désert" en 1991. Les "enfants politiques de Mitterrand" retrouvent l'ambiance d'octobre 1990 quand toute la nation était soudée autour de son Président (Mitterrand) pour libérer les otages. Rien ne manque à la comparaison y compris les Le Pen qui se prennent les pieds dans le tapis dans de telles circonstances.

Mais quand la communication s'effacera-t-elle devant une réflexion ?

1) La réflexion suppose le pluralisme des appréciations. Ce pluralisme fait totalement défaut. Par exemple, les États-Unis commencent à expliquer pourquoi Obama n'aurait pas voulu venir le 11 janvier. Pas un mot en France sur ce volet.

2) la réflexion suppose une analyse calme avec des visions dans le temps, des plans de paix. Où sont ces analyses, ces visions, ces plans quand tout n'est qu'émotions immédiates ?

3) Et comme en France le soutien "vole au secours du succès", les sondages vont maintenant auto-entretenir le rebond dans l'opinion. Il y a même la formulation que François Hollande aurait "réussi la seconde élection" celle devant la crise ... Il faut quand même oser dans une démocratie.

La super-production marche à fond. Le "pays de la pensée" prend un surprenant visage quand il doit défendre la liberté d'opinion et d'expression.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 5 2015

Edito - Conférence Climat Paris 2015 : offrons des vacances à M. Hulot

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À force de crier au réchauffement, de mobiliser des fonds, plus personne n’ose dire : « On s’est trompé, le comité Nobel s’est trompé, on arrête tout ».

Sous prétexte de sauver la planète, en réalité pour une poignée d’écologistes, le Président va engager la France à porter des boulets supplémentaires pour les décennies à venir. Boulets que les États-Unis, en prétextant le refus du Congrès, mais aussi la Chine et bien d’autres refuseront totalement, frontalement.

Peut-on pour autant taxer d’égoïsme ces pays non signataires ?

Claude Allègre avait, il y a longtemps, dénoncé les conclusions du GIEC. Puis il y a eu de nombreuses publications scientifiques (de Vincent Courtillot, par exemple), de nombreux livres (François Gervais, "L’Innocence du carbone", ou plus ludique mais fort bien documenté, Michael Crichton, "État d’urgence"), et une pétition a rassemblé aux États-Unis 30.000 scientifiques s’élevant contre les affirmations du GIEC...

Plus récemment, un scientifique français reconnu, Philippe de Larminat, a publié un travail important (Changement climatique, identification et projections) d’où il ressort que l’effet du soleil sur le climat est beaucoup plus important que ne le dit le GIEC, et que l’effet de l’activité humaine est soit faible, soit nul.

La méthode utilisée, universellement reconnue dans de nombreux domaines, ne l’avait pas encore été sur le réchauffement : il a mis dans un ordinateur toutes les données (température, taux de CO2, activité solaire…) habituellement retenues, sans aucune hypothèse sur les mécanismes pouvant relier les unes aux autres, et a cherché quelles relations elles avaient entre elles. C’est-à-dire qu’il a fait un « simple » travail de compilation de données, d’où sont ressorties des corrélations : le réchauffement est lié aux variations de l’activité solaire, pas à l’activité humaine.

Jean Jouzel, prix Nobel de la paix au titre de sa participation aux travaux du GIEC, a déclaré au milieu de la dernière décennie : « Si le plateau continue pendant encore dix ans, Courtillot aura raison… Mais dans dix ans, il sera trop tard ».

Il voulait dire que si Courtillot avait tort, si l’homme était responsable du réchauffement, il serait trop tard pour agir.

Or, le « plateau » a continué, le niveau des températures est élevé, mais stable depuis 1998, et le discours reste le même.

Les surfaces estivales de glace en Arctique remontent très sensiblement depuis le minimum atteint en 2012, mais personne ne le dit.

Tout se passe comme si ces réalités et ces travaux n’existaient pas. Ces informations glissent sur les journalistes comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Parce qu’à force de crier au réchauffement, de mobiliser des fonds, plus personne n’ose dire : « On s’est trompé, le comité Nobel s’est trompé, on arrête tout ». Alors qu’ils se sont trompés, qu’il faut tout arrêter.

Il faudra bien se sevrer du pétrole, mais pour des raisons économiques et géopolitiques, pas pour des raisons climatiques.

Souhaitons un échec de cette conférence de Paris, que nos décideurs ouvrent les yeux et arrêtent de vendre notre avenir contre un plat de lentilles !

Offrons des vacances à M. Hulot !

Source : Yann Sergent / BVoltaire

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Le conte de Noël néolibéral de Jacques Attali

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Dès que j’ai entendu la publicité pour son dernier livre, « Devenir Soi », j’avais envie d’en savoir plus sur le dernier opus du conseiller de nos gouvernants, sans vouloir, quand même, perdre le temps pour le lire. Merci donc à Régis Soubrouillard, du quotidien Marianne, de l’avoir fait et d’en avoir tiré un papier si amusant.

Le refus de la société

Finalement, c’est ce tout ce qui transparaît de la théorie du conseiller de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Comme le rappelle Régis Soubrouillard, quand John Kennedy demandait de s’interroger sur ce que l’on peut faire pour son pays, Jacques Attali répond : « demandez-vous ce que vous pouvez faire pour… vous ». Pour l’homo néolibéralus, tout semble secondaire par rapport à son nombril : famille, concitoyens ou pays ne sont plus que des points de détail pour ces boules de pulsions et d’ego à dominante marchande. Jacques Attali semble remplir son livre de biographies indigentes et indigestes de personnes, d’Arthur Rimbaud à Bill Gates, qui se seraient accomplies pour démontrer sa thèse.

Mais cette avalanche de cas particuliers n’a pas le moindre intérêt démonstratif et ne montre pas en quoi « l’État ne pourrait rien ». Les États-Unis ou la Chine démontrent encore largement que la volonté nationale permet de faire beaucoup, tout comme de nombreux autres pays souvent bien moins puissants que ne le sont les pays européens dont la France, que ce soit en Amérique Latine ou en Asie. Régis Soubrouillard rappelle justement que la réussite de la Silicon Valley doit beaucoup aux investissements publics massifs de l’État, contredisant la bluette néolibérale individualisto-marchande que tente de raconter l’apprenti-sorcier Jacques Attali dont le rejet pathologique de l’État laisse perplexe.

Le refus de l’humanité

Ce faisant, ce livre fait penser à un autre, autrement plus intéressant et mieux argumenté, « La dissociété » de Jacques Généreux, sans doute un des meilleurs et des plus complets décryptages de cette société néo-libérale. L’intellectuel y insistait sur le fait que « la nature humaine est faite de l’interaction continue entre une aspiration à l’autonomie et une aspiration à l’association, entre la pulsion d’autosatisfaction et le désir de société, (…) le désir d’être soi et le désir d’être avec ». Jacques Attali représente la caricature de ces néolibéraux qui sacrifient sans vergogne l’être avec à l’être soi, « le délire narcissique exaltant l’autonomie et la toute-puissance du moi » pour reprendre Jacques Généreux.

Bien sûr, pour camoufler son individualisme infantile et barbare, le conseiller de nos princes équilibre son discours de considérations pseudo-religieuses, mais elles semblent être du calibre d’un touriste trop pressé qui reste à l’extrême surface des choses. Ne pouvant quand même pas ignorer la dureté de l’époque, il « dresse en effet un tableau très sommaire et complètement apocalyptique de l’époque : les dérives du progrès technique, la pollution, les guerres, le chômage, la criminalité, la ‘somalisation’ du monde ». Mais il est quasiment comique, pour ne pas dire ridicule, de penser que ce sont des individus isolés qui pourront en venir à bout. Ce sont nos sociétés de citoyens qui sont la réponse.

Merci donc à Régis Soubrouillard de s’être infligé ce pensum. La superficialité et la légèreté de son discours démontrent de facto que la « pensée » néolibérale n’est qu’un courant d’air, absolument vide. Bien sûr, elle domine le temps présent, mais elle finira par disparaître.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 22 2014

Edito - La finance prédispose-t-elle au sexe ?

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Selon un indicateur reconnu professionnellement, la bande annonce la plus vue sur YouTube en 2014 c'est celle de 50 nuances de Grey : 93 millions de vues depuis sa diffusion.

Un indicateur qui se situe dans la lignée des ventes du livre : aux États-Unis, pendant 37 semaines en tête des ventes des livres !

C'est une ambiance qui mêle Thomas Crown Affair et 9 semaines et 1/2 dans une évolution qui montre bien les tendances nouvelles de la société.

9 semaines 1/2, c'était la rencontre entre un trader et une bobo.

Thomas Crown Affair, c'était la culture de "l'anti-système", la passion du défi : un banquier peut-il voler une banque ?

Dans ces trois étapes, le sexe prend une place croissante mais surtout révélant des tendances qui en disent long sur la société moderne.

1) L'attraction progressive du matérialisme flamboyant : Thomas Crown est discret. Il va aux ventes de charité. Il aime les soirées sur les plages de Cape Cod à côté d'un feu de bois. Christian Grey c'est la puissance apparente : hélicoptère, séances photos ...

2) Hier le sexe trompe d'abord l'ennui (Thomas Crown et John Gray). Maintenant, il devient une fin en soi. L'inversion est presque totale.

3) Mais il y a une constante : le rapport entre la finance et le sexe. La finance serait sulfureuse au point de ne pas se limiter aux pratiques professionnelles mais de s'associer à des volets privés. C'est aussi le sentiment du choc de la glace (tempérament professionnel) et du feu (vie privée).

C'est quand même une constante étonnante pour des films cultes si on excepte des films exceptions comme celui inspiré de la vie de Stern. La profession choisie aurait pu changer. A la différence d'un financier, il aurait pu être question d'une profession médicale, d'un universitaire, d'un journaliste ...

Non, à la différence des ces évolutions possibles, la finance semble prédisposer au sexe de façon constante. Comme si, quand l'argent permet déjà d'acheter le matériel courant, il ouvrait en plus la séduction pour convaincre des âmes et des corps.

Avec humour, on pourrait dire que décidément le marché gagne sur tous les tableaux et en plus il s'expose de façon ostentatoire avec l'assentiment du public : la gauche française est donc vouée à lutter contre de terribles vents contraires si même le cinéma s'y met dans de telles conditions...Petite nuance à constater d'autres lectures, la gauche française aurait probablement bien vu un politique à la place du financier ... Peut-être le cinéma est-il en retard pour la France ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 13 2014

Edito - L'importance de la marche aujourd'hui à Washington

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"C'est n'être bon à rien que d'être bon qu'à soi-même" : cette formule de Voltaire est un peu excessive mais elle porte un sens qui mérite réflexion. Dans la nature humaine, il doit y avoir une dimension qui dépasse sa seule survie personnelle.

Aujourd'hui la marche à Washington pour lutter contre les traitements différents liés à la couleur de peau est un enjeu universel.

Pendant des décennies, notre civilisation a réfléchi sur la notion de progrès : le contenu, les menaces ...

Progressivement, ce qui a marqué les étapes importantes a été la reconnaissance de l__a primauté donnée à l'individu, à chaque individu.

C'est d'ailleurs la force de la religion chrétienne que d'avoir défendu à la fois__ l'universalisme, la reconnaissance de la différence et la place de l'individu.

Un individu responsable, unique, respecté par les pouvoirs.

C'est très surprenant et inquiétant de voir ce progrès remis en cause.

Il est remis en cause quand il y a place au doute sur l'existence de violences liées à une couleur de peau.

Quand des pouvoirs veulent imposer à des adultes majeurs responsables la façon de vivre leur vie en choisissant le partenaire qu'ils aiment.

Quand cette liberté individuelle devrait être fractionnée, vécue alors comme une sous-liberté, oui à l'union mais non à l'adoption.

Quand des services publics de l'enseignement sont faibles au point de laisser à la reproduction mécanique de statuts intellectuels ou matériels la sélection face à des formations.

Quand des fascismes religieux défendent une conception de l'islam où l'orgueil d'une religion serait de s'imposer aux autres.

Il y a des moments où l'importance d'enjeux devient le marqueur de défis aux progrès de notre civilisation.

Aujourd'hui à Washington, la marche pour l'égalité est l'un de ces enjeux.

En novembre 2008, je n'étais pas être présent le jour de la victoire Barack Obama. Mais un ami qui était à Boston, à ce moment là, m'a raconté que la fête qui a eu lieu au cours de la nuit (dès 22 heures, heure locale), est l'un des temps forts de ses souvenirs personnels. Il faut se remémorer que Barack Obama est et reste pour l'instant le premier président métis de l'Histoire des États-Unis à avoir été élu. Une frontière du rêve américain avait été franchie. Sous cet angle, l'émotion collective était forte, réelle, manifeste. C'est inquiétant que 6 ans plus tard une marche comme celle de Washington ce jour se produise encore sous une telle présidence.

Preuve si besoin était qu'en complément des symboles, l'implication individuelle de chacun est incontournable dans la vie de tous les jours pour que des progrès naissent et vivent.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 22 2014

Edito - Ici, ils se déchirent à 3 quand là bas ils sont déjà 23 ...

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L'inconnue majeure du moment réside dans la détermination du sous-étage où la France terminera et combien de temps elle mettra alors à se "remettre à niveau". Dernier exemple en date : le comportement hier de Bernadette Chirac : ne pas dire bonjour à un ancien Premier Ministre de la République parce qu'il "ose" être candidat aux cotés de "son" candidat. C'est d'un ridicule pathétique.

Mais surtout c'est l'illustration d'une mentalité de "propriétaire" du pouvoir qui est d'une extrême gravité. Il y aurait des personnes qui ont la responsabilité de savoir quel est le "bon candidat" pour les Français. Et la candidature des autres deviendrait une ... offense.

C'est une mentalité incroyable.

C'est comme les réactions des invités permanents de C à dire hier soir au sujet de Bruno Le Maire et Hervé Mariton : ils n'ont pas droit aux 20 heures. Trop "petits". Donc voués à le ... rester.

C'est la mentalité qui tue l'éclosion des talents.

Mais pour protéger "quels talents" compte tenu de l'état du pays, ses finances, ses affaires, son chômage ...

En France, pour 2017, au sein de l'UMP, ils sont 3 à candidater et à se déchirer en permanence.

Aux États-Unis, au sein du seul Parti Républicain, pour 2016, ils sont déjà ... 23 à être sur la ligne de départ.

La bonne question pour l'UMP serait : pourquoi ne sont-ils que 3 à cette étape ?

Comment un parti politique est-il capable de compter aussi peu de talents en son sein ?

Où sont les autres parce qu'un pays comme la France est-il capable de susciter aussi peu de vocations pour une fonction aussi décisive ?

A force de passer à côté des bonnes questions, ce pays cesse d'apporter les bonnes réponses. Et depuis longtemps.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 8 2014

Edito - A quand l'affirmation des femmes dans la politique française ?

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En une semaine, les États-Unis ont consacré l'accession des femmes au premier rang des responsabilités publiques :

- Wendy Sherman est nommée adjointe de John Kerry au département d’État,

- 100 femmes (!) sont élues au Congrès le 4 novembre,

- Loretta Lynch succède à Eric Holder au Ministère de la Justice.

Dans le même temps en France :

- primaire pour la présidence de l'UMP : pas une femme candidate,

- esquisse des profils de présidentiables pour 2017 : pas une femme en dehors de Martine Aubry qui se cantonne dans la posture du "ronchon perpétuel",

- bataille pour la présidence de l'UDI : pas une femme candidate, ...

Sur le plan local, schéma identique :

- la présidence de la CABEME comme la succession de Christian Bourquin au Conseil régional : pas de femme,

- A Béziers, Elisabeth Pissarro qui avait, pendant la campagne un charisme et une énergie hors du commun, s'est fondue dans le moule de la 3ème adjointe, discrète, voire muette,

- à la CABEME, aucune femme ne préside un groupe politique,

- seule Virginie Rozière, Montpelliéraine de 37 ans, tranche dans cette grisaille masculine en ayant un parcours politique intéressant et gagné un mandat de députée européenne.

C'est un terrible passif.

Lors des municipales, la liste conduite par Robert Ménard n'a même pas été capable de casser cette grisaille avec des femmes à des postes clefs, avec des responsabilités importantes et avec du tempérament. Seule Annie Schmitt fait exception à la règle mais elle qu'un transfuge de l'ère Couderc mais reste inaudible.

Car c'est ce dernier point qui fait défaut. Trop de femmes et trop de jeunes attendent en France qu'une part de pouvoir leur soit donnée. Le pouvoir ne se donne pas, il se prend.

L'une des faiblesses de la France actuellement c'est d'avoir des femmes et une jeune génération qui manquent d'audace, de tempérament, de courage pour faire vivre leur engagement direct.

Si les États-Unis ont connu le 4 novembre 2014 un vrai changement générationnel, c'est parce que des femmes et des jeunes ont cassé les habitudes, contesté les rentes de situations.

C'est d'ailleurs un volet qui a suscité une attention très forte comme le montre l'audience de ce blog hier : 1050 visites dans la journée sur les billets liés aux élections américaines.

C'est un volet qui contribue aussi à l'actuelle ringardisation de la politique française : "un jeu de mecs souvent vieux, incapables de faire autre chose et coupés du quotidien. Et quant aux jeunes, ils semblent vieux avant l'âge ...".

C'est ce volet qu'il faut changer. Il y a des murs qu'il faut absolument exploser.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, novembre 7 2014

Edito - Luxembourg : ce parasite fiscal au cœur de l’Europe

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Il faut remercier les journalistes qui ont mis à jour les mécanismes de désertion fiscale mis en place par le Luxembourg pour attirer l’argent des multinationales, qui évitent ainsi de payer des milliards d’impôts. Lentement mais sûrement, un ras-le bol finira par balayer ce système.

Les secrets des parasites

Dans les méandres des systèmes comptables et fiscaux internationaux, quelques pays viennent jouer les parasites en cassant les taux pour attirer les grands groupes avides d’une fiscalité limitée, en jouant sur les prix de transfert, les droits à l’image, les brevets ou toute sorte d’artifice pour minimiser leur facture fiscale. En effet, pourquoi payer un impôt sur les bénéfices à plus de 30 %, quand il est possible de se contenter de 15 %, voir moins, via des accords spéciaux, comme cela existe au Luxembourg, mais aussi en Suisse. Ces pays doivent leur fortune à leur fiscalité légère qui attire toujours plus d’espèces sonnantes et trébuchantes. Les grands États ne peuvent s’aligner car ils ont trop à perdre.

C’est ainsi que, comme les géants de l’internet étasuniens, les banques ont fait du Luxembourg la deuxième place au monde pour la gestion d’actifs après les États-Unis, avec plus de 3000 milliards de dollars ! Ikea se fait également une spécialité du découpage de ses revenus pour minimiser sa contribution à la société, dont elle tire pourtant ses profits. Cinq milliards de réserves pourront être distribués aux actionnaires sans verser d’impôts ! Même si elles se plaignent des quelques nouvelles règles qu’elles doivent appliquer, les banques suisses continuent à croître. Capital montre que la Belgique attire les trésors de guerre des multinationales : plus de 11 milliards pour EDF et Total, 9 milliards pour Carrefour ! __ Robin des bois à l’envers__

On ne comprend pas encore suffisamment à quel point la désertion fiscale des multinationales (ou des plus riches) est choquante. En effet, alors que les inégalités et le niveau des profits des entreprises atteignent des records, la pression fiscale qui pèse sur eux ne cesse de s’alléger, au point d’arriver à l’incroyable situation décrite par Piketty, Landais et Saez dans « La révolution fiscale », avec une pression fiscale plus basse en proportion pour les plus riches ! Dans un monde sans frontière, cela est malheureusement logique puisque les plus riches sont mobiles et qu’ils peuvent faire jouer la concurrence, au contraire de l’immense majorité de la population ou des petites entreprises.

Mais, ce faisant, nous aboutissons à un système où les classes moyennes et populaires contribuent plus que les plus riches et les petites entreprises plus que les multinationales, le système économique actuel agissant comme un Robin des bois à l’envers, prenant aux pauvres pour donner aux plus riches. Bien sûr, quelques néolibéraux soutiendront le contraire en raisonnant de manière absolue, oubliant la réalité relative et plus encore l’évolution sur les 40 dernières années (sous Nixon, les plus riches payaient 70 % d’impôts sur le revenu aux États-Unis pour la tranche marginale). Au final, l’évolution actuelle consacre la raison du plus fort, à savoir le plus riche dans nos sociétés marchandes.

Même si l’OCDE s’en est récemment émue, rien n’avance malgré la crise et les déclarations des dirigeants de la planète. Pourtant, les moyens existent. Ils avaient été utilisés par le Général de Gaulle contre Monaco : la fermeture des frontières. Mais personne ne semble en avoir le courage.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 29 2014

Edito - J - 6 : Barack Obama et le tournant des relations internationales

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La démocratie Américaine a parfois des penchants populistes. Dans d'autres domaines, elle est pourtant un lieu d’excellence. C’est le pays qui compte le plus d’universitaires brillants consacrant leurs talents à examiner les enjeux de chaque géographie de la planète.

C’est en matière de relations internationales que les néo-conservateurs ont été les plus productifs.

Des universitaires constituent une sorte de «shadow cabinet» permanent pour les républicains. Ils reprochent aux Démocrates une vision erronée des relations internationales manquant de réalisme dans les rapports de forces permanents. L’angélisme de Carter est leur reproche fondamental. Cette mention évoque les images terribles de l’opération «Blue Light» du 24 avril 1980 destinée à libérer des otages, échouant lamentablement dans le désert à Tabas, devenant le symbole d’une Amérique humiliée. Jamais depuis le Vietnam, l’opinion Américaine n’avait vécu un tel choc.

Une humiliation qui allait ouvrir les portes au Reaganisme avec le retour à la force militaire des États-Unis.

Les valeurs sont simples. Tout d’abord, ils surveillent attentivement la Russie pour ne pas permettre «la résurrection du dinosaure».

De façon générale, sur tous les terrains délicats, la priorité est celle de l’endiguement (containment).

Il s'agit d'une approche basée sur le rapport de forces.

Il ne s’agit pas de parler de dissuasion mais de victoire.

Il ne s’agit pas d’évoquer une quelconque parité mais d’établir la supériorité Américaine.

Il ne s’agit pas de laisser place à une riposte mais à l’action offensive.

Toute autre approche est tournée en dérision car trop éloignée des dures réalités des relations internationales.

La force de cette approche date du début des années 80. Les républicains ont perdu de la superbe. Les démocrates ont beaucoup recruté parmi les professeurs d’Harvard. John Kennedy a McGeorge Bundy. Jimmy Carter a Zbigniew Brzezinski qui a débuté à Harvard.

JFK WH

L’Institut Hoover a été fondé en 1919 par Herbert Hoover. Installé sur le campus de Stanford, l’Institut avait tissé des liens étroits entre 1967 et 1975 avec un Gouverneur de Californie, Ronald Reagan. Lorsqu’il est élu Président le le 5 novembre 1980, l’Institut gagne la reconnaissance dans la qualité de ses analyses qui ont inspiré le candidat et qui vont guider le Président.

Dans son équipe, les membres de l’Institut sont aux postes clefs. Glenn Campbell, alors Directeur de l’Institut, cumule de nombreuses fonctions officielles. Au sein du Comité des Relations Internationales, les membres de l’Institut vont compter 25 % des effectifs. Du jamais vu.

Les années Reagan vont d’abord être celles de la renaissance de la vitalité Américaine et celles conduisant à l’effondrement du communisme.

En 2008 comme en 2012, Barack Obama a respecté cette culture des relations internationales. Durant son 1er mandat, la neutralisation de Ben Laden a été un totem.

Mais depuis le début du second mandat, Barack Obama s'est éloigné de tels repères. Et le 4 novembre, il va en payer le prix politique le plus fort.

Les relations internationales vont occuper une place décisive dans le choix du 4 novembre. Rarement à ce point.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 13 2014

Edito - Crise financière : le débat interdit en France

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Au risque de subir une fois de plus des reproches sur le thème "tout ce qui se fait aux États-Unis est plus beau que ce qui arrive en France", force est de constater le décalage important qui existe entre la recherche d'analyse qui existe aux États-Unis sur les conditions de gestion de la crise financière de septembre 2008 et le tabou qui existe en France à ce sujet.

Sur le plan politique, Elizabeth Warren mène un combat sérieux, technique, tenace sur ce sujet. Bien davantage, des actionnaires d'AIG ont engagé une action judiciaire sur les conditions du renflouement et de la nationalisation partielle d'alors.

En France, la situation d'endettement record est pour partie liée à cet épisode. Pourquoi ce sujet est-il tabou au point que jamais ne soient abordés les volets suivants :

- les mesures d'alors étaient-elles les seules possibles ?

- si d'autres mesures étaient possibles, en quoi auraient-elles consisté ?

- les facteurs de la crise de 2008 ont-ils disparu ?

- les responsabilités pratiques nécessaires ont-elles été tirées au sein de la profession bancaire ?

A voir les sommes en jeu c'est quand même surprenant que ce sujet ne soit jamais sérieusement traité.

Il en est de même, plus préventivement, du dossier des conséquences d'une élévation même marginale des taux sur la dette publique d’État. Que se passerait-il ? Quelles conséquences pratiques ?

Il est vrai que le débat public français de la semaine dernière tournait sur l'égocentrisme de très mauvais goût du fils Bedos qui ne partage que rarement une modeste partie de l'humour sélectif de son père et de la "qualité d'info de service public" du mannequin Sublet ... Triste et pathétique !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 4 2014

Edito - La folie des rachats d’action doit être stoppée

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Ce n’est pas L'Humanité qui a lancé ce débat, ni même la presse « de gauche », tellement eurolibérale qu’il ne lui vient pas à l’idée de changer quoique ce soit, mais The Economist, le journal des élites globalisées, qui consacre un nouveau dossier à cette nouvelle perversion du néolibéralisme.

Tes actions tu rachèteras

La bible néolibérale n’y va pas par quatre chemins en dénonçant la « cocaïne d’entreprise » et rappelle que « les entreprises dépensent des montants records pour racheter leurs propres actions. Les investisseurs devraient être inquiets ». Le graphique qui suit a tout pour faire peur puisqu’il montre que si la tendance se poursuit, le record de la fin 2007, juste avant le krach de 2008, semble devoir prochainement être battu. Sur les douze derniers mois, les entreprises étasuniennes ont racheté la bagatelle de 500 milliards de dollars de leurs actions, d’Apple à Wal Mart. Exxon y a consacré 200 milliards et IBM y dépense deux fois plus qu’en recherche et développement ! Même les entreprises japonaises s’y mettent.

La situation a atteint de tels extrêmes que 38 % des entreprises y consacrent plus que leur trésorerie ne le permet, le reste étant couvert par des emprunts ! The Economist cite le cas de Home Depot, qui, depuis 2008 a consacré 28 % de sa trésorerie au paiement des dividendes et 52 % à l’achat de ses propres actions, au point d’emprunter 2 milliards en partie pour cela. Depuis 2010, l’action a triplé… Les 500 plus grandes entreprises y consacrent un tiers de leur trésorerie. Apple, après avoir longtemps mis ses actionnaires à la diète, a annoncé vouloir consacrer 130 milliards de dollars à racheter ses actions. The Economist note que le secteur financier avait consacré 207 milliards de dollars pour racheter ses actions de 2006 à 2008, avant d’obtenir 250 milliards de l’État pour être sauvé de la faillite en 2009.

La prise de pouvoir des actionnaires

Malgré tout, The Economist soutient que « les rachats d’actions ne sont pas forcément une mauvaise idée. Quand les entreprises achètent leurs actions sur le marché, elles retournent l’argent en trop aux actionnaires d’une manière comparable aux dividendes ». Sauf qu’il démontre bien que le phénomène atteint aujourd’hui un niveau totalement délirant. En outre, il pointe que les mécanismes de rémunération des dirigeants des entreprises alignent leurs intérêts sur ceux des actionnaires avec un biais extrêmement court-termiste qu’il peut pousser à sacrifier les investissements à long terme pour pouvoir racheter toujours davantage d’actions dans une logique de bulle absolument délirante et dangereuse. La Tribune montre également qu’il s’agit d’un moyen commode de déguiser la rémunération de ses salariés.

Du coup, il note que les gestionnaires de fonds commencent à s’inquiéter du manque d’investissement des entreprises et préviennent que « le capitalisme actionnarial doit promouvoir la croissance et la création et non juste partager les dépouilles ». Curieusement, The Economist note que le rachat d’actions était interdit avant, que les États-Unis ont changé les règles en 1982, le Japon en 1994 et l’Allemagne en 1998. Ce faisant, il donne sans doute malgré lui la solution à cette nouvelle perversion du système économique actuel : il faut purement et simplement interdire les rachats d’action par les entreprises, ou, a minima, le traiter de manière extrêmement dissuasive d’un point de vue fiscal.

Les rachats massifs de leurs propres actions par les grandes entreprises sont un nouveau signe du profond dysfonctionnement du système économique, du fait du règne du laisser-faire et du laisser-passer. L’État doit reprendre la main pour le diriger dans le sens de l’intérêt général, et pas ceux des plus riches.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 3 2014

Edito - Si Aubry continue de faire du boudin, il faudra voter Juppé

Alain Juppé

… et d’ailleurs sans doute même si Martine Aubry ne fait plus du boudin. Votant depuis 31 ans, et ayant toujours voté à chaque scrutin qui se présentait devant moi, je m’apprête tranquillement à voter pour Alain Juppé en 2017.

Rappelons d’abord, pour rester bien détendus, que le droit de vote a perdu sa valeur sacrée, initiale. C’est un plus qui fait partie d’un tout, et ce tout, c’est l’ensemble des outils permettant à un citoyen de participer à la vie politique et juridique de son pays. L’action de législateur est entourée de principes du droit, défendus sur les plans constitutionnel (Conseil constitutionnel et juges nationaux appliquant la jurisprudence du Conseil), européen (Cour de Justice de l’Union Européenne et Cour Européenne des Droits de l’homme) et international (Comité des droits de l’Homme de l’ONU). Ce qui veut dire que ce droit fondamental est à la disposition de tous pour défendre les libertés contre les abus du pouvoir – en imposant contre la loi la présence de l’avocat en garde-à-vue – ou en obtenant la reconnaissance de droits nouveaux – par exemple le syndicalisme dans l’armée.

On peut donc être un citoyen très actif, sans voter… ou du moins à renoncer à voter vu le caractère peu affriolant du menu. Stop à la culpabilisation des abstentionnistes… qui ont souvent des convictions politiques plus acérées que les votants par devoir (et avec la pince à linge sur le nez).

En 2017, on votera… si on veut.

Il y en a déjà trois à éliminer : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ça, c’est strictement impossible. Ces petits poissons ne font pas la maille, et il faut les rejeter à l’eau.

Martine Aubry ? On verra, mais je constate que Madame continue de bouder dans son coin, en lançant quelques messages subliminaux, dont personne n’a rien à fiche. Expérimentée, et notamment dans la vie des entreprises, excellente première secrétaire du PS, elle dispose d’appuis dans tout le pays… Mais il faudrait primo qu’elle se positionne clairement comme voulant prendre la suite de François Hollande et secundo qu’elle ne nous concocte pas un de ces rafistolages délirants dont a le secret le PS. En réalité, le PS est un appareil d’une lourdeur telle que je ne vois pas comment Martine Aubry pourrait s’en affranchir, avec tous ces mendiants de la proportionnelle interne qui viennent quémander leur juste part. Si c’est dégager François Hollande pour retrouver Martine Aubry avec les mêmes et la même politique, quelques gadgets en moins, c’est niet.

Alors, voter Alain Juppé ?

Alain Juppé est plus à Gauche que François Hollande et El Blancos, et je ne pense pas qu’il nommerait un boss de la Banque Rothschild comme ministre de l’économie et des finances. Pour la politique internationale, il est l’un des rares capables de conserver la juste distance vis-à-vis des bandits en chef que les États-Unis. Sur le refus de toute familiarité avec le FN, il a toujours été nickel, et il a été l’un des premiers à dénoncer l’islamophobie comme maladie française. Ajoutez ce qu’il a fait de Bordeaux,… chapeau ! Pour le reste, et franchement, on se tape de son programme. On sait ce que valent les promesses électorales à l’épreuve des faits.

Surtout, je crois que l’essentiel est ailleurs. Ce serait bien que la présidence, qui hélas reste le centre unique du pouvoir sous cette décalée V° République, soit tenu par quelqu’un qui assume la fonction. Alain Juppé est un homme compétent, expérimenté et de caractère, ça peut le faire. Ça compte, mais nous allons voir aussi comment il va s’entourer, et réunir autour de lui, et comment il va satelliser les mouches frelatées de l’UMP.

Donc, pourquoi pas ? Une équipe de personnes compétentes pour redonner un avenir à notre beau pays ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, septembre 20 2014

Edito - Netflix va changer le paysage de la télé française : les nouveaux enfants de la télé

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Netflix, c'est l'image à la demande en toute indépendance. Netflix est déjà n°1 aux États-Unis.

Netflix change la contrainte des horaires. Netflix donne en fait le confort de se libérer complètement des contraintes horaires.

Partout où Netflix s'installe, il change les audiences : Scandinavie, Belgique, Angleterre...

Au Canada, la publication d'une étude sur les "soirées" apporte des enseignements importants : une analyse du téléchargement fait en soirée au Canada révèle que de 30 à 40 % des données consommées viennent de Netflix, soit une quantité plus élevée que pour toute autre activité en ligne. Lors d'une soirée type, les visionnements sur YouTube, la navigation sur le Web, l'utilisation de Facebook et l'accès à du matériel sur BitTorrent représentaient les autres activités principales des Canadiens en ligne.

L'écoute d'émissions et de films sur Netflix en soirée s'est multipliée par trois au cours des dernières années. Il y a trois ans, Netflix ne représentait que 13,5 % des données de téléchargement en soirée. Plus de 25 % des données téléchargées par les Canadiens sur des appareils mobiles provenaient d'applications de réseautage social. Facebook est l'application la plus utilisée, suivie d'Instagram et de Twitter.

Les enfants de la télé changent. Ils se libèrent des contraintes horaires. Le paysage audiovisuel français ne va pas échapper à cette évolution.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 14 2014

Edito - Le rôle toujours sacré du livre mais pour maintenant conforter l'esprit

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Contrairement à bon nombre d'analyses sur la disparition de supports d'informations en raison d'une concurrence de plus en plus forte, les récents succès de livres montrent combien l'opinion sait remarquablement gérer les fonctions complémentaires de supports d'informations.

En France, les explications de Valérie Trierweiler auraient-elles eu un impact analogue avec un support autre qu'un livre ? Assurément pas.

Le livre garde un caractère sacré pour l'explication sérieuse. Encore faut-il que cette explication sérieuse ne sombre pas dans la confusion donc qu'elle puisse être résumée par quelques mots. François Hollande ne se remettra pas de la formule des "sans dents" comme de celle des "handicapés qui font commerce de leur handicap", comme de la scène où il est prosterné sur un lit ... Le livre c'est la réalité de mots démultipliée par la force de l'imaginaire.

C'est une première évolution.

Une seconde évolution mérite l'attention.

Hier, le livre alertait l'esprit. Aujourd'hui, il doit conforter l'esprit, consolider l'idée admise avant ... lecture.

En effet, rien ne voue un livre au succès.

Prenons le cas des États-Unis. Hillary Clinton rate la promo de son livre tandis qu'Elizabeth Warren change de dimension avec le succès du sien. Presque comme Barack Obama en 2007.

Pourquoi ?

Parce que les lecteurs voient dans un livre ce qu'ils comptaient voir et qui dépasse de beaucoup le seul livre. C'est donc un redoutable miroir. François Hollande est très impopulaire. Le livre de Valérie Trierweiler apporte de l'eau au moulin de l'opinion. L'eau que l'opinion attendait pour conforter son sentiment initial.

Si François Hollande avait été populaire, le succès du livre de Valérie Trierweiler aurait été très difficile.

Le livre ne crée plus l'assaut pour faire changer l'esprit mais il conforte l'opinion installée. Il rassure. Il crédibilise.

Hillary Clinton ne fait pas décoller sa campagne de lancement pour la présidentielle. Donc le lancement de son livre pas davantage.

Elisabeth Warren apporte le neuf attendu par l'opinion. Elle clive. Elle surprend. Donc le livre bénéficie de ce courant.

L'opinion se fait progressivement tellement à l'idée d'avoir toujours raison qu'elle devient une vague contre laquelle il est quasi-impossible de lutter. C'est une situation qui a de quoi inquiéter quand on connait la versatilité de l'opinion comme le caractère superficiel de bon nombre de ses critères de décisions.

Hier, le livre était un cri, une alerte, une mise en cause. Aujourd'hui, il est devenu un témoin rassurant sinon voué à disparaître dans l'embouteillage des publications.

Ce témoin que l'opinion se plait à questionner pour être confortée dans ... son choix de départ.

Pas sûr que le livre y gagne dans la durée ni l'opinion d'ailleurs.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 1 2014

Edito - Ferguson : en mémoire de Michael Brown

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C'était pratiquement il y a un mois ! Le 9 août, à Ferguson (Missouri), Michael Brown, un jeune homme black de 18 ans, la vie tranquille, juste bachelier et préparant son entrée à l’université, a été abattu par un policier.

Ce soir-là, ce jeune homme sans histoire s’est trouvé face à des flics déchaînés, dans cette sympathique bourgade de 21 000 habitants, rongée par tous les maux des États-Unis, où la population est aussi black que la police est white. Une histoire de domination jamais réglée, et qui n’est pas près de l’être, car c’est l’histoire de la domination économique, la véritable constitution des États-Unis...

Devant ces flics déjantés, Michael Brown a levé les bras, implorant le calme, suppliant qu’on lui laisse la vie. Mais le flic a tiré pour tuer, et il a tué, comme le montrent les résultats de l’autopsie, publiés le 18 août dernier.

Le médecin légiste, le Docteur Michael M. Baden, a relevé six impacts par balles : quatre sur le bras droit, et deux au niveau de la tête, dont un au niveau du crâne, qui a été mortel. Toutes les balles ont été tirées de face..

L’examen du corps n’a révélé « aucune trace de lutte », et le médecin légiste n’a trouvé aucun résidu de poudre sur la peau, ce qui établit la réalité d’un tir de plus de soixante centimètres. Ce qui signifie que la thèse du flic qui tire pour se défendre dans un corps à corps ne vaut rien. Ce qui signifie que le flic tueur est aussi un menteur.

La population est descendue dans la rue, avec ce slogan insensé :'' "We need justice"

Aussi, on ne peut qu’approuver la réponse, juste et adaptée, des autorités : force doit rester à la loi.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, août 19 2014

Edito - Maladie de Charcot : la semaine qui prouve l'impuissance des politiques

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Si l'impuissance des politiques avait besoin d'une preuve, elle est en train d'être donnée par la mobilisation de la société civile américaine sur la maladie de Charcot : 11 millions de dollars collectés en quelques jours.

C'est une maladie terrible puisqu'elle entraîne la paralysie généralisée tout en demeurant conscient avec le franchissement d'étapes dont les traitements permettent seulement de légèrement différer la paralysie à venir d'un nouveau membre.

Quand la maladie de Charcot est déclarée le malade sait :

- qu'il terminera entièrement paralysé,

- que c'est exclusivement une question de délais parce que même la plus belle bagarre est perdue par avance.

En France, le nombre des malades est déjà élevé. A Béziers et sur les l'ensemble des communes de l'Agglo personne n'en parle. Au sein de la ville centre, il existe sûrement un taux très élevé de cas. Question que l'on doit en aucun posée puisque l'info dans l'agglo doit être systématiquement confidentielle dès qu'elle s'éloigne "des animations par définition toutes plus belles et réussies les unes que les autres et ce d'années sur années sans le moindre échec bien sûr ..."

Actuellement aux États-Unis des vedettes médiatiques ouvrent la bataille sur la base d'un jeu qui permet de collecter des dons. Même Kerry Washington, vedette de la série TV Scandal, a participé :

La maladie devient connue et en quelques semaines, elle va s'imposer comme une vraie cause collective. Bravo !

Il aura fallu une mobilisation de ce type pour que cette cause soit reconnue et pour que cette bataille soit livrée. C'est incroyable.

Cela montre, si besoin était, la conception maintenant parasitaire des politiques qui, à la caricature de François Hollande, en sont voués à sucer les succès des autres : vite rechercher une réussite pour organiser la cérémonie des petits fours permettant de s'associer par l'image complaisante au succès d'autrui dont le mérite leur échappe totalement.

Dans de telles conditions, il ne faut pas s'étonner de la chute de respect du pouvoir politique mais il fait beaucoup, et là avec succès, pour perdre en respectabilité quand il ignore ainsi de belles causes et accepte de se comporter en parasite des réussites des autres.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, août 16 2014

Edito - Conflits internationaux, le silence de l'Union Européenne

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Dans un contexte international trouble, où les conflits se multiplient ces dernières semaines aux portes de l'Europe – toujours plus lointaines - l'Union Européenne reste étrangement sans voix. Pourtant, elle ne manque pas de représentants pour exprimer son opinion, dans la personne de Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, voire même, par celle de Mr Herman Van Rompuy, le « très charismatique » président du Conseil européen.

Il semble laborieux d'unifier et de parler au nom de vingt-huit pays si différents, de par leur intérêt disparate sur le plan international. Avec d'un côté, l'Allemagne, toujours partante pour ne rien faire, et la France qui essaye, tant bien que mal d'assumer sa stature. Mais, que c'est difficile, quand on ne sans donne plus les moyens. D'ailleurs, le silence de l'UE sur les questions internationales fait écho avec celui de notre président François Hollande. L’un comme l’autre, semble dans un flou total sur la position à adopter sur les conflits divers, souvent suspendus aux lèvres du président Américain, qui lui-même, ne sait plus très bien sur quel pied danser. Un pas devant, un pas derrière, un tango diplomatique, qui décrédibilise les puissances occidentales, l'Europe, et ... La France.

La crise Israélo-Palestinienne, qui a connu un nouveau regain ces dernières semaines avec des interventions militaires terrestres dans la bande de Gaza, a vu émerger des pays qui ont su prendre leur part de responsabilité, comme l'Égypte ou l'Arabie Saoudite, face au mutisme de l'Union Européenne, et de ses membres. Lors d'un sommet, tenu le 10 aout, entre ces deux pays du Proche-Orient, les cas de la Libye, de l'Irak et de la Syrie, on en outre était abordé. Le président Égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, est arrivé aujourd'hui en Russie, pays avec lequel l'Union Européenne a réussi le coup de force, de détériorer un peu plus ses relations, tout au long de la crise Ukrainienne. Moscou, qui, pourtant, serait un allié de taille pour répondre aux enjeux qui secouent le Proche-Orient.

Ce silence a au moins le mérite de permettre à quelques « rebelles » de l'UMP-PS, de critiquer ouvertement l'UE, mais pas trop. Pourtant, cette institution technocratique, se montre inapte à répondre aux enjeux géopolitiques mondiaux, car essentiellement formaté à promouvoir les aspirations libérales sur le plan économique. Une parole diplomatique, qui, in fine, se contente timidement par voie de communiqué de regretter que le « cessez-le-feu (...) ait déjà été violé » et autres postures dérisoire au regard des évènements. L’Union Européenne sur les questions diplomatiques, n’est que l’ombre des États-Unis, elle-même très affaiblie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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