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Syriza est en tête en Grèce. L'enjeu de la législative grecque dépasse largement ce pays. C'est le réveil de la démocratie.

La démocratie, c'est le respect de trois règles fondamentales :

- la reconnaissance de l'égalité des citoyens, avancée principale de la révolution de 1789,

- le choix par les citoyens,

- la responsabilités du pouvoir.

Avec la crise de 2008, ces fondements ont été fragilisés.

La crise creuse les inégalités. Les inégalités se cumulent et introduisent des différences qui font apparaître l'égalité citoyenne comme une simple égalité théorique face aux nouveaux murs matériels et sociaux.

La crise a altéré la notion même de choix car le discours de crise a installé une pensée unique comme s'il devait exister une seule et unique solution à la crise.

Mais surtout, la crise s'est accompagnée d'une irresponsabilité irréelle. C'est probablement cette irresponsabilité que l'Histoire retiendra dans le temps. Pour les fauteurs de crise, rien n'a changé !

Le peuple paye la crise qui lui a été cachée dans des conditions parfois irréelles comme le dispositif de titrisation institutionnalisé en Grèce sur le conseil officiel et rémunéré de Banques.

Ces banques n'ont jamais été sanctionnées. Avec un dispositif de garantie des placements privés, des sanctions auraient été nécessaires : faillites de banques fautives, procès de dirigeants bancaires ...

En l'absence de telles sanctions, le besoin de revanche s'exprime par le peuple en quittant les lieux de votes ou en ouvrant des scores inhabituels à des formations extrémistes.

Dans ce contexte, voter Syriza, c'est faire vivre la démocratie.

Parce qu'il y a un choix face à la pensée unique.

Parce qu'il y a une vision de sanction légitime en refusant de faire payer par le peuple les dettes qui ne sont pas celles du peuple.

Parce qu'il y a une réhabilitation du peuple en lui rendant y compris le droit de "renverser la table du banquet international".

Si cette victoire se confirme, c'est une donne nouvelle face à la crise qui mérite d'être expérimentée dans des conditions qui dépassent largement la Grèce.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE